MAGASINS DE VIVRES
troupe. Elles doivent avoir réglemenlairernent un développement de •i-'i/iO par compagnie, 3""i,50 par escadron. Ces tables ne sauraient Olre trop sonvent nettoyées et briquées ; sans celle précaution;, le bois se pénètre bientôt de substances organi(pies, devient le siège de fermentations mésodorantes, aussi désagréables (pie nuisibles et répugnantes pour ceux qui doivent se fournir d'aliments dans ces cuisines.
C'est avec beaucoup de raison qu'une circulaire du 18 mai 1855 a interdit dans les cuisines l'usage de buffets ou d'armoires, qui deviendraient bientôt un réceptacle d'immondices. Ces armoires sont avantageusement remplacées par les cabinets ou magasins de provisions.
II. Magasins de vivres. — Ces magasins sont généralement situés aux environs des cuisines; ils doivent être dilîérenls suivant qu'ils sont destinés à renfermer la viande ou les autres produits alimentaires. Pour les magasins à viande, on cboisira (|uelque lieu particulièrement frais, exposé au Jiord, mais cependant très- sec afin de retarder s'il se peut la décomposition spontanée de la viande pendant les clialeurs. La ventilaiion y sera abondante, ou du moins l'air pourra y pénétrer à travers de larges fenêtres pourvues, non de vitres, mais de jalousies à valves espacées. Le sol, imperméabilisé, comme celui des cuisines, sera légèrement incliné et toujours maintenu dans un rigoureux état de propreté. Les viandes se conservent mieux sus|)endues que posées sur des planclies, aussi devra-t-on les accrocher connue elles le sont d'ordinaire chez les bouchers. Ce magasin ne comporte d aulres meubles que la table de distribution et le billot, au sujet desquels on prendra les mêmes précautions que pour les tables des cuisines.
Lorsque les magasins à viande ne sont point tenus très-proprement, ils ne tardent point à exhaler, surtout en été, une odeur putride qui rappelle celle des amphithéâtres de dissection et devient bientôt un objet de dégoût pour tout le monde.
Les magasins à pain, aux légumes secs, au sucre, café, etc., ne demandent que de la sécheresse; les légumes verts, les pommes de terre, etc., doivent au contraire être maintenus autant que possible à la cave, mais également sur du sable bien sec. Le vin et les eaux-de-vie ne doivent être maintenus qu'à la cave et dans des conditions assez variables suivant leur provenance, suivant la nature des terrains sous-jaccnts, et enfin suivant le climat. On devra donc se conformer aux habitudes locales.
Dan^ notre organisation actuelle, lescorpsdelroiq)esne conservent point
leurs vivres pendant de longues périodes, niais il |)eut n'en être point toujours ainsi, en particulier si l'on adoptait le système de décentralisation a|)pliqiié au ménage des troupes, ainsi que le conseille le colonel Terwangne dans un mémoire (|ue nous aurons encore à citer plus tard (1),
m. lié l'ectoires et cuisines. — Dans nos casernes actuelles, les hommes, avons-nous dit, n'ont point de salles spéciales pour y prendre leur repas, si ce n'est dans quelques corps d'élite comme ceux des gardes de Paris ou des |)ompiers. Nous espérons qu'il n'en sera pas toujours ainsi; mais aciuellemeiit déjà, on peut regarder comme des réfecloires les salles des cantines où les sous-ofïicicrs sont admis à prendre leur repas, où les hommes de troupe peuvent aussi venir acheter et consommer sur place quelques boissons ou iiuelques aliments préparés par la canlinière.
L'instruction complémentaire du règlement du 30 juin 1856 indique 12 à 15 mètres carrés comme convenant pour la pension des adjudants, ainsi (|ue pour celle des sergents-majors, et ùO à 50 mètres carrés pour celle de tous les sous-officiers d'un bataillon. Ces hxalions, qui ne tiennent point comj)te de la hauteur, paraissent insulïisan tes, car ces locaux, en général, bas de plafond, ne sont nullement ventilés et souvent fort mal tenus. L'atmosphère ambiante, constamment souillée parles vapeurs issues de la cuisine, les émanations des viandes, celle des boissons, la fumée de tabac doit être considérée connue fort insalubre. Les hygiénistes ont maintes fois signalé les dangers du séjour prolongé dans les cafés, brasseries, cabarets ou autres locaux, où un grand nond)re de personnes se rassemblent pour manger, boire et fumer, où l'air se vicie par des éiiianalions de toutes^ sortes et par l'élévation de la température. Dans l'espèce, les sous-officiers et les soldats ne font point dans les cantines un bien long séjour, mais ces locaux n'en doivent pas moins être sulfisamnient vastes et bien ventilés pour que l'air y ait au moins un degré de pureté relatif.
