Partie permanente, non recrutée par les appels (officiers, gendarmes
corps étrangers, etc 120 000
Total 465 000 h.
Volontaires d'un an, équipés, entretenus à leurs frais, environ 15 000
Total GÉNÉRAL 480 280 h.
Sur ces 480 280 hommes, il n'en est que 465 280 qui incomijenl au budget^ puisque les volontaires d'un an, sauf exemptions prévues par l'article 55, sont équipés et entretenus à leurs frais et doivent verser h l'État une somme de 1500 francs (décision ministérielle du 8 décembre 1872).
Dans le précédent tableau, il n'a pas été tenu compte de la cinquième année de service, que l'article 3G donne au gouvernement le droit d'exiger; c'est qu'en effet cette cinquième année est singulièrement raccourcie. En vertu de l'article 38 la durée du service compte à partir du 1" juillet de
(1) liapport fait au nom de la commission chargée de présenter un ensemble de dispositions législatives sur le recruteme7it de l'armée, par le marquis de Chasseloup- Laubat, — Assemblée nationale. Annexe au procès- verbal de la séance du 12 mars
l'armée française, loi nu 27 juillet 1872. 25
raiiiiée du lirage au sort, mais la mise en route n'aura évidemment jamais lieu avant octoi)re ou novembre, on la'ssera les jeunes gens dans leurs familles pour le temps des récoltes, époque où les bras manquent h l'agriculture. D'un autre côlé, on n'attendra pas la date du 30 juin pour envoyer dans la réserve la classe qui aura terminé ses cinq années; il sera vraisemblablement donné des congés renouvelables, en sorte que le militaire restera au plus quatre ans et deux ou trois mois sous les drapeaux. Les choses se sont du reste toujonrs passées de la sorte.
Sous l'empire de la loi de 1832 on n'a jamais fait sept ans; le temps de service comptait à partir du l'^'" janvier de l'année du tirage au sort, tandis que la mise en route des contingents ne se faisait guère avant septembre, et l'on donnait largement des congés renouvelables vers la fin de la sixième et au commencement de la septième année. Au point de vue démographique, on doit se préoccuper principalement du chiffre de l'armée sur le pied de paix, car la période de guerre est une exception. Ce sont les gros contingents du temps de paix qui exercent une déplorable influence sur le déveoppemcntde la population. Cependant comme, malgré toute prévision, la période de guerre peut durer longtemps, môme avec les armées à gros effectifs de notre époque, il peut être intéressant de rechercher quel serait le nombre des individus mis à la disposition de l'armée en temps de guerre par la loi de 1872.
Ces données, nous les trouvons dans le second rapport soumis à l'Assemblée par la Commission parlementaire (1).
En supposant un contingent annuel de 150 000 hommes et déduction faite des pertes évaluées à U pour 100 pendant la preniièrc année, 3 pour 1 00 pendant la seconde, 2 pour 100 pendant les autres (décès, réforme, etc.), on arrive aux résultats suivants :
Ressources mises à la disposition de l'armée en temps de guerre
par la loi du 27 juillet 1872.
A . — Foncs actives.
Armée active (5 classes) 704 714 li.
Réserve de l'armée active (4 classes) 510 294
A reporter 1 215 008
(1) Rapport fait au nom de la commission de réorganisation de l'armée sur le projet (le loi relatif à l'organisation générale de l'armée, par le général Charelon. — Assemblée nationale. — Annexe à la séance du 9 juin 1873.
liepoi't I 215 O08
Dispensés r:ippelables 141 412
l*artie perni;meiile ne se Vecrutaiit pas par le? appels. 120 000
Total 147G 420h. 1 476 420 h.
B. — Armée territoriale.
5 classes organisées 582 523 h.
6 classes (réserve) 625 633
Total 1 208 156 h. 1 210 856 h.
Total général 2 684 576 h.
Il csl a.ssez inlére.ssanl de i cclierchcr le rapport de l'armée à la population, aii)si (|u\i la superficie du territoire; nous avons établi le calcul suivant basé sin- les chiflVes du recensement opéré en 1872.
Rapport de l'armée à la population Population de la France en 1872 36 102 921 ii. (1).
KiTeclif de paix 450 000, rapport 12 p. 1000
/ armée active 1 476 420, rapport 40 p. 1000
Effectif de guerre. . l armée territoriale 1 208 156, rapport 33 p. 1000
( ensemble des deux armées. . 2 684 576, rapport 73 p. 1000
Rapport de l'armée au territoire.
