DAU.E. PAVAGE. MVEAT- T>V SOL
Fig. 13G. — Filtre destiné ii épurer l'eau avant son arrivée dans un réservoir
ou dans une citerne.
lorsque l'on ne veut pratiquer le filtrage qu'à la sortie, on pourra utiliser
Fig. 137. — Filtre destiné a épurer l'eau après sa sortie d'un réservoir ou d'une citerne, des filtres construits sur le type représenté fig. 137; dans laquelle l'ea
impure entre parle luyau F, pénèlrede bas en haut au travers des couches filtrantes A et B, passe purifiée dans ia chambre a et sort par le tuyau G; l'appareil tout entier peut se démonter en deux parties a et /j. Du reste il n'en est pas besoin pour nettoyer les couches filtrantes, ou la chambre inférieure K dans laquelle se réunissent toutes les impuretés ; il suffit d'ouvrir l'orifice D, elles s'écoulent d'elles-mêmes; ensuite, on ferme les robinets F et G, on ouvre le robinet M, l'eau passe par ce tuyau, traverse les couches filtrantes B et A, en les nettoyant, et s'écoule en D.
d. Filtres de campagne. — Si l'on n'a point à sa disposition des appareils complets comme ce dernier, il est toujours facile de construire, pour un camp ou un bivouac des filtres très-simples, qui feront un excellent
service. Gomme matière filtrante, on use généralement du sable siliceux , agissant mécanif[nement en arrêtant à leur passage les matières tenues en suspension dans l'eau , et de poudre de charbon v6-
Fig. 138. — Modèle lic fiUre de campagne, doiinanl deux gétal OU animal, qui joint
filtrations successives. . „ „ •
a cette acnon mécamque,
la propriété d'absorber les gaz et d'enlever à l'eau toute saveur et toute
odeur putride.
Voici quelques modèles de filtres empruntés à l'ouvrage de Parkes (1).
Le modèle représenté fig. 138 se comprend de lui-même: l'eau s'éconlant
du baril passe dans une caisse, dans laquelle on a ménagé
(juatre compartiments communiquant, le premier avec
le second, et le troisième avec le quatrième, par un orifice
inférieur, les deux moyens par un orifice supérieur; la
filtration s'opère de bas en haut dans les compartiments
deux et quatre et sort pure de ce dernier.
Le type représenté fig. 139 est basé sur les mêmes
Fig. 139. —Modèle principes, mais moins volumineux, il peut être plus de filtre de campa- , ., i i ^ />i , , ^
gne plus portatif, facdement transportable. Le filtre représente fig. UO
est constitué par un simple tonneau ou récipient quelconque, monté sur
(1) E.-A. Parkes, foc. cit., p. 89
Fig. l^iO. — Filtre (le caini>agiic, mobile sur un axe.
FILTHLS Dt CAMPAGMi. 829
un axe el icccvaiu l'eau par la partie inférieure, elle se lillre donc de bas eu haul ; si l'on veut laver les masses filtrantes, après avoir enlev<; le tuyau de conduite et fermé l'appareil, on lui imprime quelques mouvements de rotation et le sable se trouve brassé avec l'eau et lavé. La fig. 161 re|)réscnte scliématiquement la disposition que l'on peut toujours adopter dans des tuyaux de conduite, pour forcer l'eau à se filtrer sur un point de son parcours.
A défaut de tonneaux ou de récipients, des soldats quel<|ue pou iiigé nieux pourront toujours disposer des filtres très-utilisables, en faisant avec des couvertures de laine une sorte d'entonnoir, au fond duquel on place de l'étoupe divisée, du sable, du charbon provenant des foyers du bivouac. Il sufTit de les guider un |)cu en pareil cas, de leur bien faire comprendre le danger qui résulte de l'ingestion d caux insalubres, et d'euxmêmes ils sauront disposer des appareils fonctionnant Irès-convenablcment. Néanmoins, (juand le camp doit avoir quelque durée, le commandement doit toujours prescrire l'établissement de filtres; chaque compagnie ou w\n{k tactique demeurera chargée de la construction et de l'entretien de son piopre filtre, s'il s'agit d'appareils peu compliqués; dans le cas contraire, ces soins incond)eront au génie militaire.
