LES BARAQUES EN ANGLETERRE
d'imposer ses volontés, mais encore faut-il bien remarquer l'importance attachée par le commandement à tout ce qui intéresse la santé des soldats ; le fait seul, de donner la présidence de la connnission à un médecin militaire, tranche singulièrement avec le mode d'agir de l'armée française, où les médecins ne sont point réglementairement consultés lorsqu'il est question de construire des logements pour la troupe, mais seulement lorsque tout
Fig. 71. — Intérieur des baraques construites pour les troupes allemandes d'occupalion dans les départements de l'Est (1871-1872).
est terminé et que des erreurs les plus capitales, souvent irrémédiables, ont déjà pu être conmiises. Nous voulons croire que ces faits serviront de leçon et que, éclairés par l'exemple de l'armée allemande, nous l'imiterons dans sa sollicitude pour le bien-être des troupes.
IT. Le camppinmf sot/s baraques dans les années clranghes. — L'armée anglaise possède dans ses camps de Curragh et d'Aldershot, primitivement établis pendant la guerre de Crimée, un système de campement sous baraques qui, dans son genre, réalise un progrès aussi incontestable que le font les casernes du Block-systein, dont nous avons parlé dans un chapitre précédent.
Les baraques de ces camps, disposées en dix séries de carrés, laissant au centre de chacun d'eux une cour intérieure de 115 mètres sur 100 mètres,
sont construites en sapin d'Amérique et les montants en pin rouge du Nord ; les murs sont doubles, permettant à l'air de circuler entre les deux murailles; la paroi extérieure est enduite de peinture minérale. Les toits sont recouverts de feutre asphalté, sur lequel on étend, tous les deux ans, une couche de goudron mélangé de sable et de chaux. Des trottoirs en brique donnent accès aux portes.
La dimension habituelle des baraques est de 13'" sur 7"", celles des soldats ne contiennent qu'une seule chambre, destinée à 25 hommes. Les baraques des sergents comprennent six pièces, dont deux grandes et quatre petites. Les logements de soldats mariés, dont le nombre est de 6 0/0 dans les casernes, ont été réduits dans les camps à 1,6 0/0 ; ils sont placés dans des baraques spéciales. Toutes les baraques d'officiers, de sergents et d'hommes mariés sont chauffés par des cheminées en brique avec foyer ouvert et grille pour la houille ; celles des soldats le sont à l'aide de poêles du Canada en fonte.
La ventilation de toutes les baraques est soigneusement établie ; outre les portes et les fenêtres, il existe dans chaque pièce habitée, sous les sablières, et dans chaque trumeau, un orifice d'aération, carré, d'environ 0™,20 de côté, fermé par de petites persiennes en tôle. Dans les plafonds ont été percées des cheminées d'aération, quelquefois engagées dans les cheminées ordinaires, quelquefois isolées et allant toujours déboucher sur le toit. Pour éviter l'échaulfement dans les baraques, l'air circule librement, quand la saison l'exige, entre les deux parois en bois des murailles. Sur la surface extérieure, les planches se recouvrent de haut en bas ; à la surface intérieure, le recouvrement se fait de bas en haut. On peut alors faire des lavages au lait de chaux dans les joints, de manière à détruire tous les insectes parasites.
Les précautions contre l'incendie ont été prises avec méthode; à cet effet, les deux lignes de baraques sur les côtés sont interrompues par des baraques en fer, doublées de bois ou de briques, avec toit en fer. Les espaces qui séparent les régiments sont divisés par des traverses de terre de dix-huit pieds d'élévation, terminées aux deux extrémités par des murs de soutènement en briques.
Les cuisines des soldats sont de fer corroyé et dallées. On y a placé des fourneaux de fonte avec chaudière, marmite et four pour 40 hommes. Chaque cuisine contient 16 fourneaux. Les mess des officiers sont spacieuses (15'" sur 7""), elles sont précédées d'une antichambre et de véran-
LES BARAQUES EN AfXEMAf.NE.
dahs en avant et en arrière. On trouve, auprès, une belle cuisine, un magasin, des offices, une salle pour les domestiques, des caves et des colliers pour les provisions (1).
