QUALITÉS DES EAUX POTABLES
dans CCS climats, une nccessilé iiygiénique; sa |)rivalion engendre des maladies.
e. Matières dissoutes ou en suspension, — Les eaux potables doivent être très-légèrement minéralisées ; dans de bonnes conditions, le poids des sels minéraux dissous oscille entre k 0'^',kO par litre, les deux tiers de ces sels étant constitués par du carbonate de chaux ; ce carbonate de chaux se trouve dissous à la laveur d'un excès d'acide carbonique ; lorsque la proportion dépasse O^^SO, les eaux sont du7'es, en ce que/ par l'ébulUtion et le dégagement de l'acide carbonique, le cai bonate de chaux se précipite, incruste les matières que l'on y plonge et s'oppose à leur pénétration par l'eau, à leur cuisson. Ce terme d'eaux dures ou crues s'applique également aux eaux contenant du sulfate de chaux ou de magnésie, au delà de 0^''',50 par litre ; ces eaux sont également dites séléniteusesy elles cuisent mai les légumes, décomposent le savon. Les eaux séléniteuses et principalement les eaux magnésiennes agissent d'une façon irritante sur le tube digestif et déterminent de la diarrhée. On s'accoutume à leur usage, lorsque la minéralisation n'est pas trop prononcée.
L'eau potable contient presque toujours des iodures, des bromures, des sels iinunoniacaux, des bicarbonates de fer en quantités insignifiantes ; une proportion de chlorure de sodium ou d'autres sels de soude, dépassant 0°' ,50 rend l'eau saumàtre.
L'eau potable devrait être exemple de matières organiques; leur moindre inconvénient est de la desoxygéner, leur décomposition la rend putride. L'eau des grandes villes en contient néanmoins toujours, en proportion plus ou moins forte, et s'en débarrasse plus ou moins par leur transformation en nitrates. Les eaux, contenant des principes organiques, peuvent devenir nuisibles par la décomposition des sulfates et la production d'hydrogène sulfuré ; elles dégagent ce gaz, pour peu que la température s'y prête et (ju 'elles reposent sur des conciles minérales contenant des sulfates.
Les eaux potables peuvent devenir le véhicule de coulages et servir d'agent de propagation aux maladies, ainsi que nous le verrons dans la suite de cette étude.
IL Provenance des eaux potables. — Les eaux potables peuvent être
fournies par celles que la pluie répand à la surface du sol, par celles des
sources, des puits, des rivières, des lleuves, des canaux, des fossés et des
marais ou des étangs.
a. Eau de pluie. — L'eau de pluie, recueillie avec soin et sans qu'elle MORACHE. — Hyg. milit. 52
ait eu contact avec le sol, est relativement très-pure; néanmoins, au commencement de l'ondée, elle contient des matériaux organiques qui se trouvaient en suspension dans l'air ; par les temps d'orage, elle renferme une faible proportion d'acide azotique et d'azotate d'ammoniaque, ainsi que des traces d'iode. A 10 degrés de température et sous une pression de 766 millimètres, elle lient en dissolution 25.pour 100 de son volume de gaz. D'après Barrai, 1 mètre cube d'eau de pluie, recueillie à l'Observatoire de Paris, fournit en moyenne, par litre, Zjs%fi6 d'azote, 5s'',82 d'acide azotique, lsr,08 d'ammoniaque et 2s' ,^3 chaux.
En tant que boisson alimentaire, l'eau de pluie est lourde à digérer, non par l'absence d'air, mais par celle de sels ; on corrige cet inconvénient en les ajoutant artificiellement.
L'eau de pluie peut, par conséquent, constituer une ressource précieuse pour des navigateurs, pour des colonnes militaires expéditionnant dans une région où les sources sont rares. L'eau doit être recueillie, au moyen de prélarts, tendus en forme d'entonnoir, à l'aide aussi de la loile des tentes ; il sera quelquefois nécessaire de la filtrer, par suite de son contact avec ces objets, généralement imprégnés de poussière ; on ajoutera environ 30 à kO centigrammes de sel marin par litre d'eau et l'on aura une eau Irêssalubre.
L'eau distillée, provenant des appareils de distillation, donnerait lieu aux mêmes considérations ; en outre, elle doit être battue avec soin pour s'aérer.
b. Eau de sources. — Les eaux de sources sont généralement estimées comme les meilleures, mais leurs qualités varient suivant les terrains au travers desquels elles se sont écoulées : aussi, les qualités et la composition de ces eaux sont-elles variables à l'infini; dans beaucoup de cas, la connaissance géologique du terrain, l'état de culture on de boisement de la région peuvent faire préjuger de la qualité des eaux du sol. — En général, les eaux potables se rencontrent surtout dans les terrains secondaires, primaires et de transition; les terrains stratifiés et, en particulier, les terrains secondaires se prêtent plus facilement aux infiltrations des eaux, sans les surcharger de sels.
Les sources jaillissant des montagnes, provenant de terrains porphyriques quartzeux, sont peu minéralisées ; elles contiennent au plus quelques silicates dissous à la faveur de l'acide carbonique, un peu de chlorure, ou de sulfates alcalins.