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DES HARAQUES ET DE LEUR UTILISATION

l);ms son ;irlick' IlYr.itNE militaire, du dictionnaire en soixaiye vo- Inmes, Vaidy se borne à recommander l'nsage de harafjnes, j)référai)Iement aux tentes, lorsque l'on doit séjourner longtemps au camp; elles sont, dit-il, « d'un meilleur usage, plus spacieuses, plus élevées, percées d'une feitêlre opposée à la porte; on peut y former des sortes de lits de camp, afin que les soldats ne couchent pas par terre (1). » Une aussi courte mention d'un sujet, regardé aujourd'hui comme l'un des plus importants de l'hygiène militaire, prouve que l'emploi des baraques était loin d'avoir été vulgarisé dans les armées de la République et de l'Empire, dans lesquelles Vaidy avait servi, car les autres parties de son travail sont traitées avec une science remarquable et une compétence sans égale.

Il faut en venir au second camp de Boulogne (1853-1856) pour trouver une expérience faite en grand du baraipiement pour les troupes. Nous avons dit plus haut (voyez p. ii39) comment ces abris furent construits et quels furent les résultats sanitaires de ce camp. Le camp de Châlons lui succéda bientôt, et l'on fut amené à y construire des baraques pour les troupes chargées de la garde du camp pendant l'hiver.

Les bara(jues y sont de deux ordres : les unes en briques, les autres en pisé, mais, sauf ce revêtement-, elles sont identiques quant à leurs dimensions. Elles sont assises sur une fondation en pierre meulière, surmontée d'un soubassement en briques, sur lequel reposent des poteaux surmontés de fermes en charpente. L'intervalle des poteaux a été garni, pour une moitié environ du camp, par des murs d'une demi-brique (()•", 15 environ) d'épaisseur, mais pour le reste on a fait Usage d'un pisé composé de carreaux de terre de 0'",/j5 d'épaisseur, ce qui met l'intérieur des baraques plus à l'abri des brusques variations de la température extérieure. Les baraques sont couvertes en ardoise, plafonnées et planchéiées en sapin posé sur gîtes en chêne. Le plancher est élevé de deux n)arches au-dessus du sol extérieur, ce dernier étant relevé, du reste, de 0'",30 environ à l'emplacement de chaque baraque, de manière à les mettre complètement à l'abri de l'humidité.

La longueur dans œuvre est de 30 mètres, sur 6 mètres de largeur et 3"*, 25 de hauteur sous plafond (2). Vers l'un de leurs pignons, on a isolé,

(1) Vaidy, article Hygiène militaire, in Diction, des srJences rnédicaîea, t, XXIII p. 65. Paris, 1818. '

(2) Rapport de la haute commission militaire à ^Exposition universelle de 1867 p. 303. Paris, 1869.

1x92 HABITATIONS DU SOLDAT.

par une cloison, un coniparliim'iu de 3"', GO pris sur la longueur de la baraque, et destiné à recevoir soit les quatre sergents, soit Us'sous-offîciers comptables de la compagnie. Le reste est aiïecté au logement de cinquante soldats. Le compartiment qui leur est destiné mesure 514 mètres cubes, ce qui donne environ 10 mètres cubes par homme. Le compartiment des sous-officiers renferme 70 mètres cubes, dimension qui assure 23 mètres cubes par individu, dans le cas où il est habité par les trois sous-officiers comptables, et 17 mètres cubes si ce sont les quatre sergents de la compagnie.

Le renouvellement de l'air se fait, dans la chambre des sous-oflficiers, par la porte qui est ouverte au sud ou au nord et par quatre fenêtres dont deux de cha(iue côté de la porte, une à l'est et l'autre à l'ouest. Dans le logement des hommes, il existe une seule porte à l'est ou à l'ouest et six fenêtres sur la façade où est la porte, sept sur l'autre; les fenêtres sont séparées par un intervalle moyen de 3 mètres. En outre, il existe de distance en distance des ventouses d'admission au bas de la muraille.

Nous indiquons ces dispositions comme existantes, quoique la plupart de ces baraques aient été brûlées lors du départ de l'armée, en aoiit 1870.

