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LOCAUX DESTINÉS A L'INSTRUCTION

Le cliaulTagc des inCirinefies régiiuenlaires est fourni : 1° sur les trois râlions allouées collectivement d'après le tarif n" 2 du règlement du 2(i juin pour l'infirmerie, le petit état-major et les ateliers; 2" sur l'al-

location de la salie des convalesccnls, fixée par le même tarif à une allocation de corps de garde de deuxième classe, chauffé le jour seulement (voyez plus haut le montant de ces allocations) ; mais comme les rations de chauffage sont distribuées collectivement à tout le corps de troupe, et que le chef de corps reste maître de répartir ces rations comme il le juge plus convenable, le service de l'infirmerie peut toujours être assuré. Du reste, dans le cas où l'on admettrait dans les infiruieries le principe d'uu ordinaire spécial, le conseil d'administration du corps serait toujours admis à deniandcr un suppléuïent de chauff;ige à ce titre, en se basant sur ce que la circulaire ministérielle du 28 janvier 1859 dispose qu'un supplément de râlions de chauffage pourra être accordé aux corps, dans lesquels l'infir, merie aura reçu toute l'extension prescrite par ladite circulaire.

§ VI. — LiOcaux destinés à rinstruction.

D'après le règletttent du 30 Juin 1856 (art. oh), les écoles régimentaires doivent être disposées de façon à contenir 150 élèves pour un régiment d'infanterie à trois bataillons, 130 pour deux bataillons, 80 pour un bataillon formant corps ou pour un régiment de cavalerie, 70 pour une section d'ouvriers d'administration. Ces fixations sont notablement dépassées dans les régiments d'artillerie et du génie. D'un autre côté, Vinstructioa du même jour (art. 17) admet (|ue la superficie de ces locaux peut être calculée à raison de 0""i,80 par élève pour le premier degré, de l""i,60 pour les élèves du second degré, la salle du premier degré devant pouvoir contenir les deux tiers du nombre total des élèves; on serait donc conduit de la sorte, dans un régiment à trois bataillons, à avoir deux salles, l'une pour 100 élèves du premier degré, mesurant 80 mètres carrés, l'autre pour 50 élèves du second degré, mesurant également 80 mètres carrés; la hauteur sous plafonds n'est pas indiquée, on doit la supposer de 3 mètres environ comme dans les chambres de troune.

Sans aucun doute, il n'y a point lieu de vouloir appliquer aux écoles régimentaires une hygiène aussi sévère que celle que réclament les écoles destinées à des enfants ; les soldats n'y passent qu'un petit nond)re d'heures chaque jour, tandis que les enfants y séjournent pendant huit à

neuf heures quelquefois, enlin ces derniers, étant en pleine période de dévclo|)pcment, ont besoin d'un régime hygiénique particulièremeni sévère; néanmoins, on ne saurait apporter trop de soins à disposer lieureusement les écoles régimenlaires ; plus tard nous en montrcroiss les immenses avantages intellectuels et moraux, pour le moment nous n'avons à nous occuper que de leur installation matérielle.

Avec l'extension de plus en plus grande que prennent dans l'armée l'instruction teclinique et l'instruction générale, avec l'introduction de nouveaux éléments, les engagés conditionnels, pour lesquels elle doit être une véritable école professionnelle, il faut de toute nécessité donner aussi plus de développement aux locaux destinés aux besoins de l'intelligence dont chacun comprend aujourd'hui rimportancc capitale.

Les besoins de l'instruction et du développement intellectuel du soldat nécessitent : 1*^ des salles d'écoles, en nombre sulïisant pour les différentes catégories que Ton peut former; 2° des salles de travail où les hommes doivent trouver le calme et l'isolement relatif nécessaires à l'étude; '.V une bibliothèque attenante aux salles de travail, bibliothèque qui, tout en se partageant en plusieurs sections, peut servir à la fois pour les soldats, les sous-officiers et les ofFiciers. Ces derniers, néanmoins, pouvant emporter à domicile les livres plus spécialement destinés à leur usage, n'ont pas besoin, à la casei'ue, de locaux spéciaux de travail; ils les trouveront du reste dans les cercles-bibliothèques qui sont en voie de s'organiser dans les garnisons, et recevront, il faut espérer, un développement de plus en plus marqué.

