CHAPITRE XV VÊTEMENTS
Qualités que doivent posséder les étojfes. Leur imperméabilisation.
Vêtements militaires en particulier : Vêtements du tronc; coiffure; vêtement des extrémités. Chaussure.
I. Rôle général que doit remplir le vêtement. — Les vêtements ont pour but de maintenir constante la température du corps. Pour cela ils devront être constitués de façon à ménager autour de la surface cutanée une couche d’air plus ou moins épaisse, suivant les conditions de la température. Celle-ci est-elle froide, la couche d’air devra être épaisse et immobilisée autant que possible. Les étoffes de laine emprisonnant l’air dans leurs mailles multiples répondront mieux que toute autre à cette indication. Il en sera de même pour d’autres étoffes, si celles-ci sont superposées en plusieurs couches à la surface du corps. La température, au contraire, est-elle élevée, on aura recours à des étoffes de soie ou de coton aussi minces que possible, et la forme sera déterminée de façon à mobiliser l’air pour hâter l’évaporation de la sueur dont la sécrétion a pour but de rafraîchir la surface cutanée.
Cependant cette évaporation ne doit pas être assez intense pour produire un refroidissement brusque, c’est pourquoi, dans les pays chauds et secs, les vêtements de laine à larges mailles seront plus indiqués que les vêtements de toile ou de coton, ceux-ci étant réservés au séjour dans une atmosphère chaude et humide, comme celle des climats équatoriaux.
Lemoine. — Traité d’hyg. milit.
Le vêtement militaire doit en outre remplir certaines conditions particulières. Il doit avant tout permettre à l’homme de cacher sa présence. La couleur acquiert donc une importance de premier ordre. Bien que celle ci possède certaines qualités hygiéniques, dont on devrait tenir compte, pour le soldat, la couleur doit avoir surtout un rôle défensif, et toute autre considération lui sera subordonnée.
De nombreuses expériences ont été exécutées pour fixer les qualités hygiéniques des étoffes au point de vue de leur action protectrice contre le froid et la chaleur. Les résultats ont été à peu de choses près j concordants.
Contre le froid les étoffes de laine ont une supériorité incontestable. !
Celles de toile et de coton permettent de mieux lutter contre la chaleur.
Quant à la visibilité , les expériences du médecin inspecteur Trifaud, de J. Gérard, de Devismes, ont démontré la supériorité ; des couleurs grises et brunes.
Enfin on a cherché à parfaire leur rôle protecteur contre les intempéries et surtout contre la pluie en recourant à l’imperméabilisation. Cette dernière question mérite que nous nous y arrêtions un peu plus longuement en raison de son importance militaire.
Imperméabilisation des vêtements. — Le véritable tissu hygiénique pour habits et manteaux serait celui qui, étant imperméable à l’eau ne le serait pas à l’air et à la vapeur d’eau. C’est à résoudre ce problème, si important, que se sont attachés depuis longtemps les hygiénistes militaires.
L’eau absorbée par un vêtement diminue sa perméabilité aux gaz : elle entrave donc l’évaporation de la sueur. Par contre, elle augmente la conductibilité calorifique, ainsi que le pouvoir émissif, et amène une plus grande perte de chaleur. De plus, cette eau qui imprègne les vêtements s’évapore plus ou moins vite, mais toujours en soustrayant au corps une certaine quantité de chaleur.
On est donc amené tout naturellement à imperméabiliser les vêtements. On a employé au début le caoutchouc, la gutta-percha. Mais on reconnut bien vite que ces vêtements, imperméables à l’air comme à l’eau, empêchaient toute évaporation et devenaient rapidement insupportables après un travail ou une marche. Il en est de même pour les vêtements huilés ou goudronnés que portent encore beaucoup de marins.
Le problème était beaucoup plus complexe puisqu’il s’agissait de rendre une étoffe imperméable à l’eau sans diminuer, sensiblement, tout au moins, sa perméabilité aux gaz et à la vapeur d’eau.
VÊTEMENTS
C’est alors qu’on essaya de déposer dans les mailles de l’étoffe un précipité de savon insoluble, après avoir traité ces étoffes par une solution d’alumine.
Dujardin traite les vêtements par les deux solutions suivantes :
(Alun de potasse
Acétate de plomb
a < Bicarbonate de potasse
i Sulfate de soude
(. Eau
t Savon d'huile
b ) Eau
1 kg.
