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DISPOSITION DIS TENTES OU DES T^ARAQL'ES SUR LE TERRAIN

Il est à supposer que la tactique nouvelle contiendra quelques niodificalions dans cet ordre de canq)einent, déjà un peu ancien.

Le campement d'un régiment d'infanterie, pris pour type, peut se répartir de la façon suivante (fig. 87), lorsque le régiment est .sous baraques

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OU sous tentes, Les trois bataillons forment chacun un groupe distinct A, R, C, chaque compagnie ayant ses lentes ou ses baraques placées les unes derrière les autres : groupe a \)ouv la 1"= compagnie, groupe h pour la 2% etc. Dans le campement représenié fig, 87, reproduisant le groupement d'un régiment au camp de Saint-Germain, en 1872, on avait

canijîé la gaucho en tète, mais, au point de vue qui nous occupe, il importe peu ; les sous- officiers occupaient les emplacements g en tête de la compagnie, dans un compartiment séparé de la première baraque. En avant des baraques, sur une ligne, se trouvaient les cantines, les cuisines, les ateliers d'armuriers, tailleurs, cordonniers, les salles de police, etc.; plus en avant et sur une seule ligne, les baraques des officiers, o, o, o, o; sur une troisième ligne, à gauche, le colonel et les officiers supérieurs ; à droite, les diflérents services administratifs du régiment et les infirmeries ; enfin, tout à fait en avant et à grande distance, les lignes L, L, des latrines de la troupe.

Celte disposition s'écarte un peu des indications réglementaires et du plan tracé dans les ouvrages spéciaux, en particulier dans V Aide-mémoire des officiers du génie {l); mais, au point de vue hygiénique, ces divergences n'ont point une importance excessive; il paraît donc inutile d'y insister.

Le point capital de la répartition des troupes sur un terrain consiste, pour l'hygiénisie, à prévenir l'encombrement; il ne faut point perdre de vue que cet encombrement peut se produire aussi bien à l'air libre que dans l'intérieur des habitations; sans doute, dans le premier cas, l'air étant incessamment renouvelé, les dangers sont moindres, mais aussi le sol, incessamment souillé par des détritus de toute nature, s'infecte beaucoup plus vite et naturellement en proportion directe du nombre d'honnnes qui l'habitent; enfin, surtout lorsqu'il s'agit d'un camp sous baraques, il importe d'espacer suffisamment ces dernières, pour que l'air circule facilement autour d'elles et qu'elles ne se fassent point ombre les unes aux autres; il faut alors que l'intervalle qui les sépare soit égal, au minimum, à deux fois et demie leur hauteur; l'orientation des baraques serait autant que possible dirigée de façon à ce que leur façade principale soit tournée du côté de l'est, pour les régions tempérées, et que le soleil frappe toujours un de leurs grands côtés, aux différentes heures de la journée ; au contraire, dans les pays chauds, une orientation contraire peut devenir indispensable, la façade principale étant alors tournée vers le nord. Nous avons déjà formulé certaines règles relatives à cette question de l'orientation des bâtiments dans les habitations permanentes (voy. p. 256); ces règles sont également applicables pour les habitations temporaires, il n'y a donc pas lieu de les reproduire.

(1) Aide-mémoire des officiers du génie^ Ix'^ éd., 186t, p. /ôl, planche lil.

SERVICIS DIVERS d'HYGIÎ-NE DANS LES CAMPS. 535

Toutes K's fois qu'on s'est écarlé des j)i ii)ci|)es siis-énonc(''s, lorsque l'on a campé les troupes en les resserrant entre elles de façon à obtenir une densité de population égale ou supérieure à celle des villes les plus populeuses, pour peu que ces conditions défavorables aient eu quelque durée, on n'a pas tardé à voir éclater parmi elles les maladies de l'encombrement. En Grimée, en particulier, l'énorme accumulation d'hommes sur le plateau de la (Ihersonèse, cependant largement ventilé et dans une situation géof^raphique favorable, a produit les désastreux résultats que l'on sait.

Pour les camps d'instruction ou d'occupation, dans lescjuels la question militaire pure peut être reléguée sur un plan secondaire, on ne saurait apporter une trop rigoureuse attention à choisir une disposition favorable du canjpement, à répartir les troupes sur de grands espaces, en s'écartant des fixations réglementaires, iiifmiment trop exclusives. Quant à la forme à domier à ces campements, aux groupements des divers services entre eux, on se laissera guider par les indications essentiellement variables des circonstances, du terrain, de la saison, etc.

§ II. — Services divers tl^liys;iènc dans les camps.

