Vaillard, Annales d’hyg. publique
unes tiennent à la constitution et à l’aménagement de la surface, les autres à l’état de l’entrevous.
Enlrevous. — Ce dernier, constitué par un espace limité en haut par les lambourdes et les frises du parquet, latéralement par les poutres ou solives de soutènement et en bas par le sol ou la face supérieure du plafond des chambres situées en dessous, représente 1 en somme une cavité destinée à recevoir dans la pratique toutes les souillures de la surface, passant à travers les frises des parquets, ! souillures qui, désséchées et pulvérulentes, peuvent être rendues à l’atmosphère des chambres grâce aux secousses produites par le va-etvient continuel des hommes frappant la surface du choc de leurs chaussures, de leurs objets d’équipement ou de leurs armes.
Pour éviter cet inconvénient, trois moyens sont à notre disposition. Ou bien supprimer l’entrevous à l’aide de hourdis comblant < toute sa cavité; ou remplir l’entrevous de substances à la fois absorbantes et désinfectantes qui retiendraient les poussières et les rendraient inoffensives; ou isoler l’entrevous en calfatant les interstices des planchers.
Pour remplir la première indication on a proposé des hourdis : sortes de corps minéraux cubiques, légèrement cintrés, creux pour plus de légèreté, prenant point d’appui sur les poutres et remplissant toute la cavité de l’entrevous.
On a encore proposé tout simplement de remplir celle-ci de bitume et d’y appliquer les frises du parquet (parquet Gourguechon); enfin on a fait mieux, en faisant disparaître le parquet et en le remplaçant par du dallage, par des applications de céramiques, représentation moderne et perfectionnée du vieux carrelage de nos ancêtres.
Rendre l’entrevous aseptique a été le but visé par d’autres hygiénistes. Les uns ont voulu le combler de coke, les autres de cendres, de tourbe, de chaux, d’agglomérés de liège ou d’amiante, de sable volcanique, de terre d’infusoires, etc.
Enfin le parquet démontable. Guérin a voulu, en introduisant un mode nouveau d’agencement des frises, rendre celles-ci mobiles, permettant le démontage de la surface et le nettoyage de l’entrevous. En pratique, ce système est inapplicable dans nos casernes, car il exige une main-d’œuvre spéciale qui ne peut être confiée qu’à des professionnels.
La troisième indication a été l’objet de recherches nombreuses de la part des médecins militaires et des ingénieurs ou architectes. Le mastic obturateur bien adhérent à la tranche des frises, assez élastique pour ne pas se rompre lorsque celles ci sont mobilisées par les chocs continuels produits à leur surface par le va-et-vient
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des habitants, assez solide pour résister aux chocs directs et aux opérations de nettoyage, pour se maintenir intact au voisinage des foyers de chauffage, ce mastic parfait est encore à trouver. Cependant, parmi les nombreuses formules proposées, plusieurs ont fait leur preuve d’étanchéité et de résistance et nous les mentionnerons succinctement.
On a utilisé dans ce but d’abord des lames de bois — celles-ci sont toujours nécessaires pour les larges fentes — puis du plâtre gâché, du ciment, de l’argile — ces corps manquent d’élasticité, — il en est de même du mélange d’étoupe et de brai. La paraffine fondue n’a pas cet inconvénient : elle représente même un des meilleurs produits employés à cet effet, mais son prix la rend inutilisable dans les casernes.
Le médecin inspecteur général Claudot et le médecin principal Follenfant avaient préconisé cette substance.
Annequin 1 a proposé le mastic suivant :
Blanc d’espagne 540 gr.
Colle forte 180
qu’on fait fondre au préalable au bain-marie pendant une heure dans la moitié de son poids d’eau, puis on ajoute les ingrédients suivants :
Terre de Sienne 150
— - d’ambre 110
— calcinée 20
On remplit les interstices du plancher en ayant soin de laisser un creux sur lequel on applique une couche de quelques millimètres de paraffine qui s’unit intimement au mastic : on peut même rayer la surface de ce dernier pour augmenter l'adhérence.
Mastic Berthier. — Le mastic Berthier a la composition suivante :
Cire de pétrole 70 gr. (10 à 15 francs les 100 kg.).
— de Carnau ba. . . : 30 —
Chaux hydraulique 20 gr.
Mastic Copin. — Le mastic Copin est formé de sciure de bois, de magnésie, de chlorure de magnésium et de ztnc, le tout mélangé à un liquide spécial.
Tous ces mastics sont bons, mais de nombreux essais me permettent d’affirmer que leur valeur et leur résistance sont plus fonction de l’état du parquet que de la formule employée. — Si le parquet est vieux, usé, mobile, ces mastics sautent au bout d’un certain temps et il faut les réparer souvent, si on veut maintenir l’obturation primitive.
Souillures de la surface du sol. — On lutte contre ces souillures,
1. Annequin, Revue d'hygiène, 1898, p. 979. Lemoine. — Traité d'hyg. milit.
en supprimant le soulèvement des poussières dans l’atmosphère produit par les nettoyages, et en empêchant l’imprégnation de la surface par les produits organiques. Dans ce hut on a utilisé deux sortes de procédés : les uns consistent à protéger les frises du parquet contre les inconvénients de l’humidité persistante produite par le lavage à l’eau et le balayage humide, les autres ont pour objet de coller les poussières sur le sol, qui peut dès lors être nettoyé à sec.