Au camp de Sathonay, jusqu'à ses deroières années, on utilisait des baraques en bois, recouvertes en zinc , excessivement froides pendant l'hiver et intolérables en été, par suite de réchauffement de cette toiture métallique ; mais ces constructions tendent à disparaître et la plus grande partie des baraques sont actuellement en pisé avec sol bituminé; elles mesurent 15 mètres de long, sur 6 mètres de large et 8 mètres de haut; leur capacité cubique est de 270 mètres.

Pendant la guerre 1870-71, dans les camps formés pour la réunion et l'instruction des gardes mobiles et des mobilisés, on a construit de nombreuses baraques, mais sur des plans sensiblement différents les uns des autres et, en général, fort défectueux ; on allait, pour employer l'expression du moment, « au plus pressé » , et ce n'était point le bien-être des hommes qui importail beaucoup, mais leur armement et leur instruction militaire. Nous n'avons pas à discuter ici cette façon de voir, mais simplement à constater un fait. Du reste, grand nombre de ces baraquements furent construits par des adjudicataires civils, qui ne se montrèrent pas toujours fort scrupuleux d'observer les règles de leur cahier des charges et fournirent quelquefois des matériaux de la plus détestable qualité.

LES BARAQUES DANS LES CAMPS SOUS PAÏUS. ^l93

Après la guerre, et à l'occasion des événeiDcnts donl Pai is fut le théâtre en avril et niqi 1871, le gouvernement dut concentrer et maintenir autour de celle ville des forces considérables que l'on répartit, nous l'avons déjà dit (p. dans six camps principaux : à Saiory, Viileneuvc-rÉtang,

Rocquencourl, Saint-Germain, Saint-Maur et Mcudon. On eut ainsi l'occasion d'étudier en grand l'application du campement sous baraques, comme vséjour permanent pour les troupes. Aussi cette expérience méritet-elle d'être suivie avec intérêt; le médecin-major Marvaud en a fait une élude particulière à laquelle nous aurons l'occasion de faire de nombreux emprunts (1). On peut, dit-il, ramènera deux types principaux les modèles assez différents de baraques élevées dans ces six camps, en prenant connue point de départ l'époque à laquelle elles ont été construites.

Les baraques anciennes sont celles que l'on dut élever à la hâte, dans les premiers moments de la concentration des troupes pour le second siège, en avril 1871, et qui subsistèrent au moins jusqu'à l'automne suivant. Elles étaient loin d'atteindre la valeur hygiénique de celles que l'on éleva plus à loisir ; les premières consistaient, au camp de Villeneuve-l'Étang, m abris de forme presque triangulaire, de 5 mètres de long sur 3 mètres de large à la base; les côtés étaient représentés par la toiture elle-même, faile de planches recouvertes de papier bituminé. Les deux petits côtés, formant pignon, présentaient l'un une porte, l'auire une fenêtre; l'intérieur de la baraque était occupé par un seul lit de camp, sur lequel dix ou douze hommes devaient trouver place. Celte baraque constituait, en réalité une manière de lente-abri un peu perfeclionnée, mais pendant l'élé 1871 la chaleur y devint telle, que bien souvent les honmies n'y purent séjourner et durent coucher en plein air.

Au camp de Saint-Germain, des baraques du même genre existaient encore en 1872, mais le toit ne descendait pas absolmuent jusqu'au sol, on trouvait déjà un vestige de paroi verticale de0"',75; la hauteur jusqu'au faîte étant de 4"", 80, la longueur de la baraque était de 13 mètres, sur 6 mètres de largeur. A chaque pignon s'ouvrait une porte, surmontée d'une lucarne de ()"',35, sur 0'",15; la capacité de chaque baraque était de 2\lx mètres cubes. Pour augmenter l'espace disponible, ou plutôt le volume d'air, on eut l'idée de creuser à une profondeur de 0^,50 le des-

(1) A. Jlarvaud, Elude sur le\- casernes et les camps permanenis (in Ann. d'hyg^ et de rnéd. légale^ 2« série, t. X\XV1H, 1872 et t. \XXIX. 1873).

SOUS des lits de camp. « Ces fosses, dit le docteur Hamel (J) dans un rapport officiel, sont toujours humides, le sol en est couvert de moisissures, et plus la fosse est profonde, plus grande est l'iiumidilé ; » quelquefois même, dans les grandes pluies, elles se remplissaient d'eau pénétrant par infiltration; évidemment, jamais un médecin n'avait été consulté sur l'opportunité d'une mesure aussi déplorable. Malheureusement on en agit souvent de la sorte.

