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Calmette, Ann. de l'Institut Pasteur, vol. XIII, p

c’est que l’eau, avant de subir le traitement, doit être en grande partie débarrassée des matières organiques en suspension ou en dissolution, c’est dire qii elle devra être filtrée et clarifiée avant d'être sou. mise à l'action de V ozone ; de plus, le contact avec l’air ozonisé

doit être intime et pour cela les appareils devront réaliser un dégagement continu d’ozone, aussi est-il nécessaire de pouvoir à

chaque instant contrôler le dégagement du gaz.

Tous les appareils destinés à la stérilisation de l’eau par l’ozone comprennent deux parties : 1° un appareil électrique producteur d’ozone; 2° un récipient dans lequel l’eau est émulsionnée avec l’air ozonisé. Quatre procédés sont actuellement en présence.

Nous n’insisterons pas sur les détails de construction de l’ozoneur et nous nous arrêterons uniquement à une description succincte des émulseurs.

Le stérilisateui de Fl ise consiste en Fig. 43 — Colonne épuratrice du système un cylindre vertical à section circu- de *>ise.

laire ou rectangulaire que l'eau et

l’air traversent ensemble de bas en haut. Pour rendre homogène le mélange d’eau et d’air constitué à la pression de 8 mètres de liquide, on le fait passer à travers des cribles percés de trous de 7 dixièmes de millimètre de diamètre. Les cribles sont en celluloïd. Un essai vient d’être tenté à Tours à la caserne Marescot (fig. 44).

Dans le procédé Ollo 1 l’air ozonisé est mélangé à l’eau de deux façons :

1° Par un émulseur comparable à une trompe à eau; l’air étant aspiré par l’eau elle-même;

2° Par un stérilisateur à plateau. L’eau, déjà chargée d’air ozonisé par l’émulseur, coule de haut en bas dans le stérilisateur qui est constitué par une colonne formée de plateaux variant de 20 à 60 centimètres de diamètre; l’air ozonisé arrive en sens inverse par le bas, l’eau est en couche mince entre les plateaux.

Dans le procédé Abraham et Marmier , le stérilisateur est une colonne de 7 à 8 mètres en maçonnerie, remplie de graviers sur lesquels l’eau descend pendant que monte l’air ozonisé.

1. J. Courmont et E. Lacomme, L'hygiène générale et appliquée , 1906, p. 641.

Des résultats satisfaisants ont été obtenus sur les eaux des sources d’Emmérin à Lille; le système est aussi appliqué sur les eaux de la Loire à Cosne.

La colonne de stérilisation du procédé Siémens et ITalske est constituée par une tour remplie de graviers de petite taille : l’eau filtrée amenée et déversée au sommet ruisselle et se trouve ainsi en contact avec le courant d’air ozonisé qui arrive en sens inverse, de bas en haut. Ce procédé est

Fig. 44. — Ozoniseur vertical de Frise. — Caisse en fonte divisée en trois compartiments 1, 2, 3, renfermant de 2 à 8 éléments composés chacun : 1° d’un cylindre en verre maintenu vertical par des joints étanches et baignant dans l'eau de réfrigération du compartiment n° 1 qui le met en communication avec terre ; 2° d’un cylindre en aluminium isolé par sa partie inférieure à l’aide d’un dispositif en porcelaine, relié par sa partie supérieure au courant à haute tension. Il est cintré dans le cylindre en verre de façon à réserver entre les deux cylindres une gaine annulaire de 1 mm. 1/2. Lorsque le courant passe, jaillit, daus cette gaine, un effluve que traverse l’air à ozoniser.

exploité à Wiesbaden, à Paderborn et à Martinikenfeld près de Berlin; l’eau traitée est celle de la Sprée, qui contient en moyenne 200 000 bactéries par centimètre cube. Après traitement on ne trouve plus que 40 à 50 germes; l’eau est filtrée avant le traitement.

A Liège, en 1905, MM. Gérard, Simon et Schneller ont exposé des installations mobiles capables de fournir 10 mètres cubes d’eau épurée à l’iieure. Tout le matériel nécessaire est contenu dans deux fourgons 1 : l’un porte 8 colonnes de stérilisation de 2 mètres, l’autre un moteur à gazoline de 20 chevaux, une dynamo, le transformateur et les ozoniseurs.

La société de Frise a mis aussi à l’étude dans ces derniers temps un appareil destiné aux armées en campagne et porté sur deux voi-

1. Rouget, Hygiène générale et appliquée, 1907, et Lanel , Bull, de la Soc. de méd. militaire, 1908; Caducée, 6 mars 1909.

