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Larrey, Relation de campagne 1815-18M, p

CASERNES

râbles: telles sont les ardoises, les tuiles, ces dernières ayant en plus l’avantage d’être favorables à la ventilation naturelle à cause de leur porosité. Le bois, le chaume, le roseau, le carton bitumé sont trop combustibles. Les métaux sont peu oxydables, mais sont bon conducteurs de la chaleur.

Au toit sont ménagées des ouvertures et adjoints des gouttières et des tuyaux de descente, ainsi qu’un paratonnerre.

e) Moyens pour empêcher l’air vicié de pénétrer dans les habitations. — Pour empêcher l’air des égouts, des latrines, des éviers de pénétrer dans les habitations, on utilise des siphons à cloche (bonde siphoïde), un siphon déversoir, un siphon en forme de S ou en demi-S.

Aménagement intérieur des casernes. — A. Locaux d’habitation.

— La chambre nu soldat. — La chambre du soldat, chambre à tout faire autrefois, est encore, malgré les améliorations dont elle a été l’objet, une chambre où les hommes font un trop long séjour et y accomplissent trop de besogne. Si, dans un grand nombre de casernes, on n’y mange plus, par contre, on y brosse les effets, on y astique l’équipement, on s’y repose dans la journée, on y fume, on y joue. En somme, souvent elle est occupée toute la journée et lorsque, l'hiver, les fenêtres sont closes et le poêle allumé, l’atmosphère est fortement souillée.

Or la chambre doit être un dortoir, et rien que cela.

Formes et dimensions. — Les dimensions des chambres sont très variables. Dans les très vieilles casernes, type Vauban, ou vieux couvent, on trouve beaucoup de petites chambres, de 2 à 6 lits. Dans le casernement, tel qu’il fut conçu vers la moitié du xixe siècle, les chambres sont énormes et contiennent 50 à 80 et 100 lits. Enfin, dans les types 1875 et 1881) ainsi que dans le type Tollet, elles contiennent 12 à 24 lits environ. Le type 1907 en a admis de 12 à 15. On doit éviter les angles morts mal éclairés ; les fenêtres doivent être opposées pour permettre une meilleure aération; elles descendront du plafond jusqu’à 0 m. 80 du sol et seront munies de barres d’appui. L’espace en surface réservé à chaque hommeest en moyenne de 2 mètres carrés et le cubage de 13 à 14 mètres. Il a été porté en France à 17 mètres avec 5 mètres carrés de surface.

A l’étranger ce cubage est de :

Angleterre 16 mètres.

Prusse 13 à 15 —

Autriche 10 —

Belgique 16 —

Ce cubage ne doit pas être pris sur la hauteur, la couche supérieure

de l’atmosphère des habitations se renouvelant mal. La hauteur sous plafond ne doit être que de 3 m. 50.

Le mobilier de la chambre du soldat. — Le mobilier de la chambre du soldat se compose du lit, de la planche à bagages, de tables, bancs, d’une planche à pain, de crachoirs et de la cruche à eau.

Les lits de la troupe, qui depuis 1732 étaient fournis soit par un entrepreneur, soit par des compagnies, sont depuis 1907 devenus possession de l’Etat moyennant une somme de 40 millions versée à la « Compagnie des lits militaires ».

Les lits se composent essentiellement de 2 tréteaux en fer et de 3 planches de châlit. Les trétaux de tête sont garnis d’un montant. Chaque lit comprend les accessoires suivants :

Une paillasse en toile, renfermant 10 kilogrammes de paille renouvelée tous les six mois — et tous les quatre mois dans les établissements pénitentiaires militaires (Circulaire du 21 juillet 1909).

Un matelas renfermant 8 kilogrammes de laine et 2 kilogrammes de crin disposé au centre du matelas.

Une couverture de laine brune ou beige de 2 m. 75 à 3 mètres de longueur sur 1 m. 50 à 1 m. 65 de large.

Un couvre-pied de 1 m. 50 de long sur 1 m. 35 de large constitué par une ancienne couverture pesant au moins 1 kg. 500.

Enfin une paire de draps.

Il en est alloué une paire tous les vingt jours du 18 mai au 30 septembre et tous les mois pendant les autres saisons. Les lits doivent être suffisamment distants les uns des autres. Ils seront séparés de la muraille par une distance de 0 m. 20 environ. Le règlement du 30 juin 1856 prescrivait entre les lits une distance de 0 m. 25, espace tout à fait insuffisant qui est aujourd’hui porté à 0 m. 80. Enfin les rangs des lits doivent être séparées par un espace de 2 mètres.

Les inconvénients de ces lits sont nombreux. Les planches de châlit comme les lits en bois sont le rendez-vous des punaises, des puces, des microbes. La paille des paillasses, qui est remuée tous les jours, soulève de la poussière et, de plus, autre inconvénient d’ordre pécuniaire, cette paille est assez chère.

L’adoption de couchettes tout en fer a fait disparaître les châlits, mais non les paillasses.

Un concours ouvert à Paris en 1881 pour fournir à l’armée des sommiers métalliques (Thuau, Herbet, Bertillon) eut pour résultat l’adoption du sommier Thuau (19 juillet 1886 et 30 août 1887).

Le sommier Thuau 1 est formé d’un cadre métallique de 1 m. 87 de

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