BAINS
a. Bains froids. — En été, la troupe doit être conduite aux bains froids; l'ordonnance du 2 novembre 1833 (art. 60) et les circulaires des U juin 1835 et 25 mai 1839 désignent le médecin-major du régiment comme seul appréciateur de l'usage des bains froids pour les hommes de son corps ; il doit du reste les accompagner, ou les faire accompagner par un de ses aides ; l'école de natation doit être pourvue de couvertures de laine, de brosses à frictions et des principaux appareils pour rappeler la vie chez les asphyxiés (instruction du 18 mai 1852) ; à cet elîet, une boîte de secours fait partie de l'arsenal réglementaire de chatiue régiment ; enfin, le conseil de santé des armées, dans une note du 13 avril 18^i^i, a résumé les principaux soins à donner aux noyés ou autres asphyxiés. Nous n'avons pas à la reproduire ici, car elle ne contient rien qui soit spécial à l'armée, et cette question ne rentre pas à vrai dire dans l'hygiène. Lin exemplaire de l'instruction du 13 avril \ SUU est déposé dans chaque sac ou sacoche d'ambulance.
Dans nos climats, les bains froids ne peuvent être donnés que pendant les mois d'été et les premiers mois d'automne, soit en moyenne de juin à octobre; les conditions de climat, de région, de température accidentelle, font naturellement varier ces périodes. Les bains militaires doivent être pris en présence d'un officier, assisté d'un nombreux personnel de sousofficiers, de maîtres-nageurs prêts, à porter secours aux imprudents ou à ceux qu'un danger menace.
Lorsque la troupe est arrivée sur le bord de l'eau, il faut laisser reposer les hommes pendant un quart d'heure environ, puis les faire déshabiller lentement, pour donner à la peau le temps de sécher, car, comme les emplacements de bain sont généralement éloignés des casernes et qu'il fait le plus souvent assez chaud, les hommes y arrivent en pleine transpiration.
La durée du séjour dans l'eau varie naturellemeni suivant la température de l'eau, celle de l'air, suivant les individus. En général, on reste beaucoup trop longtemps dans les bains froids. L'action tonique est alors contre-balancée par la déperdition de calorique que subit l'organisme. Il vaut donc beaucoup mieux ne pas prolonger le bain plus de dix à quinze minutes dans les rivières et moins encore dans la mer. Dès que l'homme ressent une impression de froid continue, avant même qu'il ait des frissons, on doit le faire sortir de l'eau ; il va sans dire qu'il ne s'agit pas de cette première impression, que l'on perçoit en entrant dans l'eau, et qui se dissipe très-rapidement.
Après le bain, les soldats s'habilleront vivement et on les ramènera d'un
bon pas à la caserne, afin de favoriser la réaclion. En rentrant ils prendront leur repas.
Il va de soi que l'usage des bains froids doit être interdit à tous les malingres, convalescents, en outre, ils ne doivent être pris que trois heures au moin» après le rcpas^ sous peine de voir la digestion vivement troublée.
b. Bains de mer. — Les corps de troupes, cantonnés dans les localités situées aux bords delà mer, trouveront dans les bains d'eau de mer un puissant moyen de stimulation pour la santé des honnnes. Les bains de mer seraient avec avantage vulgarisés dans l'armée, tant au point de vue hygiénique qu'au point de vue thérapeutique. Plusieurs circulaires ministérielles autorisent l'évacuation, sur les hôpitaux de Nice, Marseille, la Rochelle et Calais, des hommes dont l'étal de santé réclame l'emploi des bains de mer; mais ce n'est point suffisant, car ces mêmes hommes vivent à l'hôpital et ne séjournent au bord de la mer, au milieu des effluves marines, que pendant l'heure des bains; or, il parait incontestable que le séjour prolongé sur la grève, au soleil, a au moins autant d'action quele bain lui-même. Il serait très-facile à l'administration delà guerre d'établir, sur l'un des points du littoral, ou même sur plusieurs, de petits camps baraqués destinés à recevoir les hommes d'une certaine zone territoriale, que l'on dirigerait sur les bains de mer sans les hospitaliser pour cela. On pourrait même, pour que le temps ne soit pas absolument perdu, utiliser ce séjour au bord de la mer pour perfectionner les hommes au tir à grandes distances, chose que l'on peut rarement obtenir dans les polygones trop peu vastes pour les armes nouvelles. Les enfants de troupes, en particulier, devraient y être envoyés presque en masse, car, à bien peu d'exceptions près, ils sont en généra malingres et suspects de scrofulisme.
III. Soins des cheveux, de la barbe et de la bouche. — A côté des soins généraux de propreté, il ne faut pas non plus que le soldat néglige certains autres soins, d'une importance réelle. C'est avec raison que les règlements prescrivent de porter les cheveux ras, de deux centimètres au plus de longueur; une brosse et un peigne, de l'eau claire, suffisent à maintenir la tête dans un parfait état de proprélé. Jadis il n'en était pas ainsi; avant la Révolution, l'usage général de la poudre avait amené les soldats à faire usage d'un affreux cosmétique, composé de suif et de farine; on en conçoit sans peine les inconvénients pour le cuir chevelu aussi bien que pour les vêtements. Sous la Révolution et pendant les premières années de l'empire, la farine disparut, mais les perruques, les queues et les cade-