B. O. P. R., 17 juin 1907, p
L’instruction renferme les desiderata formulés par tous les hygiénistes militaires; nous en ferons donc notre guide pour la description détaillée des divers éléments qui entrent ou doivent entrer dans la construction des casernes.
Tout projet de construction d’une caserne doit être l’objet d’études préliminaires poursuivies par le Service local du génie qui doit à cet effet entrer en conférence avec un officier représentant le corps à loger, et avec un représentant du Service de santé. Le Service vétérinaire délègue un de ses membres toutes les fois qu’il s’agit d’une caserne de cavalerie, d’artillerie ou du train des équipages. L’emplacement et l’assiette générale sont établis auparavant par les deux officiers généraux, membres de la Commission supérieure d’hygiène, lesquels, après consultation, s’il y a lieu, d’ingénieurs des ponts et chaussées et des mines ou de toute autre personne compétente, soumettent un projet à la Commission qui arrête les dispositions générales. En dernier ressort le ministre se prononce après examen parles délégations des comités ou des sections techniques des armes ou services intéressés i. Ces dispositions abrogent, en les complétant en fait, celles de la circulaire du 21 octobre 1884, introduisant le médecin dans la Commission dite de casernement, et de la circulaire du 9 février 1887, limitant le médecin militaire à donner son avis lors de T aménagement des locaux affectés au Service de santé. Un décret de 1803 portant règlement sur le service des places admettait déjà le médecin militaire à donner son avis sur la salubrité des locaux habités par la troupe, mais non sur leur mode de construction.
A. Choix de V emplacement d'une caserne. — Autant que possible, une caserne devra être construite en dehors des agglomérations urbaines. Les villes offrent à cet égard bien des différences entre elles. Les unes contiennent une population industrielle excessivement dense, et la collectivité ouvrière, avec l’accumulation sur un espace restreint de familles nombreuses logées dans des habitations trop étroites, présente un danger que n’offrira pas une collectivité bourgeoise installée dans des maisons présentant une large surface d’occupation. Une caserne construite au milieu de ce dernier quartier ne présentera pas d’inconvénients, tandis qu’il n’en est pas de même dans le premier cas.
Ces dispositions différentes créent donc pour l’hygiéniste le devoir de- s’enquérir des conditions hygiéniques dans lesquelles vivent les groupes urbains, avant d’installer une caserne au milieu d eux ou à proximité.