ÉCURILS ET MANÈGES, ÉCURIES-TNFIRMER[ES, ABREUVOIRS
indications, car elles reiUreiit al)so!iiinciit dans les éludes faites au coininciiceinent (le ce chapitre. Si l'Iiygièiie des habitations du soldat nous est imposée par le devoir, celle des écuries lui est intimement liée et l'Éiat y trouverait encore un avantage économique qu'il ne faut certes point dédaigner.
Le pavage des écuries consiste réglementairement en une couche de pierres dures ou de cailloux coupés, sur une bande de 1"',3() de largeur, correspondant aux pieds de derrière des chevaux ; le reste du pavé peut consister en matériaux moins résistants, la pentedu sol doit être suffisante pour que récoulement des urines puisse s'opérer facilement. En Angleterre, le pavage est formé en cubi's de briques dures, vitrifiées, taillées en pointe de diamant et donnant ainsi une forte prise aux pied du cheval. L'indication à remplir hygiéniqucment consiste dans une complète imperméabilisation du sol, au moyen d'une couche suffisamment résistante pour ne pas se briser sous les pieds des chevaux. Le pavage mal fait laisse des interstices où les liquides pénètrent; peut-être pourrait-on lui substituer le béton, duquel on peut obtenir autant, sinon plus de résistance que de la pierre la plus dure. I/obliquilé du sol ne doit pas être telle que les chevaux se fatiguent, mais elle doit ccpenilant être assez prononcée; le ruisseau central d'écoulement doit avoir une forte pente et pouvoir être lavé à grande eau par le moyen de robinets s'ouvrant du côté le plus élevé.
Il y a grand avantage à ne point user de bois pour le mobilier intérieur des écuries, car il fermente assez rapidement ou se laisse pénétrer par ies émanations méphitiques; il est préférable de lui substituer les méiaux. C'est ainsi que, en Angleterre, les bat-flancs sont en tôle, les mangeoires el les grilles à fourrage en fonte. La propreté générale en est rendue beaucoup plus facile.
Enfin il est évident que des consignes très-sévères prescrivent l'enlèvement des fumiers, le renouvellement de la litière et le balayage fréquent de l'écurie, surtout après le pansage.
L'infirmerie des chevaux ou infirmer ie-vélérimm', a une importance très-grande dans les régiments de cavalerie; elle remplace, au point de vue des animaux, à la fois l'infirmerie et l'hôpital ; aussi a-t-elle reçu une extension assez considérable. D'après le rèr/lement du 30 Juin 1856 et son instruction complémentaire, elle doit se composer de deux écuries pour maladies contagieuses, d'un hangar pour les opérations vétérinaires, d'une salle de désinfection et d'une pharmacie vétérinaire. II est spécifié que les
oi^8 IIAlilTATIONS DU SOLDAT.
éc uries-infirmeries doivent, autant que possible', être séparées du reste du (juartier, et que, dans tous les cas, celles qui sont destinées aux maladies contagieuses seront toujours complètement isolées.
Le nombre de |)laces réservées dons ces infirmeries est réglé par une circulaire du \^ juin 1867; il est de 25 à 30 places par régiment de cavalerie, 28 à 36 par régiment d'artillerie.
Le service intérieur des infirmeries-vétérinaires ne doit point nous arrêter spécialement; quant aux précautions à prendre pour éviter la transmission de certaines maladies des chevaux aux hommes qui les soignent, aux l)rocédés de désinfection à mettre en usage, ils trouveront une place naturelle dans une autre partie de cet ouvrage. Disons seulement, qu'au point de vue hygiénique les écuries-infirmeries doivent, plus encore que les autres, offrir de larges dimensions, et dans tous les cas être pourvues d'une puissante ventilation. Si l'on ne croit point devoir organiser un appel par une cheminée veniilatrice dans les écuries ordinaires, au moins doit-on l'admettre pour les infirmeries, où les causes de méphitisme sont singulièrement augmentées.
Les déjections des animaux, les litières souillées par elles sont réunies dans les fosses à fumier^ qui, dans les quartiers de ^valerie, jouent un rôle fort important comme agents de méphitisme. Ces fosses à fumier sont en effet le siège d'une fermentation très-aciive et dégagent des quantités considérables de gaz ammoniacaux provenant de la décomposition des urines. Il importe donc que ces fosses, auxquelles le règlement alloue un espace superficiel de 500 mètres, soient aussi éloignées que possible des habitations et placées sous le vent, par rapport à la direclion des courants atmosphériques habituels. En outre, elles doivent être construites en maçonnerie cimentée, complètement imperméable, pour prévenir la pénétration des liquides dans le sol et son infection ultérieure à laijuelle il deviendrait impossible de remédier. Il va sans dire que l'hygiène ne saurait accepter des emplacements à fumier, situés au niveau du sol des cours, dont ils sont à peine séparés par un mur à hauteur d'appui et qui laissent les liquides fuir de tous côtés et constituer de véritables marais.
L'enlèvement des fumiers hors des cours des casernes ne saurait être trop fréquent; il y aurait môme tout avantage à traiter avec l'entrepreneur pour son enlèvement, sinon quotidien, du moins bi-hebdomadaire, afin ([ue la longue période de fermentation que doit subir le fumier avant son emploi comme engrais, se passe au dehors de la caserne. Il faudrait, pour