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ÉTABLISSEMENT DU CAMPEMENT SOUS TENTES

pt'ul-Olre logique de la doubler en jaune, couleur qui laisse passer les rayons caloriliques, mais arrête les rayons chimiques.

Préparation du sol. — Le sol sur lequel doit s'élever une tente devrait pouvoir être imperméabilisé; nous avons dit plus haut les dangers que causent les émanations telluriques, il est donc indispensable d'y soustraire autant que possible l'intérieur de la tente; aussi, loin de creuser ce sol, doit-on au contraire le battre et le tasser de manière à le recouvrir d'une croûte plus ou moins dure; s'il se peut, on y jettera du sable siliceux ou de petits cailloux que l'on fera pénétrer dans le sol aussi profondément que possible; celte opération représente en petit l'imperméabilisation du sol des habitations par le pavage ou le béton; on assécherait le sol, sur une assez grande profondeur, en établissant un large feu sur l'emplacement que doit occuper la tente, mais celte pratique est loin d'être toujours possible.

Si l'on ne doit pas creuser l'intérieur de la tente, il faut au contraire tracer sur sa périphérie une rigole plus ou moins profonde, suivant les dimensions de l'habitation, rigole à pente uniforme, venant fournir sur un point, le plus souvent du côté de l'entrée, un petit ruisseau qui va se déverser dans les tranchées de drainage existantes dans les rues du camp. Ces rigoles sont destinées h recevoir l'eau découlant des parois de la tente et à l'entraîner au loin; sans cette précaution, elle séjournerait sur les bords du petit édifice, détremperait le sol et transmettrait à l'habitalion une humidité des plus funestes; aussi, les pi(juets de la tente doivent-ils venir se fixer sur le bord interne, Vescarpe, du fossé; lorsque le modèle employé possède deux séries de piquets, comme par exemple la tente conique française, la deuxième rangée vient se fixer à 30 ou /lO centimètres de la paroi externe du fossé, de la contre-escarpe. On comprend que, grâce à cette disposition, l'eau s'écoule tout entière dans le fossé et que l'intérieur de la lente reste sur une sorte d'îlot relativement sec.

Dressage de la tente. — Le dressage de la tente constitue une opération fort simple, mais à laquelle les hommes doivent être accoulumés, pour apprendre à la faire rapidement et à ne pas y consacrer un temps, toujours précieux en campagne. Il est bon de ne pas trop tendre la toile si elle est sèche, sans quoi, à la première pluie, ou simplement sous l'influence de la rosée nocturne elle arrachera ses piquets en se rétrécissant. La terre qui a été enlevée des fossés, doit être rassemblée tout autour de la tente, sur les bords de la toile à pourrir, de façon à les maintenir, en rendant ainsi l'oblitération plus complète.

Le sol de la lente, asséché et plus ou moins lassé, comme il a été dit, serait avec avantage recouvert d'une pièce d'étoffe imperméable, ainsi que l'on en trouve dans la tente-abri hollandaise ; à défaut, ne doit-on pas y épargner la paille, et en faire, dans ce but, de larges distributions aux soldats. Lorsque l'on a le temps, les hommes tresseront cette paille en nattes grossières, en réunissant de petits tortillons, au moyen de ficelles légères. Quelques tortillons plus gros seront disposés dans l'intérieur de la tente, de façon h obturer plus complètement les interstices, entre son bord et le sol. A défaut de paille, les soldats pourront faire usage de foin ou de broussailles, de menus branchages récollés dans les bois ou les prairies voisines, que l'on asséchera en les laissant au soleil pendant tout le jour ; le soir ils serviront de couche isolante entre le sol et l'individu.

Ventilation\cle la tente. — La ventilation de la tente s'exécute essentiellement par les portes ; dans les tentes de grande dimension, ces portes sont au nombre de deux et se font vis-à-vis; à moins de temps parliculièrement défavorable, elles doivent être toutes les deux maintenues ouvertes; s'il pleut ou si le vent est trop froid, on fermera celle qui est journée du côté du vent. Les portes peuvent, en général, se relever et, à l'aide de deux piquets former un auvent (voy. fig. (56 et 67) sous lequel on peut se tenir assis ; en aliaissant plus ou moins cet auvent, on arrête les rayons du soleil tout en permettant à l'air de pénétrer à l'intérieur.

Dans les grandes tentes, comme les tentes à muraille, la ventilation peut s'effectuer puissanmient en relevant la partie inférieure de la paroi ou toile à pourrir, le sol est alors |)arfaitenjent balayé par l'air atmosphérique. Dans les tentes-abris françaises, tout un côté de la tente se relève comme il a été dit plus haut. Des fenêtres garnies de toile existent dans plusieurs modèles de tentes, on peut les maintenir ouvertes, ou simplement entrebâillées, au moyen d'un petit morceau de bois qui tend la toile. Enfin, dans d'autres systèmes, comme dans la tmtc Sibley, un orifice largement ouvert au sommet de la tente donne issue à l'air de l'intérieur, en créant ainsi un véritable appel. Quoi qu'il en soit du modèle en usage, il convient de ne pas oublier que les tentes s'infectent beaucoup plus rapidement que les habitations ordinaires, parce que le sol y est relativement meuble, que tous les objets d'équipement et d'armement s'y accumulent, enfin que la capacité cubique, dévolue à chaque Individu, est au-dessous des fixations les plus parcimonieuses. Il n'existe point de tente, en service dans les armées, assurant un cubage de 2 mètres à chaque homme, la plupart donnent

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