‹ Traite d'hygiene militaireChapitre 58 sur 241 · O.GO · texte numérisé non relu

O.GO

OBSERVATIONS

Une ration jiar homme et par jour, avec double ration jiour les sous- officiers et les parties prenantes traitées comme eux.

Mizan, fort Napoléon, Aumalc, Reni-Mnnsour, Médéah, l'.oghar, Djelfa, Miliaiial^ Teniet-el-Had. Province d'Oraii; Ammi-Moussn, Tiaret, Saïda, Geryville, Daya. c, Province de ('.onstantine;..Sélif, Ratima, Lambessa.

Le règlement de 1 866 fait romai'qtier que la masse des rations collcc-

(1) i.c miiii>-ti o, ou les coaiinandaats militaires déterminent les cas où il y a lieu d'allouer la ration de bivouac, cumulativemcnl avec la ration ordinaire, suivant le climat et la saison.

ALLOCATIONS DL CHAUFFAGl- DANS LLS CASEHMS. 1509

lives appiirlit'iit au corps entier ou au détachenient, les chefs de corps ou coMunandants de détachement en réglant h» répariition intérieure d'après les besoins résuliants de l'assiette du casei nenu'ul, dans chaque portion de corps. — (À's allocations, est-il dit, « peuvent se trouver insullisantes pour chauffer toutes les localités d'une caserne, aussi ii'cnlend-on pas fournir aux troupes les moyens de rester enfermées dans les chambres continuelleujenl bien chauffées, ce serait faire contracter auv soldats des habitudes tout à fait opposées à l'esprit et aux exigences de l'état militaire. (îes allocations sont donc complètement destinées à eniretenir du feu dans quelques chambres, où dans les temps froids et pluvieux les honunes, surtout ceux (|ui rentrent de service, ou de corvée, et les détachements de recrues casernées le jour de leur arrivée puissent se chauffer et se sécher. » (Annexe, p. 73.)

Le règlement recommande de faire des économies sur les rations de chauffage pendant les jours où les froids ne sont pas rigoureux, de mettre le cond)uslil)lc en réserve et de l'utiliser pour les temps plus durs. Il admet (|ue, en inoyen;ie, une ration de chambre peut chauffer trois poêles dont un est destiné aux sous-olficiers comptables.

Il est établi, du reste, que, dans des circonstances exceptionnelles, le commandemeiit a le droit et le devoir de réclamer une prolongation de la période de chauffage, ou au contraire une avance si les froids sont très- |>récoces.

Telles sont à peu près les seules indications que l'on trouve dans les règlements militaires relativement an chauffage des chand.)res de caserne, la queslion, on le voit, y est plutôt considérée au point de vue administratif qu'au point de vue hygiénique ; il n'est fourni nulle indication sur le degré de température à maintenir dans les chandires, sur la possibilité d'utiliser le chaidrage au point de vue de la ventilation.

Nous chercherons à contbler cette lacune en in(li(|u;inî quels sont les divers combustibles et procédés de chauffage utilisables dans les casernes, les avantages et les inconvénients de chacun d'eux.

Des combusi.iljles. — Par combustibles on entend, dans l'industrie et l'économie domestique, les corps qui, par leur combinaison avec l'oxy gène de l'air, peuvent développer de la chaleur utilisable par elle-même ou transformable en travail mécanique. Tous les coud)uslil)ies solides sor.t formés de cellulose ou se sont produits aux dépens de ce corps (bois, toiiriu', lignite, houille, anlbrariie, cliarbnn (h; tourbe, lignite carbonisé,

coke, etc.). — En hi ûlanl coinpléleinciil ils dégagent tous do l'acide carbonique et de l'eau, el laissent un résidu de cendres composées de principes inorganiiiues, dans lesquelles le carbonate de calcium domine pour les combuslibles végétaux, l'argile pour les combustibles minéraux.

L'eiïet que produisent les combustibles dépend : 1° Dti leur combustibilité, c'est-à-dire de la facilit plus ou moins grande avec laquelle ces corps peuvent être allumés et continuer à brûler. 2" De leur iiiflamniabiiité, c'est-à-dire de la propriété que possèdent certains combustibles de brûler avec flammes ; les plus inflammables sont évidennnent ceux qui, n'ayant point été carbonisés, contiennent encore une grande proportion d'hydrogène. 3"* De leur effet calorifique, c'est-à-dire de la chaleur déveloj^pée loj"s de la combustion complète d'un combustible.

Cet eiîet calorifique peut être envisagé au point de vue de la quantité de chaleur produite, on a alors feffet calorifique spécifique ou absolu, ou au point de vue du degré de la température^ on a alors fe/fet calorifique pyromé trique.

La valeur d'un combustible est déterminée par ces éléments ; si l'on compare Teffet calorificjue absolu d'un combustible à son prix de revient dans telle ou telle localité, on obtient, pour ce lieu, la valeur de sa puissance calorifique.

La chaleur de combustion des différents corps est évaluée ainsi qu'il suit par Wagner (1).

Chaleur développée par la combustion des différents corps.

1 kilog. de : Hydrogène donne 34.462 calories.

l en se transformant en ac. carbonique... 8.080

CaiDone j transformant en oxyde de carbone . . 2 .274

Oxyde de carbone , 2.403

Gaz des marais 13. 063

Pétrole brut 11 .703

Éther 9.027

Alcool 7.183

Esprit de bois 5 . 307

Essence de Ihérébentine 10.852

Cire 10.496

Bois 3.600

Charbon de bois 7.640

Tourbe 3.000

Tourbe pressée 4 . 300

Houille 6.000

Graisse 9.000

(1) R. Wagner, iYowyeaM traité de cfiimie industrielle, édition française sur 8^ édition allemande, publiée par L. Gautier, t. II, p. 623. Pari< 1872.

VAr.KTîK DIS niFFf:iîKNTS COMRrSTIBf.KS 311

lA'iïcl caloliliqiie absolu peut être déterminé par l'évaluation rie la quantité d'eau transformable en vapeur par un poids de combustible pris comme unité, 1 kilogranune par exemple. Telle est la méthode employée par Karmasch, Playfair, Brix et Hartig, Stein, etc.. D'après la formule de Regnault, I kilogrannne d'eau à 0*^ demande 652 calories pour se transformer en vapeur à 150". L'elîet calorilique absolu sera donc facile à calculer sur ces bases. Par exemple : 1 kilogramme de carbone donnant 8080 calories peut évaporer l'I^.m d'eau, 8080 : 652 = 12,^i; 1 kilogramme de bois donnant 3600 calories peut évaporer 5^52 d'eau, 3600 : 652 = 5,52 ; 1 kilogrannne de houille donnant 6000 calories peut évyporer 9\20 d'eau, 6000 : 652 = 9,20.

Il en résulte que l'on peut très-facilement établir les rapports normaux du prix de revient des différents combustibles, prix qui doivent être proportionnels à leur puissance calorifique. Entre le bois et la houille, le rapport doit être de 5,52 : 9,20 = 0,6, autrement dit le prix d'un nombre n de kilogrammes de buis doit représenter les six-dixièmes du prix du môme nombre // de kilogrammes de houille. — Si dans une certaine localité, le prix du bois atteint par exemple les sept-dixièmes de celui de la houille, le chauffage au bois devient, toutes choses égales, plus onéreux que celui à la houille, et réciproquement.

Ces données sont, on le voit, fort utilisables dans l'économie domestique, elles doivent se combiner du reste avec la question des appareils de chauffage que l'on a à sa disposition, et qui n'admettent pas toute espèce de C(»mbuslible.

L'effet calorifique pyrmiiétrùjue est indiqué par la température résultant de sa combustion complète. Cet effet pyroinétrique peut être déterminé par le calcul et conduit à une application hygiénique immédiate, celle de la quantité d'air nécessaire pour brûler complètement un combustible. — Ces indications sont formulées par Péclet et AVagner ainsi qu'il est spécifié au présent tableau; les chiffres trouvés par Wagner (1) sont un peu supérieurs à ceux de Péclet (2j, il est vrai que le premier calcule la quantité d'air nécessaire pour que le combustible soit brûlé absolument :

(1) Wagner, loc. cit., t. II, p. 630.

(2) Péclet, Traité de la cha/eur considérée dans ses applications, 3 vol., 3'" édit. Paris 18f)()-()l.

HABITATIONS DU SCi.DAT.

Evaluation de la quantité d'air nécessaire x>ou.r la combustion complète de 1 kilogramme des principaux combustibles.

Voluiiii' 1

l'air

Vdluuic lies Rnz

con.-uimué jiur

JéfîaifL-s poiiiiant

Désignation des coinbiistibles.

lit! comlill:

^til.l,-.

lu coiiiliiistioii

itt l'ii m 1 1 ( >t>^

ra]très l'citlot. <!

\\'ui;ii(.'i'.

inètr. ciib.

llil'ti'. cuIp.

iiirtr. ciili.

Zi,70

Bois à 20 p. 100 d'eau hygroscopique . . .