Pour faciliter le nettoyage humide, on imperméabilise le sol et on l’enduit de produits conservateurs.
Les produits conservateurs employés sont : l’huile de résine, l’huile de lin, le coaltar, le carbonyle, la résinoline, la paraffine.
Ces divers produits ont été l’objet de travaux nombreux (Vallin, ; Dauvé, Kelsch, Claudot, Follenfant, Munschina, Rouget, etc.).
L'huile de résine a été expérimentée à Angoulême en 1887-88 par le médecin principal Delahousse, puis à Paris à la caserne du Châ- ! teau-d’Eau en 1889. Il suffît d’un kilogramme pour imprégner 10 mètres carrés de surface, Sa dessiccation demande un temps assez long, trois jours lorsqu’elle est employée à chaud et douze à quinze jours lorsqu’elle est employé à froid. C’est là un gros inconvénient.
L liuile de lin est surtout utilisée en Allemagne. On y imperméabilise les planchers en les badigeonnant au pinceau avec trois couches successives du produit employé bouillant. Un ou deux badigeonnages par an sont nécessaires pour maintenir l’imperméabilisation. Ce pro- ,j cédé coûte plus cher que le précédent. L’huile répand dans l’atmosphère une odeur écœurante.
Le cociltarisage a été rendu réglementaire en 1900 (Circulaire ministérielle du 2 février).
Cette opération devait être exécutée après le blanchissage des locaux et appliquée aux soubassements des murs et aux' parquets.
Le médecin inspecteur Vallin1 fit les premiers essais de cette substance en 1886. Déjà en 1881 Schaffer 2 en avait préconisé l’emploi en Autriche. La circulaire prescrivit d’utiliser les solutions de coaltar dans l’essence de térébenthine à raison de 2 parties de coaltar pour 1 d’essence.
Il faut environ 200 grammes du mélange pour couvrir 1 mètre carré des soubassements et 250 grammes pour les parquets lors de la première application; 240 grammes suffisent ensuite pour l’entretien annuel. L’application du coaltar pur à chaud, qui se pratiquait antérieurement, pénétrait mieux le bois; Munschina3 proposa
1. Vallin, Entretien hygiénique des planchers, Revue d'hygiène, 1899, p. 673.
2. Schaffer, Militai' Zeitung , Vienne, 25 mars et 16 avril 1886.
3. Munschina, Arch. de méd. et de pharm. milit., 1891, p. 135.
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de promener sur les surfaces traitées un chariot à fond de toile métallique, rempli de charbon incandescent. Les dangers d’incendie firent abandonner ce procédé.
Ccirbonyle. — Mais la pratique a vite fait justice du coaltarisage, qui donne au sol un aspect lugubre et repoussant. Son nettoyage est très difficile. Aussi la circulaire du 23 avril 1906 a-t-elle substitué le carbonyle au coaltar.
Ce corps donne aussi un aspect sombre au parquet; mais cependant il diffère sensiblement à ce point de vue du coaltar. Le nettoyage est moins difficile. Un kilogramme de la substance suffit à couvrir 8 à 10 mètres carrés; son prix de revient est deOfr.40 le kilogramme. Le carbonyle jouit de plus de propriétés bactéricides et insecticides remarquables. Son odeur éloigne les rongeurs. A tous ces titres donc son emploi mérite d’être généralisé. Il a été l’objet d’essais encourageants à la caserne de Reuilly en 1902.
Résinoline. — Produit composé de résines rendues fluides par une préparation spéciale, la résinoline s’applique comme l’encaustique en frottant le parquet à l’aide d’une étoffe de laine imprégnée du produit, puis un quart d’heure après on passe au tampon de laine sec. L’enduit sèche très rapidement au bout de deux à trois heures. On doit faire une application tous les mois. La quantité à employer est environ d’un litre pour 25 à 30 mètres carrés.
La paraffine a été préconisée par le médecin inspecteur Vallin en 1883 puis parle médecin inspecteur général Glaudot et le médecin principal Follenfant1 en 1894. Ces auteurs employaient la solution suivante :
Pétrole 1 000 cm3
Paraffine 200 gr.
obtenue en portant le mélange à 80° dans un bain-marie. La solution était ensuite étendue avec un pinceau. Le professeur Bard2, de Genève, l’employa pour*ses salles d’hôpital en 1892. Annequin3 conseille l’emploi de la paraffine bouillante (à 300°) de façon à obtenir un plus grand degré de pénétration. D’après lui 1 kilogramme de paraffine couvrirait 4 mètres carrés.
Ce mode d’imperméabilisation est excellent, mais il a un inconvénient considérable pour les casernes — il coûte cher — 0 fr. 70 par mètre carré. Aussi n’est-il pas entré dans la pratique. Il semble devoir être réservé pour les petites salles dans nos hôpitaux.
1. Rouget, Congrès international d'assainissement et de salubrité de l'habitation, 1905.