ALTÉRATJONS CRYPTOGAMIQUES DU PAIN
rhizope en ce que la tige de ce dernier se termine, ainsi que nous l'avons dit, par une ampoule, tandis que cette disposition n'existe pas dans le Mucor mucedo.
Le Botritis grisea (fig. \1k B)a une division trichotomique, chaque tige se terminant en trois branches, lesquelles peuvent également se diviser en trois rameaux (Qg. 12^ C). Le Botritis ginsea Q^i souvent observé conjointement avec \QMucor mucedo et le Thamnidiutii.
L'ingestion de pain garni de moisissures blanches, dues au Mucor mucedo, peut donner lieu aux accidents d'embarras gastrique aigu signalés après l'ingestion du rhizope (taches noires).
Les taches rouge orangé présentent un parasite, connu sous le nom de Thamnidium ((ig. 125 A.B. C), dont les branches se divisent en deux,
Fig. 125. —Végétations cryptogamiques du pain. — Toc/iei' rou^e-oranjjr^. A.B.G. Tiges du Thamnidium. — D. Oïdium aureum .— E. Spores de VOïdium aureum.
(luelquefois sous un angle de 120°, .se terminant par de petites sporangiolles contenant de deux à quatre spores (fig. 125 B). Ce parasite a reçu le nom générique d'Oïdium nurantiacuiii, mais le docteur Krasinski a MORACHE. — Hyg. milit. 49
constaté que les taches orange ne provenaient point d'une seule espèce de mucédinécs, mais bien de deux, le Thamnidimn et VOïdium aureum (fig. 125 D), fort différent du précédent. Chez lui, la tige se termine par un cordon de spores, attachées les unes aux autres, en forme de grains de chapelets. Chaque spore est jaune et représente un double contour, ovale, elliptique, aplati. Quand les spores sont contournées, elles ressemblent aux feuilles des plantes (fig. 125 E).
Les expériences de Félix Rochard permettent d'établir que le Thamnidium n'est pas vénéneux, que des animaux ont pu en absorber d'assez fortes quantités sans présenter d'accidents, et que si d'autres observateurs ont cru en déterminer, il faut les regarder comme des indigestions produites par l'ingestion de matières non digestibles, autant peut-être que comme le résultat du confinement auquel on soumettait les animaux pendant la durée des expériences.
Les taches vertes ou bleues sont les plus communes; si on laissait le pain exposé des mois entiers, chaque couleur finirait, dit le docteur Krasinski, par se changer en vert. Celle couleur dépend de VAspergillus et du Pemicilium.
VAspergillus glaucus (fig. 126 A) est composé d'un mycélium a. a. a., de tiges b. b. et de spores. Les tiges sont terminées par une petite tête en forme de vessie, dont la surface est couverte de petites excroissances lesquelles rayonnent des chaînes de spores g. g.', ces spores offrent une coloration vert bleuâtre. Le Pennicilium glaucum , après un certain temps, envahit et chasse toules les autres formes de mucédinées et se reproduit partout avec une exhubérante vilalilé; il se compose (fig. 126 C) de filaments transparents, articulés, rameux ou non, qui se terminent en forme de pinceaux, composés de spores se succédant en chapelet.
On doit remarquer que, chez les parasites végétaux, la coloration n'est point un caractère de grande valeur scientifique ; pour distinguer les différentes sortes de mucédinées, on doit considérer surtout les formes botaniques, et c'est pourquoi nous avons pensé être utile, en plaçant sous les yeux du lecteur les figures ci-jointes, qui lui serviront de guide pour ses propres recherches.
En dehors des conditions de température, d'humidité et d'obscurité favorables aux mucédinées en général, quelles sont celles qui activent leur développement sur le pain ? De tout temps, on a considéré le mélange de la farine de seigle à celle du blé, comme favorisant l'apparition de taches