CARTE D'IDENTITÉ
Je suis
Rt
Corps.
Dieu ii liiiit iiiuié le inoudi' cfu'il lui ii ilnnuo siiu lils unique, nlin que celui qui croit en lui ne périsse point, mais pissètle la vio éternelle.
Adresse et nom :
Suspenilre cette curtc!
à fuii cou lui moyen
il'uu corilou au ilessns de
la clieniise ; peudaiit
le coiuliat. la uiottre sou?
la elieniiso.
Dans l'armée allemande, la carte est remplacée par un petit carré de
CAIMES D'IDI-NTITÉ. 9^|3
lei-blanc, porlant en abrégé le numéro du régimcnl, le numéro de la compagnie et le numéro matricule de la façon suivante :
2" Westpli. I. K. N« 15.
Ou pourrait adopter pour l'armée française un modèle de carte d'identité à peu près semblable à celui-ci :
18= Corps. —
33« Division. — 70« B'ic-.
li/is tnf.
. Oc goii. — 30 ,
Ces cartes ou plaques d'identité, faites en métal vulgaire, seraient préparées à l'avance dans les corps de troupe, il ne resterait plus qu'à graver le nom et le numéro matricule du soldat. Celui-ci recevrait sa carte d'identité en entrant au régiment et, dans aucune circonstance, ne devrait pouvoir la quitter. S'il venait à succomber sur le champ de bataille, cette plaque, n'ayant aucune valeur intrinsèque, ne tenterait point la cupidité des bandits, véritables vautours des champs de bataille qui, trop souvent, dépouillent les morts et dispersent les livrets ou vêtements qui pourraient servir à la constatation de l'identité. Le parli vainqueur, en procédant à la reconnaissance des corps, réunirait les caries de ses hommes aussi bien (jue celles des ennemis, et ferait parvenir ces dernières aux avant-postes de l'adversaire.
§ III. — Iles (IifrcrentOii» .•sortes fie cnnii»n;;ncs.
I. La fjuerre de siéf/c. — a. Préparation des places for/es. — Dès qu'une placé forte est construite, on doit supposer qu'elle sera un jfjiir
9^i4 L\ VIE MILITAIRE.
attaquée, peut-être investie, et prendre dès ce moment toutes les mesures nécessaires pour la conservation des hommes qui y seront renfermés. Ces précautions consistent, au point de vue hygiénique, à leur préparer: l°des logements; 2° des vivres; 3° dos objets de couchage, des vêtements et du matériel de campement. On le voit , dans une place forte, il faut compter, non pas avec la garnison présente en temps de paix, mais avec celle qu'elle recevra éventuellement pendant la guerre. Les casernes seront donc multipliées aux diiïérents points de la périphérie, les casemates disposées de façon à les rendre habiiahies, et l'on aura sous la main les planches et autres matériaux nécessaires pour élever des baraques ; celles-ci sont en effet préférables, au point de vue hygiénique, aux casemates, qui ne doiventôtre occupées que dans les cas d'absolue nécessité (voy. p. iiSS).
b. Service des vivres. — Les places fortes doivent également avoir de grands dépôts de vivres ; en temps de paix, ils servent à ravitailler la garnison et les troupes de la région, mais ils forment la base de l'approvisionnement nécessaire en cas de siège ; au moment où l'on prévoit l'éventualité delà guerre, l'administraiion militaire a le devoir d'accumuler, dans les places menacées, une quantité de vivres considérable; en agissant ainsi, elle fait pour leur défense autant que l'artillerie, en y accumulant des projectiles et du matériel de guerre. Dans la guerre 1870-1871, certaines places ont pu résister longtemps à l'ennemi, sans doute parce qu'elles se trouvaient occupées par de vaillantes troupes, commandées par des chefs intrépides, mais aussi parce qu'elles étaient approvisionnées; la ville de Belfort, la citadelle de Bilche ont pu prolonger leur résistance jusqu'à la conclusion de la paix, la ville de Phaisbourg a pu tenir jusqu'en novembre 1870, parce qu'elles étaient approvisionnées, tandis que Metz et Paris ont dû ouvrir leurs portes à l'ennemi, le jour où les vivres ont manqué absolument. Il y a là un élément que nous, hygiénistes, comprenons mieux que personne; le jour où l'alimentation est baissée à un certain niveau, il n'y a plus de résistance physique possible, et quelque grande que soit l'énergie des soldats, la matière l'emporte, il faut capituler ou mourir; or, si l'on peut accepter la mort, peut-on l'imposer aussi à toute une population, à des femmes, à des cnfanis?
On peut dire h l'éloge de l'adminislration militaire qu'elle a puissamment contribué, dans la dernière guerre, à prolonger la résistance de Paris, par les approvisionnements qu'elle avait eu le mérite d'accumuler dans ses magasins. Du mois de septembre 1870, jusqu'à la fui de février 1871, clic
LA GIIEKUE DE SIÈGE. Q/lT)
a distribué 33 000 000 kilogrammes de pain, 3 375 000 kilogrammes de biscuit, 625 000 kilogrammes de conserves de viande, 625 000 kilogrammes de lard salé, /i95 000 kilogrammes de légumes secs, 95 000 hectolitres de vin, 26 250 liectolitres d'eau-de-vie, 720 000 kilogrammes de rafé, 9/45 000 kilogranunes de sucre, 7/i9 700 kilogrammes de sel, 1 530 000 kilogrammes de riz, 900 000 kilogrammes de viande fraîche (1).