Dès que les hommes ont quitté les réfectoires ou salles de pension, il faut immédiatement ouvrir largement les fenêtres et les maintenir dans celte situation pendant tout le temps qui s'écoule entre les repas.
§ III. — Distribution «les caax, fontaines, l>ains, lavoirs.
L Quantité et provenance des eaux. — L'instruction complémentaire du règlement de 1856 fixe à 6 litres par jour la quantité d'eau potable
(1) Terwangne, colonel des grenadiers belges. Des chaudières à foyer inté rieur et (le la décentralisalion appliquée au ménage des troupes. Bruxelles-Paris, 1872.
DISTRIBUTION DES JiALX. ')7i)
<iuc doivent fournir les puils on fontaiîies des casernes. Ces fixations ne paraissent pas sufïisanles; d'après Darc\ , il faudrait, dans une cilé bien ordonnée, environ 150 litres d'eau par jour et par individu, en y couiprenanl, il est vrai, l'eau nécessaire pour toutes les destinations de l'économie doinestifiue, les bains, les lavoirs, l'arrosage, etc., cette proportion est un peu considérable si on l'applicpie aux casernes, car une bonne partie des services exigeant l'eau, l'arrosage des rues en particulier, doivent ressortir, non point du casernement, mais de la voirie de la ville. Néanmoins, on peut alïirmer que plus on augmentera dans les casernes la quantité d'eau mise journellement à la disposition des soldats, et i)lus on agira dans le sens de la salubrité; nous avons déjà indiipié les avantages d'un courant continu dans les ruisseaux (jui longent les bâlimenls, tout au moins d'un courant intermittent. En fixant à 60 litres la moyenne d'eau à distribuer pnr lionnne, on restera dans les limites d'une juste appréciation, mais on dépassera cependant de beaucoup les fixations régiemenl;iires.
l);ins l'état actuel des cboses, pour les bâtiments éloignés à plus de f)OU mètres de toute eau potable, le service du génie fournit aux troupes des tonneaux à eau, munis de robinets et formés par des couvercles. Ces tonneaux sont transportés sur des voitures au moyen desquelles les corps doivent eux-mêmes cliercber l'eau nécessaire pour leur service.
En général, lorsque la ville possède un service d'eau bien aménagé, il est préférable de prendre un abonnement avec la com|)agnie fermière, car on a cliance d'avoir une eau de bonne qualité; s'il n'existe pas de service spécial, et c'est ce qui malbeureusement arrive trop souvent dans nos \illes, la caserne doit se fournir elle-même, en recliercliant l'eau des nappes souterraines, ou en faisant une prise sur les cours d'eaux ou sur les sources qui ponrraientse trouver au voisinage. Ces dernières fournissent sansconteste les meilleures eaux, quoiqnequeUjues-unescontiennentdes substances minérales en dissolution ; il sera donc prudent de les sounicltre à l'analyse cliimique avant de les accepter. Les eaux de rivière viennent en second lieu dans l'écbelle qualitative, quoique souvent elles renferment également des principes minéraux et plus encore des substances organi(pies en suspension ; enfin les eaux de puits sont rarement utilisables, car prescjue toujours on y trouve une forte proportion de sulfates ou de pliosphates calcaires, ainsi que les produits des infiltrations des résidus de récoiiomie domestique, écuries, cuisines, latrines, etc.; enfin, les eaux de citerne,
d'origine météorique, même les plus pures, ne le sont cependant janiais d'une façon absolue, car elles s'allèrent un peu dans les citernes elles-mêmes.
^'ous renvoyons donc au chapitre de cet ouvrage où nous traiterons de l'eau comme boisson, pour toutes les questions relatives au choix et à la liltration des eaux à employer pour les usages domestiques dans les casernes.
