Archives de médecine militaire, 1894, t. XXIV, p
CONDITIONS D'APTITUDE AU SERVICE MILITAIRE
trent quatre fois plus souvent chez les sujets tuberculeux que chez les sujets sains. Même opinion de Laveran, Seeland et Stolaroff. Le médecin major Mackiewicz1 pense que, pour le choix des conscrits, l’emploi de cette mensuration ne permettrait d’éliminer qu’une partie des malingres. Pour lui, le rapport du périmètre thoracique à la taille seul est absolument insuffisant.
D’une façon générale, le périmètre thoracique est pris audessous du mamelon ou, plus exactement, devrait être recherché au niveau de l’articulation du sternum avec l’appendice xyphoïde (Démonet) 2.
On obtient ainsi la mesure du thorax à un niveau où celui-ci a son maximum d’ampliation. On évite les causes d’erreurs du périmètre bimammaire (développement plus ou moins prononcé de la glande mammaire, saillie des omoplates).
B. A3iplitude thoracique3 4. — On a voulu, en Allemagne surtout, attribuer une grosse importance au chiffre de l’amplitude thoracique, c’est-à-dire à la différence existant entre le développement thoracique provoqué par une inspiration forcée et celui que produit une expiration complète.
En France, M. le médecin inspecteur Ivelsch\ d’après un relevé portant sur 130 examens, a constaté que :
Jusqu'à 1 m. 60, la moyenne des excursions thoraci-
ques était de 0m,055
De 1 m. 61 à 1 m. 65, elle était de 0 ,077
De 1 m. 65 à 1 m. 75 — 0 ,071
Au delà de 1 m. 75 0 ,069
L’excursion thoracique augmenterait donc avec la taille, mais M. Kelsch ne pense pas que ces chiffres puissent servir de règle pour déterminer l’aptitude au service.
On ne peut en effet accorder à l’amplitude thoracique qu’une valeur très relative dans l’appréciation de la robusticité, car elle varie souvent avec le talent, ou l’adresse de l’observateur, plus qu’avec la force du sujet.
On doit considérer des amplitudes de 7 comme l’expression d’un indice fort. Sur 4190 mensurations prises par moi-même, 3 163 m’ont donné 3 à 6 d’amplitude, et sur ce chiffre 1080 m’ont donné 5.
1. Mémoire inédit 1903. Archives du comité technique de santé.
2. Démonet, Recherches sur la capacité vitale, Société d’anthropologie, 15 octobre 1903 et 5 janvier 1905.
3. Indice respiratoire, Caducée , 2 décembre 1905 et Rosenthal, L’insuffisance respiratoire, Presse médicale, 19 mars 1904 et 28 mai 1904.
4. Kelsch, La tuberculose dans l’armée, Revue d'hygiène, 20 septembre 1905, p. 784.
Mme Nageotte-Wilbouschewitch1 est arrivée aux mêmes résultats. Il en est de même de Mackiewicz.
La capacité pulmonaire ne semble pas plus sûre que les mensurations, elle est d’ailleurs d’une application trop difficile pour entrer dans la pratique au point de vue de la sélection du contingent. Notons cependant qu’elle a été trouvée moindre chez les tuberculeux que chez les gens sains2, ce qui n’a rien de surprenant, ces malades portant dans leurs poumons des lésions qui diminuent d’une part la surface pulmonaire et qui troublent d’autre part le mécanisme respiratoire (adhérences pleurales, pneumonie pleurogène, etc.).
2° Périmètre des épaules et du bassin. — Lehrbucher3 4, médecin militaire bavarois, est le premier qui ait fait des recherches dans ce sens, et Mackiewicz fi en France, a consacré à la question plusieurs études intéressantes, où il expose le résultat des observations prises par lui . Pour cet auteur « le périmètre des épaules et celui du bassin expriment suffisamment le développement musculaire et osseux de l’individu ».
Ces périmètres se rencontrent à leur minimum presque exclusivement chez les sujets ayant le périmètre sous-pectoral inférieur à 0 m. 80, il y a donc utilité à connaître ceux-ci pour juger du développement corporel de l’individu.
Ils sont pris de la façon suivante :
Périmètre des épaules : ligne horizontale passant par le sommet des plis axillaires, les bras tombants et appliqués le long du corps. Périmètre du bassin, ligne horizontale passant par le bord supérieur de la symphyse pubienne, un peu au-dessous des grands trochanters, et la partie saillante des fesses.
Mackiewicz a établi d’après de nombreuses observations le tableau des périmètres minima en rapport avec les tailles.
PÉRIMÈTRES MINIMA
Tailles. Des épaules. Du bass'n.
1,78 et au-dessus J, 05 0,85
1. Mme Nageotte-Wilbouschewitch, Atlas manuel de gymnastique orthopédique, Paris, 1905.