I. 'J'errai» du enmp. — Nous avons déjà vivement insisté sur la nécessité de choisir avec discernement le terrain sur lequel on doit établir un camp, soit que celui-ci ne doive durer que peu de temps, mais surtout lorsque le séjour des troupes y sera prolongé (voy. p. UïtO). La première de toutes les indications consiste, on l'a déjà compris, à drainer profondément le sol pour lui enlever l'humidité qu'il contient en excès, à établir des tranchées dans lesquelles les drains viennent se déverser, en diminuant ainsi les décompositions organiques qui se produisent dans le sol, aussi bien qu'en lui enlevant une partie de son action refroidissante.

Ces précautions étant prises en ce qui concerne la texture même du terrain, il convient de s'occuper de la surface, et de tracer les voies de communication qui doivent relier entre eux les baraquements ou les groupes de tentes. Ces routes, ou rues du camp, sont incessamment parcourues par les hommes, les animaux et les voitures : aussi ne tarderaient-elles pas h se défoncer, surtout sous l'action de ces dernières, si l'on n'avait soin de les garnir, comme les routes ordinaires, d'empierrements en (aillouiis et ne sable, qui, tassés par le passage continuel des voilures, ou mieux encore par celui des rouleaux, se transforment en un macadam plus ou moins résistant. Lorsque le sol est particulièrement meuble, il devient nécessaire de construire

536 IIARITATIONS DU SOLDAT.

la route en remblais, en disposant même des troncs d'arbres, des poutres uu des planches pour le soutenir; quelquefois même la voie doit être faite entièrement de bois. Le génie militaire saura toujours apprécier les nécessités de la situation et, suivant le cas, adopter tel système qui paraîtra le plus favorable, on doit remarquer que le bon entretien des voies esi indispensable même conmie hygiène, car si les hommes rentrent sous leurs lentes ou leurs baraques comi)lélemcnl souillés de boue, le sol ne tarde pas à en être également recouvert, à conserver l'humidité et à la communiquera la baraque tout entière.

Les groupes d'arbres espacés sur la surface du terrain doivent être ménagés avec soin, mais cependant ils ne doivent |)()iut être placés au contact même des baraques, car ils y maintiendraient unondirage constant, par suite le froid et l'humidité. Il va de soi que, dans les pays chauds, cet inconvénient se transformerait au contraire en avantage; dans tous les cas, la forme même des arbres et leur essence serait un nouvel élément à prendre en considération.

A propos du bivouac, nous avons déjà parlé du campement sous bois, qui peut avoir des avantages, mais qui ne conviendrait pas pour une installation de longue durée. Au contraire, le voisinage d'un bois est particulièrement avantageux, comme fournissant des ressources de combustible, comme donnant un abri pour les heures chaudes de la journée et procurant un élément de distraction utile pour les hommes, si même on ne tenait pas compte de l'action absorbante qu'exercent les feuilles des arbres sur l'acide carbonique de l'atmosphère (voy. p. 372), et du rôle des racines agissant comme de véritables drains sur l'himiidilé du sol (voy. p. 459).

Le sol du camp doit être entretenu dans un état de propreté aussi rigoureux que celui des cours dans les casernes, chaque corps de troupe étant particulièrement responsable du bon entretien de son propre terrain. Toutes les souillures, les débris et, à fortiori, les matières animales seront chaque matin enlevés et transportés au loin par des voitures spéciales, passant à une heure réglementaire dans les principales rues du camp. Ces débris seront rassemblés dans des fosses placées sous le vent et fréquenunent recouvertes d'une épaisse couche de terre. Les débris qui, par leur nature, peuvent être incinérés seront détruits par ce procédé radical de désinfection ; à cet effet, lorsqu'une des fosses devra être comblée, on allumera, sur sa surface, un grand feu que l'on alimentera en partie avec les détritus; lorsque le feu aura cessé, faute de combustible, la fosse

cuisiNi-s i;t locaux accessoirfs ijes camps. 5â7 sera recouverle inuuéiliatonienl el la tene tasséo par-dessus. Dans ces débris à incinérer, il convient de ranger la paille ayant servi de coiicliage pour les lionuues et même la litière des animaux. Peut-être pcrdra-t-on de la sorte une bonne |>arlie du funiier, dont la vente constitue queUiuefois une certaine source de profit, mais la salubrité doit passer avant toutes les considérations d'ordre administratif.