Il est, on le conçoit, fort difficile de fixer exactement le nombre des locaux de travail et l'étendue que l'on doit leur assigner. En tout état de cause, il est indispensable d'assurer les conditions suivantes : 1" espace cubique et ventilation largement conçus ; on ne travaille bien que dans une atmosphère pure et point trop échauffée, sinon la tête se congestionne peu à peu, la respiration s'embarrasse et une véritable torpeur s'emparatU bientôt de l'individu, il ne tarde pas à succomber au sommeil ; 2" chauffage sulFisaiit, mais modéré, surtout le soir lorsque les- foyers d'éclairage sont en activité; 3" éclairage abondant au moyen de becs de gaz ou de lampes à pétrole, munis dans tous les cas de larges abat-jour ; disposition des appareils à éclairage au-dessus des tables de travail ; li" matériel de tables et de bancs, construit sans luxe, mais d'une façon commode et proportionnelle à la taille moyenne des hommes.

MAGASINS ET ATKT.IEHS. — FORGES. 389

En un mot, loutdoit être conçu et aménagé de telle façon que le soldat se trouve à son aise dans les salles de travail, qu'il y vienne avec plaisir connue dans un lieu où il se sent l'ohjet d'inie sollicitude niuelte, mais constante, où il sent son intelligence s'ouvrir et se développer, où son individualité, si souvent comprimée par la vie commune, peut librement s'épancher. Ce nesont point là des idées tliéori(iues; ces résultats, on peut les obtenir des natures les plus rebelles, les plus arriérées, il ne faut (jue vouloir, mais vouloir avec l'idée bien arrêtée de ne rien négliger pour atteindre le but. Dans les locaux destinés à l'instruction, on peut ranger la salle de danse, la salle d'escrime et la salle de mu.^ique, eulin les tirs couverts ; nous n'avons jioint de règles spéciales à fornmier à leur endroii.

Nous reviendrons sur ces questions dans une autre partie de cet ouvrage ; elle ne devait nous occuper qu'au point de vue des locaux à affecter à l'instruction.

§ VII. — lla$;a$»ins et ateliers. — Forges.

Les magasins désignés dans le règlement du ^0 juin comprennent dans l'infanterie et la cavalerie : 1" le magasin d'armement; 2° le magasin d'habillement, contenant les effets d'habillement, ceux de grand et de petit équipement; 3" le magasin des vieux elîeîs; h° le magasin des effets des hommes absents; 5" le dépôt des caisses à emballage ; 6° le magasin des cuirs attenant aux ateliers du maître cordonnier; en plus, dans la cavalerie : 7" le magasin aux cuirs attenant aux ateliers de sellerie; 8"* le magasin de harnachement comprenant une ou plusieurs pièces; 9" enfm les magasins à fourrages, au nombre de un par escadron, si les locaux le permettent.

Ces différer.ts magasins ne ressortissent qu'indirectement de l'hygiène ; elle ne doit intervenir dans leur aménagement ([ue pour réclamer une assez large distribution de la lumière dans ceux où l'on doit fréquemment opérer, et une ventilation assez abondante dans les magasins aux cuirs et harnachements, où l'atmosphère ne tarde pas à s'im])régner des odeurs l)rovenant de ces matières animales ; cette odeur n'a rien de dangereux du reste, lorsque le cuir est neuf, et par conséquent non encore envahi |)ar la fermentation que subissent les vieux cuirs. Ces magasins doivent tous être parfaitement secs, et is ce titre la ventilation leur est encore indispensable. Les magasins à fourrage exigent également un ensemble de précautions nécessaires à prévenir l'incendie ; comme souvent on les place

(lireclemcnt sous les toits, leur sécheresse, qui importe beaucoup à la boiiue conservation du fourrage, et par suite à la santé des animaux, est toujours assurée.

Les ateliers régimentaires sont constitués par : 1° les ateliers des armuriers, comprenant une pièce pour l'atelier, une pièce pour la forge ; '2° les ateliers des tailleurs, comprenant une pièce pour les ouvriers, une salle de coupe et un palier ou petit cabinet pour le fourneau aux fers; 3° les ateliers des cordonniers, comprenant la pièce pour les ouvriers, la salle de coupe pour le maître cordonnier (ou bottier dans la cavalerie) et le magasin aux cuirs désigné plus haut; /i» les ateliers de selliers, comprenant la pièce pour les ouvriers, la salle de coupe du maître sellier et le magasin aux cuirs désigné plus haut.

