DES BARAQUES ET DE LEUR UTILISATION
lente dans niio aliiiosplièie confuiée, on lo moral s'énerve dans l'inaclion, où la santé se délabre sous l'inlluence du inéphilisnie et de riiuniidité.
Couchage. — Le couchage des hommes sous la lente n'est pas la partie la moins dangereuse de ce mode de campement, nous l'avons déjà fait pressentir. Lorsque la paille est sèche, abondante, fréquemmcnl renouvelée, si la saison est favorable, la santé n'en est pas ébranlée, car, avec la paille et l'aide de sa couverture, le soldat peut se mettre relativement à l'abri. Dans ce cas, il est bon de rassembler la paille et de la maintenir avec des planchettes pour former des lits de camp rudimeniaires. Si même les planches ne manciuent pas, on pourrait construire à la hâte de véritables lils de camp. (À^s heureuses circonstances ne sont point communes en campagne et, dans les conditions ordinaires, dans les camps de marche en particulier, l'homme n'a guère que le sol et sa couverture. Généralement, dans les troupes habituées au service en campagne, on voit les soldats doubler leur couverture pour l'étendre sur le sol et se coucher, la tête appuyée sur le sac, le corps recouvert par la capote dont ils ont fait une couverture supplémentaire. Ces dispositions instinctives sont les meilleures, car le véritable danger réside dans l'humidité du sol et les refroidissements qu'il détermine.
En pays chaud, ou dans la saison d'été le campement sous lentes peut se prolonger quelque temps sans grand danger, mais, pour peu que les pluies arrivent, les tentes et surtout les tentes-abris ne constituent qu'un abri illusoire; aussi doit-on, pour les camps permanents, les remplacer par des constructions plus résistantes, par des baraques, qui constituent la transition entre le campement proprement dit et l'habilalion permanente.
§ III- — i>CH l»ara(|ucii et de leur utilisation.
Les baraques, en tant que constructions définies, prévues par les règles de la castramétation, ne sont pas de date aussi anciemie que les tentes; on ne saurait réellement coiisidérer comme des baraques les huttes, en partie faites de branchages, sous lesquelles les anciens s'abritèrent à l'occasion et qui répondent aux termes de ligidlnm ou de sccna de la castramétation romaine.
Jusqu'à la fin du xvn*' siècle, en France, le terme de baraque servit k désigner les abris destinés à la cavalerie, tandis que ceux de l'infanterie portaient de préférence celui de huttes. A partir de cette époque, le mot s'appliqua, comme aujourd'hui, aux constructions militaires plus perma-
nenies et moins mobiles que les lentes, niais cependant moins durables et moins solides que les casernes.
I. Le campement sous baraques dans l'armée française. — A la fin du xvii° siècle, les baraques étaient généralement construites sur un modèle uniforme, qui nous a été décrit par Guillet (1696). On piaulait quatre fourches aux coins d'un parallélogramme tracé sur un terrain, de 7 à 8 pieds de long, sur 6 à 7 pieds de large; les fourches supportaient des traverses ou des perches, le tout s'abritait par une toiture de branchages ou de chaume. Au xviii^ siècle, ces baraques, conformes aux anciennes huttes., étaient encore les seules qu'on connût, ainsi que le témoigne Dubousquet (1769) (1).
Dans son Traité d'hygiène militaire, ouvrage fort remarquable pour l'époque où il a été écrit (1775), Colombier conseille de faire usage des baraques lorsque l'armée campe pendant l'hiver et dans une position stable, mais, sous ce nom, il décrit plutôt des abris destinés à préserver les tentes canonnières du froid et de l'intempérie des saisons; en effet, «cet arrangement, dit-il, consiste à pratiquer avec des branches d'arbre, de la paille, de la terre et du fumier, des espèces de haies qui entourent les tentes et les trous souterrains pour la cuisine, et pour se chauffer. Une espèce de toit couvre ceux-ci et quelquefois aussi les tentes. Il y a des cheminées dans les trous souterrains et il arrive quelquefois qu'en on faisant plusieurs qui se touchent, on les fait communiquer ensemble par des portes percées dans les cloisons de la terre qui les séparent (2). » Ces baraques n'étaient donc en réalité que des taupinières, établies dans des conditions d'insalubrité exceptionnelles, aussi Colombier ne laisse-t-il pas que d'en signaler les inconvénients et les dangers, en conseillant de n'autoriser les soldats à s'y tenir que pendant le jour, et la nuit de les faire coucher sous la tente.
Ce fut en 179/i, h Dunkerque, que l'on établit le premier camp baraqué moderne, mais, comme au camp de Boulogne (1803-1805), les baraques furent construites sans idée d'ensemble. A Tilsilt (1807), les troupes impériales furent concentrées dans un vaste camp de baraques, ainsi qu'en Silésie (1809). Une instruction, promulguée à cette époque (11 octobre 1809), règle la construction de ces baraques, qui devaient contenir seize à dix huit hommes, mais elle ne fut jamais complètement observée.
(1) Général lîardin. Dictionnaire de l'armée de terre. Paris, 1851.
(2) G. Golombier, Préceptes sur la santé des gens de guerre, ou Hygiène militaire, Paris, 1775.