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CHAUFFAGE ET VENTILATION DES CASERNES

sulïisant, car la vciiiilalion est nécessaire, môme dans les chambres les plus vastes; elle agit en déplaçant les couches atmosphériques, elle balaye la surface des nuirs, des plafonds, des objets mobiliers, entraîne les substances gazeuses ou solides en suspension dans l'air, fait en un mot le nettoyage de l'atmosphère andiiante, connue le balayage du plancher eutraîne les souillures qui se trouvent à sa surface.

§ II. — CliatifTa^o et ventilation des logeuicutM dans le» cascrnett.

Après avoir considéré, au paragraphe précédent, les indications fournies l)ar la physiologie humaine et bien établi la nécessité d'assurer, dans les chambres des casernes, une provision d'air sulïisante aux soldats qui y habitent, il semble logique de passer tout de suite à l'étude des procédés à mettre en usage pour y arriver. — L'homme, avons-nous dit, a besoin de .K) mètres cubes d'air en moyenne pendant les sept ou huit heures représentant la durée du séjour nocturne dans les chambres; si l'on construit les logements sur ces données, il serait à la rigueur possible de ne pas chercher à établir une ventilation, à assurer un renouvellement permanent de l'air.' Mais en pratique, il est peu probable que l'on |)uissc toujours assurer à chaque soldat un aussi grand espace, soit parce que l'on ne le possède réellement pas, soit en raison des difficultés économiques, soit cnlin parce que des pièces aussi grandes, relativement au nombre des habitants, nécessiteraient en hiver des frais de chauffage assez considérables.

Pour toutes ces raisons, il est à craindre que cette domiée : 30 mètres cubes par soldat dans les chambres, ne soit pas atteinte, surtout dans les anciens bâtiments militaires. Enfin, il faut avouer que si ces 30 mètres cubes, trouvés par le calcul comme leminimum delà ration atmosphérique, semblent, au premier abord, satisfaire aux exigences physiologiques, il n'en est pas absolument de même dans la pratique. Les hygiénistes modernes, se basant principalement sur les données fournies par la pathologie, sur la nécessité de s'opposer au développement et à la propagation des maladies zymotiques, dont nous avons démontré la fréquence dans les habitations à i)opulations agglomérées comme les casernes, élèvent leurs prétentions beaucoup plus haut.

Le général de division Morin, directeur du Conservatoire national des arts et manufactures, dont les travaux remarquables sur la ventilation ont servi de point de départ à toutes ces publications modernes sur ce sujet et

30/l IIAIUTATIONS DU SOLDAT.

doiii les conclusions sont universellement admises, ne demande pas moins de 30 mètres cubes d'air par heure et par iiomme pendant le jour dans les casernes, ZiO à 50 mètres cubes par heure et par homme pendant la nuit (1).

— C'est donc à la ventilation seule que l'on peut avoir recours pour assurer une ration d'air aussi considérable et, disons-le immédiatement, il n'est pas difïicile d'obtenir ce résultat, à peu de frais et avec des dispositifs relativement assez simples. — Ces aménagements sont intimement liés à ceux qui ont pour but d'assurer le chauffage des chambres, aussi les deux questions de la ventilation et du chauffage ne sauraient-elles être séparées dans une élude pratique. Nous croyons devoir présenter à nos lecteurs quelques considérations d'ensemble sur ces sujets, que les hygiénistes modernes regardent avec raison comme les plus importants au point de vue de l'hygiène des habitations; malheureusement nous ne leur donnerons pas tout le développement qu'ils méritent, restreints que nous sommes par le cadre tout spécial où nous voulons rester dans cet ouvrage, celui de l'application des lois de l'hygiène générale à la vie militaire. — Nous supposons donc à peu près connues les lois qui président à la ventilation et au chauffage des habitations en général, et pour une étude plus complète, renvoyons le lecteur aux traités spéciaux (2) que nous l'engageons vivement à consulter.

(1) Général Moriri, Manuel pratique du chauffaye et de la ventilation, p. 82. l>aris, 18G8.

(2) Nous signalerons quelques-uns des principaux travaux modernes relatifs à la question de la ventilation et du chauffage appliqués aux édifices publics et privés.

