EMPLACEMENT DES CASERNES
oiiviions (les dinérents points de l'enceiiile; la qiieslion de sécurilé tend à l approcher les casernes des murs enx-niCMnes, afin de les protéger contre le feu de l'assiégeant, au moins dans leurs étages inférieurs. C'est ainsi que, dans son système de places fortes, Vauban adossait généralement les casernes au rempart lui-même, en ne les en séparant que par une cour étroite, profonde, toujours abritée du soleil et par conséquent humide ; la ventilation du biitiment militaire ne peut alors s'exécuter normalement, aussi de telles casernes sont-elles particulièrement sombres, difficiles à aérer, par conséquent insalubres.
III. Voisinage. — Les casernes étant, par elles-mêmes, un foyer d'insalubrilé, en raison du grand nombre d'iiommes et d'animaux qui s'y trouvent renfermés, il est évident (pie l'on doit s'efforcer d'éloigner ces constructions des établissements offrant les mêmes dangers; il serait particulièrement illogique de les placer par exemple au voisinage des abattoirs, des ateliers industriels à professions insalubres, des b()pitaux quels qu'ils soient, et même de toutes construciions dans lesquelles d'autres agglomérations humaines sont en permanence, comme les prisons, les couvents, les grandes écoles, etc. La nature de ces établissements, leur disposition particulière, leur plus ou moins d'éloignement de la caserne, doivent évidemment être pris en considération et faire varier la décision à intervenir; l'indication une fois bien précisée, la solution en devient facile dans chaque cas particulier, mais l'on peut s'étonner, a juste titre, de voir dans certaines grandes villes, comme à Paris dans la Cité, une caserne placée précisément entre un h(>pital et une prison (caserne de la Garde de Paris). Il est vrai que, comme correctif, cette caserne, très-remarquable du reste à d'autres titres, bénéficie du double courant d'air qui suit les deux bras de la Seine et, jusqu'à un certain point, du voisinage des tours de Notre-Dame; placés dans les airs comme un immense écran, ces deux géants de pierre arrêtent en partie le grand courant d'air de la Seine, le forcent h descendre au ras du sol, et créent à ce niveau des courants secondaires dont l'action se fait sentir sur une zone assez étendue. Ce phénomène s'observe surtout, en ce qui touche la caserne de la Cité, avec les vents de la partie de l'ouest, qui sont très-fréquents dans la vallée de la Seine.
Le voisinage d'un cours d'eau est une situation favorable en elle-même pour une caserne, à condition toutefois que les rez-de-chaussée des habitations soient suffisamment élevés au-dessus du niveau de l'eau, que les caves et, en général, les constructions souterraines ne puissent être envahies
par les eaux, même dans les plus fortes crues. Ce voisinage permet d'as surer un écoiilcniciU plus facile à tous les excréta de la caserne, et, à d'autres points de vue* peut-être encore précieux, en particulier pour le lavage du linge, les baignades des chevaux, etc.
Plus une caserne domine les autres constructions, plus la ventilation naturelle et l'aération y deviennent faciles; s'il existe donc sur certains points de la ville des ondulations de terrain ou de véritables collines, c'est à leur sommet qu'il convient d'élever la caserne, sans se laisser arrêter par la nécessité de créer peut-être des voies ou des rues spéciales pour y arriver et en assurer les débouchés; ces difficultés sont secondaires et l'on parvient toujours à les vaincre.
IV. Exposition. — En principe, l'exposition d'une caserne doit être telle que les grands courants d'air, représentés par les vents régnants d'habitude, la balayent facilement; les bâtiments seront orientés eux-mêmes perpendiculairement à celte direction, pour que la ventilation s'exécute directement au moyen des fenêtres, que le vent y pénètre de plein fouet, il y a lieu du reste de tenir compte, en pareil cas, de la forme des bâtiments eux-mêmes, de leur nombre; ce principe s'ajiplique surtout aux casernes offrant une façade principale, ainsi qu'il en existe beaucoup en France. L'orientation doit également être calculée au point de vue de l'exposition aux rayons solaires; dans les climats froids ou tempérés comme ceux du nord et du centre de la France, le soleil n'exerce qu'une action bienfaisante, il faut donc s'efforcer de la ressentir le plus longtemps possible, en disposant le baliment principal de telle sorte que l'on bénéficie de ses rayons à toutes les heures de la journée, tantôt sur une face des bâtiments, tantôt sur l'autre; en supposant une construction unique, on devrait donc en diriger le grand axe nord et sud, l'une de ses faces regardant l'est, l'autre l'ouest, mais, en raison de notre situation astronomique, on pourra légèrement incliner le bâtiment nord-est-sud-ouesi, la façade principale regardant un peu vers le sud.
Dans les pays méridionaux, dans le inidi de la France et en Algérie, où la chaleur devient un élément qu'il fdut combattre, la disposition inverse doit être adoptée; la direction générale du bâtiment tendrait à se rapprocher de la ligne est-ouest, la façade principale donnant au nord.
En tout état de causes, il existe des induenccs météorologiques locales dont il faut tenir compte. Dans la vallée du Uhône et sur les côtes de Provence, le vent du nord-est ou mistral, en Algérie, le sirocco, dans les pays