La.vi.sse, Sac au dos, Hachette
rang de boutons; le collet droit se ferme par devant à l’aide d’une petite patte en cuir noir, qui tient lieu de col. Deux agrafes, fixées de chaque côté à hauteur des hanches, servent à soutenir le ceinturon.
c. Un pantalon en drap bleu foncé avec passepoil rouge. Aux colonies, la tunique et le pantalon sont en kaki.
Autriche. — a. Un manteau en drap bleu foncé à deux rangs de boutons, portant un collet retombant et des parements aux manches.
h. Une blouse en drap bleu foncé avec col droit se fermant sur le milieu de la poitrine par un seul rang de boutons en corne dissimulés, d’ailleurs, sous une languette de drap.
c. Un pantalon en drap bleu.
d. Un col noir avec liséré blanc.
Armée belge, — a. Une capote en drap gris foncé avec collet retombant : les devants se croisent sur la poitrine. Un crochet en cuivre destiné à supporter le ceinturon est fixé sur chacun des côtés de la capote à hauteur des hanches.
b. Une veste, assez longue pour recouvrir le ventre, qui se ferme droit sur la poitrine au moyen de six boutons; un crochet-support de ceinturon se trouve sur le côté gauche.
c. Un pantalon en drap gris foncé avec passepoil jonquille qui porte une ceinture en cuir engagée entre la doublure et le drap et dont les extrémités font saillie à l’arrière, pour tenir lieu de boucle.
d. Un col en lasting noir, bordé de même teinte, qui s’attache au moyen d’une boucle et d’une martingale en cuir.
Armée espagnole. — a. Une capote (capote) en drap bleu, à collet droit, portant deux rangs de boutons sur la poitrine; deux crochets fixés de chaque côté du vêtement, à hauleur des hanches, servant à soutenir le ceinturon.
b. Une pèlerine courte (esclavina) en drap bleu foncé.
c. Une vareuse ample (guerrera) d’étoffe et de couleur semblables, à collet droit, fermée par un seul rang de boutons en cuivre.
d. Un pantalon de drap (pantalon de pano) écarlate, portant deux bandes en drap bleu foncé, sur la couture extérieure. En été, le pantalon et la vareuse en drap sont remplacés par un pantalon et une veste en cotonnade.
Armée italienne. — a. Une capote (capotto) en drap bleu à un rang de boutons de métal blanc avec collet rabattu; les pans de la capote se relèvent et se rejoignent derrière le dos en se boutonnant l’un sur l’autre.
L’attache de la manche à l’épaule est surmontée d’un bourrelet en drap, su.r lequel se trouve un écusson portant le numéro du régiment.
VÊTEMENTS 363
b. Une veste de toile avec passepoil rouge et un pantalon de toile.
A rmée japonaise. — Par suite de l’expérience acquise au cours de la dernière guerre, l’uniforme de campagne de l’armée japonaise a été récemment changé d’une manière radicale.
On sait que, pour toutes les armées, il était de couleur foncée, presque noire, avec les bandes du pantalon différenciant les armes entre elles, sauf pour la cavalerie et la gendarmerie qui portaient le pantalon rouge garance (avec bande verte ou noire respectivement).
Désormais, tous les effets d’habillement pour la troupe dans toutes les circonstances, et pour les officiers, en tenue de campagne, seront de couleur kaki, sans exception, en drap pour l’hiver et en toile pour l’été.
La forme de la casquette, qui ressemblait à la casquette allemande un peu surélevée, est aussi modifiée et se rapproche beaucoup de la forme de la casquette russe.
Celle des officiers est la même que celle de la troupe sans aucune distinction de grade. Pour toute l’armée uniformément, le turban est rouge. La Garde Impériale qui, jusqu’ici, se différenciait par un turban rouge (il était jaune pour la ligne), reçoit un ornement représentant des feuilles et des fleurs de cerisier, placé sur le devant du turban, sous l’étoile qui est le signe distinctif de l’armée japonaise.
Les bandes du pantalon sont supprimées et remplacées par des passepoils de couleur rouge pour toutes les armes (le pantalon de toile n’a rien).
Les boutons sont en métal jaune, unis et mats pour les combattants, en métal blanc pour les non-combattants.
Les armes ou services se distinguent entre eux par la couleur de l’écusson du col, qui est en drap noir pour la gendarmerie, rouge pour l’infanterie, vert clair pour la- cavalerie, jaune pour l’artillerie, lie de vin pour le génie, bleu pour le train, gris brun pour l’intendance, vert foncé pour les services de santé et vétérinaire.