Guérard, De la ventilation et du chaufjage des édifices publics {Ann. d'hygiène et de médec. légale, t. XXXIf, 1'''^ série, p. 52, 1844). — Du même, ^iur les explosions des appareils à eau, employés pour chauffer et ventiler les édifices publics ou particidiers {Ihid., 2« série, t. IX, p. 380, 1858). — Grouvelle, Chauffage et ventilation de la 7iouvelle Force ii l'uris. Publicité industrielle, publiée par Armangaud. Paris, 1845. — Boudin, Études sur le chauffage, la réfrigération et la ventilation (les édifices publics {Recueil des mém. de rnéd. rnilit., 2^ série, t. V, p. 1, 1850). — Du même. De la circulation de Veau considérée comme moyen de chauffage et de ventilation des édifices publics, 1*'' Mém. in Ann. d'hygiène, série, t. XLVll, p. 241, et 2" Mém., t. XLVIII, p. 34, 1852. — Du morne, De la ventilation et du chauffage des hôpitaux, des églises et des prisons, Ibid., 2"= série, t. I, p. 305, 1854.

— Du même, Parallèle des deux systèmes de ventilation et de chauffage employés (I. rhôpital Lariboisière {Ann. dhygiènc, 2^ série, t. VI, p. 465, 1856). — Gaultier de Claubry, Du chauffage et de la ventilation des grands édifices {Ann. d'hygiène,

série, t. XLYIII, p. 302, 1852). — Cheronnet Exposé sur l'appareil de vcnti-

CHAUFFAGE ET VliNTILA i ION DES CASERNES. 305

En conséquence, nous passons immédiatement à l'étude des différents procédés de chauiïage applicables dans les casernes, pour en venir ensuite à rai)pIication des procéilés de ventilation.

I. Du chauffcujc des casernes en particulier. — En France, comme en général dans les climats tempérés, pendant une partie de l'année, la température extérieure est relativement assez basse pour que son action

liition d'été, construit par M. Duvoir-Leblanc, pour la salle des séances de tAcad. des sciences {Comptes rendus de l'Acad. des se, t. XXXY, p. 344, 1852). — Deschanips, Du clinufpiye et d' la ventilation des édifices pii/jHa [Ann. d'hyg., l''^' série, t. XLIX, p. 323, 1853). — Grassi, Etude comparative des deux systèmes de lenlilntiun et de c/iau/fàye établis à l'hôp. Lariboisière.JMsc de Paris, 1856, et Ann d'fii/g., 1856, 2'' série, l. VI. Étude des appareils de chauffage et de ventilation [Ann. (fliyg.. 2'" série, t. XI). — Castellan, Chauffage et ventilation des habitations privées. Thèse tie Paris, 1857. — Le général de division Morin, Études su la ventilation, in-8°, 2 vol, Paris, 1863, et du même, Manuel pratique du chauffage et de ia rentilatton, 1 vol. iii-S", Paiis, 1868. — Saint-Pierre, Sur la production d'oxygène ozonisé par l'action mécanique des appareils de ventilation (Montpellier médical, t. XII, 1864). — Gallard, Sur les applicatio7is hygiéniques des différents procédés de chauffage et de ventilation (Ann. d'hyg., 2° série, t. XXX, p. 174, 1868). Nouv. Dictionn. de médecine et de chirurgie, t. Vll^ art. Chauffage. — Piarroa de Montdésir et Lehaitre, Commwiication relative à la ventilation par l'air comprimé (Mém. de la Soc. des ingénieurs civils, Paris. 18G7). — Robillard, Extr. d'un rapport sur le systèine de chauffage dit système llegnauld (liée, de Mém. de méd. milit., 3*^ série, t. XX, 1868). — Tresca, Procès verbal des expériences de ventilation par fair comprimé faites au Conservatoire des arts et métiers^ Paris 1868. — Cartarède-Labarllie, Du chantage et de la ventilation des habitations privées. Thèse de Paris 1869. — Wœstyn, Des moyens de détruire les miasmes con-^ tagieux, tant dans l'air des sa lies ^ que dans celui qui est expulsé. (Compt. ren., Acad. des i^ciences, t. LXX, 1870). — Coulicr, Ventilation économique et chauffage îles r:ifés\ salles d'asile, etc. Mém. couronné par la Société des Se. et Arts de Lille (année 1871). Lille 1872, et Annales d'hygiène publique, 1873. — Consulter en outre les traités généraux d'hygiène : Michel Lévy, Traité d'hygiène publ. et privée, t. I, p. 600 et t. 11, p. 610, 5" éd., Paris, 1369. — Motard, Traité d'hygiène générale, t, 1, p. 645, t. II, p. 285, Paris, 1869. — Becquerel, Traité élémentaire d'hygiime privée et publique, p 394, 5«éd. Paris, 1873.

