P. Testi, Giornale medico de R. Esercito, septembre
EPURATION DE L’EAU DE BOISSON
riences de Püfhl. Morgenroth et Weigt ont constaté que l’eau du Pei-ho, qui contenait 1 500 germes par centimètre cube, n’en contenait plus que J 50 après le traitement. C’est assez dire le degré d’épuration obtenu par cette méthode. La seule objection qui puisse lui être faite, c’est d’exiger le transport d’ampoules fragiles contenant l’antiseptique.
L’iode a été proposée pour la stérilisation des eaux par le pharmacien principal Allain1, en 1894. De ses expériences, cet auteur conclut que l’emploi de l’iode à la dose de 1/100 000 et après une demiheure de contact permet d’épurer les eaux en tuant la majorité des germes pathogènes trouvés dans l’eau et atténuant la virulence des toxines. Ce corps est susceptible d’être éliminé après neutralisation par l’hyposulfite de soude, à l’aide du charbon. L’eau ainsi traitée est limpide, incolore, sans goût désagréable, suffisamment aérée et ne contient plus que des traces d’iode à l’état d’iodures, traces dont le poids par litre d’eau épurée n’atteint jamais 5 milligrammes. Mellière 2 préconise également l’iode à 1/200 000 pour stériliser les eaux de source.
M. le médecin inspecteur général Yaillard3, en collaboration avec le médecin principal Simonin et le pharmacien principal Georges, a fait entrer l’emploi de ce corps dans la pratique courante, grâce à l’emploi de comprimés d’iodate de soude.
La méthode étudiée par ces auteurs consiste à verser dans l’eau à épurer :
1° Un comprimé d’iodate de soude 0,01 + Kl 0,10 (p. un litre).
2° Un comprimé d’acide tartrique destiné à libérer l’iode à l’état
naissant.
On laisse en contact dix minutes, puis on ajoute :
3Ü Un comprimé d’hyposulfite de soude, qui décolore presque immédiatement l’eau colorée en jaune par l’iode mis en liberté par la première opération. 11 faut avoir soin d’opérer sur une petite quantité d’eau : 100 à 200 centimètres cubes, sans cela l’acide tartrique, en présence d’une trop grande quantité de carbonate de chaux normalement contenue dans l’eau, ne servirait qu’à former un tartrate de chaux et il ne resterait pas en quantité suffisante pour décomposer l’iodate de soude et mettre l’iode en liberté. On compte un comprimé pour un litre d’eau environ. Après donc dissolution des trois comprimés dans 100 centimètres cubes d’eau, on ajoute celle-ci aux 900 centimètres cubes restant.
1. Allain, Stérilisation à froid des eaux de boisson, Bull, de la Soc. scientifique indus trielle de Marseille, 1895.