RÉPARTITION DES RECRUES
dans le déparlement dans lequel il réside, que s'il est accepté par le chef de corps. Il peut toujours être changé de corps et d'arme lorsque l'intérêt ou les besoins du service l'exigent. En demandant à devancer la mise en activité, il peut encore évidemment demander tel ou tel corps, mais seulement parmi ceux auxquels la circonscription de recrutement doit fournir des jeunes soldats, et encore faut-il que le bureau de recrutement ne trouve aucune contre-indication à l'accomplissement de ce désir.
En principe il est évident que l'armée a tout avantage à se montrer trèsfavorable à ces désignalions volontaires ; un honmie servira toujouis avec plus d'entrain dans l'arme qu'il aura choisie, mais on comprend qu'il de- ^iendrait impossible de satisfaire à toutes les demandes; certains régiments ne seraient désirés par personne, dans d'autres il y aurait encombrement.
La désignation ])our les différentes armes repose sur les qualités physiques et sur les qualités intellectuelles du jeune homme. Nous les passerons rapidement en revue. Officiellement le médecin n'est malheureusement pas toujours consulté pour ces désignations, mais il peut l'être cependant et rien n'empêche que, dans quelques cas particuliers, il ne manifeste son opinion, avec l'indication des motifs qui la déterminent.
§ I. — De l'aptitude pour le serwicc dans les différcutes armes.
T. Infanterie. — De tous les services, celui de l'infanterie est incontes- 'lablcment le plus pénible, surtout en campagne. Avec son sac chargé de vêtements, de cartouches, du matériel de campement, d'outils, le fantassin doit encore transporter ses vivres, ses armes; dans ces conditions il doit faire des marches souvent longues et pénibles, bravant l'intempérie des saisons et des climats, ne trouvant peut-être au bout de la journée qu'un campement malsain; il doit encore fournir des grand'gardes, des petits postes, faire des rondes et des patrouilles et parfois passer, sans sommeil, vingt-quatre ou trente-six heures. Dans les exercices, aussi bien que dans les combats, le fantassin doit joindre à la force une adresse et une agililé IMîu communes; c'est pourquoi il importe que, non-seulement ses membres soient parfaitement sains, mais que le sujet possède une forte complexion, la poitrine étant large et bien conformée, les épaules dégagées et les reins puissamment musclés. Il n'existe pas de maximum de taille pour l'infanterie, cependant on peut dire que mieux vaut en exclure les individus très-grands
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lorsqu'ils n'ont pas une complexion vigoureuse, lorsque leur circonférence thoracique n'est pas nolablcmcnt supérieure à la demi-laille. Le minimum de taille est celui qu'exige la loi du 27 juillet 1872 pour le service militaire, soit \ '",5U.
Les chasseurs à pied sont, jusqu'à nouvel ordre, destinés à fournir des tireurs de premier choix, ils doivent posséder toutes les qualités du fantassin ordinaire à un degré plus élevé que ce dernier. On choisira donc les hommes les mieux doués au point de vue de l'agilité, de la vue, parfaitement harmonisés dans toutes leurs proportions, habitués au maniement des armes à feu.
Les sapeurs-pompiers se recrutent en général parmi les militaires déjà en service, de préférence parmi les chasseurs à pied, dont ils doivent posséder toutes les qualités physiques. De plus on exige qu'ils sachent lire et écrire et qu'ils appartiennent à des professions spéciales, en rapport avec leur service spécial, telles que couvreurs, charpentiers, maçons, etc.
ir. Cavalerie. — A beaucoup de points de vue, le service du cavalier est moins pénible que celui du fantassin, en premier lieu parce qu'il ne porte point tout le poids de son équipement, mais le partage avec son cheval, en outre parce qu'il ne fait point les roules à pied. Aussi tel homme, qui ne présente point toutes les qualités requises pour l'infanterie, pourrait-il être admis dans la cavalerie avec une constitution moins robuste, un thorax moins développé et même certaines défectuosités des mains et des pieds. Jusqu'à présent on conservait, en principe, les hommes de haute taille pour la cavalerie, pour les cuirassiers et dragons, chargés les premiers de la cuira«se et du casque, les seconds du casque seulement, pour les lanciers, qui devaient manœuvrer une lance assez pesante; ces trois armes consiituaioni la cavalerie de réserve (cuirassiers) et la cavalerie de ligne (dragons et lanciers).
11 est vraisemblable que la généralisation des armes à longue portée, en rendant à peu jirès impossible, même à des masses de cavalerie, l'approche d'une infanterie encore intacte, modifiera singulièrement le rôle des cavaliers.
Déjà les lanciers ont été supprimés dans l'armée française; les dragons, chasseurs et hussards, pourvus du même armement, sabre, carabine et revolver, feront à peu près le même service, celui d'éclairer la marche de j 'armée, de battre le pays à grande distance pour le fouiller dans tous les sens, couper les chemins de fer, enlever des convois, imposer des réqui-
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silions, etc.; ils dcvroiU agir beaucoup plus par la vitesse que par le ciioc; on pourra donc introduire dans ces armes des iiommes de plus petite taille qu'auparavant. Plus légers, ils chargeront moins le cheval, relativement assez grêle, des races barbes ou méridionales, parmi lesquelles nous remontons notre cavalerie légère. Jus(ju'à présent on reléguait dans l'infanterie les hommes les moins vigoureux, les plus petits, ceux dont les autres armes ne voulaient à aucun prix. C'est le contraire qui doit avoir lieu ; pourvu qu'un homme soit assez grand pour seller et panser son cheval, pour l'enfourcher rapidement, pourvu qu'il soit assez robuste pour manier le sabre, il peut faire un bon cavalier. Néanmoins ces raisons mêmes semblent-elles militer en faveur d'un minimum de taille que le décret du :)0 novembre 1872 a fixé à l'",63 pour les ciiasseurs, chasseurs d'Afrique et hussards, à 1"',66 pour les dragons, eu imposant aux premiers un maximum de l'",70, aux derniers de 1"',72. Autant que possible, le.> cavaliers doivent eu outre être choisis parmi les hommes habitués à monter à cheval, à soigner les chevaux, h conduire les voitures, parmi les ouvriers à profession spéciale tels que bourreliers, sollicrs, maréchaux ferrants, qui peuvent être utilisées pour le service de l'arme.
Les cuirassiers, pesamment chargés, montés sur les chevaux des plus hautes tailles, ne peuvent se recruter que parn)i des hommes très-vigoureux et de haute stature. Leur minimum de taille doit être de 1"',7(); mais les individus de très-hautes tailles n'y sont pas acceptés s'ils ne sont très-fortement constitués.
Iir. — Artillerie. — Les régiments d'artillerie français comprennent des batteries à cheval, des batteries montées et des batteries à pied ; si, après l'incorporation des hommes, on peut, pour leur classement dans les batteries, tenir compte de leurs qualités physiques, il n'en demeure pas moins évident que tous les artilleurs doivent être propres à tous les services, c'est-à-dire joindre les qualités du fantassin à celles du cavalier. De plus, la manœuvre des pièces, les travaux de force, la construction des batteries, exigent de grands eiïoris et nécessitent une conformation de premier ordre, un développement complet de la poitrine, une intégrité absolue des mains et des pieds, enfin une vue excellente.
Le minimum de taille doit être de 1"',67, il n'existe pas de maximu.n. L'arme des pontonniers est classée dans celle de l'arlillerie, un décret du 31 octobre 1872 ayant mis fin aux discussions qui avaient lieu h ce sujet. — Ou y fera entrer de préférence les hommes appartenant aux professions
Conditions d'aptitude physique et professionnelle pourr