Si là caserne reçoit les eaux de ville, et que l'accès en soit constant, il n'y a lieu de se préoccuper que des conduites de distribution; si elle prend ses eaux dans les cours d'eaux ou puits, il convient au contraire d'établir des réservoirs afin d'assurer une large distribution dans tous les points de l'édifice; ces réservoirs devront se trouver dans les parties supérieures, l'eau y étant amenée par un système de pompes mues à bras, oe mieux à la vapeur, à moins que l'on ne puisse employer des chevaux; dans les régiments de cavalerie en particulier, il y a toujours quelques chevaux momenlanémentexempisde services pourdes blessures très-légères, qui permeHraient cependant d'employer ces animaux pour tourner pendant quelques heures dans un manège. Il y a là une question économique que les circonstances feront trancher dans un sens ou dans l'autre; cependant il semble que les machines à vapeur ou les machines Lenoir pourraient être avantageusement utilisées, et cela sans grand frais.
Ces réservoirs ne sauraient être qu'en tôle lorsqu'ils doivent être placés à nne certaine hauteur; ceux en plomb sont d'un usage dangereux, ceux en zinc déterminent sur l'eau la formation d'une pellicule blanchâtre, ceux en bois s'altèrent trop rapidement.
Pour les conduites d'eau, la fonte est préférable à toutes autres substances, tout au plus communique-t-elle à l'eau un faible goût ferrugineux, dû à la présence d'une certaine proportion de sels ou d'oxyde métallique; il convient de garnir l'intérieur des tuyaux d'un ciment ou d'un enduit bitumineux, afin d'empêcher l'action de l'eau sur le fer cl l'usure trop rapide de ce dernier. Les conduites de plomb doivent, en principe, être évitées, quoique leur nocuité ait été singulièrement contestée, au moins pour les eaux de la ville de Paris; on a dénié à l'eau de celte ville la faculté d'attaquer le plomb; comme à toutes celles qui contiennent du carbonate de chaux, de fait les accidents saturnins ne semblent pas plus communs à Paris qu'ailleurs, et cependant on y fait largement usage des conduites de plomb. Ce métal n'est employé du reste que pour les extrémités des tuyaux, pour les parties voisines des robinets, et l'on pourra toujours, en
SALLliS ni: HAINS. 381
laissant écouler quelques litres, arriver à des porlioiîs de liquide qui n'auront point subi l'action du plomb.
Il serait fort important (jue des conduites d'eau fussent amenées dans toutes les parties de la caserne, en particulier dans les corridors, pour le service des lavabos, pour les besoins de la propreté des cliambres et surtout dans les cabinets d'aisances où l'eau n'est jamais troj) abondante.
n. Ilains. — Kn étudiant les (piestions de l'hygiène corporelle chez le soldat, nous constaterons plus tard la nécessité d'assurer dans les casernes un fonctionnement régulier de bains à l'usage de la troupe. Son absence constiliu? l'un des plus grands desiderata de notre casernement actuel, et bien des fois déjà des médecins ou des ofliciers ont présenté des projets ou exposé leurs vues à ce sujet. Dans quel(|ues régiments^ des essais de ce genre ont été tentés; au 1:5'" bataillon de chasseurs, sur l'initiative du commandant, aujourd'hui général, Davoust, duc d'Auerstœdt, le médecinmajor Kiolacci, utilisant la chaleur émisc^Kirles foyers des cuisines, est arrivé à donner à chaque homme du bataillon un bain tous les quinzeou vingt jours (! '. Chaque baigneur, accroupi dans un bassin circulaire, plongeait dans l'eau jusqu'au-dessous de la ceinture. Tous les bassins étaient placés dans une même pièce cliaufféc l'hiver; chaque individu y restait vingt minutes, après quoi on renouvelait l'eau ; le nombre des bassins étant de six, en deux heures on baignait 36 hounnes. Le prix de revient de chaque bain ne s'élevait pas à plus de 2 centimes pour frais de chauffage.
Ces tentatives font honneur à leurs préconisateurs, mais elles ne sont point encore partout ap|)licables ; ce qu'il faut, c'est la réglementation des bains pour les troupes, la création de salles de bains avec baignoires dans chaque caserne, et l'obligation pour les compagnies d'y envoyer les hommes sous la conduite des sous-ofïiciers, suivant un tour réglé par le commandement. Cette mesure, que nous sommes encore à réclamer pour nos soldats, existe déjà dans plusieurs casernes étrangères. A la caserne du régiment de fusiliers, n" 108 (Prince Georges), à Dresde, on a ménagé dans les sous-sols un vaste local comprenant une chambre de bains à deux baignoires pour olficiers, avec salle pour se déshabiller, une salle de bains pour soldats, à douze baignoires et autant d'installations pour douches ascendantes et descendantes, en sorte que 1k hommes peuvent se nettoyer à la fois; à la caserne du 1*"' régiment de uhians de la garde à Postdam, on
(1) Riolacci, Nouveau stystème de hnin.^ appliqué nu 13* bataillon de chasseurs {][C)n. méd.chir. mdif., 18G8, t. XVIII, p. 103).