Tourbe sèche à 5 p. 1 00 de cendres ....

Zi,80

Charbon de tourbe à 20 p. 100 de cendres

On ri'coniiaît du reste que, dans la pratique, les quantités d'air trouvées lliéoriquenient doivent être doublées, si l'on veut que la combustion ail lieu coinplélenient.

Relativcnieut à la valeur calorifique des différentes espèces de bois, il est reconnu que les bois durs (chèiie, hêtre, charme, orme, bouleau, frêne) sont ceux qui fournissent le plus de chaleur rayonnante ; les bois légers donnent au contraire moins de chaleur, mais ils s'enflamment aussi plus facilement, en vertu de la moins grande cohésion de leurs molécules, — De tous les bois, ce sont du reste ceux des conifères (pin, sapin) qui s'allument le plus facilement et cojitinuent le mieux à i)i ùler, et cela par suite de la grande quantité de lésine qu'ils renferment.

D'après les expériences de IJrix, le pouvoir évaporaloire des différents bois est représenté par les chiffres suivants :

iiipii ile..-si-cli(-. (li'ssi'clii'.

Bois de pin avec une riciiesse eu eau de ^6,^ p. 100 i,13 5,11

— d'aune l.'i,7 3,84 4,67

— de bouleau 12,3 3,72 4,39

— de chêne 18,7 3,54 4,00

— de hêtre rouge 22,2 3,39 4,63

— de charme 13,5 3,62 4,28

C'est-à-dire que 1 kilogramme de bois de charntc non desséché évapore 3^,62 d'eau, et desséché /i",28 d'eau.

VALEUR J)b;S DIKI'KKI'NIS COVIIUIS I I Ill.l S. 'M?)

Afin (le coiireiiliTr les siibslaiices coinbiisliblos du bois, (h; \o iciulre plus transportable, ou cliniiuuunl sou poiilscl sou voluuic. ou lui lait subir la pi'éparaliou de la carbouisaliou, ou le Irausfonne eu vlnirhon de bois ; mais, couime eu le carbonisaul ou subit nue perte de couibustible égale à ^lO pour iOO euviron, ou a été aiueiié à arrêter la carbonisation lorsque le bois a atteint une teinte d'un brun roux; c'e>l ce que l'on nomme alors le clmrkm ruiu\ il lient le milieu entre le charbon de bois et le bois desséché.

Les charbons de bois sont du reste distingués eux-mêmes en bUjers s'ils proviennent de bois mous, et dun s'ils proviennent de bois durs. I-a conibusiibilité du charbon de bois est très-grande, son edet calorifique varie, suivant sa provenance, de 20 il 10 pour 100 de l'eflet calorifique du carbone pur, pris comme unité ; il est utilisé dans récoiiomic domestique, en particulier pour la cuisson des aliments, mais ne saurait être employé avec avantage comme condjusiible de chaniïage en raison de la grande (piantité d'oxyde de carbone qu'il dégage, et par conséquent du tirage intense qu'il rîécessite pour se consumer complètement.

La tourbe est uii produit végétal résultant de la décomposition lente des véi;étau\", le plus généralement des plantes marécageuses. On la distingue suivant la nature de ces végétaux en tourbe de marais, tourbe de bruyère, tourbe des prairies, tourbe des forêts et loiu'be marine. — La tourbe contient après son extraction une grande quantité d'eau; bien desséchée, elle peut perdre jusqu'à pour 100 de son poids. Au point de vue combustible, elle rayonne plus (juc le bois, échanlle plus également; deux ])arlies et demie en poids de tourbe équivalent, d'après Karsten, à une partie de houille, an point de vue de la puissance calorifique lorsqu'il s'agit de faire bouillir ou d evaporer des liquides. Malheureusement, elle dégage en brûlant une odeur désagréable qui se conmmnique môme aux aliments. — La ii-urbe peut, comme le bois, subir la carbonisation, mais son-charbon paraît fort inférieur ; enfin, depuis une vingtaine d'années, elle a été l'objet d'une application nouvelle, les |)rodui[s de sa distillation sèche (paraffine, huile solaire, etc.) ayant été employés pour l'éclairage.

Les houilles ou charbons de terre constituent, sans contredit, le combustible le j)lus précieux panni ceux que la nature met à notre disposition, surtout au point de vue de leurs applications industrielles. Elles ne sont autre chose que les restes momifiés, carbonisés d'espèces végétales, ayant subi par suite de la chaleur liM'resfn! et d'une pres-iiou énoi'tne, des (uodilica-

314 TIARITATIONS 01! SOLDAT.

lions successives dont le deiiiier terme paraît être l'anlliracile on charbon dur. Les houilles contiennent d'autant plus de substances bitumineuses et volatiles que leur décomposition est moins avancée, aussi les divise-t-on, suivant leur degré de carbonisation et leur richesse en principes bitumineux, en : 1" houilles grasses, 2" houilles demi-grasses, et houilles

maigres.

Il est évident que d'après la nature des services que l'on en attend, on doit préférer telles ou telles es|)èces de houille. Les houilles grasses conviennent pour la fabrication du gaz, ainsi que pour le travail de la forge, car, dans ce cas, leur propriété agglutinante est utilisée, elles se prennent en une masse formant réservoir pour l'air du soufdet. — Les houilles demi-grasses, contiennent moins d'hydrogène, s'enflamment plus difficilement, mais sont susceptibles de fournir rapidement une grande élévation de température, elles conviennent donc pour les usages industriels et pour le chauffage; dans les habitations il faut, en effet, tenir compte des torrents de funiée que dégagent les iiouilles grasses, fumée qui n'est pas seulement inconmiode et nuisible, mais prouve encore qu'une forte proportion de carbone a été entraînée sans être utilisée.

L'effet calorifique des différentes espèces de houille est fixé ainsi qu'il suit d'après Wagner (1).

Ilonillu lloiiilli! llouillt

AiilIn'.U'itc. urasse. il(?uii-:;raissi.'. uiaiïru,

Effets ( Absolu 0,96 0,93 0,89 0,79

calori -} Spécifique 1,17 1,16 1,06

filues.j Pyrométrique. . . 2350 " 2300" 2250 " 2100"

Dans la prati(iu(!, on admet que le pouvoir calorifique d'une bonne houille se rapproche de celui du charbon de bois et surpasse du double environ celui du bois bien sec ; mais on ne doit point oublier non plus, qu'au point de vue du cjiauffage, il faut singulièrement tenir compte de la combustibilité des différentes espèces de houille, du tirage qu'elles réclament, etc.. C'est ainsi que l'anthracite, tout en présentant l'effet calorifique le plus élevé ne peut que difficilement êtreeniployé comme combustible de chauffage.

Le coke est un véritable charbon de liouille, il est proportionnellement plus riche en carbone que la houille, mais il est beaucoup moins combustible, s'allume difficilement et a besoin d'un courant d'air énergique pour

(1) Wagner, hc, cit., t. H, p. 058.

VALi:l)15 DI'S OII-FflKKN'I'S ('.OMRUS Tini.ts. 315

se coiisiinior ; eu re\aiiclio il donne beaucoup plus de chaleui- et neniel presque poiiU de fumée; lOl) parties de coke correspondent en poids h 80 parties de charbon de bois; d'après Brix, 1 kilograïunie de coke, évapore d'eau.

Sous le nom de charbon de Paris, on trouve dans le commerce un combustible artificiel obtenu en carbonisant un mélange de ciiarbon de bois et de goudron de houille. Il est moins cassant que le charbon ordinaire, bride plus lentement et donne plus de chaleur. On a clierclié à le vulgariser connue combustible de chauITage. — Les briquettes sont préparées en agglutinant des houilles irés-grasses, sous de fortes pressions, à la température de /lOO" à 500". Elles sont utilisées dans l'incluslrie, mais pourraient cependant être employées comme combustible de chauffage; à la condition d'avoir un bon tirage et des grilles convenablement aménagées.

Les progrès de l'industrie ont permis de vulgariser dans certaines villes rcm|)loi du gaz et de le faire servir non -seulement à l'éclairage, mais encore au chauffage des habitations ; toute la question réside dans la production du gaz à bon marché, aussi celui résultant de la distillation de la houille ne peut-il être emj)loyé comme combustible que dans des cas spéciaux, dans ceux où la question économique ne vient qu'en seconde ligne. Il convient de faire toutes réserves pour l'avenir; des essais ont lieu à Berlin sur un gaz provenant de la distillation des lignites, mais, pour le niomenl et vraisend^lablement de longtemps encore, ce procédé de chauffage ne j)ourra pas être utilisé sur une grande échelle. — Le gaz sera étudié plus loin, au point de vue de l'éclairage.