L'armée allemande ne paraît pas avoir eu souvejit l'occasion de camper ses troupes sous des baraques, aussi n'existe-t-il pas à vrai dire de modèletype du genre. Pendant la guerre 1870-71, sur différents points du territoire allemand, et même en France, de vastes constructions en bois se sont élevées, mais elles étaient plus spécialement destinées aux malades; nous aurons l'occasion d'y revenir plus tard. — En revancbe, les prisonniers français détenus en Allemagne ont dû être logés, en grande partie, sous des abris provisoires, qui généralement laissaient singulièrement à désirer. A Dresde, des baraques furent établies pour renfermer 22 000 prisonniers français; formées de planches grossières et recouvertes de papier goudronné (fig. 72), elles étaient construites au fond d'un fossé de 1™30 de profondeur, et se composaient d'un pavillon central (voy. fig. 72), de k mètres de hauteur sous le faîte, sur une largeur de 4°, 50, et de deux pavillons latéraux de 2"°, 60 de hauteur sur 3"*, 08 de large.
L'ensemble de la construction avait une longueur de 31"', 69. Les parois de la baraque étaient garnies d'un épais remblai de terre s'élevant jusqu'à la hauteur des pavillons latéraux. Les pavillons communiquaient largement avec le pavillon central, mais l'aération et la ventilation ne s'exécutaient qu'au travers de fenêtres très-basses, comprenant l'espace vertical existant entre le pavillon central et les pavillons latéraux. Chaque baraque devait contenir 100 hommes et assurait à chacun d'eux un cubage de 11'"'' environ ; sur les lits de camp, disposés en quatre rangées (fig. 72),
Pig. 72. — Baraquements conslniils on 1870, a Dresflo, ponr les prisonniers français. — A. Pavillon central. — B. Pavillons latéraux. — l\. licniljlais. — F, lassés. — /, /. Lits de camp. — /'. Fenêtres. (Eeliellc de 0"',00r) pour 1 mètre.)
l'individu disposait d'un espace de 1 mètre de large sur 1"S70 de long (2). L'encombrement n'était donc pas le défaut capital de ces baraquements,
(1) Rapport de la haute commission, loc. cit., p. 291.
(2) A. Marvaiid, hc. nf., p. 92.
mais bien le froid, l'humidité, l'absence d'aération. Élevés dans un fossé, accostés par d'épais revêtements de terre, privés de tout moyen de chauffage, ils présentaient toutes les conditions d'une parfaite insalubrité, surtout au moment des dégels, lorsque les parois de planches laissaient fdlrer l'eau au travers de leur fissure. Nous n'avons pas à insister sur ces constructions, élevées par le vainqueur pour abriter le vaincu ; l'elTrayante mortalité dont nos troupes prisonnières ont été victimes (17,388 décès en neuf mois sur 385 000 hommes, soit six fois plus qu'en France en temps normal) (1) semble établir que les Allemands n'ont pas absolument rempli le devoir que leur imposait le respect dû à un malheur qui, leur propre histoire en fait foi, peut frapper les armées les plus vaillantes.
Lorsqu'au commencement de la guérie de la Sécession, le gouvernement américain dut subvenir au logement et à l'installation de plus de 500 000 volontaires, il ne put les répartir dans des casernes qui n'existaient point et les établit au contraire dans des camps d'instruction, dont quelquesuns furent baraqués. Ces derniers étaient construits par des entrepreneurs et des ouvriers civils, sous la surveillance des quartiers-maîtres (2). Les camps étaient établis sur un modèle uniforme, adopté pour un régiment d'infanterie h dix compagnies, ou pour un régiment de cavalerie. Chaque baraque devait généralement recevoir deux compagnies d'infanterie (fig. 73).
Le type de ces camps, représenté fig. 73, présente sur le front de bandière deux baraques de troupes, comprenant entre elles le corps de garde de police. Perpendiculairement, en arrière et à gauche, se trouvent deux baraques semblables dont une contient l'hôpital régimentaire. Cet hôpital possède uue cuisine séparée, reliée à l'édifice par un passage couvert; à droite, on constate la même disposition. Cette première partie des constructions occupe trois des côtés d'un carré, formant cour pour les exercices. Sur la quatrième face, parallèle et opposée au front de bandière, se trouvent deux baraques, destinées, l'une au logement des officiers, l'autre à leur mess et à des accessoires, cuisine, cave, logement des domestiques.
