Kopp, Archives de médecine militaire, 1C0G, p
2. Ivirciiner, Lchrbuch der Militcir-Gesundheitspjlege, Leipzig, Hirtzel, 1910. p. 219.
ajouter un comprimé de carbonate de sodium et quelques fragments de brique pilée et calcinée. Adapter le tube de dégagement et le serpentin. Refroidir énergiquement ce dernier par des affusions fréquentes d’eau froide. Chauffer de telle façon que 50 centimètres cubes de liquide puissent distiller dans l’espace d’environ quinze minutes. Recueillir le produit distillé dans l’éprouvette de 100 centimètres cubes.
Aux 50 centimètres cubes de distillation, ajouter le contenu d’une ampoule de réactif de Nessler. Examiner au bout de huit à dix minutes la coloration produite.
Teinte beurre frais ou plus pâle Eau de bonne qualité.
— jaune orangée — mauvaise.
2° Appréciation de V azote albuminoïde. — L’opération précédente terminée, refroidir le contenu du ballon en maintenant ce dernier dans de l'eau froide, et après l’avoir au préalable détaché. Ajouter ensuite une pastille de potasse et un comprimé de permanganate de potasse. Remonter l’appareil et distiller à nouveau dans les mêmes conditions que précédemment, en recueillant 50 centimètres cubes du produit de la distillation, ajouter le contenu d’une ampoule de réactif de Nessler et examiner, au bout de huit à dix minutes la coloration produite.
Teinte beurre frais ou plus pâle Eau de bonne qualité.
— jaune orangée — mauvaise.
Dans cette opération, il y a lieu de remarquer qu’on se sert de l’eau qui a déjà bouilli dans la précédente opération et qui a déjà dégagé ses produits ammoniacaux. S’il reste encore des produits azotés dans cette eau, ils ne peuvent y exister qu’à l’état d’azote albuminoïde; l’adjonction du permanganate de potasse et de la pastille de potasse ont pour but d’oxyder ces derniers produits azotés et de les transformer en produits ammoniacaux qui alors, sous l’influence d’une nouvelle ébullition, vont aller se rendre dans les produits de la seconde distillation où on en reconnaîtra l’existence et la quantité d’après la coloration donnée par le réactif de Nessler. En somme 1 on recherche ici l’azote albuminoïde en le transformant en azote
ammoniacal et le taux du premier est donné par la réaction propre J au second.
3° Recherche des nitrites. — Introduire 50 centimètres cubes d’eau dans l’éprouvette de 100 centimètres cubes, y ajouter une pastilleâ?de
bisulfate de potasse, agiter et, sans qu’il soit indispensable d’attendre la dissolution complète, ajouter le contenu d’une ampoule de réactif de Tromsdorf. Agiter et maintenir F éprouvette dans un endroit sombre ou peu éclairé. Au besoin, la recouvrir d’un tissu opaque :
Teinte nulle ou bleu-ciel pâle, au bout de
dix minutes. Eau de bonne qualité.
Teinte bleue presque instantanée, et s’accentuant ensuite Eau mauvaise.
4° Appréciation des chlorures. — Introduire 100 centimètres cubes d’eau dans l’éprouvette, y ajouter une ampoule de nitrate d’argent (contenu et contenant) et un comprimé de chromate de potasse. Agiter quelques instants et abandonner au repos :
Précipité peu abondant, plus ou moins rouge.. . Eau de bonne qualité.
— plus abondant, blanc sans nuance. ... — médiocre.
— — rouge — mauvaise.
5° Degré hydrotimétrique. — a) Dans l’éprouvette de 100 centimètres cubes introduire 30 centimètres cubes d’eau et le contenu dune ampoule de liquide hydrotimétrique. Agiter fortement dans l’éprouvette une ampoule de liquide hydrotimétrique et agiter fortement :
Mousse persistant au moins trois minutes. Eau trop fortement minéralisée,
mais acceptable, si les essais précédents sont bons.
Mousse non persistante Eau mauvaise.
Cette analyse sommaire peut être faite en une heure au plus, c’est dire qu’en pratique elle pourra rendre les plus grands services.
Dans l’armée allemande on pratique la recherche de la matière organique, de l’acide azotique, de l’acide azoteux, de l’ammoniaque, du chlore, des sels de chaux et de magnésie, de l’acide sulfurique.
Analyse bactériologique. — L’analyse bactériologique comporte actuellement la numération des colonies et l’isolement et la numération du b. coli.
La première de ces opérations s’exécute en répartissant de l’eau à examiner dans un certain nombre de tubes de gélatine liquéfiée, dont on verse ensuite le contenu, préalablement agité de façon à opérer un mélange bien homogène dans un certain nombre de boîtes de Pétri stérilisées. Parfois, on se contente d’ensemencer un demicentimètre cube ou un quart suivant la richesse bactérienne de
l’eau. Lorsque l’eau est très souillée on opère sur les dilutions de cette eau dans l’eau stérilisée à un demi, un quart, un dixième suivant les indications d’un premier essai. Après solidification de la gélatine, les plaques sont mises à l’étuve à 22° et on opère la numération tous les jours. En général, on s’arrête au quinzième jour. On note en même temps les principales espèces développées : colonies liquéfiantes ou non liquéfiantes, espèces saprophytes, b. de la putréfaction.