Dans les corps de troupe (régiments ou bataillons et compagnies formant corps), l’écusson reçoit un numéro en chiffres arabes pour l’armée active, en chiffres romains pour le Robi (armée de réserve) et, pour le Roumain (armée territoriale), celui de droite porte un chiffre romain, celui de gauche un chiffre arabe.
Les numéros sont en métal jaune pour les combattants, en blanc pour les non-combattants.
Les vêtements d’officiers et de soldats ne se différencient guère que par le nombre et la disposition des poches.
La tenue de campagne des officiers devient absolument pareille à
celle de la troupe et les grades ne se distinguent plus qu’au moyen de pattes d’épaules.
Russie. Effets cÉ habillement . — a. Une capote en drap gris avec collet rabattu; les manches sont munies de parements.
b. Une tunique ample en drap vert foncé avec collet droit, passepoilé de rouge et pattes d’épaule en drap écarlate, portant le numéro du régiment ou de la division, sauf dans la Garde.
La tunique s’agrafe sur le côté droit sans que le système de fermeture soit apparent.
c. Un pantalon en drap vert sombre.
d. Un capuchon (bachlick).
Suisse. Effets d' habillement. — a . Une capote en drap bleu mêlé, à col rabattu, portant sur le devant deux rangs de boutons en métal blanc; les manches sont munies de parements qui peuvent se rabattre sur les mains.
b. Une tunique à collet droit, en drap bleu foncé avec passepoils écarlates et deux rangs de boutons.
Dans la jupe gauche et par devant se trouve une poche pour y loger le paquet de pansement.
A hauteur de ceinture, de chaque côté de la tunique, sont fixés deux crochets métalliques sur lesquels repose le ceinturon.
c. Un pantalon en drap bleu foncé avec passepoils écarlates.
B. La Coiffure. — La coiffure sera légère, elle doit protéger les yeux et le visage, garantir contre le soleil, la pluie, le froid et en guerre contre les chocs.
Or, à tous ces points de vue, notre képi est anti-hygiénique et antirationnel.
Il ne protège ni la nuque ni la partie postérieure du crâne. En cas de pluie, il devient une éponge. Enfin, en temps de guerre, il ne peut avoir aucune action protectrice.
Le schako, lourd et incommode, a été à juste raison abandonné; son point d’appui se faisant uniquement sur le front, occasionne une pesanteur désagréable et souvent de la migraine.
Le casque métallique de notre cavalerie, très centré, s’équilibre bien sur la tète, mais, outre qu’il est trop visible de loin, il a l’inconvénient de s’échauffer au soleil, d’emmagasiner ainsi une notable quantité de chaleur. Géraud a trouvé une température de 52° à l’intérieur de cette coiffure.
Le casque colonial a tous les avantages pour lui. Sa composition est des plus légères : toile supportée par une armature de sureau. Son principal perfectionnement réside dans son aération, qui s’opère de bas en haut par un courant venant rafraîchir en même temps le
VÊTEMENTS
front. La coiffe est en effet isolée, et ménage un espace libre entre son bandeau et le casque lui-même. L’air circulant autour du crâne s’échappe par une ventouse supérieure.
On essaie en ce moment un casque en acier chromé, qui, au double point de vue militaire et hygiénique , semble remplir d’excellentes conditions, arme défensive d’une certaine valeur, elle protège d’autre part la tête contre le soleil et la pluie d’une façon suffisante; bien centrée, elle ne pèse pas sur le front; de légères modifications permettraient une ventilation plus active.
Le béret des troupes des Alpes ainsi que le bonnet russe sont des coiffures se moulant bien sur le crâne, mais elles ne sont pratiques qu’en régions froides, montagneuses, et surtout exposées à des vents violents. La stabilité du béret, en ce dernier cas, en fait une coiffure parfaite que les montagnards connaissent depuis longtemps.
Le bonnet de police sert dans les cantonnements et surtout au bivouac. Il est commode pour les nuits en plein air, mauvais pour les marches.
Le couvre-nuque a le grand inconvénient d’intercepter l’aération de la partie postérieure du crâne. D’instinct, les hommes le remplacent par leur mouchoir, plus léger, plus mobile, et qui, mouillé et soumis à une évaporation rapide, rafraîchit assez bien la tête.