En arrière de cette face et par conséquent en troisième ligne, on trouve
(1) Voyez in Btilldin de la réunion des officiers-, 1872, p. 1000, un article intitulé : Comment on se sert de la statistique en Allemagne, où l'on démontre, chiffres en main, l'erreur (?) commise à ce sujet dans les documents allemands.
(2) Vigo-Roussillon, Puissance militaire des États-Unis après la guerre de la Sécession, p. 129. Paris, 1866,
les voitures parquées et sur le nième alignement les cordes à chevaux ; enfin, en quatrième ligne, le magasin, les logements d'officiers, une baraque-écurie et aux deux extrémités des latrines pour la troupe.
Les baraques sont en bois, elles préseutent un rez-de-chaussée et un étage (fig. 73) ; une galerie règne jusqu'à la hauteur d'un premier étage, tout le long de l'édifice, du côté de la cour intérieure. Chaque baraque, partagée par son milieu en deux parties égales, doit recevoir deux compagnies complètes, de sorte que les cinq baraques de troupe contiennent les dix compagnies.
Chaque compagnie possède au rez-de-chaussée une cuisine spacieuse,
Pifinon (l'une baraque.
I g I CZ] ! B I A
A. Corps (le ganie. — B. Pavillon de soldats. — G. H(jpital. — D. Cuisine de l'hi^pital. E. Pavillon des officiers. — K. Mess des officiers. — G. Latrines. — H. Magasins. — L Ecurie. — K. Parc de voitures. — K, K. Corde a chevaux.
I A tl-.' i
Plan d'une baraque.— Perrons et corridors.— 6, h. Cliambres d'officiers. — c, c. Magasins de la compagnie. —f],d. Lavoirs de la salle ii manger. — e, e. Lavabos. — f, f. Escaliers. — g, g. Chambres des sous-officiers. — [h, h. iA(ifectoires. — i, i. Cuisines.
Fig. 73. — Camp sous baraques d'un régiment des Étals-Unis, h dix compagnies.
un office, un réfectoire pour les soldats, un lavabo, un magasin de vivres, une chambre d'officier et des chambres de sous-officiers.^ On entre au rez-de-chaussée par des porches ou perrons couverts, situés sur les deux pignons. Ils donnent accès dans un long et large corridor.là l'extrémité duquel se trouve.il'escalier qui conduit à l'étage supérieur. Les baraques
sont, aiiv (lcn\ étages, percées de nombreuses fenêtres. Une grande cheminée commune, avec deux cuisines, se trouve au centre de l'édifice.
Une seule grande chambre occupe chacune des moitiés du premier étage et constitue le dortoir commun de tous les soldats et caporaux de la compagnie. Les lits, au nombre de 95, y sont superposés trois à trois comme dans les cabines d'un navire et jointifs deux à deux. Les pieds sont tournés vers l'intérieur de la pièce, et il existe, entre les deux rangées de lit, un espace libre de huit pieds.
Dans chaque chambre, deux poêles de fonte d'un modèle particulier sont destinés à la fois au chauffage et à l'aération, qui est aux États-Unis, aussi bien soignée qu'en Angleterre. Dans ce but, on a pratiqué, le long du faîte de la toiture et dans toute la longueur delà chambre, une ouverture longitudinale d'environ O^jSO de largeur, qui permet à l'air échauffé de s'échapper au dehors.
Fig. — Baraques américaines, disposition des poêles, des prises d'air et des manches
à air, vue de face.
Cette baie, protégée par un petit toit, qui a reçu depuis le nom générique de Reiterdach , à pentes parallèles au toit principal , est tenue constamment ouverte dans la saison où la température extérieure le
LES CAMPS SOUS BARAQUES AUX fiTATS-UNIS. r)07
permet (lig. 75). L'air qui s'échappe ainsi des chambres est remplacé par de l'air frais et pur amené par des orifices existant tout autour du
Fig. 75. — Baraques américaines, disposition du faîte de la toiture pour permettre la sortie de l'air.
aniniL-
l'Mg. 7G. — Baraques américaines, disposition des poêles, des prises et des manches à air, vue de profil.
bâtiment, à hauteur du plancher qui est double (fig. 7^). L'air extérieur arrive ainsi entre les lambourdes qui supportent le plancher de l'étage et le plafond du rez-de-chaussée. Ce système d'aération fonctionne jour et nuit pendant la belle saison ; en outre, les nombreuses fenêtres de l'édifice permettent d'aérer les chambres pendant la journée. Les hommes sont ainsi dans un courant d'air continuel, dont on peut faire varier l'intensité.