Il en est à peu près de même du chauffage au pétrole qui a fait l'objet d'essais nombreux aux États-Unis ; la question économi(|ue est encore celle qui domine, car, connue effet calorincjue, le pétrole surpasse le charbon; d'après Fr. Slorcr, 1 kilogramme de pétrole évapore 10 k. 3()0 d'eau, son pouvoir évaporatoire théorique serait même de 18 kilogramuies. En brûlant, il ne fournit point de fumée (si les dispositifs sont bien construits) mais seulement de la vapeur d'eau ; on n'a donc point à construire de cheminée et la condensation de la vapeur énnse peut fournir une eau utilisable à différents points de vue. — L'avenir semble donc favorable, à la condition que l'exploitation du pétrole ou la distillation des charbons fossiles et des schistes bitumineux prennent une grande extension.

Au point de vue militaire, tous ces différents combustibles peuvent à un

iiioiiienl donné Olre utilisables, surloul en campagne; en fail, les bois et les ciiarbons de terre sont ceux (jue leur bon marche et leurs qualités l'ont préférer, ce sont ceux en vue desquels les appareils de chaufTage doivent être particulièrement conslruiis.

Di/fén'uts Gppanils de chau/fage ulilisahlcs dans les casernes. — Le cbauiïage par les cheminées ou\ertes est le plus ancien système mis en usage dans CCS habitations; il existe encore dans certaines casernes anciennes ou dans quehjues autres bâtiments militaires; il est basé sur 1 échaulTement de l'air parle rayonnement immédialde la chaleur dégagée par le feu. De tous les systèmes c'cit, au point de vue du rendement calo-; rifKiue, le moins avantageux, car 10 pour IGO au plus du caloricjue sont; émis dans la pièce, 90 pour 100 au contraire sont entraînés dans la cheminée, i'ar contre, la ventilation delà pièce est excessivement énergique; en eiïet, non seulement il arrive dans le foyer la quantité d'air nécessaire pour la combustion, mais une plus grande quantité encore entraînée en passant au-dessus de la llammc. Ce mode de chauffage ne doit donc être en)ployé que dans les climats assez doux, ou dans les cas où l'on subordonne la question éconoiïiiipie, soit à l'agrénient de voir le feu et de pouvoir s'en approcher facilement, soit aux exigences de la ventilation. Aussi ce système des cheminées ouvertes est-il fortement conseillé dans les salles de malades et journellement mis en pratique dans les hôpitaux anglais,

7\(in d'utiliser, en outre de la chaleur rayonnée, U!ie ])arliede la chaleur conduite, on a ])erfectionné la cheminée ordinaire en faisant circuler l'air chaud dans dilîérenls luyaiix avant de le laisser arriver dans la cheminée; on a été conduit, de plus, à adopter des dispositifs ayant \>mv but d'utiliser cette chaleur pour produire un appel et faire arriver dans la pièce l'air extérieur, mais après l'avoir échaulle. Nous rentrons, on le voit déjà, dans la question de la ventilation.

Les cheminées construites dans ce but ont reçu le nom justilié de ckeviinées veniÂlatrices, parnd lesquelles ou peut remarquer deux types l)rincipaux, les cheminées du type Fondet et celles du type Douglas- Gailun, ces dernières construites par un capiiaine du génie de l'année anglaise.

La cheminée Fondet (lig. 39) est d'une construction relativement assez simple et convient aux appartements privés. Dans les bâtiments militaires, elle i)onrrait être utilisée en particulier pour les chambres d'oiïiciers, ou

APPAHKILS DE CHAUFFAGE POUR LES CASEliNES. 317

pjf.. 39. - Clieniinoe avec liOiiclic de. chaleur, sysicme l-'oiidct. — La fig. A repr(^sfnto l'appareil vu de faee. — f,a fig. B, la coupe, verticale. — La lig. G, la coupe horizontale (lu tube a air. — A, pri.^e li'air exir-rieiir. B, tuyaux en tubes prismatiques disposas en quineonees dans lesquels circule l'air a chaufTer. C, cofire de la cheminée, l), bouches de clialuur.

aiilros apparlemonls dans lesquels J'oggloméraiion n'existe jamais, el où l'oii peut (lésirei- ati coiili airc une certaine élégance, combinée avec une économie réelle. Dans la cheminée Fondel, le dispositif caractéristique consiste dans la présence d'une série de tubes ou tuyaux prismatiques Jî, au milieu desquels la flniume, la fttinée el l'air chaud circulent avant de pénétrer dans le tuyau C de la cheminée. — Ces tubes prismatiques sont creux; ils commimiquenl d'une part avec l'exléiieur par une prise d'air A (fig. 39), de l'autre avec la chandire par les bouches de chaleur 0. — Il se produit rapidement im appel en A dès (|iu> l'on allume le feu, el l'air, en circidanl dans les tiibes H, s'échaulTe singulièrement et. arrive dans la chambre pour remplacer l'air entraîné i)ar la combustion. Le rendement calorififiuc de ces clieniinées est évalué par le général IMorin à *iO pour 100; i! y a donc un léger gain siirle.-,- cheminées ordinaires.

Les ciieminées Uougla.s-Cialtofi (fig. /iO à sont en usage dans les casernes anglaises depuis plnsicu! s années el y donnciil des résultais fort

31H IIAIUTATIONS DU SOLDAT.

remar(|nabl('S, rcsultals coiilirmos en France par dos expériences cxécnices au Conservatoire des Arts et Métiers (1).

Ces cheminées se composent d'nii foyer ordinaire, cijauiïé au bois ou à la houille et coniplétenient isolé du mur. Le tuyau de l"uu)ée est en fonte et se trouve isolé jusqu'au plafond par une gaîne, où pénètre l'air extérieur introduit par dessous, latéralement ou par derrière, suivant les conditions locales. — Près du plafond, existe une ouverture t^arnie de directrices ou Louvres qui obligent l'air écliïmiïéà se diriger vers le haut delà pièce. Celte ouverture est munie d'une trappe à ressort ou à coulisses, facile à ouvrir et à fermer suivant que le feu est entretenu ou éteint.

Le général Morin a calculé, (|u'avec un feu modéré et une consommation de 10 kilogrammes au plus de charbon pour douze heures, ces cheminées évacuent par heure 500 mètres cubes d'air et en introduisent /jOO à 30" environ de température. Elles peuvent assurer ainsi, dans une chambre de huit lits, un apport de 00 mètres cubes par heure et par lit. Deux de ces appareils peuvent fonctionner dans une même pièce sans se contrarier. Comme rendement calorifique, les cheminées Douglas Gallon niiliscnl j5 pour 100 de la chaleur produite par le combustible.

Le général Morin (2) recommande ce genre de construction de cheminées, toutes les fois que les circonstances le permettront; toutes les cheminées destinées à brûler de la houille ou du coke se prêtent facilement à cette installation, pourvu qu'il soit possible de ménager la prise d'air extérieur. Ha déterminé, ainsi qu'il suit, les proportions à conserver dans la construction des cheminées veniilatrices.

Proportions à conserver dans la construction des cheminées

ventilatrices.

Cnpacitc tics

l'ii'ct'K il cliiiuitcr.

Volume d'air à évai^iier et ù intrniluirc [iiir heure.

.Sectinij (lu conduit de fuiuoe.

Aile de ]iassagc de la Miitre.

Section totale de la ^:aiiie de [las^ai^ide l'air nouveau.

métrés cubes.

mètres cubes.

mètre l'.irri'.

Mictro ciii ir.

nictre carré,

0,1 /lO

(iOO

(1) Annales du Conservatoire, 6'= vol, 1806.

(2) Général Moriii, ManuLel pratique de la venfilatiun et du chuu/JagCj page 9, Paris, J868.

l'ig. dO, /il. — Chemiiu'os Doiiglas-Galton. — Coupes verlicales montrant le foyer, le luymi de fumée et la gaine enveloppante qui s'ouvre au niveau du foyer.

Fi?. ii2, — CheniiiHÎes Douglas-Gallon. — Sections indiquant l'arrivée de l'air

dans lu ciieniinéc par-dessous, latéralement et par derrière.

320 IIAIU IATIONS nu SOLDAT.

Dans les casernes anglaises, les dinieiisions des grilles et par conséquent le volume du foyer varient avec la grandeur des chambres; elles mesurent 1 pied 3 pouces (O'",o7) dans les chambres de 1300 pieds cubes (97 mètres cubes), 1 pied 5 pouces (0'",Zi2) dans celles de 3600 pieds cubes (97 mètres cubes) à 9800 pieds cubes (26^ mètres cubes) et 1 pied 9 ponces (0'",52) dans celles de 9800 pieds cubes (26^ mètres cubes) à 12 000 pieds cubes (326 mètres cubes). Les pièces plus grandes ont deux grilles, en général on en alloue une par 12 hommes.

Le cliauiïa^e à Taide de poêles est a\antageux au point de vue économique, car si ra|)piireil est bien coiislruii, il ne consomme pas trop de combustible ; la chaleur développée |);ir la matière qu'on y brùle doit èire cédée presfjue complètement aux parois et au corps du poêle et par conséquent se répandi'e dans la chambre; la perte de chaleur est réduite à celle qui est entraînée avec les gaz de la combustion. On diminue celte perle de chaleur eu allongeant le conduit de fumée; uiais, dans ce cas. il ne faut pas oublier que celle-ci doit se dégager dans la cheminée avec une température de 75° au moins, sans quoi le tirage est insufïisant.