A défaut de filtrage, on peut, dans quelques cas, purifier les eaux par le simple repos ou par l'ébullition suivie d'un battage à l'air, pour l'aérer. Par l'ébullition on détruit en effet les matières organi(jues el, dans le cas d'une eau, très-chargée de matériaux de ce genre, l'ébullition devrait même |)récéder le filtrage, car cette dernière opération n'est pas alors suffisante pour enlever à toutes les eaux les matières organiques qu'elles contiemient. Par la présence de fer métallique, les matières organiques s'oxydent et l'eau devient salubre. On peut utiliser cette propriété comme moyen d'épuration.
Si l'eau est séléniteusc (sulfate de chaux), on la rendia propre à la cuisson en y ajoutant un peu de carbonale de soude, il se formera un car-
Fig. — Figure scliéiiialiquc, rclirésenlanl une conduite d'eau avec couclie filtrante, disposée sur un point de son trajet.
bonale de chaux qui se déposera, en laissant l'eau quelques heures en repos; dans le cas où l'eau aurait été très-riche en sulfate de chaux, le sulfate de soude, produit par la réduction de sel, rendrait l'eau un peu laxative.
L'eau chargée d'un excès de sels magnésiens ou de bicarbonate de chaux devrait être traitée par de la chaux caustique, afin d'obtenir la formation d'un carbonate de chaux insoluble.
L'eau chargée de matières terreuses, peut être clarifiée en y projetant de l'alun à doses très-minimes, un décigramme par litre environ. Il se forme un sous-sel d'alumine, qui s'unit aux matières organiques et aux sels calcaires, et les entraîne au fond du vase. Il faut donc d'abord brasser l'eau, puis la laisser reposer. Ce procédé est universellement employé par les indigènes en Chine, où l'eau des fleuves et des rivières est souvent fort limoneuse.
Nous ne saurions terminer ces quelques indications sur la fillration de l'eau, sans faire mention des petits filtres portatifs de charbon, que l'industrie construit actuellement sous forme de petits cylindres de charbon moulé (coke et charbon animal) ; l'appareil tout entier est renfermé dans une boîte de fer blanc cylindrique de 6 centimètres sur 5, contenant en outre un tube de caoutchouc avec embout. Ce petit appareil, d'un prix fort minime, donne, par filtralion, une eau excessivement pure ; il est parfaitement portatif et pourrait être délivré aux troupes en campagne. Chaque soldat de l'expédition anglaise de la Côle-d'Or, en 1873-7/4, en a été ofliciellement pourvu ; les officiers en particulier ne devraient jamais entrer en campagne, ou même se rendre aux grandes manœuvres, sans se munir d'un petit filtre de ce genre, qui réalise tous les avantages désirables.
IV. Vsaçje hygiénique de Veau comme boisson. — De tous les liquides, l'eau est certainement celui qui amortit le mieux la soif, surtout lorsqu'elle est assez fraîche ; prise en quantité modérée, elle stimule l'estomac, mais si sa température est trop basse, elle agace les dents, détermine dans l'arrièregorge et à l'épigastre une sensation de froid, se confondant presque avec celle que donnerait une brûlure; la réaction ne se fait pas attendre chez les individus vigoureux, mais chez les malingres, elle provoque des congestions durables dans dilTérenls organes et peut déterminer des pleurésies, des pneumonies, des néphrites, etc*
En été, lorsque la température générale est élevée, que les hommes sont en pleine transpiration, l'ingestion d'une certaine quantité d'eau
l'eau comme boisson. 831 froide ou môme rclalivement tiède détermine une vive irritation de tout l'appareil gastro-intestinal, avec diarrhée, vomissements; souvent même, si les évacuations sont abondantes, on observe la cyanose, les crampes et toute la série des phénomènes cholériformes, quelquefois mortels. Dans l'armée CCS accidents sont excessivement fréquents, ils se produisent pendant les marches, au retour de l'exercice, etc.; les hommes se précipitent sur les pompes, les puits, les mares d'eau saumâtre même, se gorgent d'eau et ne tardent pas à ressentir les effets de leur imprudence. Nous reparlerons de cet accident en traitant de l'hygiène de la marche, mais on comprend sans peine que les officiers et sous-officiers doivent veiller attentivement sur leurs honunes, les mettre en garde contre les dangers auxquels ils s'exposent et user de toute leur autorité pour les prévenir. Au besoin, des factionnaires, placés auprès des prises d'eau, auront la consigne d'interdire à un môme individu d'en recueillir plus d'une quantité donnée (voy. p. 538).