Pendant l'hiver, l'aération se combine avec le chauffage. De grands poêles en fonte se trouvent, avons-nous dit, aux deux extrémités de chaque chambre. Chacun d'eux est en grande partie renfermé dans une enveloppe de zinc, qui communique avec la prise d'air du plancher (fig. Ih et 76). La couche d'air, comprise entre le poêle et son manchot), s'échauffe et se répand dans la chambre ; elle est immédiatement remplacée par l'air pur venant de l'extérieur, en suivant la voie indiquée. On détermine ainsi un courant d'air continu à la fois pur et chaud. L'air vicié de la chambre est
508 IlAmT/iTTONS DU SOLDAT.
ontraîné à l'extérieur par une cheminée d'appel , formée par quatre planches, entourant la partie supérieure du tuyau de poêle, deux fois coudé à 2 mètres du sol, de manière à présenter une portion horizontale (fig. 76). Les planches enveloppant la seconde partie verticale du tuyau constituent ainsi une gaîne qui va déboucher sur le toit (1). Ce système d'aération et de ventilation au moyen du chauffage a été appliqué aux États-Unis, à la fois pour les barafjues de troupe et pour les hôpitaux provisoires ; on y estime que les hommes valides doivent être l'objet d'une sollicitude non moins grande que les blessés ou malades.
Depuis la fin de la guerre de la Sécession, le gouvernement des États- Unis ne conserve sur pied que des forces relativement peu considérables ; ses troupes sont, pour la plupart, réparties dans des postes ou forts détachés sur la lisière des territoires de l'Ouest. Ces établissements sont construits à titre définitif, mais d'une façon plus légère et par conséquent moins coûteuse que ne le sont les casernes européennes, en sorte que si des circonstances particulières l'exig^Mit, comme une épidémie, on peut démolir ou incendier ces bâtiments, en les désinfectant ainsi de la façon la plus radicale. Les Américains, par ces établissements militaires, créent une transition entre le système des anciennes casernes européennes, bâtiments majestueux quelquefois, lourds, n? "ssifs et coûteux, difficiles à désinfecter, et celui du campement sous baraques. Ils ont pris à l'un et h l'autre ce qu'ils avaient d'avantageux ; au campement, ils ont emprunté la dissémination des hommes dans des petits bâtiments, isolés les uns des autres, le séjour en dehors des villes, en pleine campagne ; ils n'ont eu garde, en outre, d'oublier tous les perfectionnements, que l'hygiène moderne permet d'appliquer aux habitations, et que d'ordinaire on réserve pour les établissements d'un caractère plus permanent.
Nous sommes convaincus que les Américains, avec leurs casernes baraquées, les Anglais avec leurs casernes du block-system, montrent la voie dans laquelle il convient de s'engager et où les autres armées devront fatalement les suivre, aussi bien pour le logement de leurs troupes valides que pour celui de leurs malades, pour leurs casernes comme pour leurs hôpitaux. Aussi, croyons-nous nécessaire de donner quelques détails sur ces établissernents militaires américains, nous reportant pour ce fait au très -remarquable ouvrage publié en 1870, par le gouvernement de
(1) Rapport delà haute commission, loc. cit., p. 296.
l'Union, sous forme d'une circulaire émanée de la Direction du service de sanlé et publiée for tlic information of Ofjicers of the Army, ainsi qu'il est expressément établi dés la première page (1). Il serait véritablement à désirer que cet exemple fût suivi par les différentes armées européennes et que, particulièrement en France, un travail de cette nature fût bientôt entrepris. Dans chaque garnison ou poste détaché de France etd'Algérie, un médecin militaire et un officier d'étal-major pourraient être chargés d'établir un rapport d'ensemble sur la topographie de la région, sa climatologie, ses productions, la disposition des bâtiments occupés par la troupe, leur salubrité, la constitution médicale du lieu, la statistique sanitaire depuis plusieurs années. La réunion de ces mémoires permettrait d'établir un grand ouvrage d'ensemble, d'une importance considérable au point de vue militaire comme à celui de l'hygiène ; il serait consulté avec fruit non-seulement par les olliciers ou les médecins militaires, mais par tous ceux qu'intéresse le progrès des sciences. Nous voulons espérer que ce vœu ne tardera pas à se réaliser.