D'une façoii générale, les poêles permettent d'utiliser 85 à 90 pour 100 de la chaleur produite, mais le volume d'air entraîné par le poêle est au plus de 5 mètres ciib(s i)ar kilograumie de bois brûlé, de (i à 7 mèlres cubes par kilogramme de houille, de 10 à 12 mètres cubes par kilogramme de coke avec un feu très-vif. On perd donc en ventilation ce que l'on gagne en chaleur; de plus, en raison du faible mouvement imprimé à l'atmosphère de la chambre, de sensibles dilTérences de température, qui ne vont pas à moins de Iti", s'observent aux diverses hauteurs d'une pièce ne mesurant pas plus de 6 mètres sous plafond. Les poêles sont de fer, d'argile cuite (faïence et briques) ou niixles. Les poêles de fer, comme le sont encore ceux généralement eu usage dans les casernes françaises, doivent à la bonne conductibilité du fer pour le calorique l'avantage de s'échauiïer très-rapidement et de transmettre rapidement la chaleur au milieu ambiant. La forme la plus ancienne est celle d'un cylindre creux., muni à sa partie supérieure d'uu tuyau de tôle, et inférieurement d'une poric pour l'entrée du combustible. Lorsque le tuyau est très-long il s'use rapidement, car il se dépose dans son intérieur un liquide acide (vinaigre de bois) dans le chauffage au bois, ou ammoniacal dans le chaufl'age à la houille ; ce liquide corrode la tôle. Les poêles de fonte sont quelquefois entourés d'uu manchon de tôle, percé

APPAREILS DE ClIAUFFACiE DANS LES CASERNES, 321

(le plusieurs orifices et sépaié par ([uelques ceiiliniètres (le l'appareil à coinhuslion.

D'après des expériences exécnlées en 1867 par H. Sainle-Claire- Deville et Troost (1), la fonio cliaiilTée au ronge aurait la propriété de laisser passer certains gaz de la couibuslioi), nolaminent l'oxyde de carhone. Ce serait à la présence du ce gaz éminemment toxique, répandu dans les apparten)en's, (|ne l'on devrait attribuer les accidenls survenus dans des pièces surchaulTéeîî, comme le sont souvent les corps- de-garde, accidents qui se traduisent par de la cépiialalgie, des vertiges, des nausées et même la fièvre typhoïde.

Coulier (2) s'élève contre ces propositions; ces accidenls sont dus, suivant lui, à ce que, dans les pièces clianiïées avec des poêles en fonte, en raison de l'élévation excessive de la température, l'air se dessèche rapidement et ne contient plus la proportion de vapeur d'eau suffisante. En analysant, avec un soin tout scrupuleux, l'air recueilli dans un poste militaire chaulTé par ce système, il a pu constater, par une série de six expériences, (jue la proportion de l'oxyde de carbone dégagé en (jualre-vingt-donzc heures ne s'élevait pas à plus de U décilitres. Le poste mesurait 180 mètres (■id)cs, et l'on peut bien admettre que, par suite des ouvertures incessantes de la porte, l'air s'était renouvelé vingt fois dans les quatre-vingtdouze heures. Les /; décilitres d''oxyde de carbone auraient été dissous dans 3600 litresd'air, chaque litre n'en contenant pas beaucoup plus de un dixième de millimètre cube, c'est-à-dire ime proportion insignilianle (3).

Du reste, l'expérience corrobore l'opinion de Coulier;en faisant évaporer de l'eau dans les chambres chaulTées avec des poêles de fonte, on remédie à ce dessèchement de l'air et l'on fait disparaître tous les accidents (pie ressentaient les habitants. Coidier propose;» ce sujet les dispositifs suivants, d'une application très-simple.

Le couvercle plat du poêle doit être percé d'un trou de grandeur à peu près égale à la section du tuyau, c'est par ce trou que l'on introduit le combustible et que l'on fourgonne le poêle. On est ainsi dispensé d'y ménager une porte, Inquelle ferme toujours mal et empêche de régler

(1) H. Sainle-Claire-Deville et Troost, Comptes rendus de V Académie des sciences^ 1 :> janvier 18G8 .

(2) Coulier, Ventilulion économique et diauffnge^ etc., p. 3/i, Lille 1872 et Anna/es d'hijgicne publique, 1873.

(3) Michel Lévy, Traité d' hijyiène, elc . ^ b' éd., t. 1, p. (ilO. >!itu.\(.nt. — Hy^'. iiiilit. 21

322 IlMU I Al fONS DU SOLDAT.

l'eiili-t'C (le l'air par i'ouverluro du coiicluil. Le trou esl houclié par un chaudron de Ui6tal, garni d'anneaux, dans lequel on mainlienl de l'eau ; la surface du liquide ainsi (icliauffé doit représenter le quart de la surface du poêle.

Les poêles en fer, comme les poêles en faïence ou autres, sont généralement pourvus d'une t/e/ permettant d'activer ou de diminuer la combustion; mais, en obturant ainsi i'orilice de sortie des gaz, on tend à les répandre dans la pièce. S'il y a encore de la fumée, les assistants sont bientôt avertis du danger; mais s'il ne reste que des charbons ou delà braise, l'odeur est à peu près nulle. C'est à ce moment que le danger est le plus grand, car l'oxygène manquant par la suppression du tirage, l'oxyde de carbone se produit en plus grande quantité. De là viennent ces accidents, souvent mortelS;, que l'on observe fréquemment lorsque le soir, en se couchant, quelque imprudent a fermé la clef du poêle pour conserver la chaleur. Heureusement, dit (ioulier, les clefs sont en général mal faites, mais il serait à désirer qu'une ordonnance de police vînt enjoindie aux fabricants d'échancrer toujours le cercle de tôle qui forme l'obturateur. Quelques industriels ont du reste spontanément adopté cette pratique. Le mieux est, en tous cas, de suj)primer absolument la clef et de régler l'entrée de l'air au moyen d'un cendrier fermant complètement, mais nmni d'une porte à coulisse ou d'un appareil de ce genre.

l>es poêles de fonte chauffent vite et se refroidissent de même, ils s'usent rapidement, aussi certains constructeurs les ont-ils modifiés, en établissant dans leur intérieur une chemise de briques (poêles mixtes), qui le^ fait participer des avantages du poêle en argile.

On a construit récemment des poêles à circulation d'air; si cet air est |)ris dans l'appartement lui-inême, les inconvénients inhérents aux poêles subsistent en entier ; si l'air est pris à l'extérieur, on augmente le rendement calorihque de l'appareil, niais l'air ainsi répandu dans les chambres n'en est guère plus salubre, car il est émis à une température beaucoup trop élevée. Tels sont, par exemple, les j)oêles dits ventilateurs du modèle de feu René Duvoir et de la Compagnie générale d'éclairage au ga/ de Paris, L'air échauffé, versé à l'intérieur, atteint une tenjpérature de 200 degrés, et son volume n'est que de 50 mètres cubes par kilogramme de houille brûlée; l'évacuation de l'air vicié esl.tlc 60 mètres cubes par heure et de 22 mètres cubes par kilogranune de combustible.

Les poêles calorifères de Chaussenot ont un rendement calorilique

Al'PAUtlLS Dli CnAL'fTAGt: DANS LliS CASEKNES. '6'2'6

remarquable, car ils utiliscnl 93 pour 100 de la chaleur produite; ils iulroduisent 160 mètres cubes d'air ù 130 degrés par kilogramme de charbon, mais n'évacuenl que 5""", 82 par kilogranmie de combustible. Leur usage n'est donc pas beaucoup [)lus salubre (1).

Les poC'les en briques ou argile cuite sont en usage dans les pays trèsfroids; en Russie .et en Suède, on les utilise pour le chauffage des habitalions et des casernes. Leur construction est excessivement massive et leur avantage caractéristique consiste à emmagasiner lenlcment la chaleur produite par le combustible, pour la déverser également avec lenteur, mais d'une façon continue, dans l'intérieur de la pièce à chauffer. Ces poêles ont la forme d'un grand paralléhpipède rectangulaire de près de 2 mètres de hauteur sur 1™, 50 ou 2 mètres de largeur; à la partie inférieure existe un \aste four dans lequel on accumule une grande quantité de bois bien sec, que l'on fait llamber rapidement. La fumée et les gaz s'échapj)ent par un conduit circulant de haut en bas et de bas en haut dans l'intérieur du poêle, dont la section représente assez bien un rectangle divisé en six rectangles secondaires. Bientôt la masse totale des briques absorbe ainsi une grande quantité de calorique, et lorsque la combustion du bois est complète, on obture le dernier conduit, celui qui communique avec le tuyau de la cheminée, au moyen d'une sorte de double couvercle, nommé f('iusc/t/>t', en russe. La chaleur reste alors emmagasinée dans la brique, et si l'ojjération a été bien conduite, si l'on ne ferme le registre qu'au moment voulu, il ne se répand aucun gaz nuisible dans l'appartement. Ces poêles conservent la chaleur pendant plus de vingt-quatre heures et sont véritablement d'un excellent usage dans les pays très-froids. En revanche, ils sont absolument nuls au point de vue de la ventilation.