Lors(juc l'estomac contient des aliments, l'ingestion d'eau froide est moins dangereuse; elle agit alors moins directement sur la njuqueuse et s'échauffe par son mélange avec la masse chymeuse. Dans tous les cas, il est bon de ne la boire qu'à petits coups et de la conserver un certain temps dans la bouche pour l'échauffer.
L'eau tiède est fade, ne désaltère pas, elle frappe d'atonie la muqueuse gastrique, ralentit la digestion et, par son usage prolongé, détériore tout le tube digestif. Il est vraisemblable que beaucoup de diarrhées, d'embarras gastriques, observés chez les militaires, sont causés par l'ingestion de l'eau conservée dans les chambres de caserne ou par celle des camps. L'eau chaude et non aromatisée est presque impossible à boire, elle n'est jamais ingérée comme boisson.
L'eau est la boisson par excellence du soldat, mais comme beaucoup de bonnes choses, elle peut devenir dangereuse. Les inconvénients de celte boisson trop primitive sont connus depuis longtemps, et l'on a cherché de tout temps à corriger la crudité de l'eau, mise à la disposition du soldat. Les Romains se servaient de vin et de vinaigre; c'est Végèce qui nous l'apprend dans ce passage : « Frumenti vero, aced, vint, necnon etiani salis, omni tcmpore vitanda nécessitas » [De rc militari, 1. Ilf, c. m). On se servait encore du vinaigre au siècle dernier, comme nous le raconte Colombier. De nos jours, on a remplacé le vinaigre par de l'eau-de-vie que l'on distribue aux troupes en été, soit du 21 juin au 31 août dans le Nord, du 1" juin au 30 se|)tembre dans le Midi, sous forme d'une ration
8b2 ALIMKNTATION DU SOLDAT.
de 7^ (le lili'e ou d'une indemnité reprcsenlalive en numéraire. Mais est-ce bien là le correctif qui convient pour faire de l'eau une boisson salubre? Si nous nous en rapportons aux hommes qui se sont occupés de cette question, nous voyons que tous s'accordent pour soutenir la négative. Mélangée à l'eau, l'eau-de-vie laisse développer certains principes empyreumatiqucs d'un goût désagréable qu'il faut corriger par l'addition de sucre.
Il y a donc là une lacune qu'il est nécessaire de combler, pour satisfaire aux loisde l'hygiène. Il faut au soldat une boisson un peu plus nutritive et légèrement stimulante. Ici le problème est difficile, car celte addition au régime du soldat ne sefera pas sans une certaine dépense, et il faut qu'elle soit le moins forte possible pour que nous ayons quelque chance de la voir accepter.