Les professions qui s'exercant dans ces ateliers ne sont point, par ellesmêmes, insalubres, mais elles exigent, toutes, la permanence et l'imumbilité relative des ouvriers pendant huit ou dix heures de la journée, pour les armuriers dans la station debout, pour les autres professions dans la station assise. Comme tous les locaux où un grand nombre (radultes se trouvent réunis, les ateliers doivent donc être suffisamment vastes pour assurer aux ouvriers un cubage atmosphérique suffisant, et, plus encore que les chambres, ils doivent être pourvus d'un système effectif de ventilation. L'air ambiant y est en effet bientôt chargé non-seulement des émanations provenant des hommes eux-mêmes, mais des matières industrielles, des débris de cuir ancien, en fermentation, des déchets et des détritus de toute nature qu'entraîne la fabrication ou la léparation des différents objets. L'instruction complémentaire du décret du 30 juin 1856 alloue 30 à 3'2 mètres carrés pour l'atelier et la forge des armuriers ; 50 à 60 mètres carrés pour l'atelier des tailleurs dans un régiment d'infanterie, et 30 mètres carrés dans un régiment de cavalerie, plus 20 mètres carrés pour la salle de coupe; Zi5 à 50 mètres carrés pour l'atelier des cordonniers dans un régiment d'infanterie, 30 mètres carrés pour la cavalerie, plus 20 mètres carrés pour la salle de coupe; enfin UO mètres carrés pour l'atelier du sellier, et 20 mètres carrés pour la salle de coupe.

Si l'on veut bien remarquer que dans quelques-uns de ces ateliers le nombre des ouvriers s'élève parfois à dix ou quinze et même plus, en supposant même une hauteur sous plafonds de 3 mètres, on acquerra la conviction que ces fixations sont parcimonieuses. Dans un atelier de cordonnier, par exemple, dans la cavalerie, le cubage ne serait que de

MAGASINS ET ATELIERS. — FORGES. .'iOl

90 mèlios cubes ou (i mèlros cubes par ouvrier, en supposant IT) lionunes lr;naillanl à la fois. Si l'on en défalque le volume occupé par les tables, le matériel et les objets de toute nature indispensables, ce cubage se réduira encore très-sensiblement. Les ouvriers, condamnés à l'immobilité, ont une tendance assez nati rclleà fermer avec soin toutes les issues, à activer éner- '^^iquement le feu en bivei-. aussi lorsqu'on pénètre dans ces ateliers se trouve-t-on presque suHbqué par l'atmosphère viciée que l'on y respire.

Les ouvriers militaires ressentent vivement l'inlluence de ces conditions dj'élères; leur pâleur, leur étal d'anémie habituelle, traduisent les résultats de cette inobservation de l'hygiène; sans doute d'autres causes y concourent encore; mis en possession d'une solde plus élevée que celle des autres soldats, peut-Olre sont-ils naturellement portés à la dépenser mal à propos, à conimollre quelques excès, mais l'influence de leur séjour prolongé dans une atmosphère confinée n'en persiste pas moins, elle est indéniable pour tous ceux qui les observent.

On répondra peut-être à ces critiques que les ouvriers des professions civiles ne sont pas dans des conditions meilleures, au contraire; cela peut être vrai dans beaucoup de cas, mais cette excuse n'en est pas une. Nous devons aux ouvriers militaires une hygiène absolument bomie; les ateliers militaires devraient être des modèles du genre, coinme tout ce qui ressort du service militaire; nous avons à plusiciu's reprises insisté sur ce principe.

Il convient donc, dans les casernes de construction nouvelle, et s'il se peut dans les anciennes, de donner aux ateliers des dimensions scnsibiemeut plus vastes, de se préoccuper du ctibage plus que de l'espace superficiel alloué par individu, et d'adapter à ces locaux un système de ventilation naturel par de larges fenêtres maintenues ouvertes s'il se peut, ou en créant ini a|)pel au nioyen des appareils de chauiïage et d'éclairage.

J.'éclairage doit être également des plus abondants, soit (pie le travail n'ait lieu qu'en plein jom-, sous rinilucnce de la lumière solaire, soit (pi'il se prolonge dans la soirée et nécessite reni|)Ioi des becs de gaz ou de lampes. Cet éclairage doit, autant que possible, venir d en haut, a(in que les pièces, sur lesquelles l'ouvrier travaille, soient vivement éclairées sans l)roducti()n d'ombres, comme dans le cas où l'éclairage est par trop latéral.