Nous ne pouvons entreprendre ici la description des 13/i postes ou camps baraqués occupés par les troupes de l'Union ; tous ne sont pas du reste exempts de défauts, et dans plusieurs d'entre eux-mêmes, les dispositions prêtent largement à la critique ; la circulaire n° Ix précitée ne dissimule ces faits en aucune façon et insiste même sur les points qui paraissent principalement défectueux.
Quelles que soient, du reste, les conditions spéciales de chacun de ces établissements, on peut, au point de vue de leur disposition générale, les ramener à un petit nombre de types.
Le type circulaire (lig. 77) a été mis en application au fort Wingate (2), situé par Vô'' 20' de lat. N. et 108° 25' de long. O. (Greenwich) fondé en août 1868, dans l'État de New-Mexico. — Le plan primitif n'a pas été absolument suivi dans l'application, parcequel'on a pensé que la grande étendue nécessitée par celte disposition serait nuisible à la défense du fort, sans cesse exposé aux attaques des tribus indiennes, puis enfin que les dépenses en seraient trop élevées. Quoi qu'il en soit, on peut remarquer que cette
{{) Circulât 11° k. War departmeiit, Surgeon general's Ofïïce, Washington, december 5, 1870. — A Report on Barracks (md Hospitals, witli description of milUury posls. — Government printing Office, Wasliington. 1870. Ouvrage grand ia-ii de xxxui-ûO/i p. avec plans et figures.
(2) Circular n° Ix, p. 250.
disposition circulaire serait particulièrement avantageuse, lorsque l'on a suffisamment d'espace; l'air circule facilement autour des pavillons et de quelque côté que vienne le vent, toujours il pénètre jusqu'à la cour centrale par les intervalles des baraques. L'espace libre entre les clôtures du
Fig. 77. — Baraquements (lu fort Wingate (New-Mexico). — 1, 2, 3, [i, ô, G. Logements d'oflieicrs. — 7. Magasins. — 8. Baraques de cavalerie. — 9. Baraques d'infanterie. — 10. Corps de garde. — 11, 12. Baraques d'infanterie. — 13. Magasins, — 14. Aumônier. — 15, 16, 17, 18. Logements d'officiers. — 19, 23, 27, 30. Portes de sortie. — 20, 22. Postes. — 21. Hôpital. — 24, 26. Baraques de cavalerie. — 25. Écuries. — 28, 29. Baraques d'infanterie. — 31. Cours d'eau. — 32. Ecole de natation.
Échelle au
fort et les baraquements est occupé par l'hôpital dans l'angle N. E., par les baraques de cavalerie et des écuries dans l'angle S. E., par les logements d'infanterie au S. et enfin au N. O. par le cours d'eau qui pénètre dans le fort et l'école de natation (fig. 77).
Le h/pe losangique est représenté par la disposition des baraquements dans le fort Russell (1), situé par Ul° 8' de lat. N. et 10^° ^5 long. 0. (Greenwicli) , dans la partie S. E. du territoire de Wyoming, sous une altitude de plus de 2000 mètres (fig. 78). Cette disposition permet d'éta-
(1) Circular n" à, p. 340.
blir un assez grand nombre de bàiiinenls sur un terrain de forme rectangulaire, en les espaçant cependant assez pour que la venlilalion s'exécute
Vis.. 78. — Daraquenients du fort RusscU (Wyoming Terrilory). — A. Officiers d'in-
t'iiiiterie. — 13. Officiers de cavalerie. — G. Médecins. — D. Hôpitaux. — lî. Mess.
