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L. Janet, Congrès de Bruxelles, 1903, Rapport

tout le danger de pareilles dispositions au point de vue hygiénique.

E. Bonjean1, en faisant voir en effet par le tableau suivant l’influence du sol sur le développement de la fièvre typhoïde, démontre par des chiffres la réalité de ce danger.

En relevant d’après les statistiques de P. Brouardel les chiffres de mortalité typhoïdique dans les villes de France comptant plus de 10 000 habitants et en rapprochant ces chiffres des différents terrains géologiques, E. Bonjean a dressé le tableau suivant :

Mortalité par fièvre typhoïde suivant les différents terrains géologiques, dans les villes de France comptant plus de ÎOOOO habitants (Ed. Bonjean).

Proportion

pour 10 000 habitants.

Quaternaire : alluvions 5,25

Pliocène 5,99

Miocène. 3,96

Oligocène 3,83

Éocène 4,43

Crétacé supérieur 5,00

— inférieur 5,06

Jurassique supérieur 7,08

— moyen 5,97

— inférieur 5,19

Lias et Rhétien 4,37

Marnes irisées 5,10

Muschelkalk 6,53

Grès bigarré, grès des Vosges 4,60

Permien 8,60

Carbonifère. 3,50

Dévonien 3,00

Silurien 1,80

Cambrien 5,50

Terrains cristallophylliens. 9,18

Roches éruptives 7,75

Il ressort de ces résultats que les fortes mortalités typhoïdiques appartiennent aux terrains cristallophylliens (schistes, micaschiste, amphibolites, gneiss, etc.), puis au permien, aux roches éruptives et enfin au jurassique supérieur, c’est-à-dire aux terrains les moins perméables et les plus fissurés, ceux sur lesquels les eaux superficielles ruissellent jusqu’au moment où elles vont rejoindre, généralement sans épuration suffisante, les eaux d’alimentation.

Les notions sur l’origine des eaux telluriques et leurs rapports avec la constitution géologique du sol nous amènent à refuser aux eaux dites autrefois de sources , le caractère de pureté qu’on leur attri-

1. E. Bonjean, Le sol, son rôle en hygiène, Traité d’hygiène de Brouardel et Mosny, t. II, p. 84.

buait jusqu’ici, et à adopter avec M. Martel1 le mot à' émergence pour désigner les collections d’eau qui sortent du sol.

Les unes sortant des terrains à perméabilité d’interstices et caractérisées par leur pureté bactériologique , la constance de leur température, les petites variations de leur débit, la modicité de ceux-ci , méritent de conserver le nom de sources proprement dites.

Les autres sortant des terrains fissurés et caractérisées par leurs impuretés bactériologiques (permanentes ou temporaires), V inconstance de leur température , les grandes variations de leur débit, leur volume souvent considérable, sont de fausses sources; on doit leur réserver le nom de résurgence.

Qu’il s’agisse de sources ou de résurgence, la réapparition à la surface du sol ne se fait pas toujours directement. Souvent ces eaux au sortir de leur gîte géologique cheminent plus ou moins longtemps à travers des éboulis, alluvions et suivant les circonstances se souillent ou s’épurent. Les souillures sont à prévoir lorsque ces éboulis ou alluvions sont peu épais et très rapprochés de la surface du sol, ou en communication avec des dépôts de matières souillées.

Il ne faudrait cependant pas exagérer les conséquences des beaux travaux de M. E. Martel et regarder comme toujours suspectes les eaux de la deuxième catégorie. Les réserves faites par M. Janet et les derniers travaux de Van den Broeck, E. Martel et Ed. Rahir 2 doivent être pris en considération. Il ne faut pas, comme le rappelait dernièrement M. Ed. Bonjean3 avoir « la phobie de la fissure calcaire » et on doit se rappeler à l’occasion que quelques mètres de sables, d’éboulis, de poussière calcaire peuvent transformer une fissure en un filtre parfait. C’est à l’enquête géologique à faire état de ces dispositions. En prenant trop à la lettre les premières conclusions de E. Martel, on se priverait de ressources précieuses pour l’approvisionnement des collectivités en eau fraîche de bonne qualité.

Enfin on doit classer à part les nappes artésiennes appelées ainsi parce qu’au moyen âge on en faisait grand usage en Artois. Ces nappes sont emprisonnées entre des strates imperméables concaves emboîtées, dont elles occupent tout l’intervalle en obéissant au principe des vases communicants; les eaux y descendent d’abord de la surface du sol au fond de la concavité souterraine pour remonter au delà jusqu’au niveau des absorptions. Si le forage destiné à donner issue à l’eau qui les constitue se trouve situé plus bas que le

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