Beaucoup de corps transforment en achats de sucre et café l'indemnité représentative d'cau-de-vie; ce café est donné aux troupes le malin pour consigner un premier repas. On peut aussi s'en servir, en le mélangeant à l'eau avec un peu de sucre; on obtient alors une boisson fraîche et trèsagréable qui n'a pas l'inconvénient de ce goût détestable que donne le mélange d'eau et d'eau-de-vie. Dans son intéressant ouvrage (1), le colonel Lewal rapporte un moyen très-économique de préparer cette boisson, au moyen des marcs de café : quand ils sont encore chauds, on y ajoute 500 grammes de café frais pour un bataillon, et l'on y verse de l'eau ; dès (jue l'ébullilion a eu lieu, on décante dans les barils, en y mêlant 100 grammes de réglisse, 5 citions ou un peu d'acide citrique, quelquefois mènie un peu d'alcool, puis on remplit d'eau de manière à avoir 1 litre par homme. Le prix de cette buisson n'étant que de 2 centimes par litre, on a pu néanmoins donner aux hommes le café du malin.
En campagne, les troupes doivent toujours conserver un reste de café dans le petit bidon, que Ton élend d'eau et qui, de plus en plus étendue il est vrai, peut servir pendant toute une journée de marche.
V. Des eaux comme causes de maladies. — L'étude des rapports existant entre la nature des eaux, consommées par un individu ou par une population, avec l'évolution des phénomènes morbides est un sujet beaucoup trop vaste pour pouvoir être même ébauché dans un ouvrage, où la théorie ne doit figurer que pour juslifier la pratique. De tout temps, ces rapports n'ont point échappé aux esprits scientifiques, mais onpeul dire que cette
{\) Colonel Lewal. La réforme de l'armée. Paris, 1871,
DtS EAUX COMME CAUSE DE MALADIES. 833
qiieslion est aujourd'hui, plus que jamais à l'ordre du jour, surtout eu ce qui concerne l'iulluence exercée par les eaux sur la marche cl la propagation des épidi^mies. (Voy. p. A51 et suiv. de cet ouvrage.)
Dans les quelques paragraphes qui précèdent, nous avons également indiqué en quoi l'absence d'air et de sels minéraux rendait l'eau insalubre, con)meni les excès de sels calcaires, magnésiens, siliceux étaient nuisibles, en irritant les voies digestives. — La nocuité de la présence des organismes végétaux ou animaux inférieurs, considérés comme cause productrice de maladie, est actuellement démontrée par les faits, aussi bien que par 1.» théorie, elle se lie aux découvertes modernes sur la fermentation, sur le rôle des infusoires, sur leur pénétration et leur reproduction dans l'organisme humain.
La dysenterie, le choléra, la fièvre typhoïde, la fièvre jaune, les fièvres à malaria (l)et vraisemblablementd'autres encore paraissent intimement unies aux évolutions organicjues de ces infiniment petits, qui pullulent dans les eaux dont nous faisons journellement usage. En élargissant de plus en plus le cadre de ses études, enjoignant la largeur des vues philosophiques à la précision des moyens d'investigation, la science moderne nous ouvrira certainement des horizons nouveaux sur la propagation de ces fléaux, et peut-être alors sur la prophylaxie précise qu'il convient de leur imposer.
Un fait est établi sans conteste, l'influence des eaux sur la santé de riiommc qui en fait usage ; quelque soit le njode en vertu duquel s'exerce celle influence, elle est indéniable. Au point de vue hygiénique, c'en est assez pour justifier les mesures de précaution que nous avons résumées.
VL Essai chimique des eaux potables. — L'analyse chimique, qualitative et quantitative d'une eau présentée pour les usages alimentaires, est toujours une opération de laboratoire, sinon difficile, au moins longue et demandant beaucoup de précision. Nous n'avons pas la prétention d'en tracer ici les règles, mais simplement de rappeler quelques caractères au moyen desquels on jugera rapidement si une eau est potable ou non, et si elle ne l'est pas, à quels éléments elle doit sa nocuité.
Après avoir examiné l'eau au point de vue de sa couleur el sa transpa-
(1) L . Colin, De r ingestion des eaux marécageuses comme cause de la dijsentcrie et
tics fièvres intermittentes {Ann. rVItyg. et de médec. légale, 1872, t. XXXVIII).
llirlz, nouveau Dictiun/i. de tnéd. et de c/iir.prat., 187^, t. XIX, art. intekmittenil 'lièvre).