0,600 0,600 150 litres.
0,450 150 litres.
Balland emploie une solution d’alumine à 1/50.
Acétate d’alumine liquide marquant 6 à 7° à
l’aréomètre 1 kg.
Eau. 40 à 50 litres.
Le kilogramme d’acétate d’alumine coûte 1 franc environ. Le vêtement est passé quatre fois dans le bain, puis séché à l’air et à l’ombre. Ce bain ne convient guère qu’à la laine et aux tissus grossiers.
Hilier emploie pour les étoffes une solution bouillante d’alun à
2 p. 100, puis une solution de savon blanc de soude à 30 p. 100, où les tissus restent quinze minutes. Ils sont ensuite essorés et séchés.
Les vêtements sont immergés dans la solution suivante pendant quinze minutes :
Sulfate d’alumine..
Acétate de plomb. . .
Eau
Essorer et sécher.
Le procédé Cathoire consiste à immerger d’abord les tissus pendant dix heures dans une solution d’acétate ou de sulfate d’alumine à
3 p. 100, puis dans de l’eau savonneuse, et, après séchage, on les traite par la solution suivante :
Paraffine fusible à 53" 2 parties.
Vaseline 1 —
Celle-ci est dissoute dans l’essence de pétrole à la dose de 25 grammes pour un litre d’essence et on emploie ensuite ce liquide en pulvérisations, jusqu’à ruissellement, par imbibition à l’éponge ou par immersion.
20 parties.
Le médecin principal Berthier 1 indique un autre procédé d’imperméabilisation des vêtements. Cet auteur remarquant que les burnous des Arabes faits avec de la laine brute sont imperméables en conclut qu’il suffirait de restituer aux vêtements le suint enlevé à la laine par les diverses manipulations qu’elle a subies.
Dans ce but, il employa d’abord la lanoline, produit d’épuration de la suintine, débarrassée des savons, des acides gras et ainsi rendue neutre : il lui substitua ensuite un produit similaire qu’il appela le « suint neutre 1 » provenant des établissements de peignage de laines; ce « suint neutre 1 » est dissout à raison de 10 grammes par litre d’essence légère de pétrole. On plonge le vêtement dans cette solution et on le tord, ou bien on l’imbibe avec une éponge. La seule condition est que le vêtement soit propre. Berthier a calculé qu’il suffirait de deux litres de solution pour imperméa- ' biliser une capote, un pantalon et un képi.
Des expériences comparatives furent exécutées. Des effets vieux, traités les uns par l’alumine, les autres par la suintine, furent portés à la pluie et au soleil sans aucun malaise. A l’occasion de marches d’épreuve, ils furent soumis à une pluie d’orage de vingt minutes. Les vêtements imprégnés à la suintine ne furent pas traversés et séchèrent en une demi-heure alors que les vêtements non imperméabilisés furent complètement trempés et restèrent mouillés très longtemps.
En 1903, j’ai repris avec le médecin principal Ferrier des études sur le procédé à l’alumine et sur le procédé Balland en particulier.
On se servit, pour rechercher la perméabilité à l’air, d’un vase de Mariotte communiquant avec un flacon de 2 litres. L’orifice du flacon fut fermé par un échantillon de l’étoffe à expérimenter. Plus celle-ci serait perméable à l’air, plus l’eau s’écoulerait rapidement.
On obtint les chiffres suivants :
Avec les draps non imperméabilisés, écoulement en. . . . 5'12"
— imperméabilisés, écoulement en 5'50"
L’imperméabilité à l’air est donc très légèrement diminuée.
Pour se rendre compte de la perméabilité à l’eau, les étoffes furent fixées à la partie inférieure d’un cylindre en cuivre, dans lequel on mit 440 centimètres cubes d’eau, de façon à obtenir sur la face supé- 1 rieure de l’étoffe une pression de 10 centimètres. Un vase gradué, 1 placé au-dessous, donne la quantité d’eau écoulée en un temps donné.
1. Berthier, Utilisation du suint en hygiène, Revue d'hygiène, 1898.
VÊTEMENTS
Avec les étoffes non imperméabilisées, presque toute l’eau (430 centimètres cubes) s’écoule en dix minutes, alors qu’avec les étoffes imperméabilisées, c’est à peine si l’on sent un léger suintement après cinquante à soixante-douze heures.
