Leitenstorfer, Deutsch. militür Zeilsch
10 septembre 1897. On constata au bout de ce temps un certain gain pour les hommes ayant reçu une ration de sucre, il y eut en moyenne une augmentation de poids de 150 grammes, une diminution du nombre des battements du cœur : 3, et des mouvements respiratoires : 6. Il faut avouer que ces chiffres ne sont pas bien éloquents; cependant, comme le groupe en expérience était composé d’hommes présentant une infériorité plus que manifeste, l’amélioration de l’état général semble avoir été réelle.
L’année suivante Leistikow1, médecin au 145e régiment d’infanterie, entreprit de nouvelles études sur l’influence du sucre dans la fatigue. Celui-ci n’était mangé qu’une heure et demie à deux heures avant la fin présumée de la marche, à la dose de 60 à 80 grammes.
Les hommes perdirent 20 grammes de plus que ceux du groupe témoin, le nombre des pulsations de la radiale augmenta chez les hommes au sucre.
Par contre, l’appréciation subjective des individus soumis à ce régime fut favorable, en ce sens que les sujets accusèrent un regain de force à la suite de cette ingestion.
En 1900, Letz2, à Metz, confirma l’avis exprimé par Leistenstorfer et l’auteur conclut que la distribution de sucre est absolument indiquée lorsque les troupes doivent subir de grandes fatigues.
On voulut en 1899 entreprendre en France une étude analogue au cours des grandes manœuvres. Un programme fut envoyé à tous les corps de troupe et la quantité de substance sucrée à consommer avait été fixée à 40-60 grammes.
Malheureusement, les manœuvres furent contremandées au dernier moment dans un grand nombre de corps et les expériences, dès lors, ne purent être poursuivies dans de bonnes conditions.
Les résultats les plus divers furent obtenus au point de vue du poids, du pouls et de la respiration. Une chose cependant m’a semblé alors hors de doute, c’est la sensation d’accroissement de force que procurent quelques grammes de sucre lorsque l’organisme déjà fatigué doit fournir un travail supplémentaire.
Les observations personnelles de Drouineau3 et Bonnette4 déposent dans le même sens. Il s’agit ici de troupes harrassées de fatigue réintégrant à pied leur garnison, sans laisser de traînard après une distribution de café chaud ou d’eau très sucrée.