Les poêles suédois ne diffèrent des poêles russes que par leur forme cylindrique et leur plus grande hauteur.

Dans le chauffage au moyen des poêles, nous avons vu que l'on iiouvail employer l'air extérieur, à la fois pour ventiler la pièce et pour se charger d'une partie du calorique conduit par le poêle et ses enveloppes. Le c/iauffo (je () r air chaud constitue un perfectionnement de ce principe et son L'pplication aux grands édifices, parmi lesquels les casernes peuvent évidemment être compris.

Le chauffage à l'air chaud cotnpreiid trois variétés : 1" l'air écliauffé

(l) Général Morin, /oc. cit., p. \À»

yiU IIAHITATIOAS DU SOLDAT.

dans l'appareil, arrive chaud dans les diflérenles [)arlies de l'édifice et remplace un volume d'air égal à celui qui sort par les ouvertures des portes, fenêtres, etc. ; 2° l'air chaulTé revient des appartements dans l'appareil, s'y réchauffe à nouveau, puis y retourne; SM'air venant des appartements n'y rentre plus, mais est conduit dans le foyer où il contribue à alimenter la combustion. Le second système est plus économique que le premier, car il utilise la chaleur de l'air provenant des a|)partements, chaleur (|ui dans le premier système est perdu, mais il est très-inférienr au point de vue de la ventilation; enlin le troisième système réunit lesavaniages des deux premiers et crée une ventilation très-active, puisque le foyer constitue un appel et favorise l'extraction de l'air des appartements.

Quelque système que l'on emploie, il est bon de faire arriver l'air |)rovenant du calorifère dans une chambre de mélanges où Von peut introduire également, au moyen d'orifices pourvus de registre, une certaine quantité d'air froid. Sans cette précaution le chauffage est très-inégal, quelquefois l'air arrive dans les appartements encore brûlant. C'est de la chambre des mélanges que doivent partir les conduites d'air chaud. De plus, l'air est absolument desséché, inconvénient que l'on peut chercher à combattre en faisant évaporer de l'ean dans la pièce à chauffer, mais cette évaporation est loin d'être assez active, elle, ne s'exécute pas conune lorsque l'eau se trouve, comme dans les poêles, placée précisément audessus du foyer de chaleur.

En résumé, le chauffage à l'air chaud, utilisable, sans doute, dans les locaux que l'on ne doit pas habiter continuellement, comme les salles de cours, les théâtres, les vestibules, les escaliers, etc., ne convient guère aux pièces d'habitation.

On peut, au lieu d'amener dans la pièce de l'air échauffé, chercher à échauffer celui qui s'y trouve, en utilisant la propriété que possède l'eau de retenir longtemps le calori(|ue (ju'elle a absorbé, c'est ce que l'on nomme le chauffage circulation d'eau chaude. Théoriquement il suffit de maintenir dans la pièce à chauffer un vase rempli d'eau bouillante et d'adopter un dispositif tel (pie l'eau refroidie soit incessamment remplacée. On remarquera que, à priori, ce procédé doit donner un résultat satisfaisant, car 1 kilogramme d'eau à 100 degrés dégage 80 calories en se refioidissant seulement de 20 degrés, et ces 80 calories suffisent pour élever de 10 degrés la température de 32 kilogrammes ou Ih mètres cubes d'air.

Praliquenicnl , le chaiiffiigc ."s IVau chaude se dislin(>U(', en chaiiffayc \\

APPAIlKir.S DK CIIAUKKACl- DANS LES CASEKNF.S. 32")

/xi^se /jrrss/oii, (Unis lequel l;i leiupéralure du liquide ne doit pas dépasser luO degrés, et chauffage à haute pression. Dans le premier système, ou dispose daus le sous-sol de l'édilice une chaudière de laquelle part uii tuyau qui va circuler daus les apparteuieuis, puis redescend el revient pénétrer dans la chaudière. En vertu de la dilïércnce de densité de l'eau chaude, les parties de liquides échauffés tendent à gagner les parties élevées; chemin faisant, elles abandonnent une portion du calorique, deviennent plus lourdes et redescendent par cotiséquent dans la chaudière où elles s'échaulTcnt de nouveau. La chaudière et les tuyaux ne forment |)our ainsi dire qu'un seul vase, dans lequel se passent ces déplacements que chacun peut constater eu regardant de l'eau bouillir dans un vase

l''ig. /i5. — Calorifère h ciiculalioii d'eau cliaudo (sysicme Duvoir), — A. Cliaud'u'ro ii loyer intérieur. — B. Tuyau ascendant. — K. Vase d'expansion. — (J. Tuyau descendant distribuant l'eau ctiaude dans les iiièces a cliaulïer et la ramenant ensuite dans la chaudière. — H. Poêles d'eau chaude.

iransparcnl. La chaleur est du rcsle dispersée dans les apparlemenls au moyen de poêles, aiïeclant en général une forme cylindrique et dans esquels les tuyaux serpentent en spirale (fig. Zi6).

Ce procédé de chauffage est assez avantageux, il ne permet pas les excès de température, mais il ne donne par lui-même aucune venlilalion ;

en revanche, il peutse combiner avec des systèmes ventilateurs sur lesquels nous aurons occasion de revenir.

Perkins a proposé d'élever l'eau à une température de 200 ou 300 et même 500 degréS;, en prenant du reste les précautions nécessaires pour éviter les explosions, accidents qui se produisent quelquefois, ainsi que l'a fait remarquer Cuérard (1).

Comme on peut le remarquer dans la figure Zj6, la chaudière peut être absolument supprimée, et l'appareil de chauffage réduit à un fourneau et à un lubequi circule en spirale au milieu du foyer, gagne les diverses parties de l'édifice et redescend dans le foyer. Un

sixième du tube enroulé en Fig. 66. — Coupe d'une maison à plusienrs étages, . , cliauffée par une circulation d'eau chaude (haule spirale Se Irouve en conpression, système Perkins). ^^^^ ^^^^^ ,p combus-

liblc, les cinq autres sixièmes sont chauffés par circulation. Ces tubes sont do fer forgé, ont un diamèire extérieur de 1 pouce (0'",027), et doivent pouvoir supporter une pression de 1500 kilogrammes. Dans la figure Zifi,

(I) Guérard, S?/?- ics nccidents causéx par les explosions des appareils à eau destinés an rhavffnfie. {Ann. d'ityr/., 2'= série, 1858 t. IX.)

APPARr.u.s m: CFiAurrAci- dans rr.s caskrnks. y}! on peul voir que l'eau échaulïée doit remoiUer par les tuyaux a jusqu'à l'étape supérieur, là elle se répand dans une boîte D, munie d'une soupape de sûreté, puis elle redescend par les tuyaux en circulant dans les poêles disposés aux dilTérenls étages.

Le général iMorin ne reconuiiande pas ce système de chauffage, en raison des dangers aux(inels il expose, en particulier de celui des incendies; en cllel, les pièces do bois, les planchers au contact desquels passent les tuyaux s'allôrent peu à peu et peuvent, à un moment donné, s'endannner spontanément.

Le chauffage à Vaide de la vapeur d'eau utilise la chaleur latente contenue dans la vapeur; on sait en effet que cette chaleur est considérable, puisque l kilogramme de vapeur d'eau contient une (luanlilé de chaleur suffisante pour élever 5'', 500 d'eau de 0 degrés à 100 degrés.

L'api^areil de chauffage se compose d'un générateur, de tuyaux pour la

l' ig. /|7. — Calorifère mixte a eireulfition d'enii rliaDfïi'e par la vapeur (syslènie (Irouvolle). — A. A, Tuyau ii sorponliu dans lequel cirnule la vapeur. — B. f(éservoir d'eau. — C. Tuyau ascendant d eau ehaude. — D. Vase d'expan.sion. — E. Tuyau de retour de l'eau refroidie. — II. Tuyau de retour de la vapeur condensée.

328 HABITATlOPiS DU SOLDAT.

rirciilalion do la vapeur el des Uibes qui laniènenl l'eau condensée dans le générateur ou la conduisent en dehors de celui-ci. Ce système présente un inconvénient notable: lorsque le l'eu n'est pas également conduit, des condensations se forment en grandes |)roporiions sur certains points de l'appareil , des vides partiels sur d'autres points; lorsque ensuite on reprend le chauffage, la vapeur, affluant très-rapidement dans les tuyaux, rencontre les masses liquides, les choque violemment et produit souvent des ruptures ou des fuites. — On a combiné le chauffage à la vapeur avec le chauffage à l'eau en échauffant à l'aide de la vapeur des masses liquides, contenues dans les poêles au milieu desquels circulent les tuyaux (fig. Ul). Grouvelle a appliqué avec succès ce dispositif dans certains hôpitaux, à Lariboisière par exemple. Dans ces conditions, en vertu du peu de conductibilité de l'eau, on évite les refroidissements trop brusques des poêles, mais non les condensations dans les conduits qui traversent les |)lanchers.