Gomme l’avait vu déjà Krotov, les frottements, les tiraillements, l’usure des vêtements diminuent leur imperméabilité. Il faut soumettre les étoffes à des frottements violents pour amener un écoulement de 1 à 2 centimètres cubes en vingt-quatre heures, avec des étoffes neuves ayant été récemment imprégnées. Mais il n’en est pas de même si les frottements se produisent pendant le contact de l’étoffe avec l’eau, comme le fait le sac ou le fusil du fantassin marchant sous la pluie. Ayant introduit dans le cylindre un tampon qui frotte l’étoffe pendant le cours de l’expérience, on a noté que :
La toile neuve imperméabilisée est traversée en . . . 5 minutes,
usée — — en ... 4 —
L’imperméabilisation ne pourra donc jamais être aussi parfaite au niveau des plis, des emmanchures, partout enfin où le vêtement est soumis à des frottements.
L’imperméabilisation augmente la résistance des tissus et la durée des vêtements.
La désinfection altère l’enduit imperméabilisant, puisque, en trois heures, les échantillons retirés de l’étuve Geneste-Herscher laissèrent filtrer 303 centimètres cubes d’eau.
Nous avons de plus complété les données du laboratoire par les renseignements que pourrait donner le port du vêtement imperméabilisé. Il fallait pour cela s’adresser à des hommes habitués à analyser leurs sensations. Plusieurs médecins aides-majors du Yal-de- Grâce revêtirent des capotes imperméabilisées. Ils n’en ressentirent aucun malaise : il n’y aurait pas accumulation de sueur. Mais ces résultats si satisfaisants par un temps de pluie, le sont-ils encore par un temps sec et chaud? La pluie fait augmenter de 2 kilogrammes le poids de la capote ordinaire, l’eau obture les pores du tissu et diminue donc considérablement sa perméabilité à l’air : rien de surprenant à ce que l’homme se trouve mieux du port d’un vêtement imperméabilisé. Mais en temps sec et chaud, l’évaporation ne se fera-t-elle pas mieux avec un vêtement non imprégné. C’est dans ce but que furent instituées des expériences officielles qui portèrent sur deux régiments de cavalerie et deux régiments d’infanterie.
L’expérience montra que les effets imperméabilisés étaient raides et difficiles à rouler. L’usure serait plus rapide et les effets se tache-
raient plus rapidement. Certains sujets se plaignirent de l'augmentation de poids des vêtements. Ce dernier grief semble exagéré car les expériences montrent qu’il suffit de 8 à 10 grammes d’acétate d’alumine par mètre de drap et 4 à 5 grammes par mètre de toile. La capote comprend 2 m. 08 de drap et 1 m. 20 de toile environ, soit une augmentation de poids de 16 grammes environ pour une capote. Le manteau comprend 3 m. 90 de drap et 1 m. 75 de toile, soit 43 grammes d’augmentation,
Enfin, on interrogea les soldats qui avaient porté ces vêtements au point de vue subjectif, sur les sensations éprouvées. Ils déclarèrent que l’imperméabilisation des vêtements augmentait la transpiration, rendait leur port pénible et causait des malaises nombreux. Le résultat parut même si mauvais qu’après les essais faits dans certains corps, on conclut au rejet de ces vêtements. La diminution très légère de la perméabilité à l’air que nous avons trouvée explique suffisamment ce résultat. Il ne peut y avoir de procédé d* imperméabilisation qui laisse absolument intacte la perméabilité des étoffes à l'air.
Il est donc à craindre que, en pratique, le port du vêtement imperméabilisé soit pénible, surtout par les temps chauds.
Le vêtement imperméabilisé n est bon que pour la pluie. Or , si on imperméabilise les vêtements usuels du soldat , on l'expose, pour un bénéfice accidentel, à souffrir le reste du temps.
Aussi la solution du problème semble-t-elle dans l'adoption d'un vêtement de pluie, analogue au vêtement de l’armée suisse.
Il serait désirable qu’on donnât au soldat une pèlerine en tissu léger, imperméabilisé, protégeant en même temps l’homme et le sac et constituant un vêtement spécial pour la pluie, pouvant en même temps servir à le protéger contre le sol au bivouac.