Grâce à ces approvisionnements, réunis sur l'ordre du ministre de la guerre par I\1!M. les intendants Danlion, Delaperrierre, et des officiers sous leurs ordres, les distributions ont pu être faites régulièrement aux troupes pendant toute la durée du siège, et si, vers la fin, les soldats ont dû subir des privations, elles sont loin de pouvoir se coniparer à celles de la jmpulation civile.
Les administrations municipales doivent, en effet, dans les placesde guerre, prévoir l'éventualité des sièges et procéder de leur côté à des approvisionnements, dans lesquelles l'administration militaire peut les aider puissamment, en raison de l'organisation plus parfaite de ses services. A Paris, dès le 7 août 1870, les intendants Perrier, Meunier, et Courtot recevaient l'ordre de se mettre à la disposition du ministre du commerce, pendant que le Conseil municipal s'adressait également au ministère de la guerre pour réclamer son secours. En fait, l'administration de la guerre a pu livrer pour l'alimentation de la population civile, tant après qu'avant l'investissement : 80 680 quintaux de blé , 265 67/i quintaux de farine, 320 quintaux de viande conservée, /i388 quintaux de viande salée, 69 939 quintaux de sel, ^i2 995 quintaux de riz, 31 823 quintaux de pommes de terre, 1983 quintaux de légumes secs, 5000 quintaux de café vert, etc., etc. : en somme, une quantité de vivres suffisante pour assurer l'alimentation de la population pendant une durée de 71 jours, tandis que l'administration civile n'a pu pourvoir directement aux besoins de cette même population que pendant 62 jours. Nous tenons à honneur d'enregistrer ces faits ici même, pour répondre aux critiques injustes que l'on ne craint pas d'adresser à l'administration de la guerre, au sujet de son fonctionnement pendant ce même siège de Paris. En ([uelques points, peut-être, on aurait pu faire mieux, mais, en tant que service des vivres, l'intendance militaire mérite au contraire la plus vive reconnaissance de la part de la population parisienne.
(i) Major de Sarrepoal. Histoire ((c la (k'/t'int' tJc l'o/ i-s, 1872. MORACHE. — Hyg. milit.
Pendant les sièges, le service des vivres doit entrer, on le voit, pour une part considérable dans les préoccupations du commandement de la place. Il est assisté à cet effet par un Comité de surveillance des approvisionnements de siège, composé du commandant la place, du commandant d'artillerie, du chef du génie, de l'oflicicr le plus élevé en grade des troupes de la garnison, du sous-intendant militaire chargé du service des approvisionnements, du maire de la ville, d'un médecin militaire (article 260 du décret du 13 octobre 1863 sur le service des places de guerre). Ce comité visite, ou charge des menibres délégués de visiter, très-f'rér|uemment les magasins de la place, pour s'assurer s'ils sont bien tenus, si les approvisionnements sont placés dans les locaux favorables à leur conservation, si les denrées sont manutentionnées avec soin ; il délègue trois de ses membres au moins, y compris le sous-intendant, pour assister à la réception des denrées, objets et matières composant les approvisionnements de siège, pour veiller à ce qu'il n'en soit reçu que de bonne qualité, et pour assurer l'observation de toutes les formalités prescrites par le règlement. A la fin de chaque mois, le comité se fait remettre, par le sous-intendant, l'état de situation des approvisionnements de siège, et, après en avoir vérifié l'exactitude d'après les registres qu'elle a en sa possession, le signe et l'adresse au commandant supérieur. Il peut, en outre, toutes les fois qu'il le croit utile, faire procéder au recensement des denrées existant en magasin, etc. (Articles 261 à 263 du même règlemenl.)
Nous sommes convaincu que le premier devoir d'un commandant de place forte est de faire procéder à la reconnaissance immédiate de tous les vivres, existant dans la place, au moment de son investissement, de les mettre en réquisition, en les laissant au besoin dans les magasins ou caves des particuliers qui en demeurent responsables, et d'organiser alors le rationnement absolu. Devant le grand devoir qui s'impose, il ne doit exister aucune différence sociale ; tous les habitants doivent être soumis au même régime, mais des exceptions sont imposées en faveur des enfants jusqu'à l'âge de quinze ans, des vieillards au dessus de soixante, des personnes réellement malades et des femmes en couches. Ces diverses catégories de personnes, également intéressantes, recevront des aliments spéciaux, du lait en particulier, mais sur prescription de médecins^ dûment commissionnés à cet effet.
Sans doute, ce régime paraît dur, mais la guerre n'est pas non plus une plaisanterie, elle résume toutes tes souffrance» et toutes les