‹ Traite d'hygiene militaireChapitre 124 sur 241 · STATIQUE DK 1, 'ORGANISME HUMAIN · texte numérisé non relu

STATIQUE DK 1, 'ORGANISME HUMAIN

Hi5,i;iiiie i(uotidieii. Matière azotée. Matière carbouée. Carbone. Agiote.

désœuvrement 748,7 4776,1 = 2496,7 126,1

Pour I travail ordinaire. .. . 129 ,3 694 ,0 = 373 ,0 20 ,7

' travail actif 164 ,7 689 ,2 = 378 ,2 25 ,9

Nous voyons ainsi le trav ail mécanique entraîner pour l'homme la nécessité de réparations plus abondantes; la théorie seule pouvait déjà conduire à cette déduction ; l'observation complète ces vues, en nous montrant que toujours, lorsque l'organisme fournit une grande somme de travail, le besoin de réparations est plus impérieux ; si ce travail se prolonge et si l'activité ph\sique fait partie du genre même de vie de l'individu ou d'une population, on peut constater dans leur alimentation la trace de ce besoin instinctif, le taux général de l'alimentation s'élevant d'autant ; comme exemple, on peut citer l'alimeirtation de certaines classes ouvrières particulièrement actives, appartenant à des races différentes et travaillant dans des climats également dissemblables.

Consommation quotidienne des :

A/iite. CarboiiL',

Ouvriers agriculteurs des fermes de Vaucluse 226,15 5026 ,27

— — delaCorrèze 24 ,26 710 ,60

— — de la Lombardie 27 ,60 694 ,00

— anglais du chemin de fer de Rouen 31 ,90 484 ,10

Ce besoin d'une augmentation de la nourriture chez les individus qui fournissent une forte proportion de force utilisable est démontrée, pour ainsi dire, par l'instinct lui-même; mais la science ne pouvant se contenter de démonstrations aussi peu précises a dit recourir à des procédés plus exacts. Déjà Andral et Gavarret avaient montré que la quantité d'acide carbonique exhalé était jiroportionnellement plus considérable chez les honunes à forte musculature ; reprenant ces expériences, Ilirn( l) soumit un même individu à une période de repos, puis à un favail méc;mique, et constata que, tandis que, pendant la période du repos, il absorbait 27 grannnes d'oxygène et exhalait Zi2''',6 d'acide carbonique par heure, pendant la période de travail il absorbait 113 grammes d'oxygène et exhalait lôG'^'", 4 d'acide carbonique. La chaleur animale produite par l'oxydation, c'est-à-dire par la combustion des substances alimentaires, sert donc à entretenir dans les organes la température nécessaire pour l'accomplisscincnl du travail, et chaque manifestation extérieure de la force fait disparaître une partie

(1) llirn, Esquisse élémentaire de lu théorie mécanique de lu diukur i^BuUelin de lu Société des sciences naturelles de Colmur. 1864).

(le celte chaleur. Dans une expérience demeurée célèbre, Béclard (1) place un fort poids à l'exlréniité du bras d'un homme vigoureux et prend la tcmpératiu-e du biceps, puis il fait soulever ce poids et constate que, pendant l'ellort produit, la tempérai ure du muscle a baissé sensiblement. Une partie de la chaleur s'est transformée en force.

D'un autre côté, si le travail mécani(iue a pour eiïet d'augmenter les combustions internes, en même temps que les muscles transforment la chaleur en force, ils consomment, c'est-à-dire ils usent une partie de la substance azotée, que l'on retrouve ensuite sous forme d'urates dans les urines ; dans des travaux récents, Parkcs (2) a démontré que chez un individu soumis alternativement au repos, puis au travail, l'urée augmentait très-sensiblement dans les urines après cette période d'exercices ; pendant la période elle-même et surtout lors d'un travail forcé, la quantité d'urée diminue, comme si toutes les forces disponibles se concentraient pour produire l'elTort, l'équilibre ne se rétablissant que quelque temps après. Dans ses expériences personnelles, Hammond a vu, chez le même adulte, l'urée monter de 'i'i à 48 gramm s sous l'influence d'un travail musculaire considérable.

llécemment encore, ces faits ont été démontres par les travaux de Byasson (.'3) ; dans des expériences très-i)ren conduites et faites sur luimême, il a prouvé clairement que la quantité d'azote éliminé s'accroît pendant le travail, mais il a soulevé de plus une question non moins intéressante, à savoir que l'activité musculaire n'est point la seule à faire augmenter les consommations de notre organisme. L'activité cérébrale elle-même, le travail intellectuel, auraient des résultats analogues. D'après es expériences de Byasson^ il est manifeste que sous l'inducncc du travail iuiellectuel, on voit augmenter dans l'urine la quantité d'urée, c'est-à-dire l'azote, et de plus les phosphates. Pour ses recherches, Byasson s'est soumis, pendant neuf jours, à un régime uniforme de 750 granuiies de pain et 1 litre et demi d'eauj il s'appliquait successivement à un travail nmscuiaire, à un travail cérébral, puisaurepoi. Voici, en quelques chiffres, le résumé de ses expériences :

(1) Béclard, De la contraction musculaire dans ses rapports avec la tcmpéi ahti'j animale {Arch. gén. de Médecine, 2"-' sér., 18(il, t. XVII).

(2) Ann. des sciences naturelles . 1868.

(3) Byassoti, Thèse de doctorat. Paris, 18G8.

STATIQUE DE l/OHGANISME HUMAIN.

Expériences de Byasson sur les consommations d'azote et de phosphore pendant le travail musculaire et le travail cérébral.

JOUUS.

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