‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 107 sur 252 · CAFÉ · texte numérisé non relu

CAFÉ

avec la méthode ordinaire, et on la mélange ensuite au café moulu.

Le café est acheté et torréfié par l’administration militaire. Le nombre de grains avariés ne doit pas dépasser 3 p. 100. D’après les règlements, la torréfaction ne devrait jamais avoir lieu plus de deux jours avant la distribution; clans la pratique, cela n’est pas possible et souvent on distribue du café torréfié depuis deux, trois, quatre et même six mois, ce qui est beaucoup trop.

En temps de paix, le café est préparé à l’aide des percolateurs, avec le filtre du fourneau François Vaillant ou bien avec le réservoir du fourneau Cubain.

En campagne, autant que possible, le café es't distribué en tablettes, ce qui facilite les distributious et aussi la conservation. On a aussi fait des cartouches de poudre de café et de sucre.

On a proposé de remplacer le café par de l’alcoolat de café, ou par des essences difficiles à transporter pour le soldat. L’alcoolat ne remplace pas le café véritable, les essences sont sujettes à de nombreuses falsifications.

La tablette occupe deux fois moins de volume que le café en grains. La durée de conservation est de trois ans.

Pour préparer l’infusion à Carabe, on réduit la tablette en poudre avec un couteau, ou on l'émiette avec les doigts. On projette les fragments dans l’eau bouillante et on remue avec une cuillère. Lorque le liquide se boursouffle, on retire, on laisse infuser dix minutes, après on décante et on passe. La circulaire du 22 mars 1907 indique un moyen de conserver le café chaud préparé le soir pour la nuit ou le lendemain en cas d’alerte en campagne. Il consiste à creuser dans la terre une excavation au fond de laquelle sont disposées des braises chaudes. La marmite remplie de café bouillant est placée dans cette excavation et entourée de terre.

Pour clarifier, on peut se servir de la méthode du soldat qui consiste à ajouter quelques gouttes d’eau froide, ou cà jeter dans le liquide un morceau de braise. Autrefois, on incorporait le sucre en poudre au café; mais la clarification de l’infusion sucrée ne s’opérait plus, et les principes du café se décomposaient au bout de quelque temps en présence du sucre.

L’usine de Mayence est outillée pour préparer par jour 500 000 rations de conserves de café. Celles-ci, comme les autres, ne doivent pas être préparées trop longtemps à l’avance.

Le café est le type des boissons dites aromatiques, ou caféïques, par opposition avec les boissons fermentées. Ce sont des infusions douces d’une action spéciale sur le système nerveux, qu’elles doivent non plus à l’alcool, mais à un principe particulier : la caféine.

Le café n’est pas un aliment, c’est un condiment; il aide l’homme à manger une partie de son pain ou de son biscuit et il permet de faire consommer une grande quantité de sucre.

Prise à jeun, cette infusion détermine dans la région épigastrique I une sensation de constriction et même des tiraillements d’estomac; il ne faut donc pas que le soldat prenne ce liquide sans aliments, d’autant plus que la sensation de constriction se continue dans Fintestin chez beaucoup d’individus.

Le café est un stimulant qui donne de l’entrain et permet de mieux supporter la fatigue. On a remarqué dans l’armée bavaroise que, depuis qu’on donne du café aux hommes, le nombre de soldats incapables de suivre les marches pénibles a diminué; il arrive même qu’il n’y a pas de traînards à la suite des plus longues étapes et par le mauvais temps (Rochard).

En campagne il offre de grands avantages, il désaltère bien, soutient les forces, et sert à donner un goût supportable aux eaux i médiocres dont on est souvent obligé de se contenter; de plus, l’eau employée à faire le café est stérilisée. Enfin, en versant le café brûlant sur le pain de guerre concassé, on obtient un aliment chaud, agréable et nourrissant; cette préparation a été fort utile à nos soldats en 1870.

Encore plus nécessaire dans les pays chauds, le café est tonique. Distribué pour la première fois pendant la campagne d’Egypte, sur la proposition de Larrey, il a rendu de très grands services en s Crimée, en Italie, au Mexique, au Tonkin et en Afrique.

Le café est moins excitant que le thé. Son usage continu cependant peut n’être pas sans inconvénients pour certains sujets chez lesquels il occasionne de l’excitabilité, de Finsomnie et peut à la longue produire de l’épuisement. Le café a été l’objet de falsifications.

Une maison de Marseille 1 vendit en 1896, sous le nom de « grains i torréfiés », un produit fabriqué avec des farines de basse qualité et du son. Le pharmacien principal Maljean, chargé de l’expertise, a indiqué le moyen de déceler la fraude en projetant une certaine quantité du mélange suspect dans un flacon contenant de l’eau ; dans oes conditions, les grains factices tombent au fond du vase, tandis que les vrais restent à la surface de l’eau. Ces derniers sont en effet s1 beaucoup moins denses que les premiers, dont le poids moyen de 10 grains s’élève à 2 grammes, alors que le même nombre des autres, d’égale grosseur, ne pèse pas 1 gramme environ.

Le thé. — D’après A. Gautier la consommation du thé en France

Page 1