Enfin, il est nécessaire d'exiger des maîires ouvriers une surveillance très-attentive de leurs ateliers, en particulier des soins de propreté; le

."502 IlAJilTATiONS DU SOLDAT.

balayage du sol sera renouvelé à chaque iiUerruptioii du travail. On profitera des niomenls de repas pour ouvrir largement les fenêtres, même en hiver, sauf à faire un peu plus de feu avant la rentrée des ouvriers. Les allocations de cliaulTage sont suffîsanles pour le permettre.

Les médecins de régiment feront bien d'apporter une attention spéciale à cette partie de l'hygiène du casernement, à notre avis l'une des plus défeclueuses dans l'élat de choses actuel.

La forge du maître armurier, les fourneaux à fers du maître tailleur sont avec raison relégués dans une pièce spéciale ; 'elle doit être puissamment ventilée, car on sait combien les fourneaux pour tailleurs, souvent chauffés au charbon de bois, dégagent d'oxyde de carbone et d'acide carbonique. INous ne serions pas éloigné de croire qu'une certaine proportion de cet oxyde de carbone provient également de la décomposition de la fonte qui entre comme partie essentielle dans certains systèmes de fers des tailleurs; d'autres sont entièrement en fer forgé; ceux-là sont les meilleurs.

L'atelier des maréchaux-ferranls, complètement séparé des autres, est généralement placé avec raison dans un bâtiment spécial, attenant à l'infirmerie des chevaux; il comprend une salle de forge et un hangar couvert. Par elle-même la piofession de maréclial-ferrant n'est point particulièrement insalubre; elle exige un grand déploiement de force et une vigueur peu commune, mais elle n'est pas aussi pénible que celle des forgerons proprement dits, chez lesquels le maniement des grandes pièces métalliques portées au rouge vif, détermine souvent des troubles de l'appareil visuel. Le maréchal-ferranl ne manie que des barres ou des pièces de fer relativement peu vohnnincuses, le foyer de la forge n'a donc pas besoin d'être irèsétendu. Néanmoins ces ouvriers sont exposés aux transitions brusques de température, à l'action des gaz dégagés par la houille, à des brûlures et des contusions, à des coups de pied de cheval; i)arfoisdes parcelles de charbon ou de fer violemment projetées peuvent blesser la mucjueuse conjonctivale et déterminer des accidents assez sérieux ; nous avons vu un de ces éclats pénétrer sous la langue et donner lieu à une très-grave hémorrhagie.

Au point de vue de la disposition des locaux, nous n'avons à réclamer qu'un espace cubique suffisant et la disposition de larges cheminées d'évacuation au-dessus des foyers. Les dimensions réglementaires des foyers sont fixées ainsi qu'il suit par Y instruction du 30 juin 1856-: 1° pour un feu et un escadron, 25 mètres carrés de surface et S^.SU de hauteur; 2°pour

ÉCURIES 1:T manèges, ÉCURIES-lNFlllMEniES, ADREUVOIKS.

un feu et deux escadrons, oO niôlres carrés de surface el 3"', 50 de hauteur; ,')" pour deux feux et pour trois ou quatre escadroiis, 35 à 'lO mètres et mètres de hauteur; k° pour trois feux, 50 mètres carrés et U mètres de hauteur. Les soulllets doivent être placés à 2'", 50 au-dessus du sol, ou mieux à l'étage supérieur, afm de ne point gC»ner les mouvements. Les nécessités du travail exigeant l'ouverture presque permanente des portes, la ventilation en est singulièrement activée.

Dans les ateliers ou magasins, on peut faire rentrer le magasin pour les munitions régimenlaires compremmt (art. U ila Vins truci ton) deux compartiments, l'un dans le fond pour les munitions embarillées, l'autre à l'entrée pour les munitions ([ui sont confectionnées dans les corps. L'hygiène n'a rien à voir dans ces locaux, qu'il faut néanmoins isoler suffisamment |H)ur qu'une explosion possible n'entraîne pas de danger pour les autres bâtiments et leurs habitants. Il en est de même du hangar ou local particulier pour la confection des cartouches.

§ % III. — Kcuries et manèges, écurics-îiinrmcries, ahrciivoir.s.

L'installation des écurits dans les quartiers de cavalerie a fait l'objet de nombreuses circulaires, comme du reste tout ce qui a trait à l'hygiène hippique; nous citerons en particulier la circulaire dulZ septembre liSiiO,, relative à la construction des écuries, celle du janvier 18Zi2, sur la construction des quartiers de cavalerie, celle du 5 avril 1867, relative à l'aération permanente des écuries, enfin les articles Zt3 du règlement, et -'i fie rinstri'ction du 30 juin 1856.