IL Vêtements en particulier. — Qualités générales. — Le vêtement militaire doit remplir les conditions suivantes :
Avant tout, il doit être invisible. Bien que cette qualité n’ait rien à voir avec l’hygiène, la nécessité dans laquelle se trouve l’hygiéniste militaire d’en tenir compte nous fait inscrire ce desiderata en tête des qualités exigibles de l’uniforme militaire.
La couleur d’ailleurs dépend beaucoup du pays dans lequel se poursuit une campagne, c’est-à-dire qu’on ne saurait à ce point de vue tracer de règle précise.
Cependant, d une façon générale, les couleurs noires et blanches doivent être bannies, et l’adoption du gris bleu, du beige semble devoir être préférée.
VÊTEMENTS 359
En second lieu, la coiffure et le vêtement du tronc seront toujours de la même teinte.
Il faut en effet éviter les oppositions de lumière résultant de l’emploi de plusieurs couleurs.
La seconde qualité demandée à Luniforme militaire est d’être commode, facile à ajuster, de ne serrer ni le cou, ni la poitrine, ni la ceinture. Il doit être en rapport avec les conditions de température et de climat propres au pays où l’armée réside ou fait campagne.
Il sera peu varié, en raison de la nécessité d’avoir de grands approvisionnements constitués le plus simplement et le plus économiquement possible.
Il doit être suffisamment élégant.
Certains pensent qu’il serait nécessaire d’adopter une tenue de campagne différente de celle du temps de paix, car la tenue de campagne, pour être vraiment pratique, doit s’éloigner de tous nos uniformes actuels, qui, malgré tout, conservent un peu de ce cachet d’apparat nécessité par la présence de l'armée aux pompes et cérémonies civiles et militaires du temps de paix.
C’est ainsi que, pendant la guerre russo-japonaise, les Russes, pendant le second été, abandonnèrent leur tunique pour la blouse et que les Japonais quittèrent leurs uniformes réglementaires pour revêtir une simple veste bleu foncé à un rang de boutons pendant l’hiver et une veste en toile khaki pendant l’été.
A. Vêtements du tronc. — La tunique tend à devenir commune à toutes les armes.
La suppression de l’épais plastron de l’ancienne tunique et des deux rangées de boutons l’a beaucoup améliorée. Elle est actuellement courte et s’ouvre facilement. Malgré les tendances de la mode actuelle, elle doit être ample et large.
La vareuse et la blouse semblent encore plus commodes.
La capote est jugée très différemment par ceux qui l’ont portée. Pour les uns, c’est un excellent vêtement de marche parce qu’il est ample, qu’il n’apporte aucune gêne aux mouvements et que, grâce à la faculté laissée aux hommes de déboutonner les premiers boutons, elle permet de libérer le cou de toute étreinte. Pour les autres, ce vêtement, bien que présentant réellement les qualités ci-dessus énumérées, est trop chaud, et cet inconvénient annihile tous les autres avantages.
Il paraît irrationnel, en effet, d’imposer aux hommes le port d’un manteau par tous les temps en été. Certaines armées ont supprimé la capote d’une façon absolue. Depuis 1904, l’armée suisse essaie de la remplacer par la tente manteau du D1 Koller, formée d’un rectangle
de drap long de 2 mètres et large de 1 m. 30, portée comme un puncho, c’est-à-dire laissant passer la tête par une fente placée au milieu et pouvant se fermer sur les côtés au moyen de boutons. Ce carré de drap, facile à rouler et à paqueter, est porté, dès qu’il pleut, par-dessus l’équipement. Cette transformation du vêtement de nos hommes, à tout point de vue désirable, a comme corollaire obligé l’adoption d’un vêtement large tel que la vareuse ou la blouse.
On peut remplacer le manteau par des pelisses en peau de mouton, comme cela s’est fait en 1870 pendant le siège de Paris et encore dernièrement en Mandchourie; les Russes ont même utilisé des robes de chambre fourrées pendant l’hiver.
Le manteau de cavalerie est excellent à cheval. Il protège en particulier les mains qui, immobilisées par la tenue des rênes, sont exposées à la pluie et aux refroidissements. A pied, il est un peu lourd à supporter.