II. Cuisi7WHi'f locaux uctrssuin's. — Dans les bivouacs ou camps sou> tentes, el même (|uelquefois dans les camps de baraques, les hommes doivent faire leur cuisine en plein air, L'emplaceiïient de ces cuisines est fixé, par l'art. lx\ de Vordonnanœ du 3 mai 18j2, à vingt pas en arrière du dernier rang des baraques dans les camps d'infanterie, et à vingt pas en avant dans la cavalerie (art. /i2), en sorte qu'il existe une certaine incertitude sur l'emplacement réel qu'il convient de leur donner. On pourrait formuler une indication générale, en disantqueles cuisines seront, autant que possible, placées de façon à ce que la fumée des foyers ne pénètre pas dans l'intérieur des tentes ou des baraques; hors de ce fait, il importe peu qu'elles soient en avant ou en arrière; généralement on les place cependant en avant.

Four établir ces cuisines, les hommes creusent le sol, de manière à faire un petit fossé de 2o à 25 centimètres de profondeur, sur 15 à 20 centimètres de largeur, garni s'il se peut avec quelques pierres pour éviter les éboulements; l'ouverture de ce fossé étant dirigée du côté du vent, on pose la dernière marmite à une petite distance du bout de ce fossé, pour figurer une cheminée et établir un courant d'air sous les marmites, afin que le bois qui y est allumé ne s'éteigne point (1). Les hommes savent toujours perfectionner plus ou moins ces installations culinaires, (|ui varient suivant les lieux, la saison, la durée du séjour au camp, qui se transforment en petits fours, avec une maçonnerie ou des briques rudimcntaires, et, de transilion en transition, deviennent une manière de cuisine-chaulToir, possédant toiture et sièges pour les hommes.

Dans les camps permanents, on établit des bnraques-cuisines, avec fourneaux en briques, pour l'organisation des(pielles il convient de se reporter aux indications fournies au sujet des cuisines dans les casernes (voy. p. S?.*)). Lorsque ces baraques ne sont point dallées, ou tout au moins planchéiées, il est fort difficile d'y maintenir une propreté rigoureuse, car

(1) Charles de Savoye, loc. cit., p. 131.

le sol ne tarde pas à s'imprégner de liquides et de substances organiques qui entrent en fermentation et dégagent des odeurs repoussantes. En con^ séquence; il est indispensable de revêtir ces baraques-cuisines d'une couche de béton ou de bitume.

Dans ces mêmes camps, on ne saurait toujours appliquer la création de baraques- réfectoires pour les hommes; néamuoins cette innovation, que l'on retrouve dans les campements américains et anglais, ne laisse j)as que de présenter des avantages sérieux. Nous avons parlé, page 378, des conditions hygiéniques indiquées pour ce genre de locaux.

III. Disti ibution des eaux, fontaines^ laooirs, bains, — Le voisinage de rivières, de fontaines ou autres sources, pouvant fournir de l'eau en abondance pour les services d'alimentation et de propreté, est un des premiers (k'sideî'ata qui influent sur le choix du lieu de campement. La qualité, non moins que la quantité des eaux, doivent faire l'objet d'études et de recherches sérieuses pour tous ceux que leur position appelle à donner un avis sur remplacement du camp. Nous envisagerons plus loin les conditions d'une eau potable; pour le moment, nous supposons qu'elle existe dans le camp, et qu'il ne s'agit plus que de la distribuer aux hommes.

Les sources ou fontaines ne tarderaient pas à être complètement mises hors d'usage si l'on en permettait l'accès aux soldats sans avoir pris certaines précautions, et si l'on n'y maintenait une surveillance rigoureuse. Par les soins du génie militaire, les bords des cours d'eau ou rivières seront disposés en forme de quai, soutenus par des madriers et des poutres, à défaut par des troncs d'arbre ou des planches, afin d'en empêcher le dégrademcnt et l'éboulement, la longueur de ce quai étant proportionnelle à l'effectif du camp. Les eaux de sources ou fontaines seront captées, et conduites, au moyen de tuyaux, dans de petits réservoirs oîi les hommes seront autorisés à puiser. Ces constructions auront un caractère plus ou moins définitif, suivant la durée du camp, mais il importe de les établir, même pour un bivouac d'une seule journée.

S'il y a lieu, on placera même des Aïclionnaires auprès des sources, pour maintenir la régularité du service et faire exécuter rigoureusement la consigne étabHe.

Dans les camps permanents, en disposant le terrain, en établissant les tranchées, le génie ne saurait apporter trop de soin à la canalisation de l'eau potable, que des tuyaux de conduite amèneront à différents points du camp. Alors même que les prises d'eaux sont abondantes, on doit cependant

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