F. Baraques d'infanterie. — G. Corps de garde. — H. Bara(iucs de cavalerie. — K. Magasins et adiniuistralion. — Ji. Rivière. — t, t. Vallée. — Terrain de manœuvre.
Echelle de 1 pouce pour 320 pieds «= , »Tg-'
512 IIAIUTATIONS DU SOLDAT.
largement autour de chacun d'eux. Au fort Russell, le plus petit diamètre du losange mesure 800 pieds (266 mètres), le plus grand lO/iO (3/t6 mètres) ; quatorze baraques disposées sur l'un des angles du losange sont deslinôes aux officiers, celles des officiers supérieurs se trouvent au point de jonction. Douze baraques, devant contenir chacune une compagnie d'infanterie, sont placées dans l'angle opposé et disposées en échelons. Chaque baraque peut largement contenir quatre-vingts hommes et les compagnies atteignent rarement cet effectif; dans ces conditions, chaque individu dispose encore de ^00 pieds cubes (10'"'=-,800). Un petit pavillon isolé, situé à 25 mètres en arrière de la baraque, contient les vvater-closets, et dans d'autres bâtiments, situés plus en arrière, se trouvent des cuisines et des salles à manger pour les soldats.
L'hôpital forme un ensemble de constructions, situées à l'une des extrémités du camp et complètement séparées des autres.
L'eau destinée aux besoins de la consommation provient du cours d'eau voisin ; elle est extraite par une machine à vapeur qui la déverse dans un immense réservoir, d'où elle peut être amenée sur tous les points du fort et notamment dans de vastes cuves placées, en vue des incendies, entre les baraques, près de l'hôpital et des magasins.
Le fort Shavv fournit un exemple du t^jpe caiTé. Ce fort (1) est situé par Ul° 30' lat. N. et 111° U' long. 0. (Greenvvich), sur les bords de la Sun-River, dans le territoire de Montana et par une altitude de 1700 mètres. Ses bâtiments sont disposés sur les quatre côtés d'un large carré (fig. 79), mais, en raison des vastes dimensions de la cour intérieure et de l'isolement des pavillons, qui laissent entre eux des espaces vides, le soleil et le vent peuvent baigner toutes les faces des constructions et pénétrer facilement au centre de la cour. Un certain nombre de baraquements sont en briques (dans la fig. 79 on les dislingue par des rayures), les autres sont en planches. Chacun d'eux est constitué par un bâtiment principal, avec deux ailes en retour, circonscrivant ainsi une petite cour intérieure. Les chambres des baraquements sont particulièrement vastes et ne cubent pas moins de 21 600 pieds (583""'-,200), en sorte qu'avec des effectifs de soixante habitants, chacun d'eux bénéficie encore de 9""=-, 720. On pourra remarquer dans la fig. 79 la bonne disposition de la canalisation destinée à conduire l'eau de la rivière dans les différentes parties du fort.
(1) Circular n" 4, p. 409.
Les barar]uemenls du poslc inililaire de Mac-Pheisoii peuvent servir de type à un système dérivé du type carré, niais dans lequel l'un des côtés
Fig. 79.' — Bara(}iiciiieiits du tort Sliaw (Monlaiiii Territory). — a. T3araques de Iroupcs.
— b. Magasins et administration. — c. CorjKs de garde. — d. Magasins et administration. — e. IJureaux. — /'. Hôpital. — l\. Logements d'offieiers. — i. Cliapelle, l)il)liotlièque et conseil de guerre. — k. Salle de rapiiort, <^cole et liillard. — l. Boulangerie.
— ///, m, m. Egouts et latrines. — n, n. Réservoirs. — [i. p. Réservoirs temporaires.
— 0. Corral ou parc a bcstiaax. — T, T, T. Conduites d'eau. — z. Terrain de manœuvre de 130 mètres sur 130.
