ÉTABLISSKMENT OU CAMPEMENT SOUS TENTES
l"" ,:iO() à l'"' ,500, desquels il faut encore déduire l'espace occupé par les Imuimeset les effets. On peut juger à quel degré de virialiou l'atmosphère ambiante arriverait, si tous les orifices étaient parfaitement oblitérés; fort heureusement il n'en est pas ainsi, mais encore iaut-il prévoir le danger et y porter remède en ménageant des orifices d'évacuation au sommet de la tente; ceux de la tente Sibley paraissent sullisants, nous n'en dirons pas autant des orifices situés au-dessous du chapiteau des tentes coni([ues françaises.
Lorsque les tentes ont été maintenues au même endroit, pendant un temps variable suivant la saison et le terrain, et que Baudens ne croit pas devoir dépasser quatre jours (1), il convient de les abattre et de laisser pendant plusieurs heures le sol au contact de l'air ambiant et du soleil ; s'il se peut, elles ne se dresseront plus exactement au même endroit, mais quelques métros plus en avant, ou plus en arrière. Dans tous les cas, qu'il s'agisse d'un emplacement nouveau ou d'un ancien, on prendra les* précautions d'assèchement et de tassement, comme s'il s'agissait de camper pour la première fois.
Protection contre la chaleur. — Dans l'intérieur des tentes, le] soldat peut avoir, et parfois dans l'espace de quelques heures, à se protéger successivement contre la chaleur et contre le froid.
La température, en effet, atteint souvent un degré excessif sous la lente, lorsque les rayons solaires la frappent directement ; en Algérie, nous avons vu le thermomètre y monter à 62° ; dans ces conditions, le séjour y devient impossible. On peut chercher à arrêter les rayons solaires en couvrant la tente avec des branchages et des couvertures, et mieux encore en l'arrosant, surtout du côté exposé au soleil ; sous l'influence de cette humectation, Michel Lévy et Boisseau ont pu constater en douze à quinze minutes une diminution d'une dizaine de degrés (2). Malheureusement, en campagne, et dans ces conditions de climat, l'eau manque souvent, ou si l'on en possède, on la conserve pour l'alimentation ; c'est alors que l'on est heureux de pouvoir relever tout un côté de la tente pour s'opposer à la stagnation de l'air.
Protection contre le froid. — En cherchant à se protéger sous la tente contre le froid, il est difficile de ne point s'opposer aussi à la ventilation;
(1) Baudens, La Querre de Crimée, les campements, tes abris, les ambulances, lés hôpitaux, i vol. in-S. Paris, 1857.
(2) Michel Lévy et lîoisseaii, Inc. cit., p. 58.
^l88 HABITATIONS DU SOLDAT.
le plus souvent, lorsque le froid dépend d'un abaissement réel de la température et non pas seulement de l'irradiation sidérale, si marquée dans les pays chauds pendant la nuit, il est difficile de parvenir à s'en abriter suffisamment. Au contraire, les tentes protègent fort bien contre le rayonnement nocturne et c'est dans ce rôle que les tentes-abris sont parliculièremeni précieuses.
Lorsque la saison est rigoureuse ou que le vent est particulièrement violent, on a souvent cherché à protéger les lentes-abris, en élevant autour d'elles une sorte de mur en pierres sèches, ou un abri en paille tressée, soutenue par des piquets. Celte disposition est avantageuse, mais cet abri ne doit guère dépasser la hauteur de la tenie, soit 1™,20 à peu près.
Souvent, dans les camps permanents, on a introduit sous les tentes le chauffage à l'aide de foyers artificiels, de poêles ou de cheminées quelconques ; il est difficile d'y parvenir sans creuser le sol, pour former la base d'une habitation, dont la toile ne forme plus que la toiture. Celte façon de procéder n'est pas hygiénique, cependant, en cas d'absolue nécessité, on pourrait l'autoriser en ayant soin de ganiir les parois et le sol lui-même d'un clayonnage en planchettes, ou tout au moins en nattes aussi serrées que possible. Il sera toujours fort difficile d'obtenir alors un logis salubre et ventilé ; l'atmosphère y sera bientôt saturée de miasmes, provenant lant du sol que des hommes eux-mêmes, et l'on ne tardera pas à voir éclater les maladies de l'encombrement et du méphilisme.
En Crimée, nos soldats creusaient le sol de leurs terites-abris pour se former des taupinières, qui bientôt devinrent des réceptacles d'immondices et des foyers de typhus. Nous avons souvenir de deux .Tégiments campés l'un auprès de l'autre, dans l'un desquels les hommes restaient confinés au fond de leurs taupinières ; dans l'autre, grâce à un commandement plus énergique et sans contredit plus intelligent, les taupinières étaient sévèrement proscrites, on abattait fréquemment les tentes, quelle que fût la rigueur de la température. Le premier régiment fournit un nombre considérable de décès par typhus, le second fut presque épargné.
Les officiers veilleront particulièrement à ce que, en dehors des heures de repos, les hommes ne séjournent point sous la tente ; celle-ci doit être absolument vidée le matin au réveil, et, à moins de pluie, les effets resteront au grand air pendant toute la journée. Mieux vaut pour les hommes vivre au froid en plein air, en se réchauffant par la marche, les exercices et l'exposition au grand feu clair du bivouac, que de croupir sous la