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peut donner des douches à huit hommes à la fois, soit à tout un escadron 011 deux heures, cai- on ne reste que peu de minutes sous la douche. Le système des douches a été essayé en France dans le 33'' d'infanterie, sous
direction du docteur Dunal, à Marseille (1); avec un matériel dont le prix de revient ne dépassait pas 200 francs, on parvenait à donner des douches à 350 hommes en quatre heures. En Hollande, pays de la propreté par excellence, nous retrouvons des aménagements analogues; à la caserne de Krampen existe une salle de bains à vingt-huit baignoires, où (:ha(iue homme est conduit une fois la semaine et séjourne dans l'eau pendant une demi-heure; le dimanche est réservé aux sous-olïiciers ; chaque bain revient à 1 centime environ ; la dépense totale varie entre 2500 et 3000 florins (5108 à 6250 fr.) par an (2).
L'armée française ne saurait rester plus longtemps en arrière de semblables progrès; il importe que l'on se hàle d'organiser des salles et des appareils de bains dans les casernes déjà existantes, de prévoir ce service datis la construction des nouvelles.
En élé, avons-nous déjà dit plus haut, la troupe est conduite aux bains froids. Ceci rentre plutôt dans la catégorie des exercices militaires, car la natation y est l'objet d'un enseignement véritable, plus appliqué cependant en théorie que dans la pratique,
III. Lavoirs, buanderies. — Les lavoirs, disposés dans la plupart des casernes, consistent en auges d'un développement calculé à raison de h mètres courants par bataillon d'infanterie, et 10 mètres par régiment de cavalerie. Autant qu'il sera possible, dit l'instruction du 30 juin 1856, art. 23, l'eau devra se reiîouveler aussi souvent que possible, et la margell<! présentera un peu de pente du bord extérieur au bord intérieur, pour faciliter l'écoulement du liquide pendant le lavage des effets.
Cette hxation ne paraît pas suffisante si l'on veut que les soldats puissent toujours trouver une place, surtout si l'on admettait le couchage au moyen de haïuacs, et l'obligation pour les homnies de les maintenir dans un rigoureux état de propreté. Ces procédés de nettoiement des effets sont du reste trop primitifs et sont avanlageusenjent remplacés par le lavage méthodique au moyen d'appareils à vapeur.
Les buanderies militaires, réglementées par une décision du 19 juillet
(1) Dunal, Notice sur les aspersions froides employées dans le 33"^ d'infanterie. (Mém. méd. chir.milit., t. V, 1861, p. 380.)
(2) Preuss. milit.-ârztl. Zeitung. 1862, n"* 7, p. 84.
CORPS DE GAHDE. 383
■185^1, doivciU èire organisées dans les casernes, les liopllaiivel losélablissemenls de lits militaires. En temps que bàlinienls, ils se composent de lavoirs, de séchoirs à l'air libre et suivant le cas de séchoirs d'hiver ou à air chaud, etc. .. Celte question sera reprise avec plus de détails en traitant du vêtement des soldats.
§ IV. — Corps de garde.
Par suite de leurs services, les militaires sont obligés de séjourner accidentellement dans des locaux spéciaux, noqimés corps de garde, destinés à abriter, pendant les heures de repos, les hommes préposés à la garde d'un point stratégique, ou en temps de paix , d'un édifice public, d'une prison, etc. Nous reviendrons plus loin sur le service de garde à propos du service général, disons de suite que les corps de garde doivent être établis dans les conditions hygiéniques identiques avec celles des chambres des casernes. Le règlement de 1856 (art. 22 de l'instruction complémentaire) règle leurs ditnensions à 12 mètres cubes par fantassin, \U par cavalier. Nous ferons à l'égard de cette fixation les mêmes observations qu'à l'égard du cubage des chambres. Les corps de garde ne sont pas des locaux de passage; si les mêmes hommes n'y séjournent pas toujours, il n'y a jamais vacuiié de l'édifice, puisque la garde descendante est toujours remplacée |)ar une garde montante. C'est dire que l'air devra y être facilement renouvelé, et qu'on ne saurait trop veiller à ce que la ventilation puisse y être constante, et non pas seulement intermittente par l'ouverture des fenêtres et des portes. L'ameublement des corps de garde est des plus simples ; un lit de camp pour les hommes, un râtelier d'armes, une planche pour les sacs, une planche à pain en font tous jes frais. En outre, il existe une table, généralement des bancs; ces deux objets sont indispensables, car dans l'intervalle des factions il est bon que les hommes puissent manger proprement, lire et (pielquefois même y entendre quelques théories, afin que ces vingt-quatre heures ne soient pas absolument perdues.