A la suite des expériences comparatives sur les divers systèmes de chauffage, entreprises en 1865-1806 au Conservatoire des arts el métiers, le général florin a pu formuler une opinion sur la valeur comparative de ces divers systèmes; il la lésume dans le lal)leau suivant que nous lui empruntons (1).

Classement des appareils de chauffage au point de vue du rendement calorifique (Géiu'ral Moiiii).

/ I»ro 1 Vicié

Cheminées ordinaires . 0,10 à 0,12 '

Désignation dos appareils. , l'otnioment onlopifiquc. Olisorvulinns .

l'roduiscnt l'évacuation de l'air mais u'assureni pas directe- ^menl l'introduclion de l'air nou- ^ veau. — Chauffage saluhre.

IModuisenl l'évacuation de l'air

., . n oo - -V or .vicié et l'introduction directe de

Cheminées ventilatnces 0,33 a 0,35 / .

j 1 air nouveau modérément chauffe.

Chauffage salubre.

/En fonte ( à la houille. 0,90

Poêles ordinal- i , „, ' ^ , n / Ne produisent qu une évacua-

\ ch auffes au cok(-. 0,8.5 ( . ^ „• • -,

res sans circu-{ „ . / lion tres-insumsante de rair vicie.

j En faïence, chaurres au i ^, ■ , ,

lalion d air. . . . f ... , , , a 1 — Chauffage imaluLre.

\ bois (peu salubres). . 0,8//

(1)* Général Morin, loc. cit., p. 27.

DKS svstI;mi:s dk vr.NTir.AiiON dans i.i:s c.askhni'.s.

l'oèles enniolal, i Modèle des Écoles do l;i

avec circulation 1 ville de Paris 0,08

d'air pris à l'ex- < A conduits verticaux de térieur ou à rin- ^ circulation, modèle

térieur.

Chausseiiot 0^9;}

Ne produisent iiu'urie évacuation insuHisaiite de l'air vicié et échauffent à un degré trop élevé celui qu'ils introduisent; chnuffuga Inhinsdluliri' si les tuyaux sont en fonte, peu suiubve s'ils sont en fer.

Calorifères à tuyaux de circulation de la fumée

Ne peuvent pas produire directement une évacuation suffisante de

Horizontaux 0,0:>\ l'air vicié et fournissent en général

de l'air trop échaull'é, mais peuvent être facilement modifiés de manière

Verticaux 0,80/ à ne donner que de l'air à 30" ou

^0". Chuuffage insalubre quand il \n'est pas combiné avec la ventilation .

Lorsque les luyaux

et les poêles apparents sont nombreux, de grande surface par rapport à la chaudière principale 0,05 •) 0,75

Lorsque la chaudière, le fourneau et tous les poêles ou conduits de circulation sont contenus dans la i pièce à chauffer. 0,85 à 0,90/

Se prêtent direciement à l'organisation d'une ventilation régulière par appel.

Avant (le nous prononcer définitivement sur le mode do clian(Ta?;o (|ni nous semble préférable pour les cliambres de casernes ou les autres locaux des bàlirnents militaires, il convient de fournir (jueltiues indications sur les procédés de ventilation, avec Icstjuels le chauffage se conibine, on le voit, de la façon la plus intime.

II. fJes systèmes (h ventilatmi dans les casernes. — Nous avons dit plus haut que le général Morin estimait à .';0 mètres cubes pciulaul le jour, à 50 pendant la nuit, la quantité d'air nécessaire par heure et par homme dans les chambres de casernes. Cette (piantité parait on eiïet indispensable : 1" pour subvenir à la respiration ; "i" pour réduire la proportion d'acide carbonique à 2 pour 1000 au maximum; 3" pour évaporer les produits de la transpi-

330 HABITATIONS nu SOrOAT.

ralion pulmonaire. — Une aussi grande qnanlilé d'air ne i)ontévidoinniont cire fournie qu'à condition d'assurer le fonctionnement d'une venlilation très-régulière.

Certains hygiénistes ont proposé de remplacer l'air ordinaire par de l'air ozonisé, se basant sur les propriétés oxydantes de l'ozone qui ont pour effet de détruire les miasmes. Gallard (1) préfère pour cet effet 20 mètres cubes d'iir ozonisé à 100 mètres cubes d'air ordinaire; il croit que, dans les procédés de ventilation combinés avec ceux de chauffage, l'air passant dans d($ conduits échauffés s'y dépouille de son ozone; par contre Saint-Picrre (2) a vérifié expérimentalement que l'air ozonisé par l'action mécanique desmachinessoufflanlcs. Du reste, dèsi862, le médecinmajor Dclahousse (3) avait proj)osé de dégagerartificicUement del'ozonedans les salles de malades, an moyen d'un procédé fort simple consistant à prendre un fil de platine en forme de spirale et à circonférence de pas trèsrapproché, à le placer au-dessus d'un entonnoir renversé et à le rendre incandescent au moyen d'un simple élément de Bunsen. On ne tarde pas à sentir au-dessus de l'entonnoir, qui concentre l'air échauffé pour le répandre dans la salle, l'odeur caractéristique de l'ozone dont la présence est confirmée par la réaction du papier de Schœnbein.

Quoi qu'il en soit, cette application conviendrait peut-être plus aux hô|iilaux qu'aux chambres de casernes, quoique ces dernières renferment quelquefois un air encore plus vicié ique celui des salles de malades.

On distingue les systèmes de ventilation en deux grandes classes : système de ventilation par appel c[ système de ventilation par ijropuhinn. Dans le premier cas, on se base sur la propriété que possède l'air, comme du reste tous les corps, de se dilater par la chaleur, de devenir plus léger et de produire ainsi une diminution de pression sur un})oint donné qui appelle l'air de parties plus refroidies et par conséquent plus denses; c'est une application de cette grande loi d'équilibre qui joue le rôle capital, aussi bien dans la ventilation des édifices, que dans la formation des vents à la surface de la terre. — Dans la ventilation par propulsion, on agit avec l'air comme avec un objet matériel, on le porte directenient, on l'injecte, au moyen d'appareils spéciaux, dans les milieux où l'on veut le voir arriver.

(I) Gallard, A/m. d'hyg. etdeméd. légale, juillet 1868.

(2j Saint-Pierre, Sur la production d'oxygène ozonisé par l'action mécanique, Montpellier médical, t. MI, 1864.

(3) Delahousse, Ozoniiation artificielle [Gaz. des Hôpitaux. 1862).

DES SySTllMES DE VFNTILATION DANS LFS CASKRNFS. T."!

Hclalivcmcnt à la cause déterminante de la ventilation, (in ponl aussi la diviser en ventilation naturelle, dans laquelle l'homme n'intervient (|u'indirectement, et en ventilation artificielle où Tindustric humaine doit au contraire jouer un rôle important.

Ventilation naturelle. — La ventilation naturelle s'exécute à cliaqiie instant sons nos yeux; l'air extérieur, appelé dans nos habitations parla diminution de pression due à l'élévation de la température intérieure, pénétre par les jointures des portes, des fenêtres, et mieux encore par celles-ci lorqu'elles sont ouvertes; d'autres fois, le vent agit lui-môme connue agent mécanique de propulsion et injecte l'air dans les apparlemenis ; la ventilation naturelle participe donc de la ventilation par appel et de la vcnlilalion par propulsion, mais la première y joue un rôle beaucoup plus important. — Du reste, la température intérieure des habitations n'est pas seule enjeu ; la lempévaliu'e extérieure, l'influence solaire interviennent directement; suivant le cas, l'appel se fait de l'habitation sur l'extérieur ou de l'extérieur sur l'habitation, l'appel ayant toujours lieu des espaces les moins chauds vers les espaces plus échaulîés.

La ventilation naturelle peut être singulièrement favorisée par quelques aménagemenis fort simples introduits dans la construction de nos édifices; (Ml ce qui concerne les casernes en particulier, c'est à ces dispositifs (pi'il convient d'apporter une grande sollicitude. — Il faut favoriser l'échange entre l'air extérieur et l'air intérieur en multipliant les orifices de communication, eu uiilisant ceux qui existent naturellement ; l'obstacle le plus sérieux consiste dans le refroidissement intérieur des chambres, refroidissement qui, dans la saison hivernale, devient un obstacle trèssérieux ; l'hygiéniste doit naturellement en tenir grand compte. De fait, on se trouve généralement dans ce cercle vicieux, ventiler abondamment, mais alors la question du chauffage devient plus difficile, surtout au point de vue écononuquC;, ou faire passer en premier lien la nécessité du chauffage intérieur, et alors la ventilation est insuffisante. Il faut, comme le dit fort bien le savant professeur du Val-de-Grace, Confier (1), cherchera faire entre ces deux maux une sorte de cote mal taillée, de manière à tirer parti des ressources dont on dispose.