A l'étranger la littérature médicale n'est pas moins riche en travaux relatifs à la ventilation et au chanffaye des lialiitations, mais la présente note n'étant point destinée à donner toute la bibliogr;iphie, mais simplement à fournir quelques indications partout utilisables, nous ne croyons pas devoir mentionner les documents étrangci s. Nous recommandons comme très-remorquables les chapitres àirérant à la ventilation dans les ouvrages, plusieurs fois cités déjà de W. Rotii und \\. Lex. Hand/mch dcr militair Gesundheitspftege.^ 1872, et de E. A. Parkcs, Mnnual of prnctical Hygiène, V" cdit, 1873.

MoHAcilE. — ilyg. milit. 20

3U6 haiîitajions du soldat.

prolongée î?iir l'organisme humiiii) puisse se traduire par une inlltieiice nuisible; lorsque les hommes, pourvus du reste de vêteinenls a|)propriés, peuvent se livrer, an grand air, à des exercices réguliers qui ont pour effet d'activer les combustions internes et de développer ainsi de la chaleur, l'action de la température n'est pas nuisible par elle-même. Mais il n'en est pas de même lorsque le corps est obligé de demeurer en repos, à fortiori lorsqu'il n'est pas en parfait état de santé. Du reste, pour que l'organisme humain puisse suffisamment réagir contre le refroidissement, il faut qu'il puisse trouver dans les aliments une source suffisante de carbone, et dans l'air lui-même une quantité d'oxygène telle que les combustions physiologiques reçoivent un notable accroissement.

Dans nos chmats, l'action de la température basse est puissamment secondée par l'humidité de l'air, presque toujours très-prononcée dans la saison froide, chacun sait par expérience combien les froids humides sont plus pénibles à supporter et plus nuisibles qne les froids secs.

Dans les habitations, l'atmosphère ambiante tend à se mettre en équilibre de température avec l'atmosphère extérieure, soit au moyen des communications nombreuses qui se font entre l'extérieur et l'intérieur au moyen des portes et des fenêtres, soit par le contact direct des murailles qui se refroidissent rapidement, et c'est pourquoi nous avons insisté déjà sur les avantages que l'on trouve à ménager dans l'épaisseur des murailles un espace creux, jouant le rôle d'écran, en venu de la moindre conductibilité de l'air pour le calorique.

Le soldat a donc besoin de trouver dans les chambres de la caserne une température supérieure à celle de l'air extérieur, lorsque celui-ci atteint un degré trop inférieur et surtout lorsqu'il est saturé d humidité; il faut qu'il puisse librement se dévêtir et faire sécher ses vêtements. — De là résulte l'obligation d'élever artificiellement la température iiitérieiue de son habitation.

Allocations réglementaires de cliau(fa(jc. — Au point de vue du service du chauffage, le Règlement pro\)isoire des subsistances militaires et du chauffage du 26 mai 1866, divise la France en trois régions (Annexe. — Tarif n" 2, § 3).

1" fît'r/io/t cAawrfe dans laquelle le chauffage dure trois mois, du l*^'" décembre au 1^' mars. — Elle comprend les départements des Alpes-Maritimes, Ardèche, Aude l>ouches-du-Rliône, Gard, Hérault, Var. En Corse les places de Corte, l'runelli, Vivario Vizzasona, Boccoj,^nano et Sartùne,

Al.f.OCA'IIONS 1)1- CIIADl'FAGt; DANS LES CASLRNLS. 307

'i" lh''jio)i lcr»pi'-rée dans laquelle le chauffage dure quatre mois, du IG iiovenibr au 15 mars. — Elle comprend les départements suivants: Allier, Ariége, Aube, Charente, Cher, Côle-d'Or, Creuse, Deux-Sèvres, Dordogne, Urome, Eure, Eure-et- Loir, Haute-Garonne, Gers, Gironde, Indre, Indre et Loire, Lnndes, Loir-et-Cher, Loire, Loiret, Ldt, Loi- et-Garonne, Maine-et-Loire, Mayenne, Nièvre, Oise, Orne, l'yrcnécs ^Hasses-), Pyrénées (Hautes-), Pyrénées (Orient.-), Hliûne, Sarthe, Seine, et-Oisc, Seine, Seine-et-Marne, Saône-et-Loire, Tarn, Tarn-et- Garonne, Vaucluse- Vienne, Yonne.