Échelle de 1 pouce pour 150 pieds =
reste libre, les trois autres étant occupés par les l)ara(iuements. Ce jwstc est situé près de la ville d'Atlanta, en Géorjjie, par 33" 5' de lal. N. et 7" 28' de MuuÂCiiK. — ll^y. uiilit. 33
long, à l'ouest de AVasbiiiglon, sous une altitude de 3/iO mètres environ (1). Les baraques des soldats, au nombre de dix, sont disposées perpendicu-
Fifî. 80. — Baraquements du fort Mac-Plierson (Allanla, Gcorpia). — a. Médecins. — Ij. Major. — c. LieutenaïU-coloiicl. — (h Colonel. — c, e, c. Capitaines. — /', /', /'. lieutenants.— g. Aumônier. — II. Hôpital. — M. Baraques de troupes. — k. Bureaux. — /. Boulangerie. — n. Corps de gaido. — o, o. Kcuries. — Z. Terrain de parade.
Éclielle de 1 pouce pour 320 pieds = lairemcnt au terrain de manœuvre (fig. 80); elles mesurent 156 pied
(1) ("ircular Ix, p. 145.
LES POSTES SOUS BARAQUES AUX ÉTATS-UNIS. ÔlS
(^8 mètres) (le long, sur 29 (9 mètres) de large et 13 pieds (/i'",90) de hauteur; à l'inlérieur, elles contiennent une grande salle, destinée à loger une compagnie et dans laquelle le cubage atteint près de 20 mètres par individu, plus deux petites salles pour les sous-offîcicrs et le magasin. Les réfectoires et les cuisines sont répartis dans cinq bâtiments situés en arrière des précédents; l'intérieur de chacune de ces dernières baraques est divisé en quatre pièces, soit une cuisine et un réfectoire par compagnie.
Les deux autres côtés du quadrilatère sont occupés par des logements d'otliciers, formant dix-huit bâtiments en planches, de 55 pieds (17 mètres) de longueur, sur 35 (10"', 85) de large, à deux étages, avec vérandah sur la façade ; connue les baraques de la troupe, ces pavillons reposent sur des bâtis de briques. Le quatrième côté du rectangle ne présente que l'hôpital, bâtiment isolé, à deux étages, contenant des salles de trente-quatre lits, où chaque malade ne dispose pas d(^ moins de 1031 pieds cubes (27""'-, 837); la ventilation est, du reste, assurée par de larges fenêtres, des ventouses et l'appel produit en hiver par les poêles, disposés comme il a été dit plus haut p. 507 (fig. 76). Comme bâtiments accessoires, on trouve des écuries, une boulangerie et enfin une bibliothèque ne contenant pas moins de 550 volumes.
Quoique ne se rattachant pas à un type particulier, nous tenons à indiquer cependant, connue particulièrement favorable^ en raison de son emplacement, le poste mililairedc Vancouver (1), situé sur la rive septentrionale de la rivière Columbia, par 45" 40' de lat. N. et 125° 30' long. 0. (Grecn.wich). Les baraquements de ce poste sont établis dans une vaste prairie à pente très-marquée, bordée d'un côté par la rivière, de l'autre par une forêt (fig. 8). Les bâtiments sont entourés de vastes jardins, cultivés par la garnison, et contiennent tous les services nécessaires à une exploitation agricole, tels que parc à bestiaux, étables, écuries, granges, greniers. L'ensemble du poste militaire a l'aspect d'un grand et beau village.
Autant que possible, le gouvernement de TUnion désire que ses troupes, disséminées dans des postes militaires' ou des forts, quelquefois fort éloignés des grands centres de civilisation et en plein territoire indien, béné- Ocieni de cette situation au point de vue de leur santé, comme à celui de leur développement intellectuel. A la première idée se rattachent les perfectionnements hygiéniques introduits dans les habitations, l'alimentation,
(1) Circular 4, p. Ii2l.
la création des chambres de jour, des réfectoires, des bains, des [« ablutions rooms » , des gymnases , billards , les jardins et les cultures que
Fig. 81. — Baraquements du fort Vancouver (Washington). — a. Logement des officiers. h. Adjudants. — c. Cimetière. — d. Écuries. — e. Hôpital. — F. Baraques de troupes. — q. B()uluni;erie. — li. Cuisines. — i, i. Latrines, — l<. .lardin des soldats. — /. .Jardin de l'hôpital, — m. Granges. — n. Greniers. — o. Pompe a vapeur. — y. Corral ou parc U bestiaux. — r. Cour d'écuries. — .v. .lardin. — u. Magasins. — X. Prairie. Y. Terrain de manœuvre. — Z. Terrain de parade.