La ventilation naturelle par les fenêtres ouvertes est évidemment celle qui est absolument préférable et que chacun met en pratique pour aérer

(1) '"oiilier, Venlilntion économique, Qic.

^32 II Mil l A I IONS nu SOLD AT.

son apparienuMit ; dans les casernes, nous voudrions voir un règlement précis niainlenir l'obligaiion de l'ouverlure des feiiêires, pendant un nombre d'heures suflisant de la journée, et même pendant toute la journée si la (empérolure le permet. — Line petite modiOcaiion permelirail de laisser une ou plusieurs fenêtres enlrebàillées pendant toute la journée, au besoin pendant la nuit; elle consiste simplement à établir sur l'appui de la fenêtre un crochet et sur le châssis de la fenêtre un piton ; on peut ainsi niaintenir une ouverture plus ou inoins grande suivant que la lige du crochet est plus ou moins longue. En plaçant plusieurs pitons sur le châssis, on peut faire varier l'ouverture suivant les besoins; voilà certes un dispositif d'une simplicité tout élémentaire, il est apj)licable |)artout et suffit pour faire pénétrer une grande quiintilé d'air.

A la place du système ordinaire des fenêtres, on poui rait adopter, dans les casernes, le sysième des fenêtres dites à guillotine qui permet de laisser ouvertes alternativement la nioitié supérieure ou la moitié inférieure, on mieuv encore celui des fenêtres à châssis mobiles^ s'ouvrant obliquement et s'abaissant plus ou moins au moyen d'une tringle en fer ou d'une corde passant dans une poulie, tandis qu'un contrepoids tend continuellement à fermer le châssis. Ce genre de fenêtres fonctionne avec grand avantage dans certains hôpitaux.

Un autre sysième fort ingénieux est employé en Angleterre et mériterait d'être introduit en France ; la fenêtre est fermée |>ar trois châssis mobiles qui basculent en soufllct sur l'intérieur de la chambre et forment un angle de 65". Grâce à leur direction oblique, lorsqu'ils sont ouverts, les courants d'air sont dirigés vers le plafond et n'atteignent pas les lits. Line manivelle tl'un mécanisme très-simple règle l'inclinaison des cliâssis que l'on peut enlever tout à fait quand on le jiige convenable (fig. 68).

Théoriquement l'air introduit par une fenêtre pourrait se mesurer en calculant le volume d'un cylindre dont la section est représentée par la coupe de la fenêtre, la hauteur par la distance parcourue en un temps donné

Fig. 68. — Croisées anglaises a châssis mobiles.

DES SYSTÈMES DE VENTILATION DANS LES CASEIINES. oSii

par le courant almosphériquc. Soit L et H les deux dimensions d'une fenêtre rectangulaire, V la vitesse du courant d'air en une minute, N le nombre d'heures pendant lesquelles la fenOlie reste ouverte, le cubage C de l'air introduit sera facilement calculé par la formule suivante C = L X II X ^ X ('ON.—, le volume total de renouvellement de l'air serait égal à C niulliplié par le nombre de fenêtres ouvertes sur la face du bâtiment opposé au vent.

Celte formule est plus théorique que pratique, car il y a lieu de tenir compte : 1" de la direction du vent, qui rarement frappe la façade du braiment d'une manière perpendiculaire, mais le plus souvent obliquement ; il se produit aloi"s et en vertu de la décomposition du mouvement, un courant parallèle à la façade, qui longe celle-ci dans les parties massives de la muraille et contrebalance l'action du courant tendant à entrer dans la chauibre ; "2" des obstacles accidentels opposés h la n)aiche du courant atmosphéricpie et qui la ralentissent ; 3" du contre-courant formé par la portion d'air sortant de la chambre et qui ne trouve pas une issue par les cheminées, les portes, si le bâtiment n'a pas de fenêtres ouvertes sur les deux faces, etc. Quoi qu'il en soit, l'ouverluro des fenêtres, an besoin lem' enlrebàillomcnt, constitue, sans contredit, l'un des plus |)uissants mojeusde ventilation, à la condition cependant que l'air extérieur soit agité et non [)oint tout à fait calme comme il l'est parfois en été.

Ventouses. — De simples ventouses peuvent singulièrement activer le renouvellementde l'air; théoriquement il conviendrait de |)lacerles ouvertures d'évacuation aux parties supérieuresde la chand)re, les orifices d'admission au niveau du plancher; il s'établirait ainsi un courant ascensionnel, basé sur l'inégalité de température de l'air aux diverses hauteurs; mais dans les casernes il est à craindre ([ue l'ignorance des hommes les porte à boucher ces orifices d'entrée, pour se soustraire aux courants d'air qui se produisent. Le général Morin conseille, au contraire, de placer les ouvertures d'entrée au voisin:!ge du plafond, les orifices de sortie au-dessus de l'intervalle des lits; pour arriver alors à produire le courant, il faut nécessairement rap|)roclier ces orifices d'évacuation des tuyaux de fumée des cheminées, ou les faire traverser par h s tuyaux des poêles si l'on en emploie. Dans tous les cas, les orifices d'évacuation seront placés sur le mur opposé à ceux de sortie, afin (|ue le courant balaye toute la longueur de la chambre. — ■ Vm disposant les premiers au niveau du phifond, les seconds à mi-hauteur, les hommes ne seront jamais incommodés, même quand le

courant cliaugeia de sens, ainsi qu'il arrive souvent dans les syslènics de ventilation basés sur les diiïéreiices de la température naturelle.

Félix LeBlanc a précisé par des expériences anémométriques la valeur do deux ventouses semblables établies dans une caserne de Paris : l'une mesurant 0>"fl,47, et placée dans une chambre de 5U hommes, a donné 2 mètres cubes par heure et par homme; la seconde, dans une chambre de 21 lionnnes, mesurant 0'"T,6, a fourni 7 mètres cubes par heure et par homme, l'excès de température n'étant que de 2 degrés.

On peut singulièrement activer l'action des ventouses évacuatrices en les faisant arriver dans les cheminées d'évacuation. II résulte d'expériences faites à la caserne Bonaparte, à Paris, par les capitaines Mengin et Rapatel et contrôlées par le lieutenant-colonel J)outrelaine, que, dans ces conditions, les orifices d'évacuation étant proportionnés à raison de 0™'i,02 par homme, les orifices d'admission à 0'^fi,04 par homme, on obtenait une ventilation moyenne de 35™<^,377 par heure et par liomme, en été de 18"^'^,f»87 (1). — Ces proportions sont surabondantes en hiver et l'on se réservera la faculté de modérer le mouvement d'introduction de Tair, au moyen de clapets ou de registres dont la manœuvre ne devra être jamais laissée, du reste, à la discrétion des soldats; les oriiices seront garnis on outre de toile métallique pour s'opposer à toutes tentatives d'obturation.

Ventilation par a/)pc'l. — Nous passons ainsi, par transitions graduées, aux systèmes de ventilation par appel ; le plus simple de tous est évidemment celui qui se combine avec le chaulTagesoit par cheminées ouvertes, soit mieux encore par Iescheminéesventilatrices(voy. p. 307). A défaut, on peutassurer le renouvellement de l'air au moyen de procédés fort simples, en particulier par la construction de tuyaux ou cheminées destinés, non point au passage de la fumée, mais simplement à l'évacuation de l'air vicié. Coulier a montré dans un mémoire (2) auquel nous faisons de nond)reux emprunts, les avantages de ce système, conseillé par le général iMorin, admis par la commission anglaise pour les casernes de l'armée britannique. L'action de cette cheniinée d'évacuation est singulièrement acti\ée si on la rapproche des cheminées ou conduits de fumée, si on la fait traverser par les tuyaux des poêles; on assurerait ainsi son fonctionnement en hiver; pendant la saison

(1) Général Morin, Ktufle sur la ventilfitmiy t. II, p. 6, Paris.

(2) Coulier, Ventilulioit éconoiniquc, etc. Lille, 1872 et Aanuk^ d'Injj. [jahl.^ janvier 1873.

