RATIONS DU SOLDAT FRANÇAIS (PIED DE GUERRE
C'est d'après ces principes qu'a été (îxcc la ration du soldat français en campagne. En voici la composition :
Ration du soldat français sur le pied de guerre.
Carbone.
Pain
Ou Biscuit
Viande fraîche (désossée 240 gr.) Légumes secs
Sucre Café .
GO
Totaux.
Ou
13978 228,00 1147 -|- sel, 16 grammes.
Celte ration remplil-cllc suffisamment les indications posées plus haut? Si nous nous reportons à la ration distribuée aux soldats en garnison, depuis (jne la quantité de viande a été portée à 300 grammes au lieu de 200, nous voyons la ration de campagne ne contenir que 18%20 d'azote et 198^80 de carbone en plus; celte différence est insuffisante pour conjpcnser les fatigues nombreuses auxquelles le soldat est exposé. Nous avons vu que M. de Gas|)arin lixe à 25 grammes la quantité d'azote nécessaire à l'homme qui travaille; pour .M. Dumas, 1h grammes seraient suffisant, mais, dans tous les cas, la fixation de 22 grammes n'est pas assez élevée; quant au carbone, il y en a déjà suffisamment, et du reste, le soldat en reçoit très-souvent une quantité supérieure h celle qui est contenue dans la ration réglementaire, en raison des diverses substitutions que les circonstances forcent à y introduire, tandis que la quantité d'azote est, au contraire, presque toujours diminuée. En effet, la viande fraîche étant souvent difficile à se procurer en campagne, on la remplace par une ration de 200 grannnes de lard; or 200 grammes de lard ne contiennent que 28%3() d'azote, mais aussi 1 62»', 25 de carbone, en sorte que le soldat reçoit alors h^\^h d'azote en moins, et 110 grammes de carbone en plus. En admettant qu'on com- |)lètc la ration d'azote par un supplément de légumes secs ou de riz, ce qui se fait généralement, on parvient sans doute à satisfaire aux lois de la chimie pure, mais nullement à celles de la physiologie.
Quehjuefois la ration sucre et café est ren)placée par une allocation de 25 centilitres de vin ou de 6 centilitres \lh d'eau-de-vie; celte subslilulion est fâcheuse, car le café et le sucre sont de véritables aliments, tandis que MORACHE. — Hyg. niilil. 42
les boissons alcooliques ne méritent point cette appellation ; nous reviendrons sur celte question en parlant des boissons du soldat.
La ration du |)icd de guerre avait été fixée sur le tarif précécknt, alors que celle de paix ne contenait que 250 grammes de viande, mais puisque, grâce aux efforts des hygiénistes militaires, efforts dans lesquels nous avons eu notre faible part (1), cette dernière a été sensiblement augmentée, la logique même conduirait à augmenter très-sérieusement la ration de [guerre. — On | ourrait donc proposer la ration suivante.
Ration proposée pour le pied de guerre.
."•ain, 1 kilogramme
lOOOe
Viande fraîche, ôOO gr;immes
GO
Sucre
Totaux
Oîi
-j- sel, 16 grammes.
En portant ainsi, toutes les fois où la chose serait possible, la ration de viande à 500 grammes , taux qui doit être considéré comme type à attcincke, on obtient une ration contenant 26^'', 85 d'azote et 3(S5 grammes de carbone, ce qui est loin d'être excessif, étant donné le grand déploiement de force du soldat en campagiie, en remarquant encore que, comme nous l'avons dit, les calculs analytiques sont établis sur des vivres de premier choix, tandis que, en campagne, la qualité de ces substances et surtout celle de la viande laisse généralement beaucoup à désirer. Nous augmentons légèrement aussi la ration sucre et café qui, telle qu'elle est, paraît un peu trop faible, et, dans maintes circonstances déjà, a été portée au taux : sucre 25 grammes, café 20 gra^mmes.
III. Ration du soldat embarqué. — Les circonstances de guerre ou d'expéditions amènent quelquefois les troupes de terre à prendre passage sur les navires de l'État; dans ces conditions, elles reçoivent les allocations réglementaires de la marine. En les indiquant à cette place, nous avons
(î) Voy. G.Morache, Considérations sur T alimentation du soldat {Conférences faite» ;iu ministère de la guerre en'jaîiVier et mars 1870. Brochure iti-S. 88 p. l'aris, 1870).