PROPRIÉTÉS CALORIQUES DES MATIÈRES VESTIMENTAIRES
Le récipient nu se refroidit moins vile que revêtu d'une enveloppe; cela tient au très-faible pouvoir émissif du laiton, niais le drap, c'est-à-dire la laine est, de toutes les enveloppes, celle qui s'oppose le plus à la diminution de la température, celle qui, par conséquent, a le moindre pouvoir émissif.
Hammond, reproduisant ces mêmes expériences en Amérique, est arrivé à des conclusions analogues ; dans ses expériences (1), il a obtenu les résultats suivants :
Même expérience (Hammond).
Durée ilu rel'roidif'.-'L'niciit
150" Kiiliiviilieit ùTiO" (05°, 5 à 60°,0 ceutigr).
Récipient de cuivre non recouvert 15' 1 1"
!A. Coton pour chemises 9' 42"
B. Toile de chanvre pour chemises ... 7' 24"
G. Flanelle blanche 12' 35"
D. Drap bleu foncé 14' 5"
E. Drap bleu clair 13' 50"
Le pouvoir absorbant des mêmes étoffes a été déterminé par une expérience analogue. Prenant un certain nombre de tubes de verre, à parois minces et à diamètre sensiblement uniforme, Coulicr les garnit des différentes enveloppes, à soumettre à l'expertise, et les expose, sur un cbassis de bois, à l'action des rayons solaires; l'expérience, commencée et suspendue en même temps pour tous les tubes, permet de constater les indications suivantes :
Résultat de l'expérience relative au pouvoir absorbant des matières vestimentaires militaires (Goulier).
Dillrreuco
Tempéra lu re
avec
(lu tiibc.
lu tompr'ratuie
ilu tulio nu.
Étoile A. Coton pour chemises
B. Coton pour doublures
F. Drap gris de fer bleuté pour capote .
H. Drap garance pouf sous-ofTiciers. .
K . Drap bleu foncé pour sous-olTiciers.
(1) W. A. Hammond, Treatise on hygiène, with spécial référença to the niitttary service, p. 583. Philadelphia, 1863.
Il est évident, d'après ces expériences, que les tissus blancs de coton protègent très-efficacement contre réchauffement produit par les rayons solaires ; leur effet se traduit par 7%9 de chaleur de moins que sous un vêlement de drap bleu foncé, de 7° de moins que sous un vêlement de drap gris de fer. La superposition des étoffes a donné les résultats suivants :
1" Tube et coton seul 42" différence.... 9"
20 Tube et drap seul SI» différence"' 7"
3" Tube et coton sur drap... M« M différence. 6o,5
4° Tube et drap sur coton. . . 50", 5 j
D'où l'on voit que, en superposant une étoffe de coton à mailles serrées sur un vêtement de drap, on oblieiit une différence au moins de 7". « Je ne crains pas de trop m'avancer, ajoute le professeur Coulier, en disant qu'en Algérie, dans les fortes chaleurs, la différence aurait éiéde 10 à 12 degrés, puisque cette différence augmente avec la leuipéralure. »
Il est donc bien évideni, d'après ceci, que^ d'une part, la laine jouit d'un pouvoir émissif beaucoup moindre que le coton ou la toile, ce qui la rend mauvaise conductrice de la chaleur, que, d'un autre côlé, elle a le privilège d'absorber les rayons solaires calorifiques beaucoup plus vite que toile ou le coton ; mais cette puissance d'absorption et d'émission varie essentiellement pour la même élolfe avec la couleur dont elle est teinte.
Le comte Rumford, en 1792; puis Franklin, sir Humphrey Davy, en 1799, et enfin Slark, d'Édimbourg (1), ont recherché la puissance absorbante des différentes couleurs, que l'on peut ranger, d'après l'intensilé de cette puissance, dans l'ordre suivant :
Pouvoir absorbant des différentes couleurs.