DliS SYSTÈMES l)K VHCSTILATION l)A^S F.l-S (:.\Sl•:n^'^•.s. 355

<l'('lé. ou pourrait utiliser la chaleur des fourneaux de cuisine en laisanl monter les tuyaux ou cheminées ù fumée le long de la cheminée d'évacuation; enlin l'on peut encore lui donner une action très-énergique en plaçant dans* son intérieur, et mieux au niveau de sou orifice inférieur, un ou plusieurs becs de gaz; ils déterniiuenl une élévation très-considérable de température et par suite un fort courant ascensionnel. Cette dernière méthode, en raison du prix élevé du gaz, ne convient peut-être pas absolument pour les chambres des casernes, quoiqu'il soit facile de faire également servir ces becs de gaz à l'éclairage; il faut, en eiïet, de toute nécessité, conserver pendant la nuit un faible éclairage dans les locaux, pour le maintien de l'ordre et pour les besoins du service, rien de plus simple alors que de transformer cette source luunneuse en foyer calorifique sullisant à déterminer un appel dans la cheminée d'évacuation. En tous cas, l'apiiel obtenu au moyen de la combustion du gaz convient absolument })our d'autres locaux niililaires, connue les écoles régimentaires en pai ticulier, où un grand nombre d'hommes sont réunis pendant quelques heures. Les frais qu'il nécessite ne durent exactement que pendant le temps de son foncliomiement; ils ne sont pas excessifs, car d'après les expériences de (joulier sur l'appareil ventilatoire de ce genre fonctionnant dans une des salles de cours de TÉcole du Val-de-Gràce, l'introduction de 2119 mètres cube d'air par heure n'a nécessité qu'une dépense de 0Da'',S^8 de gaz, suit 25 centimes, en supposant le gaz à 50 centimes le mètre cube (prix ordinaire de Paris), llien n'empêche enfin de transformer pendant l'été les cheminées ordinaires en appareil de ventilation au njoyeu de l'adjonction de becs de gaz.

Le point capital de ces cheminées d'évacuation c'est que, l'appareil une fois posé, il continue à fonctiomier de lui-même, sans aucun frais, en raison des didéreitces de la température extérieure pendant le jour et pendant la nuil. Il est facile de constater que, j)cndant le jour, l'air s'échaulTc avec beaucoup plus de rapidité que la maçonnerie ellc-njême, pendant la miitau contraire le refroidissement de la muraille est assez long à s'établir et cela^ en raison du peu de conductibilité de la pierre pour le calori(iue; i)endani la nuit la cheminée est donc plus chaude que l'air extérieur, pendant le jour elle est plus froide. Il en résulte que pendant la nuit la cheminée contient une colonne d'air ascendante, pendant le jour une colonne d'air descendante. Ce.s deux courants inverses se produisent avec la régularité, et sous l'intluence des mèmcb cau.^es (|ue les brises de mer ou de terre sur les rivages

336 IIAIUTATIONS DU SOLDAT.

des océans; ils sonl, comme eux, séparés par un point mort de peu de durée. Le renouvcllemenl de l'air ainsi produit spontanément est loin d'être insignifianl. La cheminée d'évacuation de la salle des cours du Val-de- Gràce, pendant 16^i7 heures d'expériences, réparties du "29 mars au 5 août 1870, a évacué en moyenne 956 n)èties cubes et demi d'air, le niaximum ayant atteint 1663 mètres cubes dans la nuit du 27 au 28 avril, le minimum /i2l mètres cubes dans la nuit du h au 5 juillet. On aurait sans contredit obtenu des résultats encore plus remarquables si la construction de la cheminée avait été plus massive et si elle avait ainsi présenté moins de disposition à se mettre en équilibre de température avec l'air extérieur.

Relativement aux règles qui doivent présider à la construction de ces

cheminées d'évacuation, nous renvoyons aux traités spéciaux et en particulier au mémoire précité de Coulier; les cheminées ordinaires ne conviennent pas pour cette ventilation, parce que, placées dans l'inlérieur de l'édifice, elles ne subissent pas siiiïisammenl l'induence des variations quotidiennes de température, et que, lors(|ue le courant se renverse, elles communiquent à tout l'appartement une odeur de suie très-désagréable, et quelquefois môme le courant d'air projette cette suie à l'iiitéii"nr.

L'évacuation de l'air par appel peut se cond)iner très-avantageusement avec les systèmes de chau liage des édifices; c'es". sur ces doiinées qu'ont été installés les systèines de ventilation de (pielquos gi ands liô|)ilaux; dans la pratique, il n'est pas besoin de dispositions aussi complitiuées dans les casernes, aussi renvoyons-nous cette élude, comme celle de la ventilation par propulsion, au chapitre où nous traitons de l'hygiène des hôpitaux militaires. Cependant, dans le cas où l'on adopterait pour les casernes le chauiïage à circulation d'eau chaude, on pourrait obtenir une ventihuion Irèfc-sensible par le seul échaufiement de l'airau contact des parois des \uhc^ à circulation ; la figure . .'i9 nous niontic la marclK (\\>v siiii I ' c.ir.r:i';t d'air

l'ig. — Coupe verticale d'une chambre ventilée en n'eliauflunl l'air au contact des parois.

DES SYSTËMKS DE VENTILATION DANS LES CASEliNES. 337

introduit dans une pii cc clumiïée de la sorte. Amené par les bonches d'iiitrodiiclion placées près du plafond, il descend tout d'alîord au niveau du plancher sous lequel circulent des conduits à air chaud ou à eau, et remonte îi mesure qu'il se réchauffe davantage vers l'onficc d'évacuation. Les flèches de la figure indiquent sa marche.

Ventilation par propu/sion du vmf. — Sans faire appel aux procédés mécaniques de propulsion de l'air, sur lesquels nous nous réservons d'insister plus lard, on peut cependant utiliser d'une façon très -simple la force (le propulsion du vent, lorsque l'on ne peut du reste maintenir les fenêtres ouvertes.

Dans des bara(iues américaines, on a adopté un dispositif qui rappelle celui des manches à vent sur les navires. Deux tubes parallèles et juxtaposés partent, l'un au niveau du plafond, l'autre au niveau du plancher de la baraque ; ils se terminent au-dessus du toit en forme de girouette, disposée elle-même de telle façon que l'orifice conduisant au niveau du plancher soit ouvert du côté d'où vient le vent, l'orifice conduisant au niveau du plafond, soit au contraire tourné en sens inverse. Le vent pénètre alors par le premier, descend dans les chambres et en ressort par l'orifice supérieur.

Le ventilateur de ^^luir (voy. fig. 50) est basé nu' les mêmes principes; il se compose d'une cheminée carrée, divisée en quatre compartiments par deux cloisons verticales qui se coupent à angle droit; cette cheminée part du plafond et se terniine en forme de lanterne Fig. 00. — VomiiatcMir dcMuii garnie de persiennes sur les quatre côtés ; le ^'''"'P''^' vent pénètre dans la gaine qui est dirigée de son côté, arrive dans la chambre et ressort par les gaines opposées.

x\ la fin de cette rapide étude sur les procédés de cijauir.ige et de ventilation applicables dans les édifices publics ou privés, il conviendrait de présenter au lecteur une solution applicable aux casernes. Cette solution il a pu la faire lui-môme, cl suivant les cas, sera en mesure d'appliquer le

NOiiACiiE. — Hvi;'. milit.

procédé qui convieiulraaux exigences spéciales. D'une façon générale, on peut dire cependant que le système actuel de chauffage des casernes est absolument vicieux, en ce qu'il ne se prêle point à la ventilation. Nous opinerions donc pour l'adoption des cheminées ventilatrices Donglas-Galton, au nombre de une ou deux dans chaque chambre de caserne: elles sont infiniment préférables aux poêles de fonte et permettent bien mieux aux hommes de sécher leurs souliers et leurs habits ; en outre, la vue du feu égayé la chambre, et dans la question du chauffage, il ne faut point envisager seulement la quantité de calorique émis, mais aussi le rôle du feu, considéré comme foyer lumineux. Dans tous les cas, la cheminée Douglas-Galton, ou à son défaut la cheminée Fondet, peuvent être adoptées pour les chambres de sous-officiers et d'officiers.

Si l'ou veut conserver les poêles, encore faut-il les modifier en les entourant d'une gaîne prolectrice de tôle, en les surmontant d'appareils destinés à combattre le dessèchement de l'air.

Au point de vue de la ventilation, nous pensons qu'il faut favoriser autant que possible la ventilation naturelle par l'ouverture des fenêtres, par l'adoption de systèmes particuliers de châssis, etc., ouvrir des bouches d'introduction pour l'air extérieur, et enfin mettre à profit les avantages des cheminées d'évacuation, avec appel, qui peuvent du reste sulfire à la ventilation de plusieurs chambres.

§ HE. — l<]clairaj;c des chambres et autres locaux dans les casernes.

La lumière est nécessaire à l'homme pour lui permettre d'entrer en relations avec les objets extérieurs ; elle lui est également indispensable, connue à tous les êtres organisés pour l'entreiien même de sa santé. Privés de lumière, les animaux et les plantes ne tardent pas à subir des modifications qui, peu à peu, se transfornient en un véritable éta; maladif.

Au point de vue hygiénique, la lumière peut se diviser en naturelle ou artificielle; la première procède du foyer calorifique et lumineux par excellence, le soleil, soit que celte lumière nous arrive directement comme pendant le jour, soit qu'elle nous soit transmise par les astres, comme pendant la nuit, ; la seconde résulte de l'emploi de procédés divers que l'homme met usage, en vue de suppléer à la lumière solaire lorsqu'elle n'est point suffisante.

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