Les procédés employés pour la recherche du bacille coli sont fort variables, et il serait désirable qu’une méthode uniforme fût imposée, au moins aux laboratoires officiels, de façon à déterminer une base d’appréciation des résultats obtenus. Si une méthode suivie par le même observateur donne déjà trop souvent des résultats différents, il est présumable que dans la pratique ceux-ci seraient plus concordants si les méthodes étaient unifiées. Déjà au Congrès d’hygiène de 1000 une commission permanente avait été nommée pour étudier les moyens d’unifier les procédés d’analyse bactériologique des eaux, et au Congrès de 1903 Grimbert s’était efforcé d’amener une entente à cet égard, surtout en ce qui regarde la présence du b. coli. La solution pourtant importante, moins pour les bactériologistes que pour les autorités appelées à prendre des mesures à la suite d’analyses parfois peu concordantes, n’a pu encore être donnée. Il serait urgent qu’on s’entende à cet égard.
Le 'procédé utilisé dans les laboratoires militaires est celui de H. Vincent. Il consiste à ensemencer il tubes .contenant chacun 6 centimètres cubes de bouillon auquel on ajoute 1 goutte de solution phéniquée à 1/20 par taux de 2 centimètres cubes de liquide.
On verse 1 goutte d’eau à analyser dans le 1er tube.
1 cm'1
( pour
un ballon contenant
? un
bouillon concentré.
On met ensuite les tubes à l’étuve à 41°, 5. Pour effectuer la numération il est convenu comme le fait Miquel de compter un b. coli pour le tube ou le ballon devenu trouble, connaissant d’autre part la contenance en gouttes par centimètre cube de la pipette qui a servi à l’ensemencement, il est facile de faire le calcul par centimètre cube
EAU DE BOISSON
puis par litre. Mais il ne suffît pas de constater la fertilité du bouillon, il faut encore identifier avec soin la nature de l’organisme qui a poussé dans le bouillon.
Pour cela on ensemence une ose de ce bouillon dans un tube de bouillon ordinaire qu’on met à l’étuve à 38° et on fait une première inspection de celui-ci au bout de six heures. Si le bouillon est trouble il y a de grandes chances pour qu’on ait du coli. Néanmoins, un examen direct de la culture ou de lames séchées et colorées, et une culture sur les milieux solides : gélatine, lait, bouillon, lactose, gélose lactosée, solution de peptones pour indol achèvent de renseigner sur la nature de l’organisme trouvé. Cette méthode est facile et rapide. Dans la pratique elle semble suffisante à condition d’employer des pipettes toujours identiques.
Procédé Miquel. — M. Miquel utilise un milieu de culture préparé de la façon suivante :
Peptone Collas 100 grammes.
Sel marin 25 —
Ajouter 200 centimètres cubes d’eau et faire bouillir, puis après refroidissement,
Ajouter acide phénique à 6 p. 100 100 cm3.
Eau ordinaire, quantité suffisante pour faire 1 000 —
Le bouillon est versé à la dose de 10 centimètres cubes dans six ballons de 120 centimètres cubes environ puis on ajoute à chaque ballon un demi, 1,3, 6, 8, 10 centimètres cubes de l’eau à analyser et on complète le contenu du ballon avec de l'eau stérilisée de façon à obtenir un volume de 30 centimètres cubes.
C’est ainsi que le ballon contenant :
10cm3 de bouillon 4- lcm3 d'eau à analyser devra recevoir 39cm3 d'eau stérilisée.
De façon à maintenir la solution pliéniquée toujours au même titre.
Les ballons sont ensuite mis à l’étuve à 42°. En cas de troubles, on contrôle la nature des micro-organismes par une piqûre en gélose lactosée, et par la réaction de l’indol (acide sulfurique dilué à 1/2 et solution à 1 p. 1000 de nitrite de soude).
Procédé utilisé par MM. Bonjean et Dimitri au laboratoire du Conseil supérieur d’hygiène publique de France. On ensemence un tube de bouillon avec 1 centimètre cube de l’eau à analyser, puis dans un ballon d’une contenance de 230 centimètres cubes, on verse 100 centimètres cubes de bouillon stérilisé auquel on ajoute 100 cen-
Lemoine. — Traité d’hyg. inilit. 19
timètres cubes de l’eau à analyser plus 4 centimètres cubes d’une I solution phéniquée à 1/20. Le tube et le ballon sont mis à l’étuve à 42° pendant vingt- quatre heures. Au bout de ce temps, si le bouillon ; est resté clair on conclut à l’absence de coli, s’il est trouble on verse une goutte de la culture dans 10 centimètres cubes de solution de peptone à 2 p. 100. On agite et avec une pipette à pointe très fine on j introduit une goutte de cette dilution dans 10 centimètres cubes de gélatine Elsner étalée dans une boîte de Pétri.