Les vestes et blouses de toile, très bons vêtements d’intérieur, sont surtout usitées dans les pays chauds. Leur légèreté peut dans nos climats occasionner des refroidissements pendant les repos qui suivent des exercices ayant provoqué une forte transpiration.
Le vêtement de toile, dit de treillis, se revêt d’ordinaire par-dessus l’uniforme, et protège ce dernier contre les souillures pendant les corvées et autres exercices intérieurs.
La cravate nécessaire à la correction de la tenue est en même temps un bon moyen de protéger le cou contre le froid et contre les frottements du col de la tunique. Elle ne doit pas être trop serrée.
Le gilet devrait être réglementaire, c’est un vêtement véritable. Le gilet de laine, dit gilet de chasse, que bon nombre d’hommes apportent au régiment, devrait voir son usage généralisé.
La ceinture de flanelle, qui était réglementaire il y a quelques années pour toute l'armée, peut jusqu’à un certain point remplacer le gilet, mais une circulaire du 6 juin 1905 en a supprimé le port habituel dans les corps de troupe stationnés en Afrique. Cependant, ceuxci peuvent en constituer de petits approvisionnements pour les hommes malades à l’infirmerie.
Cette ceinture est cependant presque indispensable en campagne. C’est une couverture de plus pour l’abdomen, pendant les nuits fraîches du bivouac. C’est un premier moyen curatif dans les cas de coliques et de diarrhée dont souffrent si souvent les hommes.
Les chemises de coton sont actuellement remplacées par des chemises de coton-flanelle. Chaque homme en possède trois. Le soldat allemand en reçoit un nombre égal. En Angleterre, ces chemises sont en toile, elles peuvent être remplacées par deux chemises de laine.
VÊTEMENTS
Armées étrangères. — En Allemagne ' . — Les essais avec les nouveaux uniformes de campagne sont terminés. On a commencé leur fabrication en masse. Le col droit est remplacé par un col rabattu qui, étant relevé, protège les oreilles; la cravate à boucle est remplacée par un foulard pratique en étoffe grise. La couleur fondamentale pour les chasseurs et les tirailleurs est le vert de campagne; pour les autres armes, c’est le gris de campagne avec une légère teinte brunâtre. La tunique, le col, les garnitures et les épaulettes sont d’une seule et même étoffe. Les différentes armes ne se distinguent que par des lisérés étroits autour du col et des garnitures; ces lisérés sont de la couleur traditionnelle des armes respectives; quant aux corps d’armée, ils sont reconnaissables à des lisérés de la couleur traditionnelle de chaque corps, qui bordent les épaulettes. Ces lisérés de couleur, d’une faible largeur, ne sont plus perceptibles à l’œil à une distance de quelques pas. Quant au reste, on a évité de même tout ce qui est voyant.
Les boutons qui brillent au soleil ont été abandonnés et sont remplacés par d’autres d’un bronze mat.
Les officiers ne sont pas vêtus d’une manière plus voyante que les hommes. En cas de mobilisation, ils recevront leurs tuniques des magasins d’habillement régimentaires; ces tuniques seront payées sur les fonds de mobilisation. Les tuniques des officiers, quant à leur couleur, ne se distinguent en rien de celles des simples soldats. En remplacement des épaulettes en argent, les officiers recevront les épaulettes en drap des hommes sur lesquelles seront fixés les insignes du grade et du régiment en bronze mat. L’écharpe de campagne disparaîtra également; un ceinturon en cuir avec un petit signe distinctif en argent rendra le même service. Le manchon, couleur de roseau, rend inoffensif le casque qui brille au loin. Sa pointe peut être dévissée à l’entrée en campagne. Les aiguillettes en or et en argent des officiers des troupes à cheval seront remplacées par des courroies en cuir brun verni, telles que les portent actuellement déjà les officiers des chasseurs à cheval.
On va permettre aux officiers de porter, dans le service, en remplacement des grandes bottes, des brodequins bruns et des guêtres de même couleur. Ceux à cheval y adapteront des éperons.
Angleterre1 2. — ■ a. Une capote gris noir à un rang de boutons métalliques avec collet retombant.
b. Une tunique en étoffe de laine de couleur rouge écarlate à un
1. Caducée , 1908, p. 123, extrait du Messager d’Alsace-Lorraine.