3" liérjion froide, dans laquelle le chauffage dure cinq mois, du l'"" novembre au 31 mars inclus. — Elle comprend les départements suivants : Ain, Aisne, Basses- Alpes, Hautes-Alpes, Ardennes, Aveyron, Calvados, Cantal, Charente-Inférieure, Corrèze, C(3tes-du-Nord, Doubs, Finistère, 111e et-Vilaine, Isère, Jura, Loire (Haute-), Loire- Inférieure, Lozère. Manche, Marne, Marne (Haute-), Mcurlhe, Meuse, Morbihan, Moselle, Nord, Pas-de-Calais, Puy-de-Dôme, Rhin (Bas-), Rhin (Haut-), Saône (Haute-), Savoie, Savoie (Haute-), Seine-Inférieure, Somme, Vendée-Vienne, Vienne (Haute-), Vosges, fort Portelet dans les Basses-Pyrénées, place de Mont-Louis dans les Pyrénées-Orientales, place de Clairvaux dans l'Aube.

Bien (jue le département de la Seine et le fort du Monl-Valérion (Seine et-Oise), se trouvent dans les régions tempérées, le chauffage des chambres des troupes formant la garnison de Paris et des forts est perçu au taux fixé pour la région froide, mais sans modiiications de la durée déterminée pour la région tenspércc.

Le taux (les allocatioii.s de cliauiïage est fixé ainsi qu'il est iiidi(iiié au tableau porté à la page suivante.

Ilelativenient au nombre de râlions à allouer par cha(|ue coni|)agnie, batterie on escadron, il y a lieu de reporter au tarif n" 2 du règlement du 2(i juin hS6(5 ; dans les fixations qu'il détermine, on a pris pour base l'effectif de ces unités ; c'est ainsi que la compagnie d'infanterie a droit à une ration, la compagnie de chasseurs h une et demie; l'escadron de cavalerie à deux, la batterie d'artillerie à deux sur le pied de paix, h trois sur le pied de guerre; la compagnie du génie (sapeurs et mineurs) reçoit une ration et demie sur le pied de paix, deux sur le pied de guerre, le petit élat-inajor, l'infirmerie et les ateliers trois rations.

En Algérie, considérée comme région particulièrement chaude, le territoire est divisé, sons le rapport du chaulTage d'hiver en deux régions.

l'^ Moi/enne rcyiun où les troupes ont droit à des distributions pendant quarante jours di; la mauvaise saison. Elle comprend : Province d'Alger; Alger, Douéra, BHtIah, Coléah, Dellys, Laghoual, Cherehell, Marcngo, Orléansville, Tenèz. h. Province d'Oran; Mascara, Tlemcen et Sebdou. c. Province de Constantine; Conslanline, Guolma, Souckharras, Tebessa.

2" Unuli; n>yio}i où les trou|)es uni droit à des distributions pendant soixante jours de la mauvaise saison. Elle cunqircnd : Province d'Alger; 'l'izi-Ouzou, Dra-cl-

Taux des allocations de chauffage (Armée française).

l'i:siGNAT10N DES RATIONS.

Iiation col- \ Région chaude leclive de | (intérieur et

chauffage/ Algérie)

des chain- \ riégion tempérée, bres. . / Région froide . . .

Ration in-^

dividuell e

iRécrion chaude.

de chauf-

liiare d c s f n - • « ,^ , \ Région tempérée, chambres ■■ ° '

aux

trou- \ :aser- !

pes caser nées.

Région froide,

TAUXDELAUATION BOIS. I CUAIlBON.

i.ilo:;r.

Ration indi- \ viduelle de J

chaulïïige /Région chaude . . -].oo d'hiver aux l troupes /Région tempérée. ( 1.2O

barraquées I , ^Région froide . . . \

campées. \

Rations individuelles aux troupes bivouaquées

Supplément de chauffage aux troupes bivouaquées pour l'entretien des feux de bivouac (1)

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