Au corps de garde, même en temi)s de paix, à |>lus forte raison en campagne, les soldats n'ont d'autre objet de coucliage que la demi-couverlnre ; à condition que leservice ne se répète pas trop souvent, ceci est bon et contribue à endurcir l'homme en lui apprenant à se passer de confortable. Les corps de garde sont chaulTés en hiver au moyen de poêles, et les hoimnes ont une tendance à pousser le feu outre mesure, ce qui ne laisse pas que d'avoir de grands inconvénients, en les faisant passer subitement par de
obU HABITATIONS DU SOLDAT.
brusques et forles variations de température, la nuit surtout, lorsque leur lour arrive d'aller en faction. II est du devoir du chef de poste de veiller à ce service, et de bien |)ersuader à ses hommes qu'il n'est pas nécessaire de brûler toute la quanlilé de cond)ustibie allouée jiour les vingt-qualrc heures. Lorsque, ainsi que cela arrive généralement, le poêle est en fonte, on aura soin d'y superposer un bassin toujours rempli d'eau, afin de prévenir le dessèchement de l'air et les accidents qui peuvent en être la consé- (|uence. Dans une circulaire en date du '29 septembre 1871, le minisire de la guerre a rappelé aux généraux et aux commandants de troupe le devoir de surveiller particulièrement les corps de garde et d'y faire mettre en pratique plusieurs des principes sus-indiqués.
Les allocations de chaulîage dans les corps de garde, déterminées par le règlement de 1866, sont vatiables : 1" suivant la région; 2" suivant que le poste doit être occupé durant les 2'i heures ou seulement pendant le jour ou pendant la nuit; o" suivant ses dimensions. Dans la région chaude (voyez p. 306), le chauffage comprend : un premier mois de petit hiver (novembre), une première quinzaine de moyen hiver (1*' au 15 décembre , deux mois de plein hiver (du 16 décembre au 15 février), une quinzaine de moyen hiver (du 16 février au 1" mars), un mois de petit hiver mars).
Dans la région tempérée, le chaulTage comprend : un mois de petit hiver (du 16 octobre au 15 novembre), un mois de (noyen hiver (du 16 novembre au 15 décembre), deux mois de plein hiver (du 16 décembre au 25 février), un mois de moyen hiver (du 16 février au 15 mars), un mois de petit hiver (du 16 mars au 15 avril).
Dans la région froide, le chaulîage comprend : un mois de petit hiver (octobre), un mois de moyen hiver (novembre), trois mois de plein hiver (décembie, janvier, février), un mois de moyen hiver (mars), un mois de petit hiver (avril).
En Corse et en Algérie, le chauffage des corps de garde ne commence qu'au 16 novembre et dure jusqu'au 15 mars.
Le taux des allocations fixées par le règlement est plus que suffisant, et si des circonstances exceptionnelles l'exigent, le commandement a toujours le droit d'en réclmer de supplémentaire;. Nous renvoyons au règlement lui-même du 26 mai 1866 pour la fixation du tarif des rations (1).
( 1 ) lièglcment provisoire sur le service des suhsistances militaires et chi chavfforj" (Annexe-Tarif n° 4 § 1.) — .... Paris, Dumaine, 18G7.
INFIRMERIl-S UÉGIMENTAIRI-S. 385
Lï'clairagc se fait au moyen de chandelles, lampes à huile ou à pétrole, ou becs de gaz, suivant les localités.
Eu campagne ou au camp, le corps de garde est placé dans toutes sortes de bâtiments, (pielquefois même il n'existe que virtuellement, les hommes étant obligés de bivouaquer. Les règles générales, présidant à l'hygiène du campement, devront être observées, en tant qu'elles sont com|);itibIes avec la nécessité du moment.
§ V. — Infirmeries régimentaires.