G. Vêtements des extrémités. — Le pantalon doit avoir les mêmes qualités que nous avons énumérées pour l’habillement en général. Il ne doit pas être trop serré à la ceinture et posséder une amplitude suffisante pour permettre à l’air de circuler; cependant, sa fermeture dans le bas par des guêtres en toile ou en cuir s’impose pour les marches.
Le pantalon basané de la cavalerie et de l’artillerie a été supprimé et remplacé par une culotte de drap. Le soldat français possède encore deux caleçons en toile de cretonne de coton. Ce vêtement est absolument indispensable pour protéger la peau contre le frottement de la laine du pantalon et de plus nécessaire pour la propreté.
Les gants sont surtout utiles en été pour la bonne tenue des hommes. En hiver, s’ils sont suffisamments chauds, ils constituent une protection précieuse surtout pour les cavaliers et conducteurs. Le soldat français possède maintenant des gants de laine comme en Allemagne.
Pour les chaussettes, on ne peut que regretter leur absence parmi les vêtements que l’Etat donne aux troupes.
En Allemagne chaque soldat possède 2 paires de chaussettes de laine; en Angleterre, 3; en Suisse, 2. — Le soldat russe est muni de bandes de toile et de morceaux de drap pour envelopper le pied.
Cliaussures. — Question humble, en apparence, de premier ordre en réalité.
Pour le fantassin, la chaussure est l’élément principal du vêtement; son aptitude à combattre est en effet subordonnée à son aptitude à la marche et celle-ci dépend essentiellement de sa chaussure ; ce sont les jambes plutôt que les bras qui gagnent les batailles. La chaussure a pour le fantassin la même importance que la monture pour le cavalier. « Or, chose extraordinaire, écrit Golliez1, chaque vétérinaire et chaque propriétaire de cheval s’inquiète de la ferrure de sa bête; continuellement, on s’efforce de l’améliorer, et celui-là est réputé le meilleur maréchal-ferrant, qui réussit à donner au fer la forme la plus appropriée au pied du cheval. Pour l’homme, c’est l’inverse, il gémit sous le joug de la mode et pour exhiber une chaussure élégante, il cogne son pied dans un soulier d’une forme contre nature, aussi, les lésions produites par les chaussures sontelles nombreuses. »
Tourraine2 estimait que, dans les premiers jours de marche, une colonne avait 25 à 30 p. 100 de l’effectif plus ou moins blessé aux pieds et que 10 p. 100 venaient réclamer les soins du médecin.
En Allemagne, Brandt von Lindau3 écrivait en 1883 que, dans l’armée allemande, le nombre des exemptions de service pour maladies des pieds s’élevait à 60 000 par an.
De plus, les chaussures étroites sont souvent le point de départ de déformation des doigts de pied, de chevauchement des orteils, d’orteils en marteau, d’ostéites, d’oignons, de cors, etc.
Quelles sont donc les conditions générales auxquelles doit répondre une bonne chaussure? L’idéal serait de faire confectionner la chaussure d’après le pied de chacun. Si cela est possible dans la vie civile, il n’en est pas de même dans l’armée, où il faut constamment des approvisionnements considérables. En France, les réservistes, lors des appels annuels, sont invités à apporter avec eux une paire de brodequins faits à leur pied d’après un modèle donné par l’administration de la guerre et dont le prix, en cas de mobilisation, leur est remboursé, mais c’est là une mesure purement facultative, et qu’il serait peu pratique de généraliser.
Il faut donc trouver le moyen de confectionner les chaussures de types assez variés pour convenir aux divers éléments du groupe militaire.
1. Dr Golliez, Principes d'hygiène militaire pour officiers et soldats de Varmée suisse > Lausanne, 1873, p. 17.
2. Tourraine, Note sur la chaussure du fantassin. Rec. Méd. militaire, 1872, vol. XXVIII,
3. Brandt von Lindau, Des deutschen Sublaten fass Fusskleidung.
VÊTEMENTS
Les qualités qu’elles doivent présenter sont énumérées à l’article 357 du règlement sur le service intérieur.
Les chaussures doivent être adaptées à la conformation du pied ; elles ne doivent présenter à l’intérieur ni aspérités, ni saillies, ni coutures mal effacées, ni vis métallique.
Elles doivent avoir 2 centimètres environ de longueur de plus que le pied lui-même; leur largeur doit être suffisante à la partie antérieure pour que les doigts ne chevauchent pas, et l’empeigne doit avoir assez d’ampleur pour permettre au pied de s’étendre en posant à terre, de se cambrer en se relevant.
