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LES CÉRÉALES. — LE RLÉ

La proportion des matières azotées varie, iioii-seulcmcnl en quantité, mais même en qualité, c'est ainsi qu'il est absolument impossible d'extraire du gluten de la farine du blé d'Égyple, qui cependant contient 20 pour 100 de matières azotées. Le chilîre maximum de matières azotées a été rencontré par Peligot dans du blé de Pologne très-dur, à la dose de 21 pour 100; le minimum dans latouselle blanche de Provence, à ladose de 9 pour 100. La culture et la nature de l'engrais font varier la quantité de gluten dans un même blé; Ilermbslœdt, dans des expériences faites sur le même terrain, mais diversement amendé et fumé, a constaté qu'un même blé pouvait fournir 35 pour 100 de gluten, s'il avait pour engrais de l'urine humaine, ou du sang de bœuf; 33 pour 100, avec les excréments de l'homme ; 22 pour 100 avec ceux de chèvre ; 13 pour 100 avec ceux de cheval et 9 pour 100 sans aucun fumage. Les proportions de son restant toujours à 2i pour 100, celles de l'amidon étaient naturellement inverses de celles du gluten.

Nous avons plusieurs fois déjà employé les termes de blés durs et de blés tendres ; cette dénomination, basée sur les propriétés physiques des blés, sert à indiquer aussi leur composition chimique. Sous le nom de blés tendres, on entend ceux qui, cultivés d'ordinaire dans les pays tempérés ou septentrionaux, sont opaques, légèrement flexibles sous la dent, de forme bombée ou arrondie, à cassure blanche et farineuse, à enveloppe épaisse. Le blé dur, provenant des pays chauds, présente une consistance cornée ; il est jaune fauve, sa cassure est nette, vitreuse, sa forme est plus allongée. Les blés demi-durs ou blés mitadins, ont un aspect intermédiaire, se rapprochant tantôt du blé dur, tantôt du blé tendre, suivant la culture. Dans le service des subsistances militaires, le blé demi -dur est classé comme blé tendre.

Le bon blé, soupesé à la main, paraît lourd, sa densité est un élément important d'appréciation (1), on la calcule en pesant un hectolitre de blé.

Le tableau suivant, dû à iM. Loiseleur de Longchamps, fournit une idée exacte des différences que l'on peut rencontrer entre les blés, sous le rapport du poids intrinsèque et du poids de l'hectolitre (2).

fi) E. Delaperrierre, Cour<! de lér/islntion et d'administration militaire, l. Il,

(2) Conlier. loc. cil., p. 622.

Poids de différentes espèces de blé.

Poids de 100 grains

Nombre de Rrains dans

Poids calculé dfl

tic

h\^i en j^rflinmps.

lin di'cilitrp.

l'hectolitre.

^0 Ci r\ ^

■Richelle de Flandre

Blé dit de Galalz

Blé de Marianopoli (de Marseille)

Pour la vérification du poids d'un volume déterminé de blé, on emploie, dans les manutenlions militaires, un appareil nommé trémie conique. Il consiste en un Ironc de cône, d'une capacité un peu supérieure à un demihectolitre, communiquant par une soupape avec un récipient mesurant exactement un demi-hectolitre. Le blé est versé dans la trémie conique au coulant de V épaule, c'est-à-dire qu'un homme, tenant le sac de blé sur l'épaule, laisse couler le grain dans le récipient. Quand la trémie est pleine, on arrase les bords avec une règle, puis on ouvre la soupape et le blé coule dans le demi-hectolitre; lorsque ce dernier est rempli, on arrase les bords, avec une règle adhérente à la trémie, et l'on pèse avec soin le blé contenu dans le demi-hectolitre. Il est évident que, quel que soit le blé mis dans la trémie, la pression ne variant pas, le tassement dans la mesure sera le même et les comparaisons porteront sur des valeurs de même ordre.

Dans les cahiers des charges, on stipule toujours un minimum de poids à l'hectolitre; ce minimum varie suivant les récoltes. Delaperrierre conseille de ne jamais descendre au-dessous de 77 kilogrammes pour les blés durs, 76 pour les blés demi-durs et Ik pour les blés tendres.

h. Conservation des blés. — Lorsque le blé a été séparé, parfaitement mûr, de la plante qui l'a produit, il peut se conserver fort longtemps, si on le place dans de bonnes conditions, témoins les blés renfermés à côté des momies, dans les pyramides d'Égypte et qui, après quatre mille ans, ont

CONSliRVATlO^ DES BLÉS. 733

pu donner naissance à des épis forts et vigoureux. Le blé a cependant (jnel- <|ues eniieniis à craindre, en particulier les insectes et riuiiiiidilé, qui favorisent les développements cryptogann(pies et le font fermenter. Les principaux insectes qui attaquent le blé sont : Yalucite, ou petit papillon nocture; la teigne, dont la toile étendue sur les grains les agglutine et sous laquelle les larves rongent les grains; enfin, le c/iarançun, petit coléoptère noir, qui se nourrit aux dépens du grain, pullule avec une activité remarquable et peut détruire d'énormes quantités de blé. Douze jiaires de charançons, introduits dans un hectolitre de blé, donnent naissance, en un an, à 75 000 individus, qui consomment chacun trois grains pour leur subsistance. Les rongeurs: rats, souris ou nmiots, se nourrissent également du blé, aussi doit-on entretenir un certain nombre de chats dans les magasins.

