‹ Traite d'hygiene militaireChapitre 90 sur 241 · ENTRETIEN DE LA PROPRETÉ DES BARAQUES · texte numérisé non relu

ENTRETIEN DE LA PROPRETÉ DES BARAQUES

Ix's autres objets mobiliers, tels que lubies, bancs, armoires pour les effets, doivent Cire identiques avec ceux que l'on admettra pour les casernes en général, mais on comprend que, dans les camps non permanents, on puisse néanmoins se passer d'un certain nombre de ces ustensiles et qu'il ne soit même pas possible d'en pourvoir toujours les baraquements; nous renvoyons, pour ce sujet, aux considérations formulées à propos du mobilier des habitations permanentes (voy. p. 359).

Entretien de la propreté dans les baraques. — L'entretien de la propreté la plus rigoureuse est indispensable pour l'hygiène de I babilalion, en général, et déjà nous avons vivement insisté sur ce sujet (voy. p. 362); il semble donc inutile d'y revenir à propos des baraques. Elles doivent, à ce point de vue, être l'objet d'une sollicitude non moins grande que les chambres de casernes et même être entretenues avec plus de soin peut-être, car les causes de méphitisme y peuvent acquérir encore plus d'intensité. Le badigeonnage intérieur des baraques, à la chaux légèrement teintée en vert ou jaune clair, est une mesure de première nécessité ; elle sera faite avec non moins d'attention que dans les casernes (voy. p. 366), ainsi que les nettoyages à fond et les balayages, dcs(juels les sous-ofliciers seront rendus particulièrement resj)onsables, sous le contrôle de leurs officiers. Les baraques sont, à ce point de vue, comparables aux navires; si l'on n'y fait pas régner une propreté poussée jusqu'au fétichisme, on tombe bientôt dans l'excès contraire; elles ne tardent pas à s'infecter, et cette habitation, qui, par elle-même, devrait être un modèle de salubrité, se transforme en un foyer de méphitisme où la fièvre typhoïde et toute la nombreuse classe des maladies infectieuses viennent élire domicile, en frappant sur les soldats les coups les plus cruels et les plus multipliés.

jusqu'à présent nous avons envisagé les habitations des camps, tentes ou baraques en elles-mêmes; cette étude terminée, il reste à grouper les habitations pour en former des camps, et à y ai)pliquer les règles pratiques et précises d'une hygiène rationnelle et scientifique.

ARTICLE IV. — Dispositions générales des camps, leur

ENTltETlEN HYGIÉNIQUE.

Le terrain du campement une fois choisi d'après les principes énoncés ci-dessus (p. L\[^tl), [préparé en vue de la salubrité, et drainé s'il v a lieu, la nature des constructions à élever étant arrêtée, il n'est pas indilTé-

renl de disposer arbitrairement les lentes ou les baraques; en deliors même des points de vue militaires, les nécessités hygiéniques exigeraient encore que cette répartition se fît avec méthode et suivant certaines règles pratiques.

§1. — Disposition dvH lentcM ou de^ baraquos sur le tcfjt-ain.

Les art. /lO, ^1, Zi3, u5 de {'ordonnance du 3 mai 1832 sur le service en campagne déterminent, dans l'armée française, les règles à suivre pour la formation et l'établissement du camp. Toutes les dimensions sont, pour plus de commodité dans la pratique, tracées en pas de 66 centimètres, en sorte que trois pas équivalent à deux mètres.

D'après un précepte établi pour la première fois par de Puységur, en 17/i8, on doit camper parallèlement à la ligne de bataille, c'est-à-dire que l'étendue du camp est ordinairement égale au front de la troupe qui doit l'occuper (art. /iO).

En application, on s'écarte sensiblement de ce principe, cl bien souvent les circonstances obligent à camper en ordre compacte, mais, dans tous les cas, les différents corps de troupes se placent suivant leur ordre de bataille; ils se rangent en première ou en deuxième ligne, en raison de la position qui leur est assignée par cet ordre de bataille.

D'après les règlements, les bataillons doivent être éloignés les uns des autres de 2U pas (16 mètres), les régiments d'infanterie entre eux de 30 pas (20 mètres), les escadrons entre eux de 15 pas (10 mètres), les régiments de cavalerie de 2U pas (16 uiètres), les brigades entre elles de [i5 pas (30 mètres), les divisions de 75 pas (50 mètres), les batteries d'artillerie entre elles et des troupes, de 1L\ pas (16 mètres).

Une division se composant d'infanterie, cavalerie, artillerie, génie et ambulances se forme d'ordinaire pour le cauipemenl sur les lignes suivantes :

1° Sentinelles avancées;

2° Ligne des petits postes;

3° Ligne des gardes du camp;

ti° Infanterie ;

5° Cavalerie, batteries divisionnaires, cavalerie ;

6° Batteries divisionnaires, génie, batteries divisionnaires;

1" Ambulance et service administratif.

Page 1