Bonnette, Le coup de chaleur, Paris
SUCRE
Mais des recherches plus complètes ont été faites récemment par Drouineau et Marotte.
Drouineau, pour se mettre à l’abri de l’auto-suggestion qui doit se produire nécessairement lorsqu’il s’agit d’apprécier une sensation comme celle de force, distribua au groupe témoin et au groupe en expérience un liquide sucré mais de composition différente.
Tandis que celui destiné au second groupe avait reçu du saccharose, celui du groupe témoin était additionné de saccharine. Les quantités distribuées ont été progressivement portées de 50 à 100 grammes dans l’espace de quatre jours. On s’est servi de 3 à 500 litres d’eau comme dissolvants. Ces préparations avaient été faites par le médecin lui-même. La partie originale de cette épreuve réside non seulement dans cette dernière disposition, mais aussi dans la façon d’apprécier les résultats.
Au relevé du poids, du nombre des pulsations cardiaques et des respirations, Drouineau ajouta l’appréciation de la fatigue des hommes par les gradés chargés de les surveiller après la marche. Ceux-ci n’avaient pas été mis au courant de la substitution de la saccharine au saccharose. Le résultat final a donné une diminution de poids, une diminution du nombre des pulsations radiales et des mouvements respiratoires. Quant à l’appréciation de la fatigue elle se résume par des chiffres absolument convaincants. Les deux groupes se composant chacun de 9 hommes ont donné 8 hommes dispos et 1 fatigué pour le groupe du saccharose et 8 hommes fatigués pour 1 dispos dans le groupe de la saccharine.
La sensation de soif a été diminuée par le saccharose (7 hommes) parla saccharine (3 hommes).
La sensation de faim a été augmentée chez 5 hommes dans le premier groupe, chez 2 seulement dans le second. Les autres n’ont rien ressenti de particulier à ce point de vue.
Marotte1 a expérimenté sur 10 hommes ayant subi déjà un long entraînement à la marche, sujets sélectionnés, vigoureux, indemnes de toute espèce de tare, chez lesquels on était en droit de n’attribuer qu’à la seule différence introduite dans l’alimentation les variations qui allaient être relevées.
L’expérience dura trois semaines et porta sur 12 marches, avec des parcours de 35 à 50 kilomètres.
La ration alimentaire normale fut surveillée d’une façon spéciale au point de vue de sa composition.
Là il n’y a pas eu de groupe témoin. On a voulu se rendre compte