Mor.ACUE. — Hy^. niilil. 53
rence, son odeur et son goût, on procède à un examen chimique sommaire, en recherchant les principaux éléments que nous avons indiqués comme les plus importants, au point de vue de la salubrité. *
a. Recherche de Vair. — En chauffant l'eau dans un ballon de verre, ou dans une capsule de porcelaine, on voit l'air dissous s'en dégager sous forme de bulles; pour en mesurer la quantité, il suffit de recueillir le gaz dans une éprouvelte graduée, pleine de mercure, et renfermant 8 à 10 grammes d'huile; on arrête l'expérience lorsqu'il ne passe plus de gaz ; on mesure son volume, en le réduisant par le calcul à la pression de TGO""' et à la température de 0°. Si l'on veut doser la proportion d'acide carbonique, on l'absorbe par la potasse et l'on mesure le volume du gaz restant.
b. Recherche des sels minéraux. — 1° En faisant bouillir pendant huità dix minutes l'eau que l'on examine, si elle se trouble considérablement c'est une preuve qu'elle contient un excès de bicarbonates. Une goutte ou deux de teinture alcoolique de bois de Campeche colorent en violet l'eau renfermant du bicarbonate de chaux.
2° Les eaux sélénileuses fournissent, par l'évaporalion, un résidu abondant ;
3° Les eaux chargées de substances salines donnent un précipité abondant par l'oxalate d'ammoniaque (chaux), l'azotate d'argent (chlorures), le chlorure de baryum (sulfates), elles dissolvent difficilement le savon et forment des grumeaux avec ce réactif;
h° La présence des iodures est recherchée par l'amidon et l'acide azotique.
c. Recherche des matières organiques. — Lorsque les eaux contiennent une forte proportion de matières organiques, le résidu de leur évaporation noircit plus ou moins quand on le chauffe dans une capsule de platine ; ce phénomène est dû à leur carbonisation.
On peut également reconnaître la présence de ces matières, à la coloration brune que prend à leur contact une solution étendue de permanganate de potasse; cette réaction, basée sur l'affinité de l'oxygène pour les matières organiques, sert h un procédé de dosage de ces substances (1).
d. Essai hydrotimétrique de Veau. — On désigne sous le nom d'hydro-
(1) Voy. Bull, de la Soc. chimique^ t. XYIII, p. 1178. — Jules Lefort, Traité de chimie hydrologique comprenant des noiiom générales d'hydrologie et t'analyse chimique des eaux, 2" édition, 1873, J. B. Baillière.
liSSAI CHIMIQUE DES EAUX POTAIJLES. 835
tiinctrie une mélliode d'essai destinée à f;iire reconnaître la bonne qualité des eaux et notamment à déterminer la quantité de sels de chaux et de niagnésie qu'elles contiennent. Elle est basée sur celle remarque que si l'on verse une solution alcoolique de savon dans de l'eau chargée de sels terreux et que l'on agite, il ne se forme de mousse persistante que lorsque les bases de ces sels ont élé entièrement combinées avec les acides gras du savon.
La liqueur d'essai se prépare en dissolvant à chaud 100 grammes de savon blanc de Marseille dans 1600 grammes d'alcool à 90 degrés; ou filtre et l'on ajoute 1000 grammesd'eau distillée. Celle liqueur d'essai s'allérani facilement, on l'essaye elle-même en se servant d'une dissolution de 0,50 d'azotate de baryte dans 1 litre d'eau distillée.
Les instruments se composent : 1° de Vhjjdrotimètre ou burette, graduée de telle sorte que 23 de ses divisions égalent 2 centimètres cubes et k dixièmes ; le 0 de l'échelle est placé sur le second trait, et non sur le premier, comme dans les burettes ordinaires. Néanmoins, quand on remplit l'instrument, il faut que la liqueur affleure jusqu'au premier trait, par la raison que la quantité de liquide qui dépasse ainsi le 0 est employé à produire une mousse persistante et n'est pas décomposée par les sels de l'eau que l'on analyse ;
2° Un flacon gradué de 10 en 10 centimètres cubes ;
3" Une pipette graduée en dixièn>es de centimètres cubes.