Lorsque, dans la partie de cet ouvrage où seront étudiées les conditions hygiéniques ai)plicables au soldat malade, nous aurons à parler des soins qui lui sont dévolus dans l'intérieur même des casernes, la question des inlirmcries régimentaires donnera naturellement lieu à certains dévelop- |)ements; néanmoins, pour rester fidèle à l'ordre suivi jusqu'à présent, il convient d'indiquer en peu de mots quels sont, dans les casernes, les locaux aiïectés à ce service.
D'après l'article 2'; du règlement du 30 juin 1856, et son instruction complémentaire, les infirmeries régimentaires doivent comprendre : V une salle de visite servant à la fois de pharmacie, de tisanncrie et de dépôt du linge, mesurant mètres cubes; 2" une pièce pour le caporal ou le sousofiicier d'infirmerie; 3° un cabinet de bain avec deux baignoires mesurant U) mètres cubes; U° une salle de blessés et de vénériens; 5" une salle de galeux; 6° une salle de convalescents. Les salles destinées aux blessés et vénériens doivent être calculées à raison de U mèlrcs carrés et 12 mètres cubes par 100 hommes d'effectif du corps dans l'infanterie, par 60 dans la cavalerie; les salles de galeux ont les mC'mes proportions, à raison de 101) hommes dans l'infanterie et 200 dans la cavalerie, les salles de convalescents à raison de 100 hommes dans les deux armes.
Le calcul est établi, on le voit, sur les mêmes bases que pour les clnmbrcs de troupe, on suppose une hauteur sous plafond de 3 mètres. Tout en faisant les mêmes réserves que pour les chand)res de troupe, relativemeni à la modicité de ce cubage, il convient de faire remarquer que les infiimeries régimentaires ne sont destinées qu'à recevoir des hommes simpleluenl indisposés, et non malades, ne doivent servir qu'au traitement d'affections excessivement bénignes, à des honuTies dont l'état ne réclame que du repos et un traitement médical fort élémentaire; dès lors, il a paru sufli- MORACHE. — Hyg. milit. 25
saut de les |)lacer dans les mêmes conditions que les chambres de troupe.
Telle est l'idée (jui a présidé à l'organisalion de ces infirmeries, réglementées pàr la circulaire du 28 janvier 1839, relative à l'assiette de leur locaux, par celle du 30 octobre 1839, indiquant la nature des maladies qui peuvent y être traitées, par celles des 19 août 18.'V3, 9 mars Î860, 12 août 1865 et 31 octobre 1866, ayant trait à l'approvisionnement de ces infirmeries, en matériel et en médicaments.
La (jueslion des infirmeries régimentaires est assez complexe, et, malgré la nomenclature du 3U octobre 1839, ouest loin d'être d'accord sur les maladies qu'il convient d'y traiter. Quelques médecins appli(iuenl le règlement dans toute sa rigueur et conservent peu de monde ;i l'infirmerie ; d'autres, au contraire, ont une tendance très-marquée à les transformer en véritables hôpitaux de régiment. Les uns et les autres croient agir dans l'inlérèt des hommes autant que dans celui de la discipline; d'autre part, ils sont naiurellement amenés à modifier leurs idées d'après les locaux mêmes qu'ils ont à leur disposition. Dans beaucoup de casernes, malheureusement, les infirmeries sont quelquefois fort mal placées, soit dans un rez-de-chaussée plus ou moins humide, soit au second élage, souvent au voisinage des écuries ou même de la fosse à fumier. Cette situation déplorable, évidemment commandée par les défecluosiiés de casernements anciens et mal compris, doit fatalement engager le médecin à ne point conserver dans son infirmerie d'hommes réellement malades. Au contraire, si comme dans quelques autres casernes, l'infirmerie esl heureusement placée, si l'aération est bonne, si les chambres sont réparties dans deux étages, les bains au rez-de-chaussée, les salles au premier, on conçoit que le médecin soit incité à y conserver ses hommes, lorsque leur état n'offre point du reste une indication absolue d'envoi à l'hôpital, surtout lorsqu'il s'agit d'un hôpital civil assez médiocre à tous les points de vue, comme il n'en existe que trop.
En demeurant dans le principe des règlements actuels, les infirmeries régimentaires peuvent suffire à leur service, à condition de comprendre tous les locaux sus-indiqués, mais sensiblement plus vastes et pourvus d'un système de ventilation par des cheminées Douglas-Galton ou autres analogues, par des cheminées venlilatrices munies de becs de gaz. Il va de soi que le médecin, absolument maître de la situation, tiendra à honneur de maintenir dans son infirmerie la propreté la plus absolue, et d'en faire un modèle pour les autres logements de la caserne.