La chaussure doit encore être souple, résistante, d’un poids modéré, facile à mettre et à quitter. Sa surface doit être perméable à l’air, imperméable à l’eau.
La base de confection d’une bonne chaussure est la connaissance de l’anatomie et de la physiologie du pied. Chevallier1 voudrait que, du moins dans les régiments, les médecins donnassent quelques notions à ce sujet aux maîtres et ouvriers cordonniers. Ce serait peutêtre le meilleur moyen de réformer l’instruction des professionnels civils, pour qui, trop souvent, le pied doit être fait pour la chaussure.
Forme du pied. — Le pied a la forme d’une voûte épaisse et étroite en arrière, qui s’aplatit à son extrémité antérieure qui est digitée. Composé de vingt-six os, il présente dans sa moitié postérieure, le tarse, petit massif osseux de sept pièces, qui a la forme incurvée en bas, destiné à protéger les vaisseaux et les nerfs de la plante du pied contre leur compression pendant la marche et à donner plus d’élasticité aux différents mouvements du pied en les décomposant; au tarse succède le métatarse, formé de cinq os longs et parallèles entre eux qui terminent en avant la voûte plantaire et auxquels font suite cinq orteils composés de trois phalanges chacun, à l’exception du gros orteil qui n’en renferme que deux, mais très épaisses.
Plusieurs petits os, appelés sésamoïdes, du volume d’une lentille, placés à la face plantaire et renfermés dans les ligaments ou les tendons des muscles, jouent également un certain rôle dans la marche en fortifiant la hase du pied du côté interne, et en modérant par leur mobilité le heurt du pied contre les inégalités du sol.
Tous les os du pied sont réunis au moyen de ligaments très solides, et peuvent exécuter par l’extrémité des différents muscles y destinés, les mouvements de flexion, d’extension, d’adduction, d’abduction et de circumduction.
1. Chevallier, Du type de chaussure à adopter pour l’infanterie, Arch. Méd. belges, mars 1893.
Les bourses séreuses placées sous les piliers de la voûte plantaire et le bourrelet graisseux dont ils sont doublés servent également à adoucir les trépidations de la marche, et à amortir les chocs trop brusques.
Le pied repose sur le sol à Laide de trois points :
1° La pulpe des doigts et le bourrelet correspondant aux métatarsiens en avant.
2° Le talon en arrière.
3° Sur le côté en un point situé en avant du milieu du bord externe. (Duguet \)
L 'axe antéro-postérieur du pied,, a été déterminé par les auteurs de différentes façons. D’après Meyer il passerait par le centre du talon et l’axe antéro-postérieur du gros orteil; les autres orteils sont parallèles entre eux et le gros orteil continue exactement la direction du premier métatarsien.
De ces considérations découlent les principes de la chaussure rationnelle; elle doit avoir le bout carré, le bord interne rectiligne et la semelle asymétrique. Or, les recherches de Manouvrier 1 2 3, faites sur un grand nombre de pieds de sujets de races très diverses, démontrent que l’axe anatomique du pied n’aboutit jamais sur le gros orteil, mais bien entre le premier et le troisième orteils. Cette opinion est confirmée par l’exarnen de cinquante moulages du Jardin des plantes provenant de nègres ne s’étant jamais servis de chaussures.
Déjà, en 1883, Brandt von Lindau avait relevé l’erreur de Meyer, et, d’après l’examen de 100 moulages de pieds réunis à Dresde, avait établi que l’axe du pied passe par le deuxième métatarsien.
D’autre part, le gros orteil ne continue pas exactement la direction du premier métatarsien 4. Régnault, dans ses recherches sur 36 Dahoméens n’ayant jamais porté de chaussures, a trouvé 16 fois le gros orteil dévié en dedans, 6 fois parallèle, 14 fois dévié en dehors. Si Meyer a trouvé un parallélisme constant, c’est qu’il a fait porter ses observations sur des nouveau-nés. Or, dès que les enfants se mettent à marcher, le gros orteil s’incline en dehors.
Quant à l’axe transversal, il n’est pas non plus, comme le pensait Meyer, complètement transversal, mais oblique de dehors en dedans et d’arrière en avant, partant du cinquième métatarsien et allant aboutir à la tête du premier métatarsien.
1. Duguet, Projet d’une nouvelle forme de chaussure de marche, Caducée, 1901, p. 231.