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VICFAIIONS DE L'AIR DANS LES CASERNES

dit plus haut qu'un adulte inspire par honre environ 500 litres d'air; celle donnée a été appliquée par Papillon (1) d'une façon fort ingénieuse pour les dilTéronls âges et lui sert pour établir le bilan de la consonniiation respiratoire en oxygène, acide carbonique, etc.... Il part du principe élabli par Bourgery, que : le volume d'une inspiration ordinaire aux âges de 7, 15, 30 et 80 ans suit la progression géométrique :: l : 2 : 9 : 8, et que la fréquence des inspirations diminuant à peu près de moitié dans le cours de la vie, la série des nombres 15, 2'\, kO, 60 exprime le voltmie d'air nécessaire dans un temps donné à l'enfant, à l'adolescent, à l'bomme, au vieillard. Joignant à ces données la notion de carbone brûlé par les mêmes sujets dans l'état de santé et de repos (Andral et Gavarret) (2) et les résultats plus récents de llegnault et Reisel (3) qui ont démontré que l'oxygène absorbé est à l'acide carbonique cxlialé : : U : 3, Papillon arrive à construire le tableau suivant.

Titre et acidité de l'air expiré.

Kiifaiits.

Ailoloscniils.

Ailiilti'-i.

Vli-iUariU.

Litres d'air inspiré par heure

Litres d'acide carbonique exhalé à 27" .

0,0(jO

Titre de l'air expiré

Par titre de l'air respiré, il faut entendre la proportion ou le volume d'oxygène qu'il renfern.e; au litre de l'air expiré par un individu correspond par conséquent le 0 de la respirabilité. j

fSi l'on considère que les poumons opèrent habituellement sur de l'air mitigé par la chaleur humide, qu'il contracte en son parcours, cl par son mélange avec le résidu des inspirations précédentes, si l'on compare ensuite le volume de l'inspiration ordinaire à la capacité aérienne des pou-

(1) Papillon, D^' la oentilntion appliqniéc à /'fn/giène militaire {Ann. dliygiènc. Paris, 18'49, t. XLI.)

(2) Andral et Gavarret, liecherches siw^ la quantité d'acide carbonique exhalé par le poumo)i dans l'espèce humaine. {Ann. de chimie et de physique, 1843,3® série, t. VIII, p. 129.)

(3) Regnault et Reiset, Annales de chimie et de physique. S"' série, t. XXVI. p. 399 et suiv.

300 IIAIUTATIONS DU SOr.DAT.

nions, on oblienl les rapports approximatifs du volume de la respiration d'un sujet avec celui de la ventilation qu'il exige (1); c'est d'après ces bases que Papillon a établi les calculs suivants :

Titre et acidité de l'air respiré.

ICiifaiits.

A(IuIl'scc'iiIs.

AJiilloi-.

Vic^'illnnls

Titre de l'air respiré, la res-

pirabililé du milieu étant

Acidité du résidu

Acidité de l'air respiré, celle j

du milieu étant J

On voit qu'il y a une grande dilîérencc entre l'air inspiré et l'air expiré. Du reste Papillon suppose qu'en activant sa respiration, un individu peut vivre dans une atmosphère confinée, jusqu'à concurrence de la consommation du 1/8 de cette atmosphère. Au delà l'équilibre ne peut s'établir. lien résulterait la nécessité de fournir, par conséquent, à chaque individu une provision d'air égale à huit fois sa consommation. Si plusieurs individus d'âges dillércnts respirent en commun, le régime de la ration individuelle n'est plus applicable, la respirabilité de l'air ne devant descendre au-dessous de la limite des 7/8 pour aucun des membres de la réunion. Papillon propose le tarif suivant, pour assurer tous les besoins dans la même mesure,

et les ménager dans la mêlée des âges :

1° Enfants.

Seul ou en compagnie, sans vieillards 1,500 par l)f>nre.

Kn compagnie de vieillards 3,000 —

2" Adolescents.

Seul ou en compagnie d'adolescents 2,500 —

Kn comiiagnie d'adultes ou d'enfants 3,000 —

Fn compagnie de \ieillards 6,000 —

3'' Adultes.

Seul ou en compagnie, sans vieillards. 4,000 —

En compagnie de vieillards 6,000 —

4" VlElLLAliDS.

Seul ou en compagnie 6,000 —

f \) Voy. Michel Lévy, Traité d'hygiène publique et privée^ 5"^ édit,, 1860, t. I, p. 582.

CUBAGE ATMOSPHÉRIQUE DANS LES r.ASEltNES. 301

Si l'on veut donc calculer le nombre des habitants qui peuvent demeurer sans inconvénient dans une chambre, on doit tenir compte du volunte de celte chambre, en dél'ahiuer l'espace occupé par les individus eux-mêmes, les meubles et tous les elTels à usage, puis conserver un volume d'air égal aux données ci-dessus énoncées. En faisant application de ce principe aux casernes, dans les chambres desquelles les soldais séjournent généralement sejit à huit heures pendant la nuit, on devrait trouver de 28 h 32 mètres cubes par habitant. Ces fixations sont loin d'être atteintes dans les casernes françaises, non plus que dans celles des autres puissances militaires. Les fixations réglementaires sont en effet les suivantes :

Cubage atmosphérique réglementairement alloué dans les casernes. France

Angleterre (1).