Superficie de la France (moins les départements des Haut et Has-Rliin et celui de la
Moselle) 528 574,71 kilomètres carrés.
I*opulalion par kilomètre carré en 1872 60 h.
/ pied de paix 0,8
Nombre de soldats \ / armée active 2,7
par kilomètre carrré. . '\ pied de guerre.^ armée territoriale 2,2
V ' ensemble des deux armées 4,9
Une faudrait point croire, dit l'ennueiit rapporteur, le général Ciiarelon, que toutes les forces actives puissent, en temps de guerre, être opposées à
(1) Par le traité de paix conclu à Francfort sur-le-Mein le 10 mai 1871, modifié par la convention additionnelle du 12 octobre 1871, la France a dii céder à l'empire d'Allemagne un territoire de 14 491,71 kilomètres carrés, possédant, d'après le re* censément de 1866, une population de 1 549 45!) babilants. — Le recensement de la population de la France, en 1871, donne 36 102 921 liabitants, en 1866 elle en possédait 36 469 856, la diminution est donc de 366 935 habitants, mais étant donné la perle subie de 1 549 459, il y a au contraire une augmentation de 1 182 524 habitants sur Tcnsemble de la population.
l'ARMÉL FRANÇAIS!:, I.Ol DU 27 .11 ll.I.KI 1S72. 27
l'agression. — « Sur le cliiiïre de 1 ù76 /i20 hommes représentant les forces actives, il y a lieu de déduire : 1" la dernière classe appelée dont , rinstriiciion n'est pas ûute, soit lôO 000 hommes; T les dispensés ruppolables, soit l/il hVl hommes, lolal 291 612 qui n'ont aucune instruction mililaire et ne pourraient èire incorporés dans les corps de troupes sans aiïaiblir leur constilulion.
« Ces jeunes soldats devront, au moment de la guerre être versés dans les dépôts des corps pour y être instruits, ce (pii réduira le chitTre total des forces actives à 1 1S5 OOU hommes. De ce chiiïre il faudra encore retrancher les non-valeurs organiques et le délicit permanent des corps.
.) Ix' chiiïre de ces non-valeurs, évalué à 166 000 hommes, peut être réduit : 1" en faisant relever en temps de guerre continentale le corps de l'Algérie par les troupes de l'armée territoriale, soit 60 000; 2" par le rappel des hommes laissés dans leurs foyers comme impropres au service armé et qui peuvent néanmoins être employés dans les services auxiliaires, qu'on peut évaluer pour les neuf classes à 31 000 (1), soit un total de 71000 qui, retranchés du nombre 166 000, réduisent le total des non-valeurs à 95 000 hommes.
» Nous pourrions donc disposer pour l'organisation de l'arméa de campagne d'un effectif de 1 090 000 hommes après avoir pourvu à tous les services de l'intérieur.
» Une pareille armée, composée en entier de soldats ayant servi au moins un an, bien encadrée et surtout bien commandée, ayant derrière elle près de 291 Û32 hommes en insiruclion dans ses dépôts et s'appuyant sur une armée lerriloriale organisée de 582 553 hommes, ayant elle-même une réserve de recrutement de 625 633 hommes, paraît devoir largement suffire pour faire face à toute agression, se produisît-elle simultanément sur plusieurs points de nos frontières et jwur prolonger une lutte dont la durée n'aurait alors d'autre limite que celle de nos ressources financières. « (Général Chareton, Rajtport, etc.)
Quelques explications sont nécessaires au sujet de ces non-mleur>< organiques dont le total semble devoir s'élever à 166 000 hommes. On comprend sous ce titre les hommes qui ne sont pas appelés à paraître comme combattants sur le champ de bataille, l'armée d'occupation de l'Algérie et
(l) Les résultats connus du recrutement opéré en 1R73 sur la classe 'I87"i semblent devoir faire regarder ce chiffre comme trop faible.
enfin le déficit permanent des corps de troupes. Le rapport sur la loi du recrutement décompose ainsi qu'il suit ces non- valeurs organiques; le calcul est fait, il est vrai, en se basant sur la constitution actuelle des corps de troupes, mais appli(pié sur l'ensemble des ressources fournies par la nouvelle loi (1).
Évaluation du nombre d'hommes qui ne sont pas d'ordinaire appelés à paraître comme combattants.
1" Non-valeurs organiques,
t. État-major des places 620 li.
2, Gendarmerie 19/i03