Au camp de Saint-Maur, l'armée put, dès le début, faire usage des baraques construites lors du piemier siège pour le campement des gardes mobiles de la Seine. Elles étaient de forme et de dimensions plus logiques et mesuraient 30 mètres de long, sur 8 mètres de large, avec 3"", 50 de hauteur jusqu'à la crête du toit, les côtés étant eux-mêmes de 3 mètres de hauteur. Néanmoins, on n'avait point percé d'ouvertures, sur les faces latérales, mais simplement une porte accostée de deux petites fenêtres aux extrémités formant pignon. Les baraques, d'une capacité moyenne de 780 mètres cubes, devaient contenir soixante honunes, ayant chacun 13 mètres cubes à leur disposition, ce qui eût été assez avantageux, à condition d'y joindre une bonne ventilation.

Toutes ces baraques anciennes étaient construites en planches de sapin juxtaposées, unies par des traverses destinées à en masquer plus ou moins les iniervallcs. Les toitures étaient uniforméinent recouvertes de papier bituminé qui, s'échaulïant énormément en été, ne laissait pas que de se crevasser à la longue, pendant les pluies, en laissant pénétrer l'eau dans l'intérieur de la baraque. Le sol de celui-ci était simplement tassé et recouvert de gravier ou de sable.

Les nouvelles baraques construites pendant l'automne 1871 sont infiniment mieux aménagées. Au camp de Ville neuve-l'Étang (voy. fig. 68 et 69), elles consistent en constructions de planches de 18"", 50 de longueur sur 5*", 50 de large, la hauteur des parois sur les grands côtés est de 2 mètres, la hauteur des extrémités formant pignon est de 3'", 25. Les grands côtés sont percés de cinq fenêtres, plus larges que hautes, mesurant l^^SO sur 0'",65; les extrémités paésenlent chacune une porte de 1^,90 sur 0"\88, mais point de fenêtres.

Quelques-unes de ces baraques sont divisées en deux compartiments,

(1) Hamel, Rapport sur le service de santé du 70<= de liane, adressé à M. le mé- •lecin en chef de l'armée de Versailles, juin 1872 (cité par A. Marvaud).

Li;S BARAQUES DANS LES CAMPS SOUS PARIS.

l'un plus grand pour la troupe, l'autre beaucoup plus petit pour les sousofficiers. La toiture était faite primitivement de planches recouvertes de papier bituniiné, ni;iis bientôt à ce dernier l'on a substitué des tuiles, qui protègent beaucoup plus efficacement.

Les parois des baraques sont faites en planches de sapin, avec contrejoints; dans quelques-unes d'entre elles, on a disposé, à l'intérieur, un revêtement en briques non cuites, confectionnées avec la terre du camp. Cette disposition est fâcheuse , car ces briques sont très-poieuses et hygrométriques. Dans d'autres baraques, la paroi de planches est double, ce qui est infiniment préférable, en raison de l'inierposilion d'une couche (l'air isolante. — Ces baraques, destinées à recevoir quarante hommes , cubent

l'Etang. (Echelle de o^.oos pour 1 mètre.)— Coupe environ 267 mètres, ce qui et élévation. , . ,

donne un rationnement de

6'°%660 par individu.

Les baraques du camp de Meudon, plus vastes que les précédentes, mesurent 34 mètres de longueur, sur 5", 30 de large, 3", 30 de hauteur jusqu'à la crête du toit et 2*°, 55 sur les côtés. Destinées à soixante hommes, elles cubent 476 mètres, soit environ 7™%944 par individu.

ASatory, les baraques sont doublées intérieurement en torchis, ou présentent une double paroi; elles mesurent 20 mètres de long, sur 5 mètres de large, 3"°, 50 de hauteur jusqu'à la crête du toit et 2™,65 sur les côtés. Destinées à soixante hommes, elles cubent 350 mètres, soit 5">^830 par individu.

Les nouvelles baraques du camp de Rocquencourt sont percées de six fcnèlres seulement, trois sur chaque côté, et d'une porte à l'un des pignons, Elles mesurent 20™,15 de longueur, 5°*, 80 de large, k mètres de hauteui

2° Elévation suivant G. D.

Fig. 69. — Baraque de troupe au camp de Villeneuve-

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