Putzeys, Construction des casernes, p
2. Fr. Gruber, Der carsernen Bau im seinem Bezuge zum Eurquartierungs Gesetze Wien, 1880, Putzeys, Construction des casernes, p. 101.
CASERNES
projet, non pas l’ogive, mais l’ovale de Volkner qui fait disparaître l’arête à la clef, donne une forme plus agréable et est plus pratique pour la pose des pièces du faîtage.
Type 1889. — Le type 1889, établi par décision ministérielle du 4 décembre, est né du précédent; il représente encore le block System, c’est-à-dire qu’il réserve un bâtiment ou des segments de bâtiments à chaque unité en poussant parfois le fractionnement jusqu’à donner un logement séparé à chaque compagnie, comme dans la caserne Bayard à Grenoble. Mais ce dernier type ne s’est pas généralisé et l’unité isolée reste encore le bataillon dans l’infanterie, l’escadron dans la cavalerie.
La caserne du 23e dragons, à Vincennes, répond à cette dernière disposition. Le logement des hommes y est constitué par trois grandes constructions à trois étages ayant la même orientation : deux d’entre elles contiennent chacune deux escadrons séparés complètement l’un de l’autre par un grand mur de refend, de sorte que chaque escadron a ses chambres à coucher, son escalier particulier, ses latrines de nuit, son lavabo, son réfectoire, son magasin. Le troisième bâtiment contient le cinquième escadron et les ateliers, les chambres occupent toute la largeur du bâtiment, possèdent vingt- quatre lits et sont éclairées par quatre fenêtres opposées deux à deiix. La hauteur est de 4 mètres et le cubage de 17 mètres cubes. Le rez-de-chaussée est surélevé de 0 m. 80. Il existe de petits bâtiments pour tous les services accessoires.
Les latrines de jour sont placées dans des locaux spéciaux éloignés des locaux d’habitation.
Dans le type 1889, l’infirmerie régimentaire et les bains-douches sont réunis dans un même bloc et situés absolument en dehors des habitations des hommes, il existe des lavoirs et des séchoirs.
Telles étaient les dispositions adoptées pour les nouvelles casernes jusqu’en 1903; elles réalisaient, comme on le voit, des améliorations considérables répondant bien au but indiqué au commencement de ce chapitre : diminuer les dangers de la promiscuité.
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Fig. 62. — Casernes type 1889.
Malgré toutes ces améliorations apportées auxlogements militaires, l’état sanitaire de l’armée ne semblait pas avoir répondu aux eiïorts faits jusque-là pour donner aux soldats des casernes plus hygiéniques. Il est utile de remarquer que les améliorations successives apportées à la construction des casernes ne pouvaient produire des effets immédiats, les régiments continuant à utiliser les habitations anciennes. D’autre part, comme nous allons le voir, c’était une exagération d’attribuer au mode d’aménagement des casernes l’infériorité de l’état sanitaire de l’armée. Quoi qu’il en soit, le Dr Lachaud, en 1902, signala à l’attention de la Chambre le mauvais état des habitations militaires en général, et lui demanda de consentir à un sacrifice de 600 millions pour améliorer les logements militaires; le même auteur, dans un travail très documenté, du 14 juin 1907, opérait dans le casernement français la répartition suivante : 195 casernes construites avant la Révolution; 101 édifiées de 1800 à 1870 et 220 construites depuis cette époque. Il signalait en même temps, d’ailleurs, que l’infériorité de ces casernes tenait surtout à l’humidité et à la mauvaise qualité de Veau distribuée aux troupes.
Après la première communication du D1' Lachaud en 1902, le ministre de la Guerre prescrivit une enquête d’où il résulta que 62 vieilles casernes devaient être abandonnées complètement et
24 partiellement. Le gros reproche adressé aux casernes d’une façon générale visait l’insuffisance du cube d’air des chambres réduit en réalité à 10 mètres cubes par suite du surpeuplement aggravé encore au moment de l'arrivée des réservistes et des territoriaux, et le rapprochement excessif des lits.
Ces reproches pouvaient d’ailleurs être adressés aussi bien aux vieilles casernes qu’à celles d’un type plus récent; au fond ils mettaient en relief le principal danger de l’habitation militaire à l’heure actuelle : Y encombrement. Celui-ci était en grande partie dû à l’aménagement de nouveaux services à l’intérieur des casernes. La création des magasins de compagnie avait déjà forcé l’autorité militaire à consacrer à leur organisation des locaux prélevés sur l’habitation des hommes, et les circulaires du 23 octobre 1887 et du
25 février 1894 prescrivant l’installation de réfectoires avaient obligé à resserrer encore le casernement proprement dit, c’est-à-dire les dortoirs.
L’enquête menée par la Commission supérieure d’hygiène en 1904 suscita l’activité des pouvoirs publics qui cherchèrent le moyen de porter remède à un pareil état de choses en prescrivant, par la circulaire du 9 février 1905 et la note ministérielle du 6 mai de la même
CASERNES
année, un concours pour l’établissement de projets nouveaux de construction des casernes. Toutes les bonnes volontés furent mises à contribution, et on admit à concourir non seulement tous les éléments de l’armée, officiers, sous-officiers et soldats, mais encore ceux de la population civile et principalement les architectes. Un programme fut élaboré et deux jurys nommés pour apprécier les différentes propositions. Ces jurys comprirent des officiers de toutes armes, des membres du corps de l’Intendance et du Service de santé militaire.
Un grand nombre de projets affluèrent au ministère de la Guerre et leur examen ainsi que le rapport de la Commission supérieure d’hygiène de 1904 aboutirent à la rédaction de la circulaire du 30 mai 1907, qui constitue actuellement le programme officiel de tout projet de construction des casernes. Elle indique en même temps le sens dans lequel doivent être poursuivies les améliorations à apporter aux casernements existants.
La formule adoptée se rapproche de celle des casernements Tollet et 1889.
Le type 1907 comprend des :
1 0 Locaux d'habitation dont la répartition peut se résumer ainsi : casernes de régiment; maisons de compagnie : 200 hommes; chambres d’escouade : 10 à 15 hommes; distances des lits 0 m. 80; puis des locaux annexes : lavabos, salles d’astiquage, latrines de
nuit, etc.
Tous les locaux autres que les dortoirs et leurs annexes sont aménagés dans des bâtiments spéciaux.
2° Locaux d' alimentation contenant cuisines, réfectoires et le service des approvisionnements, les appareils à épuration de l’eau de boisson et les cantines.
3° Locaux d'exercices comprenant des hangars aux manœuvres, un gymnase couvert.
4° Locaux d' administration et de police. On y adopte le système
cellulaire poilr les hommes punis.
5° Magasins et ateliers qui sont distincts les uns des autres.
fi° Locaux hygiéniques comprenant une buanderie, des lavoirs et séchoirs, l’installation des bains-douches, les latrines et urinoirs, un four incinérateur pour les ordures.
7° L' infirmerie régimentaire qui, isolée du reste du casernement, comprend des locaux d’isolement cellulaires, — puis un cabinet spécial pour le médecin et des locaux de désinfection.