VILLE DE CHARLESTON
(Avant la loi.)
1888. 715 soit 13 p. 1 000 habitants.
(Après la loi.)
1893 412 soit 7 p. 1 000 habitants.
VILLE DE COLUMRIA Pas de renseignement.
247 soit 16 p. 1 000 habitants.
La prohibition nationale. — Sous le nom de système du Maine elle est appliquée en Amérique, depuis qu’elle a été proposée par le général Appleton.
Il est défendu de fabriquer et de vendre des boissons distillées sous peine de 1 000 dollars d’amende et de deux mois de prison pour le fabricant, et de 30 dollars et d’un mois de prison pour le négociant. Seuls les pharmaciens sont autorisés cà fabriquer et à vendre de l’alcool.
L’ivresse est sévèrement punie : tout homme ivre est condamné à une amende de 10 dollars et à un mois de prison.
Les résultats publiés par Bertillon ne sont pas encourageants. Au fond, la loi n’est pas appliquée et la vente clandestine est considérable.
Sociétés de tempérance et d'abstinence. ■ — Tout membre des sociétés de tempérance est tenu de s’abstenir de boissons distillées. Les sociétés d’abstinence excluent toute boisson alcoolique.
Nous croyons que la meilleure prophylaxie consiste dans Y exemple donné par les gens instruits et intelligents et par l’instruction de l’enfant à l’école puis au collège.
De plus, des conférences sur les dangers de l’alcoolisme pourront avoir sur l’esprit de l’ouvrier une influence progressive, et ces conférences, faites par le médecin, soit en ville, soit à l’hôpital, soit à la campagne, élargiront le rôle social de ce dernier, en étendant son champ d’action.
Mais il ne faut pas se faire trop d’illusions sur ce système de propagande.
De toutes les mesures proposées pour lutter contre l’alcoolisme, la limitation du nombre des débits paraît la plus sérieuse et la plus immédiatement réalisable.
L’amélioration de l’habitation de l’ouvrier, d’autre part, est un des moyens les plus propres à le retenir chez lui, éloigné des tentations du dehors. Enfin l’éducation et l’instruction des enfants paraît devoir être l’arme la plus puissante.
Prophylaxie dans l’armée. — La grosse réforme consisterait actuellement dans la suppression des cantiniers, tels qu’ils existent actuellement, c’est-à-dire des hommes qui ont intérêt à vendre de l’alcool.
En Allemagne, la cantine est sous la direction d’un sous-officier qui n’a aucun intérêt dans la vente, ses bénéfices sont répartis sur les compagnies et les bataillons. En attendant, on pourrait ne tolérer ni banc ni chaise, et diminuer ainsi le temps de séjour du soldat à la cantine. Nous avons vu une installation de ce genre, à Ammersfort (Hollande), qui donne d’excellents résultats.
Les circulaires ministérielles du 3 mai 1900 et 21 mars 1901 ont proscrit des cantines militaires les liqueurs alcooliques en France et aux colonies.
Une dépêche ministérielle du 13 novembre 1892 avait déjà enjoint aux commandants de corps d’armée de n’accorder les allocations extraordinaires : rhum et eau-de-vie, qu’après en avoir fait une proposition motivée au ministre qui, seul, décide de leur distribution. Puis une circulaire du 9 juin 1906 a eu pour but de réduire le nombre des cantines à l’intérieur des casernes et a rappelé la surveillance dont elles doivent être l’objet conformément aux prescriptions du décret du 20 octobre 1892 sur le service intérieur des corps de troupe. (Articles 28, 36, 45, 51, 67.)
Un certain nombre de circulaires favorisent la création de mess (21 février 1905 et 4 juillet 1906) indiquant par là même un des meilleurs instruments de lutte antialcoolique que nous ayons entre les mains. Le médecin major Talon1 nous fait voir quels résultats on a obtenus ainsi dans un régiment où on avait installé un bar débitant du café, et où tout avait été mis en jeu pour lutter avec efficacité en retenant au quartier les hommes par de nombreuses distractions.
Enfin, des conférences ont été instituées, conformément à un programme arrêté par la circulaire ministérielle du 15 janvier 1901, des-
1. Talon, Une campagne anti-alcoolique dans un régiment, Revue d’hygiène , 1907, p. 48.
SUCRE
tinées à instruire les hommes sur les dangers de l’alcoolisme. Les feuilles de permission contenant à ce sujet d’utiles conseils ont été inaugurées dans les corps des troupes. Petits et grands moyens sont bons, aucun n’est à dédaigner.
Ces mesures font voir avec quelle vigueur est menée la lutte antialcoolique dans l’armée. Malheureusement, le soldat ne vit guère ses heures de liberté à la caserne et les abords de celle-ci sont enserrés de toutes parts par nombre de cabarets qui distribuent alcool et syphilis. C’est à la police urbaine que revient le devoir de diminuer le mal autant que nos lois et nos mœurs le permettent. Certaines œuvres, comme la Maison du soldat, peuvent enfin contribuer pour beaucoup à détourner les hommes de ces locaux insalubres. C’est là l’œuvre d’avenir, le plus sûr correctif du désœuvrement et comme conséquence, la plus sérieuse barrière à opposer à l’alcoolisme.
Enfin, l'exemple donné par les chefs est un des moyens les plus puissants de propagande et d'éducation. L’instituteur à l’école, comme l’officier et le médecin dans l’armée peuvent à ce point de vue plus que toutes les ligues antialcooliques, et que toutes les conférences.
Les progrès de l’hygiène, ici comme dans beaucoup d’autres questions, seront ceux de l’instruction, de l’éducation et surtout de X exemple.
IL Le sucre L — La physiologie nous apprend que le sucre joue dans l’organisme un rôle de premier ordre. C’est lui l’agent des combustions organiques, c’est lui que les muscles consomment pour se nourrir et se mouvoir. « C’est une substance essentielle à la vie, dit Dastre1 2, presque au même titre que l’oxygène, et qui aurait droit au nom de pàhulum vitæ attribué depuis l’antiquité à l’air que l’animal respire. »
C’est le médecin militaire Leistenstorfer 3 qui, en 1897, fit sur un groupe de soldats allemands la première expérience pratique concernant la valeur énergétique du sucre.
Pour avoir une base d’appréciation précise, cet observateur entreprit de comparer le poids, le pouls et la respiration dans les groupes soumis aux expériences. Ceux-ci furent au nombre de six, composés de dix hommes chacun. Trois groupes servirent de témoins et les trois autres, composés de préférence de malingres, reçurent une moyenne de 50 à GO grammes de sucre par jour. Ces essais entrepris au cours des manœuvres durèrent trente-huit jours, du & août au
1. G. -II. Lemoine, Le rôle du sucre dans l’alimentation, Presse médicale, 19 avril 1905.