ANCIENNES RATIONS DU SOLDAT FRANÇAIS. M
(800 grammes) qui ne satisferait pas la masse des consommateurs; on pourrait la modifier de la façon suivante :
Azote.
Cnrl)oiie,
Viande de bœuf
3008 (désossée 240).
2r)S,ll
De ces deux rations, pesant chacune 1380 grammes, lu première>era plus coûteuse que la seconde, car 200 grammes de viande ont une valeur commerciale plus élevée que 200 grammes de haricots. Elle aura en appa rence moins de propriétés réparatrices, puisqu'elle contient 3 grammes d'azote et 68*''',fi0 de carbone en moins; tous les avantages semblent donc s'attacher à la seconde , sauf au point de vue physiologique , car les 200 grammes de haricots exigeront, pour être digérés, une beaucoup plus grande dépense de force organique que ne le feraient les 200 grammes de viande. La première est très-réparatrice. Aussi, en faisant une balance entre les mérites de l'une et l'autre rations, présentées comme type, nous choisirions la première comme ration de travail pour un individu se livrant à une occupation exigeant un déploiement de force modéré, comme le soldat, la seconde comme ration d'entretien pour un homme livré à une profession sédentaire ou pour un soldat en hiver.
§ I. — Ké^siiiiR du i^oldut françuiH.
La ration journalière du soldat français ne semble pas avoir subi de bien grandes améliorations quantitatives dans les dernières périodes de notre histoire militaire, car dans une ordonnance du 13 juillet 1727, reproduisant en partie une ordonnance du IZi juin 1701, elle était Axée sur le tarif suivant dont on ne peut assez approuver les dispositions :
Ration du soldat français (Ordonnance du 13 juillet 1727).
Ration de fnntassin.
Pain de munition (24 onces) 0*^ ,750
Viande (bœuf, mouton ou veau) (1 livre) 0 ,500
Vin (1 pinte) 0'i\931
ou Bière ou Cidre (l pot) 0 ,500
Ration de cavalier.
Pain (36 onces) 1^,250
Viande (2 livres) \ ,C00
Vin (1 pinle 1/2) liit,396
ou Bière ou Cidre (1 pot 1/2) 2 ,250
Ration de dragon.
Pain (24 onces) 0'',750
Viande (1 livre 1/2) 0 ,750
Vin (l pinte) 0''S931
ou Bière ou Cidre (1 pot) 1 ,500
Ratioti de gendarmerie.
(Gardes du corps, gendarmes, chevau-légers ou mousquetaires de la garde, gendarmes ou chevau-légers des compagnies d'ordonnance, grenadiers à cheval.)
Pain (48 onces) l'',500
Viande (2 livres) 1 ,000
Vin (2 pintes) V'\8Q2
ou Bière ou Cidre (2 pots) 3 litres.
Allocations sixivant les grades.
Gardes françaises et gardes suisses. — Lieutenant-colonel, 22 rations. — Major, 12. Capitaines, 12. — Lieutenants, 10. — Enseignes ou sous-lieutenants, 6. — Aumôniers, 3. — Médecins, 2. — Sergents, 2. — Caporaux, anspessades, soldats et tambours, 1.
Infanterie française et étrangère. — Mestre de camp, 12 rations. — Lieutenantcolonel, 10. — Major, 6. — Capitaines, 6. — Lieutenants, 4. — Enseignes ou sous-lieutenants, 3. — Aumôniers, 2. — Médecins, 2. — Sergents, 2. — Caporaux, anspessades, tambours et soldats, 1.
Gardes du corps. — Lieutenants, 8 rations. — Enseignes, G. — Exempts, 3. — Aumônier, 2. — Chirurgiens, 1. — Gardes, timballiers et trompettes, 1.
Gendarmes, chevau-légers et mousquetaires, compagnies d'ordonnance, grenadiers à cheval. — Capitaines-lieutenants, 8 rations. — Lieutenants, 6. — Enseignes, guidons, cornettes et sous-lieutenants, 4. — Chirurgiens, 1. — Maréchaux-deslogis, 2. — Sergents, brigadier?, trompettes, tambours et soldats, 1.
Cavalerie légère, hussards et di^agons, — Mestre-de-camp, 12 rations. — Lieutenantcolonel, 10. — Major, 6. — Capitaines, 6. — Lieutenants, 4. — Cornettes, 3. — Maréchal-des-logis, 2. — Brigadiers, trompettes et cavaliers, 1 (1).
Sous le rapport de la quantité, les soldats étaient, on le voit, traités
(1) Extrait de YOrdonnance du Roy, du iZ juillet 1727 (de Briquet, Code militaire q\x Compilation des Ordonnances des Roys de France, t. 1, p. 8. Paris, Imprimerie royale, 1728).