Ue prime abord, ces questions semblent intéresser bien plus l'hygiène hippi(jue que I hygiène du soldat, mais en fait, l'existence du cavalier étant intimement liée à celle de son cheval, et la présence même des écuries dans une caserne pouvant devenir une puissante cause de méphitisme, il importe que l'hygiéniste intervienne d'une façon très-aclive dans toutes les (pjesiions alTérentes à la construction et au bon entretien de ces écuries.

Tout d'a'oord se présente la question de savoir si les écuries peuvent être disposées dans les bâtiments destinés au logement des hommes. La circulaire du 6 janvier 18^,2 le voulait ainsi, et prescrivait de disposer les bâtiments du quartier en un certain nond)re de groupes renfermant chacun une fraction de corps, complète en hommes et en chevaux, ces derniers occupant naturellement le rez-de-chaussée. Au point de

39i HABITATIONS DU SOLDAT.

vue militaire, ce système a l'avantage de faciliter le service et de diminuer le va-et-vient permanent, de placer le cavalier à portée de sa monture, d'éviter de la sorte des refroidissements ; i'hygiènc bien entendue ne saurait approuver une pareille disposition que la présence de galeries couvertes, reliant les bâtiments aux écuries remplace avec avantage. Une conunission anglaise, chargée en 18(53 d'étudier à fond l'inslallation des écuries (1), s'est hautement prononcée dans ce sens, et si celte manière de voir n'est point traduite en France par des disjiositions réglementaires, du moins le principe semble déjà prévaloir dans quelques constructions modernes.

On objecterait, il est vrai, que si le nombre d'hommes logés au-dessus des écuries est égal à celui des chevaux, l'espace superficiel alloué à chaque individu sera proportionnellement plus étendu, le chauffage des chambres beaucoup plus facile; ce dernier argument n'a qu'une valeur administrative, car l'hygiène ne peut accepter comme salubre le réchauffement de l'air au moyen de la respiration et de la perspiralioii des animaux.

Les écuries doivent donc, dans l'intérêt des soldats et même dans celui des animaux, être isolées, divisées en petits groupes de bâtiment ne comprenant qu'un rez-de-chaussée et peut-être un grenier à fourrages; il sera bon, si la chose est possible, de placer les constructions sous le vent des bâtiments d'habitation, par rapport à la direction générale des courants atmosphéri(pies, de telle sorte que les émanations soient entraînées \oh) delà caserne. La cnserne Mempenti, à Marseiile, destinée à deux escadrons et terminée dès 1862, peut être citée comme réunissant à ce point de vue des conditions favorables. Elle se compose d'un corps de logis principal, destiné à la troupe; deux pavillons, séparés de ce bâtiment par un espace vide de \!i mètres, contiennent, l'un les locaux disciplinaires et les latrines, l'autre l'inlirmerie vétérinaire et la forge. En arrière existe une cour de i'20 mètres de largeur sur 63 mètres de profondeur, au fond de laquelle s'élèvent deux écuries; enfin en arrière de celles-ci se trouve un bâtiment servant de sellerie et de magasin à fourrage.

Les dimensions intérieures des écuries doivent être basées sur ce fait, démontré par les expériences de Lassaigue, que, en moyenne, le cheval exhale douze fois plus d'acide carbonique que l'homme adulte; le général Morin n'estime pas à moins de 180 ou 20D mètres cubes par heure et par

(t) Beport of the harrack's a7id liospital's improvement commission on. vcniilation of cavalry niables. London, 18Ui.

ÉCURIES ET MANÈGES, ÉCUUIES-INFIUMERIES, AV.REUVOIRS. 39.")

cheval la qiianlilé d air à allouer aux écuries. Pour y arriver, il faut donc donner à ces logciiieiits une élcn lue suffisante, et en second lieu assurer une ventilation abondante.

D'apvèsV instruction du ^0 juin 1856, les écuries doivent avoir une hauteur sous plafond do 5 mètres, une largeur dans œuvre de 6 mètres quand les écuries sont simples, de 10"', /lO quand elles sont doubles et que les chevaux sont placés croupe à croupe, de 12 mètres quand elles sont doubles et que les chevaux y sont placés tète à tète; chaque cheval doit en outre posséder un espace de l'",'45 dans le sens de la longueur de récurie, ce qui donne dans le premier et le troisième cas 3!'t"",ô0 par cheval, dans le second, 37'"' ,70 environ. Ces fixations ne s'éloignent pas sensiblement de celles que réclamait la conuuission anglaise de 1863 en indiquant 1605 pieds cubes (/|6 mètres cubes) par cheval comuïe un minimum.