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tures à deux roues, l’une portant l’ozoniseur et l’autre la colonne épuratrice.

En résumé : la stérilisation des eaux par l’ozone paraît être destinée à fournir un complément d’épuration à des eaux au oréalable

filtrées; les appareils destinés à la réaliser sont encore très délicats, demandant une grande surveillance. Quant au prix de revient, il ne peut être encore fixé d’une façon certaine; le prix de la stérilisation du mètre cube serait de 0 fr. 01 centime à l’installation d’essai de la caserne Marescot, en consommant 2 grammes d’ozone par mètre cube.

Les rayons ultra-violets et la stérilisation des eaux de boisson '. — La lumière solaire, en passant à travers un prisme, se décompose en sept couleurs simples, dites fondamentales (rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet), qui, en raison de leur réfrangibilité différente, s’étalent à leur sortie du prisme depuis l’arête de celui-ci jusqu’à sa base. Le rouge, moins réfrangible, est la couleur la plus rapprochée de l’arête; le violet, au contraire, est la couleur la plus rapprochée de la base. Ces différentes parties de la lumière n’ont pas seulement le pouvoir d’impressionner notre rétine sous la forme colorée; elles possèdent encore certaines propriétés modificatrices des milieux dans lesquels pénètre la lumière. C’est ainsi qu’on a distingué des rayons plus spécialement calorifiques, lumineux et chimiques. Un thermomètre placé dans le rouge orangé indique une élévation de température beaucoup plus considérable que dans le vert ou le violet. Le jaune paraît plus lumineux. Une plaque photographique est rapidement impressionnée dans le violet, tandis qu’elle ne l’est qu’incomplètement dans le voisinage du rouge. C’est grâce à ces propriétés distinctes qu’on a pu découvrir l’existence de rayons en dehors des limites du spectre. Le thermomètre a permis de déceler l’existence de rayons ultra-rouges, et la photographie celle des ultraviolets, par l’action qu’exercent ceux-ci sur le gélatino-bromure d’argent. Nos yeux ne sont pas construits de façon à voir ces rayons, mais des instruments plus sensibles qu’eux permettent d’en affirmer l’existence. Jusqu’à ces derniers temps, les rayons émis en dehors du spectre n’intéressaient guère que les physiciens, dont les études n’avaient eu jusqu’alors aucune portée pratique, quand, en 1892, Arons, Cooper-LIewitt (de New-York), firent entrer les rayons chimiques (violets et ultra-violets) dans le domaine de la pratique, en découvrant la lampe à vapeur de mercure. Son principe est la luminescence sous l’influence du courant électrique d’une atmosphère de vapeur de mercure à l’intérieur d’un tube dans lequel on a pratiqué le vide.

La lampe Cooper-Hewitt se compose de deux réservoirs mis en communication par un tube de verre. Les deux réservoirs contiennent du mercure et sont mis en relation avec les deux pôles d’une source électrique de courant continu. Lorsque les deux réservoirs sont maintenus horizontalement, il ne se produit rien; mais si on incline l’un d’entre eux de façon à faire déverser dans celui-ci le mercure du récipient opposé, il se produit un court-circuit qui se manifeste par la production d’une lumière brillante vert-bleuâtre,

1. G.-H. Lemoine, Les rayons ultra-violet et la stérilisation des eaux de boisson, Journal des Praticiens, août 1910.

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qui persiste dans le tube de communication même lorsque les réservoirs ont été replacés horizontalement. Cette lumière, presque privée de rayons rouges, est au contraire très riche en rayons violets et ultra-violets.

Or, il est prouvé aujourd’hui que l’action bactéricide, bien connue, de la lumière solaire, est due presque exclusivement aux rayons violets et ultra-violets. Malheureusement, on ne pouvait guère utiliser l’action de la lampe de Cooper-Hewitt, car si le tube de verre, dans lequel se produit la lumière, permet de voir celle-ci, ce verre empêche l’expansion de ces rayons en dehors du tube, s’opposant ainsi à leur contact avec les objets extérieurs, et mettant obstacle par conséquent à leur action destructive sur les microbes. Heroeus, Küch et Kromayer, en 1905, eurent alors l’idée de remplacer le tube de verre par un tube en quartz. Cette substance a la propriété non seulement de laisser passer les rayons ultra-violets, mais encore de supporter des élévations de température beaucoup plus considérables que le verre. Aussi, son emploi permettra-t-il d’augmenter l’intensité du courant qui traverse la lampe, et par là même d’accroître la quantité des rayons ultra-violets produits par le foyer électrique. La lampe de Kromayer, actuellement utilisée, est constituée par deux petits réservoirs à mercure réunis par un tube de quartz en U- Un fil de platine soudé dans la paroi de chaque réservoir sert d’électrode.

