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CONSTITUTION DU SOL AU POINT DE VUE DU CAMPEMENT

Buchanani (1), auquel Peltenkofer (2) objecte que, dans l'état actuel de la sciencCj, rien ne peut prouver la transmission de la lièvre typhoïde par l'ingestion de boissons provenant d'eaux suspectes.

Quoi qu'il en soit d'une (|uestion épidéiniologique encore en discussion, il paraît vraisemblable que celte grave endémo-épidémie, qui sévit sur les armées avec une intensité i)arliculière, peut être influencée par les variations de niveau de la nappe souterraine; cette action s'exercerait en particulier lorsqu'une élévation nécessitée de ce niveau, suivie d'un reflux^, est venue ajouter l'élément humidité aux autres éléments organiques dont un sol est imprégné, et favoriser ainsi le développement des organismes inférieurs, des miasmes suivant l'ancienne expression. Tant que la couche d'eau reste haute, sa présence même arrête ces fermentations, qui prennent au contraire tout leur essor lorsqu'elle redescend, en laissant le sol saturé d'humiililé.

On sait <[iio le développement du choléra lui-même a été rattaché par Peltenkofer à ces variations de niveau de la nappe souterraine, mais cette proposition est encore trop discutée pour qu'il soit opportun d'y arrêter ie lecteur dans le présent ouvrage. Il en est de même des relations qui unissent à ces uiêmes causes les épidémies de dysenterie ; leur développement semble être cependant, dans quelques cas, lié à des évolutions organiques, dans les(piellcs l'eau joue cependant un rôle essentiel.

La hauteur du niveau de la nappe souterraine peut être évaluée par la seule inspection des puits; il suffît de mesurer à quelle distance du sol on trouve l'eau; J'eltenkofer s'est servi pour ses recherches d'un petit appareil fort simple, consistant en une corde à laquelle sont (ixés de distance en distance quelques petits récipients; en faisant descendre celte corde dans un puits, puis en la remontant, on note le premier récipient trouvé plein d'eau, et la quantité de corde lilée pour y arriver, donne la distance entre la nappe d eau et le sol, avec une approximation égale à la distance qui sépare deux récipients voisins. Il est très-facile de diminuer sensiblement cette approximation en rapprochant les récipients, car il est inutile d'en disposer sur une trop grande étendue de corde, mais par exeniple de 5 centimètres en 5 centimètres, sur une longueur de 1 mètre à peu près.

(1) Buchatiam, Médical Times and Gazette, mars 1870.

(2) Peltenkofer, Vierteljahrssc/irift fiir ôffetitl Gesundhcitspflege, \o\.\, i). 176, 197, 1870.

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^ous conseillerions im système plus simple encore, celui d'un flotteur entraînant dans ses mouvements une cordelette, enroulée autour d'un cylindre; on descendra le flotleur dans le puits jusqu'à ce que l'on perçoive la sensation de flottement, dccelée par une diminution subite de la résistance et alors, en lend.int légèrement la corde, on pourra noter exactement combien il a fallu en filer pour atteindre le niveau de l'eau.

Dans l'étude de la nappe d'eau souterraine d'une région, il est bon de faire simultanément des observations sur un grand nombre de points ; à l'aide d'une carte à vaste échelle de la région, comme en France celle d'état-major au 80 millièmes, ou mieux les cartes locales des administrations, on déterminera la cote de hauteur de chaque point d'observation, ce qui ne laisse pas que d'être fort important, comme il est facile de le comprendre. Pour recueillir des données exactes, il est bon de prendre des observations sinon quotidiennes, au moins bi-hebdomadaires et de les multiplier après les pluies ou les crues des cours d'eau; sans ces précautions on s'exposerait à n'émettre que des données plus que douteuses.

Les médecins chargés des études bygiéniques d'une région, en particulier ceux des épidémies, doivent considérer ces rechercbes comme des plus opportunes et les faire marcher de pair avec les observations météorologiques ou autres qu'ils recueillent en vue de leurs travaux.

Procédés d'assèchement. — Ces procédés rentrent dans le domaine des travaux teci)niques des ingénieurs, nous n'avons donc pas à nous en occuper; disons seulement que l'on peut atteindre ce résultat, soit en disposant des tuyaux de drainage à une profondeur de 2'", 50 à 3 }nètres dans les sols perméables, soit en donnant aux eaux un large écoulement par l'établissement de tranchées et de canaux,

III. Eléments constitutifs du sol. — Le sol, avons-nous déjà dit, est un composé de matières végétales, animales et minérales, plus de l'eau et de l'air ou des gaz. Il vient d'être question de l'eau et de l'air, restent les autres principes, à vrai dire, le sol lui-même dont il convient d'indicjuer la constitution.

Matières végétales. — Presque tous les sols contiennent des matières végétales sous trois formes principales : en dépôts, en débris et en incrustations. On rencontre des dépôts de végétaux dans les portions de territoires qui ont été recouvertes par des inondations où déluges partiels, dont les eaux charriaient des amas de végétaux, ou bien encore dans le sol d'anciennes forêts submergées par afl"aissenicnts, puis remontées après de

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