Dans un certain nombre de casernes anciennes et dans quelques modernes, on avait cru avantageux de construire des écuries encore plus larges, niais dans les(|nelles les chevaux étaient placés sur quatre rangs : deux rangs au centre, les animaux y étant disposés tête à tête et un rang sur chaque bas-côté, les animaux étant placés croupe à croupe de ceux du rang médian; entre les rangs intermédiaires existait un passage pour le service. En sonuue, la disposition était celle de deux écuries adossées, dont on aurait enlevé le mur intermédiaire. Telles sont par exemple certaines écuries de la caserne de l'École militaire à Pariy ; au-dessus existent des logements pour la troupe, logements peu éclairés par suite de leur grande largeur, et dans lesquels on dispose les lits comme nous l'avons indi(|ué pour la caserne de Saint -Charles, à Marseille, c'est-à-dire en rangées perpendiculaires à l'axe, adossées à une cloison de 2 mètres de iiaut. Cette disposition est mauvaise pour les hommes et pour les chevaux, car elle est antagoniste d'une bonne ventilation.

La ventilation est, en effet, indispensable dans les écuries ; le mode le plus simple d'arriver à l'obtenir consiste à percer de larges fenêtres sur les deux faces opposées du bâtiment, fenêtres qui descendent jusqu'à 3 mètres du sol et peuvent par conséquent mesurer près de l"",?.") de hauteur si l'écurin présente une élévation totale de 5 mètres sous plafond. Les faire descendre plus bas serait exposer les chevaux à l'action directe des courants d'air. V instruction du juin 1856 recommande de les espacer de trois en trois chevaux au plus, de les garnir d'un châssis mobile autour d'une arête inférienre iiorizontale ; du côté du sud, elles peuvent être garnies

de volets en bois et demeurent ainsi constamment ouvertes. Jadis on avait en France le principe de maintenir les chevaux dans une atmosphère conslammetit chaude et non renouvelée, on se gardait d'ouvrir les fenêtres et à peine les portes. Les vélét inaires et les officiers de cavalerie sont parvenus à faire revenir l'administration d'une mesure aussi illogique, et depuis l'adoption des nouvelles dispositions réglementaires , on a pu constater une grande amélioration dans la santé des animaux, et môme la disparition presque absolue de la morve dans nos écuries militaires.

Une circulaire ministérielle du 5 avril 1867, prise sur les conclusions de la commission d'hygiène hippique, prescrit de maintenir en été les portes et les fenêtres des écuries constamment ouvertes, au plus de les fermer pendant une heure ou deux lorsque les chevaux rentrent de la manœuvre et qu'il fait du vent. En hiver, toutes les portes et fenêtres doivent encore demeurer ouvertes lorsque le temps est calme et que la température ne descend pas au-dessous de 0°. Les portes doivent mesurer au minimum 2"", 60 de hauteur sur 2 mètres de largeur, et être percées dans chaque façade des écuries doubles, ainsi que dans les pignons et les murs de refend transversaux.

La ventilation naturelle peut être sensiblement augmentée par la présence de bouches d'admission, comme dans les chambres des hommes, se combinant avec des orifices d'évacuation ou des cheminées ventilalriccs partant de la partie supérieure de l'écurie; en Angleterre, on a disposé un large orifice de ventilation percé dans toute la longueur de la toiture et garni d'un petit toit spécial avec volets, semblable à celui que nous retrouverons plus haut dans les barraques des camps. Il y aurait également lieu d'étudier sérieusement la question de l'application d'un appel produit dans des cheminées ventilatrices , au moyen d'un bec de gaz servant également à l'éclairage. Analysant l'air de plusieurs écuries au point de vue de la présence de l'acide carbonique, étiquette sinon caractéristique du méphitisme , le doctenr Chaumont constaiait à la caserne d'artillerie d'Hilsea, que, dans une écurie possédant 32 orifices d'évacuation et fournissant à ch;ique cheval 655 pieds cubes, l'acide carbonique figurait dans la |)roportion de 1,05 lOUO, tandis que dans une autre écurie donnant 1000 pieds cubes par cheval, l'air ne contenait que 0,57/1000, soit moitié moins d'acide carbonique (1). Nous ne faisons ici que signaler ces

(1) E. A. Parkes, loc. cit., p. 506,

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