Dans l'essai de la liqueur hydrolimétrique, hO centimètres cubes de la solution d'azotate de baryte doivent donner une n)ousse persistante avec 22 degrés hydrotin)étriques. Si le nombre des degrés est inférieur, il faut étendre d'eau la liqueur savonneuse dans la proportion de 1/23 de son volume, par chaque degré (jui n'aura pas été employé. Si le nombre était supérieur à 22, il faudrait ajouter de l'alcoolé de savon.
Pour essayer une eau potable, d'après la méthode hydrolimétrique, on dépose 20 à 25 grammes de l'eau à examiner dans un vçrre à expériences, et l'on ajoute 1 centimètre cube environ de liqueur savonneuse. Si, ajH'ès quelques instants d'agilation^ l'eau prend une teinte opaline sans qu'il se forme de grumeaux, on peut faire directement l'essai. Dans le cas où il se forme des grumeaux, il faut étendre l'eau à essayer d'un volume d'eau distillée convenable, pour que cet eiïet n'ait plus lieu. On lient compte de cette eau ajoutée dans le résultai final. 11 est essentiel de s'assurer que l'eau distillée qu'on ajoute ainsi marque 0 à rhydrotimèlre.
Toiil élaiil donc disposé, on verse ^0 cenlimètrcs cubes de l'eau à essayer dans le flacon el l'on ajoute peu à peu, surtout à la fin de l'opération, la liqueur savonneuse. Dès que, par l'agitaiiou du ilacou on obtient une mousse persistante et épaisse, l'essai est terminé. Lecbiiïre ainsi obtenu indique le degré hydrotimétrique de l'eau. Supposons que ce degré soit de 15, on en pourra conclure : 1° que 1 litre de celte eau décompose 18 décigrammes de savon avant de pouvoir dissoudre ce corps ; 2° que 1 litre de cette eau contient, à très-peu de chose près, 18 cenligrairnnes de matières terreuses fixes.
Des eaux réellement potables ne doivent pas maïqucr plus de 35 à degrés bydrotimétriques; à 50 degrés, elles sont très-lourdes sur l'estomac; au-dessus de 60, elles sont impropres à tous les usages domestiques.
Le procédé hydrotimétrique peut, avec quelques modifications, être utilisé pour le dosage de l'acide sulfurique et du chlore, de l'acide carbonique, des sels de chaux et de magnésie ; nous renvoyons pour ce fait à V Instruction générale du Formulaire des hôpitaux militaires où ces opérations sont décrites avec une grande précision (1.)
§ II. — Boissons alcoolicfucs.
Sous le titre de boissons alcooliques, l'hygiéniste envisage toutes celles qui contiennent de l'alcool en proportion plus ou n;oins forte. Elles empruntent à cet agent, sur l'action physiologique duquel nous aurons à insister, la plus importante partie de leur influence sur l'organisme; quelques-unes d'entre elles contiennent cependani, outre l'alcool, des substances particulières dont l'action vient s'ajouier à celle de l'alcool.
L'alcool des boissons alcooliques provient delà transformation en alcool des différents sucres contenus dans les végétaux, soit que le sucre y ait été formé par les seules forces de la nature, soit que l'industrie ait amené à l'état de sucre des' composés qui, livrés à eux-mêmes, n'auraient pas, dans les conditions ordinaires, subi celle transformation chimique.
On donne le nom de fermentation alcoolique cette évolution organique, en raison des ferments qui sont indispensables à sa production ; sous le nom de boissons fermentées on peut donc envisager toutes les boissons alcooliques, mais on comprend plus généralement celles dont l'alcool pru-
(1) Fonmduin' <ks h''>ijitaux rnilitnirrs, 1870.