Un grand nombre de procédés ont été employés pour la destruction des insectes, en particulier les pelletcujes, le lue-feùjne et le sulfure de carbone. Par les pelletages, c'est-à-dire par l'agitation fréquemment renouvelée du blé avec des pelles, on s'oppose au développement des larves en modifiant les conditions de température nécessaires à leur incubation, mais on ne détruit pas les insectes qui existent. Le tue-teigne de M. Doycre consiste en deux cylindres concentriques, l'extérieur est immobile et armé, sur sa surface interne, d'arêtes à crémaillères; l'interne, armé de lamelles parallèles à son axe, nommées percutantes, peut recevoir une vitesse de 800 mètres à la minute. Le grain est introduit entre les deux cylindres et subit, en rejaillissant alternativement sur les arêtes et les lames, une série de chocs qui contusionnent et tuent les insectes. La direction des cylindres étant légèretnent oblique, le grain sort par la partie inférieure, animé encore d'une vitesse de 5 à 6 mètres; il est, en mènie temps, dépouillé des pailles, iwussières et autres corps légers, par le vif courant d'air qui se produit.

Pour traiter les grains [)ar le sulfure de carbone, on les place dans des récipients hermétiquement clos, puis on introduit les bouteilles de sulfure de carbone, débouchées, et on les abandonne, le goulot en bas, en les enfonçant dans la masse du grain. Le sulfure de carbone n'alla(jue i)as le grain, l'odeur infecte qu'il lui comnmnique disparaît au bout de quelques heures d'aération. La proportion de ce liquide doit être de 15 à 20 grammes par mètre cube de grain, si l'occlusion du récipient est parfaite; elle doit être portée à 150 grammes, si l'on s'est borné à recouvrir le grain de prélarts. (le procédé expose à des dangers^ car le sulfure de carbone forme avec

l'air un mélange détonant, qui fait explosion à l'approche d'un corps en ignilion.

Les blés sont conservés dans des magasins parfaitement asséchés , en couches d'une épaisseur de ()"',70 à 0'",80, que l'on agite par le pelletage, une fois par mois en hiver, quatre ou cinq en été, en choisissant un jour parfaitement sec, afin d'empêcher l'action de l'humidité sur le grain. On peut encore conserver le blé en sacs, mais pendant un court espace de temps seulement; on dispose les sacs en piles espacées, pour permettre la circulation de l'air ou mieux en les laissant debout sans se toucher. De temps à autre, les blés sont répandus sur le sol et pelletés.

Le procédé de conservation, dit en silos, a pour objet de placer le grain à l'abri de l'air et de l'humidité, qui permettent l'évolution des larves et des insectes et favorisent également la fermentation. De plus, on a constaté que le blé, renfermé dans un récipient, dégage de l'acide carbonique, qui bientôt chasse l'air par l'orifice supérieur, en raison de la moindre densité de ce dernier; si donc, à ce moment, on obture le récipient, le blé se trouve placé à l'abri du contact de l'air et dans de l'acide carbonique, gaz impropre à entretenir la vie des insectes. Ce procédé de conservation est fort ancien ; il est encore employé par les Arabes, qui se bornent à creuser des trous tronco-coniques dans la terre, en enduisant les parois au moyen de la glume des épis. Aussi, leurs silos laissent-ils pénétrer un peu d'humidité, qui altère les couches extérieures de la masse des grains.

Le procédé des silos a été singulièrement perfectionné par l'industrie moderne; c'est ainsi que M. Doyère a construit des silos métal ligues de tôle galvanisée, enfouis dans le sol, mais entourés de maçonnerie, On les remplit de grains jusqu'à 10 centimètres de l'ouverture, puis, au bout de dix à quinze jours, nécessaires pour permettre au grain de se bien tasser, on remplit l'espace vide "et l'on soude le couvercle avec grand soin. Un petit tube de lU à 15 centimètres est ménagé dans le couvercle, afin d'introduire du sulfure de carbone, en cas de besoin. Le grain se conserve dans ces conditions presque indéfiniment.

Les silos ffaussmann sont cylindriques et verticaux, le grain est retenu à 5 ou 6 centimètres du fond par une forte toile métallique; l'obturation de l'appareil est complète, mais un tube de caoutchouc, débouchant dans le couvercle, fait communiquer l'intérieur avec une cornue dans laquelle on produit de l'azote, eli faisant passer un courant d'air sur de l'éponge de fer incandescente. A la partie inférieure, se trouve un aspirateur qui, en

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