12 met. cub. au moins dans les casernes d'infanterie.

13 itl. uu moins dans les casernes de cavalerie. (Art. 27 du règlement sur le service du casernement du 1)0 juin 1856.)

16,9 met. cub. dans les casernes.

11,3 id,. dans les barraqucs.

-Vulriche (2). . 15,3 id. dans les casernes. Belgique (3). . 10 à 12 id. id.

^ l 10,5 mèt. cub. dans les garnisons situées au nord du 38'-' de latitude.

États-Unis (^O- ,/n ■ >

^ \ 11,9 id. id. id. au sud id.

Prusse (5). . . . 13 à 15,3 mètres cubes.

Wurtemberg (6;. 10 à 12 id.

On peut voir que ces prescriptions sont partout insuffisantes; peut-être il est vrai, a-t-on compté, pour suppléera l'absence d'un cubage suffisant siu- la ventilation naturelle qui se fait par les joints des portes et des fenêtres, mais il ne faut point biiser de calculs sur dt's domiées aussi aléatoires. Kn général dans les instructions d'origine purement militaires, on semble s'attacher beaucoup plus à l'espace stqx'rliciol alloué à chacpie

(\) Médical lie (juin trous. London, 1863, p. 79.

(2) Wiener modicinishe Presse, 1866, n° 6. — il faut remarquer cependant que dans la belle caserne Rudolph le cubage almosphérique atteint 36 mètres cubes par homme. {Report on bnrraks and hospitals, p. x, in Circular n" h {War dcpartme>d, i>iirijeon (jenernl office). Washington, 1870).

(3) Meynne, Traité (C/u/r/irne mi/ifni)'c. i>. 23.

(4) U, 8. Armij Ucrjulntions 1863. {Circulnr n" f\, etc., p. XI.)

(5) W. Kolh et R. Lex, loc. cit., 1 vol., p. 580.

(6) Schlolt, Verp/leijunrj und Ro(jiinen dcv iSolduteu. Francfort-sur le- Meinj

302 IIAIUTATIONS DU SOLDAT.

soldat plutôt qu'au volume d'air qui lui est dévolu, c'est là une profonde erreur sur laquelle les hygiénistes militaires ne sauraient trop insister. Peu importe que, dans une chambre de caserne, on assure à chaque iiomme un espace superikiel de à 5 mètres cuhes, si du reste les plafonds sont bas, si une partie de l'espace cubique est rempli par les hommes euxmêmes, par les lits, les effets d'équipement et même quelquefois de sellerie; ce qui doit tenir la première place dans ces fixations, c'est l'espace cubique alloué à chaque habitant.

Nous avons maintenant tous les éléments pour le calculer et en faire l'application aux chambres des casernes.

Jl faut évidemment envisager en premier lieu la durée du séjour des soldats dans les chambres, surtout pendant la nuit; les hommes se trouvent alors tous réunis et il ne peut se produire d'autre ventilation que par l'ouverture accidentelle des portes, lorsqu'un homme entre en retard ou si quelqu'un est au contraire obligé de sortir. La durée moyenne de ce séjour nocturne est de sept à huit heures, depuis l'extinction des feux, qui, dans nos casernes, se fait à dix heures en toute saison, jusqu'au réveil variant entre quatre heures et demie du matin pour la cavalerie en été et sept heures pour l'infanterie en hiver. Dans cette dernière saison^ la durée du séjour nocturne s'élèverait h neuf heures; mais môme alors, dès six heures du malin, il existe dans les chambres un véritable va-et-vient, les portes s'ouvrent à chaque instant. — Admettons, pour rester dans les limites minimums sept heures de séjour nocturne; s'il faut /i mètres cubes par homme et par heure, on trouve 28 mètres cubes pour l'espace à réserver à chaque habitant. Mais, d'un autre côté, les objets mobiliers, l'homme lui-même occupent un certain espace, que l'on peut évaluer à l""'-,5 au moins; en fait, l'espace cubique de la chambre devrait donc être d'environ 30 mètres cubes par habitant. En supposant une hauteur de plafond de U mètres à [i"',50 il faudrait donc justifier d'un espace superficiel de 7 à 8 mètres carrés; avec une hauteur sous plafonds de 5 mètres, l'espace superficiel pourrait n'être (juc de 6 mètres carrés.

Ces fixations paraîtront peut-être exagérées à quelques personnes, elles tendraient peut-être à faire diminuer de moitié au moins le nombre actuel des habitants dans nos chambres de casernes; nous ne nous dissimulons donc pas la diiïiculté et signalons simplement les indications qui résultent des données scientifiques. Nous verrons tout à l'heure, du reste, comment, au moyen d'une bonne ventilation, on peut suppléer à l'absence du cubage

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