‹ Traite d'hygiene militaireChapitre 75 sur 241 · ALTITUDE, EXPOSITION DES CAMPS · texte numérisé non relu

ALTITUDE, EXPOSITION DES CAMPS

les crêtes, ces positions poin raient être fort dangereuses au point de vue militaire. L'altitude est donc ici synonyme de facile renotivellemont de l'air et de soustraction aux induences telluriques des cantons inférieurs. Si les circonstances amenaient, comme au i>lexi(juc, à faire can)pagne dans des régions d'une altitude déjà considérable, on pourrait hésiter avant d'augmenter encore cette intluence, et de loger des troupes sur des collines, quoi(iue la dilîérence de niveau entre le lieu de campement et la région elle-même ne puisse jamais être bien considérable.

En Crimée, nos troupes occupaient le plateau de la Cliersonèse, parfaitement disposé pour une telle destination, car, entouré de tous côtés par la mer, il était incessamment balayé par les vents; il aurait donc été trèssalubre si l'on n'y avait encombré les troupes en nombre hors de tonte proportion avec la surface occupée, et encore cet encombrement même aurait-il pu eue combattu par l'armée française, comme il le fut par nos alliés. Malheureusemeirt on ne tint pas compte des indications forirmlées par l'hygiène, en sorte qu'un lieu, salubrc par lui-même, devint bientôt un foyer d'infection et d'éléments morbides.

D'une façon générale, ou peut dire qu'un camp placé sur la pente d'une colline, sur un terrain légèrement incliné, se trouve dans des conditions favorables pour la ventilation, lorsque du reste il est assis sur le flanc exposé aux courants atmosphériques régnants dans la saison. Il est évident que dans le cas où ces vents augmenteraient au contraire l'action de la température, comme ceux du nord en hiver, du midi en été, ce serait sur l'autre flanc de la colline qu'il conviendrait d'établir le camp. Cette règle serait encore plus formelle au cas où il s'agirait d'un bivouac, c'est-à-dire d'un camp où le soldat est exposé sans abri à l'action des influences telluriques et météorologiques. Il faut, on le conjprend, chercher dans un camp à se maintenir dans des conditions moyennes de température, éviter les excès de chaleur comme ceux de froid, sur ces bases choisir son emplacement d'après la région que l'on occupe, le climat et la saison.

III. Météorolotiie. — Saisons. — Ces données amènent nalurellemeni à tenir le pins grand compte de la météorologie d'un lieu, destiné à devenir emplacement d'un camp permanent ; aussi devient-il indispensable de s'enquérir des vents régnants, de la température moyenne et surtout des températures extrêmes dans les différentes saisons, de la quantité d'eau tombée et des mois où se produisent les maximums ; au besoin, si l'on ne possède point ces renseignements et qu'il n'y ait point au voisinage quelque

-'ti8 HABITATIONS DU SOLDAT.

établissement ou quelque personne prête à les fournir, on pourrait éiablir une station niiliiaire provisoire destinée à les étudier. Ceci ne serait pas .ip|)lical)le pour les camps à créer rapidement, mais seulement pour ceux qui doivent servir de lieu définitif d'instruction pratique. Des études de toute nature doivent alors être'entreprises, parmi lesquelles il convient de réserver une grande place auv recherches climalériques.

En quelle saison convient-il le mieux de faire camper des troupes? A ce point de vue, l'hygiène ne saurait fournir une réponse catégorique, car elle dépend essentiellement du climat. En ce qui concerne les armées européennes cependant, stationnées dans des régions tempérées, où l'hiver est quelquefois assez rude, et toujours très-sensible, on peut dire (]iie la saison hivernale est absolument contre-indiquée. Si, dans le but d'aguerrir les troupes, de les habituer à ne point tenir compte des obstacles extérieurs, ou veut leur faire faire en cette saison quelques opérations militaires, cela est bien et peut même être avantageux pour leur santé: mais de telles opérations ne seront jamais de bien longue durée, et, en cas de temps par trop mauvais, elles ne pourraient même s'exécuter. Autre chose est, en effet, de faire marcher les troupes, de les cantonner, au besoin camper niême pendant quelques jours, ou de les maintenir tout un hiver sur un sol durci par la gelée ou défoncé par les pluies. Bientôt on verrait des maladies de différentes natures, de forme rhumatismale et même de nature infectieuse, résulter de l'action combinée du froid, de l'humidité et de l'encombrement dans les tentes ou baraques, encombrement que les troupes rechercheraient pour échapper au froid.

Le printemps, l'été et l'automne sont des saisons utilisables au point de vue de l'instruction extérieure des troupes, mais les deux premières ne sauraient convenir, en général, parce que les moissons sont alors sur pied et que les manœuvres ne peuvent s'exécuter en pleins champs, sans donner lieu à d'énormes indemnités allouables aux propriétaires. S'il ne s'agit (|uc de manœuvres partielles, de tirs ou d'instruction de détail, et que l'on ait à f)orlée quelques champs dégagés de cultures, des prairies ou des landes, on peut cependant envoyer des troupes au camp pendant ces saisons. .Mais de toutes, l'automne est celle qui convient le mieux , parce que les récoltes sont faites et que la douceur de la température, l'absence de la chaleur lorride des mois de juin et juillet, permettent de manœuvrer à :oulc heure du jour, de camper ou de bivouaquer sans dangers pour les iroupes. Les mois d'août, septembre et octobre sont donc pariiculièicment

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