Le tube de solution de peptone est placé dans l’étuve à 42° et ! après quatre jours environ il sert à pratiquer la réaction de l’indol.
Puis on passe à l’examen de la plaque où on reconnaît les colonies coliformes qu’on identifie par ensemencement dans la gélatine lactosée, dans le lait, dans un bouillon peptone pour indol, et dans ; un tube de bouillon ordinaire pour faire un séro-diagnostic. Par ce , procédé on sait rapidement s’il y a peu ou beaucoup de coli, c’est i l’essentiel.
Le contrôle de la culture est très important, car un certain nombre d’autres bacilles troublent les bouillons phéniqués. C’est ainsi que le brunneus, le crémoïde, le carneus, etc., donnent des cultures en bouillon phéniqué en vingt-quatre heures. Toutes les méthodes employées reposent sur des données conventionnelles et variables suivant leurs auteurs. A quel nombre attribuera-t-on la qualité, bonne, médiocre ou mauvaise? Cela dépendra des procédés mis en usage et souvent du calibre d’une pipette !
L’expérience démontre cependant que telles qu’elles sont employées ces méthodes donnent dans chaque laboratoire des bases d’appréciation suffisantes sur les dangers ou l’innocuité d’une eau de boisson, à condition que l’examen ait porté au total sur 120 centimètres cubes I d’eau au moins et qu’on emploie toujours le même procédé. Mais ce I serait aller trop loin, semble-t-il, que d’opérer un classement de ces eaux en bonnes, médiocres ou mauvaises suivant la quantité de b. coli trouvée. 1
Quoi qu'il en soit le b. coli doit être considéré comme un indice de suspicion de l’eau. La présence de cet organisme accuse sans ■<: aucun doute le passage de matières fécales provenant soit de l’homme soit des animaux. Si ces matières sont d’origine banale et proviennent i d’individus sains, le b. coli pourra être présent dans l’eau sans produire d’infection, il n’en sera pas de même si ces matières proviennent de typhoïdiques, de cholériques. Ce n'est pas tant le b . coli qui est 2 dangereux que ce qui peut passer avec lui. Pour Laveran 1 le danger :
i. A. Laveran, Traité d'hygiène militaire, 1896, p. 340.
attribué à la présence du b. coli dans l’eau a été bien exagéré. « Quand on songe, au nombre énorme de coli-bacilles qui existent à la surface de la muqueuse intestinale des individus sains, on se demande en quoi les bacilles introduits avec l’eau peuvent modifier cet état de choses. » Chantemesse 1 a rapporté l’exemple d’agglomérations de jeunes gens qui ont pu boire impunément pendant des mois de l’eau renfermant des coli-bacilles. L. Grimbert l’a trouvé constamment dans les eaux de puits ou de rivière. D’après Miquel le b. coli a existé en 1902 dans l’eau de la Vanne 91,6 fois sur 100 analyses; dans la Dhuys 65,7 p. 100; dans l’Avre 55,7 p. 100.
Mais d’autre part le b. coli ne pourrait pas vivre dans l’eau plus de une à deux semaines. Ce n’est qu’exceptionnellement qu’il y persisterait plus longtemps. En tout cas, il ne s’y multiplierait que dans de rares circonstances. Pour ma part j’ai vu cet organisme vivre jusqu’à une année dans de l’eau stérilisée mais ensemencée en même temps avec certains germes de l’eau tels que l’Agilis ruber et citreus, l’aurantiacus, le brunneus, etc.
La valeur du coli dans les eaux de boisson est loin d’être élucidée. Les eaux de certaines villes indemnes d’épidémies de fièvre typhoïde contiennent le b. coli d’une façon permanente, et parfois en grande proportion. L’absence de fièvre typhoïde dans ces cas peut s’expliquer par une immunité acquise de la part des habitants, mais elle peut aussi être la conséquence de la consommation habituelle par ceux-ci d’une boisson autre que l’eau. L’homme du peuple et le bourgeois dans les villes du Nord par exemple ne boivent que de la bière, la consommation du vin est plus répandue dans le Midi que celle de l’eau. Aussi l’innocuité de telles eaux n’est-elle en réalité bien prouvée que lorsque la garnison, composée d’éléments étrangers soumis au régime de l’eau comme boisson reste indemne. Or il existe en France des garnisons approvisionnées en eau chargée de coli, et où la fièvre typhoïde n’est pas plus fréquente qu’ailleurs.
Faudra-t-il dans ces cas prendre des précautions dans les casernes, et obliger les hommes à faire bouillir constamment leur eau alors que la population civile consomme celle-ci à l’état cru sans danger apparent? Le problème peut à chaque instant se poser devant les chefs du service de santé des corps d’armée. La solution, il faut l’avouer, est difficile. A quel taux le b. coli pourra-t-il être toléré? H. V incent2 admet qu’au-dessus de 50 par litre , l’eau doit être considérée comme médiocre, au-dessus de 100 comme mauvaise.