THÉ
dépasse annuellement 450 000 kilogrammes, elle a été en 1888, en Angleterre, de plus de 100 millions de kilogrammes et en Russie de 9 millions.
Voici des analyses de thés :
Ch. Picard.
J. Kœnig (moyenne déboutés sortes).
Matières azotées
Théine
Huile essentielle
Résines, chlorophylle, graisses....
Gomme et dextrine
Tannins
Pectines
Cellulose
Cendres
Les thés verts sont généralement plus parfumés, plus chargés de chlorophylle, plus tanniques, plus pauvres en cellulose, plus riches en théine que les noirs. Cette base s’élève souvent dans les thés noirs ou verts à 2 p. 100 et peut atteindre dans les thés verts jusqu’à 5 p. 100.
A l’état naturel, tel que le livre le commerce, le thé abandonne à l’eau chaude de 31 à 44 p. 100 de son poids de matières solubles. L’infusion se fait en versant environ 250 centimètres cubes d’eau bien chaude sur 5 grammes de thé (pour 5 tasses) placés d’avance dans la théière de métal on de porcelaine, rejetant aussitôt cette eau qui n’a servi qu’à réchauffer l’appareil, et la remplaçant par 600 centimètres cubes d’eau bouillante nouvelle. Après cinq à six minutes, l’infusion (faite en vase fermé) est prête à servir.
Une tasse de thé de 120 centimètres cubes ne contient pas au delà de 0 gr. 4 de substances solubles et 0 gr. 025 de théine; très rarement plus, même pour les thés verts.
Le thé est la boisson hygiénique par excellence ; c’est celle qu’il faut surtout propager pour lutter contre l’alcool. Il a un triple avantage.
1° Il est légèrement stimulant : sous son influence, l’homme affaibli par le froid, la diète, la tristesse, reprend une énergie nouvelle, le pouls s’accélère, la force et l’activité succèdent à rabattement.
2° Il constitue le meilleur moyen pour corriger les eaux suspectes ou mauvaises, et c’est dans ce but qu’on en a introduit l’usage réglementaire dans l’armée en temps d’épidémie en général, mais surtout quand sévit la fièvre typhoïde, la dysenterie ou le choléra.
Lemoine. — Traité d’hyg. milit.
La circulaire du 6 mars 1896 (Vol. 83 du 1er mai 1903) complétée par les circulaires des 15 janvier 1900, 12 mars 1900 et 30 octobre 1901 spécifie les circonstances dans lesquelles peuvent être accordées les allocations de thé.
1° Lors d’une épidémie causée par la pollution des eaux de boisson (fièvre typhoïde, dysenterie, choléra), il peut être alloué 2 grammes par homme et par jour. Le thé ne comporte pas dans ce cas d’allocation simultanée de sucre.
2° Lors d’une épidémie de grippe, il peut être alloué une boisson chaude, sucrée, constituée par une infusion de thé à raison de 3 grammes de thé et 10 grammes de sucre par homme et par jour.
Le thé pour boisson hygiénique doit être acheté par les bonis d’ordinaire (Décret du 22 avril 1905 et circulaire du 26 décembre 1905). En cas d’insuffisance de ces bonis, il peut être accordé une prime éventuelle par le général commandant le corps d’armée. (Circulaire des 13 avril et 17 août 1906.)
Le thé doit être fourni par les pharmacies militaires et se compose pour 60 p. 100 de thé d’Annam, 20 p. 100 de Ceylan et 20 p. 100 de Hong-Hao. (Circulaire du 29 mai 1908.)
Le thé constitue dans les pays chauds une boisson qui étanche la soif plus vite et avec moins de liquide qu’une boisson froide.
On donne l’infusion à la dose de 2 à 5 grammes par litre suivant le cas, et il faut compter 50 litres par 100 hommes en marche et en manœuvre.
Comme le café, il n’est pas nutritif par lui-mème, mais il aide à consommer le sucre et le pain.
Le soldat parfois ne consomme pas volontiers le thé, cela tient probablement à ce qu’il n’est pas bien préparé. Il faut que les vases soient parfaitement propres et lavés chaque fois à l’eau chaude. L’eau doit être bouillante. L'infusion doit durer sept minutes au moins, douze minutes au plus, autrement, elle prendrait un goût âcre dû à la dissolution d’une trop grande quantité de tannin. Il faut dans ce même but, éviter soigneusement de faire bouillir le thé dans l’eau; le sucrer légèrement et le faire boire chaud. Il désaltère très bien ainsi. On peut, dans les pays où les citrons sont à bas prix, augmenter le goût agréable du thé en y ajoutant le jus de quelques citrons exprimés, peau et pulpe, ou bien on met dans l’infusion au moment de la servir des citrons coupés en rondelles. Quand on veut administrer du thé comme tonique, et non plus seulement pour corriger l’eau de boisson, il faut porter la dose de 2 à 5 grammes.
Le mieux est de faire comme les Chinois qui , lorsqu’ils sont