Le courant nécessaire au bon fonctionnement de la lampe est de 120 à 140 volts et de 3 à 6 ampères. L’allumage se fait en inclinant le tube. Ces lampes, lorsqu’elles fonctionnent à l’air, s’échauffent très rapidement; aussi faut-il leur adjoindre un système de refroidissement.

L’action physiologique des rayons ultra-violets a été étudiée en France par Bordier et Th. Nogier L Ces auteurs ont vu que l’oxyhémoglobine du sang est réduite en métémoglobine, après quelques moments d’irradiation; la biliverdine est transformée en bilirubine; la chlorophylle perd sa couleur vert clair pour prendre la teinte feuille morte. A dose modérée, les rayons violets et ultra-violets sont des agents de vie et d’énergie. Finsen, en soumettant à l’action de ces rayons des têtards, a provoqué chez eux une vive agitation. Des œufs de poisson placés dans un bocal éclairé par de la lumière violette éclosent plus vite que dans des bocaux éclairés par de la lumière verte (Yung).

Par contre, les irradiations trop prolongées ou trop intenses peuvent produire des accidents ou la mort des éléments soumis à leur

1. Bordier et Th. Nogier, Recherches expérimentales sur la lampe à vapeur de mercure et en quartz, Arch. d’éleclricilé médicale, 10 mai 1908.

action. L’érythème produit par les rayons ultra-violets sur la peau humaine peut s’accompagner d’une vésiculation avec exsudation abondante, puis d’une véritable nécrose superficielle de l’épiderme, si le contact est trop prolongé. Si on fixe ces rayons pendant quelques instants, il peut se produire une conjonctivite intense. Dans ces conditions, les tissus végétaux sont frappés de mort; et c’est ainsi que s’explique Y action bactéricide des rayons ultra-violets. Th. Nogier et Thévenot1 ont constaté que les rayons émis par la lampe de Kromaye-r arrêtaient le développement des cultures microbiennes sur les milieux gélosés.

J. Courmont et Th. Nogier2, en 1909, utilisèrent cette action pour la stérilisation des liquides et de l’eau de boisson, en particulier. En même temps, Dastre 3 préconisait le même procédé pour la stérilisation du lait.

J. Courmont et Th. Nogier ont d’abord établi un premier point important au point de vue pratique, à savoir la nécessité d’agir sur une eau limpide. Dans ces conditions, la lampe de Kromayer (135 volts 4 ampères) peut stériliser une eau très contaminée sur une épaisseur de 0 m , 3 0 au minimum. En se servant d’une source plus puissante de rayons, la zone de stérilisation serait beaucoup plus étendue.

Une eau souillée artificiellement par des cultures de coli au taux de 1 800 000 coli par centimètre cube a été stérilisée dans un espace de temps de quelques secondes à une minute, en employant un courant de 135 volts 9 ampères. Pour une eau ordinaire, contenant 100 coli par centimètre cube, la stérilisation est absolue en quelques secondes. Elle est pour ainsi dire instantanée. Ces résultats ont été confirmés par Miquel, Cernovodéanu, Cambier et Y. Henri, Vallet, etc.

Miquel a étudié l’action épuratrice des rayons ultra-violets avec l’appareil Nogier, sur l’eau de la canalisation de la ville de Paris, et sur l’eau artificiellement polluée avec du coli ou avec des bacilles sporulés, du genre mésentérium, espèce qui résiste à l’ébullition de l’eau soutenue plusieurs heures.

La stérilisation a été obtenue dans tous les cas, l’eau ne faisant que traverser l’appareil et débitant 80 litres à l’heure.

Cambier4, en se servant d’un appareil construit par Lequeux, et

1. Nogier et Thévenot, Pouvoir bactéricide de la lampe à vapeur de mercure et en quartz, Congrès de A. F. pour l'avancement des Sciences, en 1908.

2. J. Courmont et Th. Nogier, Acad, des Sciences , 22 février, 2 mars, 12 juillet, 2 août 1909, et Revue d'hygiène générale et appliquée , 8 janvier 1910.

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