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B. O., vol. XXIX, Description n

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long et de 0 m. 693 de large, les deux petits côtés sont constitués par deux pièces jumelées et cintrées, entre lesquelles sont disposés cinq galets formant poulies, sur la gorge desquelles se réfléchit une corde de chanvre de 18 m. 40 de long. Cette corde peut être tendue à volonté au moyen d’une clef, qu’on engage dans une des poulies des extrémités du tréteau de pied, disposée pour faire office de poulie de tension.

Chaque sommier comporte en outre, 5 lames en acier, de 53 millimètres de largeur et 640 millimètres de longueur, terminées à chaque extrémité par un rivet à tête fraisée, permettant de les fixer aux grands côtés du cadre métallique. Ces lames reposent sur la corde; elles ont pour but de retenir la personne couchée au cas où la corde viendrait à se rompre ou à se détacher. On reproche à ce sommier, qui n’est recouvert que d’un matelas, de conserver mal la chaleur. L’isolateur Thuau a diminué en partie cet inconvénient; il est composé d’une forte toile de jute de couleur cachou collée sur une couverture hors de service à l’aide d’une solution de caoutchouc. Il mesure 1 m. 74 de long sur 0 m. 65 de large. Le tout est perforé de vingt œillets en cuivre répartis en trois rangées parallèles ; cette disposition a pour but de faciliter l’aération et d’éviter la condensation de la chaleur dégagée par l’individu couché.

D’autres inconvénients ont été signalés par le comité technique de l’intendance :

x L’expérience a permis de reconnaître que si cet appareil présentait, au moment de son adoption, des avantages sérieux sur la paillasse, au double point de vue de l’hygiène et de la propreté, il n’est pas aujourd’hui sans un caractère d’infériorité en raison des progrès survenus dans la fabrication des sommiers exclusivement métalliques.

En effet, l’élasticité que l’on attendait de la tension de la corde du sommier Thuau a été reconnue insuffisante; des relâchements fréquents se produisent et présentent des inégalités. L’user naturel de la corde est assez rapide et nécessite, soit des réparations, soit des remplacements. Elle est difficilement soumise au nettoyage et à la désinfection. Le sommier Thuau est, en outre, assez délicat. Si le cadre présente une certaine solidité, les divers organes, tels que : poulies, tige, cliquet, etc., sont très fragiles et sujets à des réparations constantes et à des remplacements fréquents. Les clefs de tension sont facilement perdues ou cassées.

Les sommiers élastiques composés exclusivement de métal sont exempts de tous ces inconvénients, et c’est ce qui les a fait adopter dans les établissements de l’Assistance publique, dans les hôpitaux et dans divers établissements scolaires. Les sommiers Herbet et

Aman-Vigier sont actuellement adoptés dans les hôpitaux militaires.

On est ainsi amené à penser qu’il y aurait intérêt à rechercher, pour le couchage des troupes, un sommier entièrement métallique comme celui d’Herhet1.

Entretien de la literie. — La literie doit être entretenue dans un grand état de propreté 2. Les hommes devront éviter de manger sur leurs lits; chaque jour, ceux-ci seront ouverts dès le réveil. L’isolateur doit être brossé énergiquement deux à trois fois par mois, on doit éviter avec soin de l’exposer à la chaleur du soleil qui altérerait l’enduit caoutchouté.

Les matelas et les traversins doivent être reconfectionnés tous les dix-huit mois ; l’en veloppe doit être lessivée ; il serait bon d’exposer laine et crin aux vapeurs de formol avant de les carder. Les couvertures sont lavées et foulonnées également tous les dix-huit mois. La désinfection des fournitures de literie est opérée toutes les fois que le médecin le juge nécessaire.

On emploie encore pour le couchage un matériel dit auxiliaire. Il se compose de deux sacs tente-abri, tenant lieu de draps, et d’un sac renfermant 2 kilogrammes de paille pour faire office de traversin, enfin d’une paillasse contenant 10 à 14 kilogrammes de paille et d’une couverture, la paille est renouvelée tous les quatre mois; les . toiles sont lavées à chaque renouvellement. Les sacs de couchage sont échangés tous les mois. Ce matériel auxiliaire n’est guère employé que lors de la convocation des réservistes ou des territoriaux.

Depuis plusieurs années les lits des caporaux et brigadiers étaient garnis de rideaux destinés à procurer à ces gradés un isolement relatif. La circulaire du 28 janvier 1909 a prescrit la suppression de ces rideaux. Le couchage des hommes de garde aux écuries pendant qu’ils ne sont pas de faction vient d’être réglé par la circulaire du 7 mai 1909. A cet effet il sera établi à une hauteur de 0 m. 80 des coffres qui recevront chaque soir en quantité suffisante de la paille fraîche. Quel que soit le système de construction adopté le lit devra être démontable de façon à pouvoir être facilement sorti de l’écurie, lavé, séché et, au besoin, désinfecté.

Les planches a bagages de 0 m. 30 de large appuyées au mur à la tête des lits sont destinées à placer les effets des hommes, elles sont

1. IL ne disparaît que 17 000 lits à paillasses par an en moyenne remplacés par un nombre égal de sommiers, de sorte que l’ancienne literie subsistera encore longtemps. (Intendant général François-Matin, 190S.)

2. Ligouzat, Hygiène de la literie de troupe, IP congrès de L’assainissement de l'habitation, Genève, 1906.

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munies de crochets à leur face inférieure pour les sabres et les révolvers. L’armée anglaise emploie des boîtes fermant à clef et en Allemagne on utilise des armoires fermant à clef, de 2 mètres de haut sur 0 m. 70 de large et 0 m. 50 de profondeur. Le soldat français aura aussi dorénavant une petite armoire à linge métallique.

Les râteliers d’armes, les tarles, les bancs, sont en bois et par conséquent faciles à souiller et difficiles à nettoyer.

La planche a pain suspendue au plafond et destinée à recevoir le pain des hommes est certainement préférable au système qui consistait à le laisser sur les lits ou sur les planches à bagages. Mais malgré la toile qui le recouvre, le pain continue à être souillé par les poussières des chambres 1 : il doit donc trouver sa place dans des armoires et dans des locaux spéciaux, dans les réfectoires par exemple.

Les crachoirs. — Les crachoirs qui sont réglementairement situés dans les chambres, sont en trop petit nombre. La plupart du temps les hommes s’en servent peu, malgré les consignes les plus sévères. (Instruction ministérielle du 30 mars 1895.)

La propreté est affaire d’éducation plus que de discipline. Quoi qu’il en soit ces ustensiles sont en bois, garnis de zinc à l’intérieur et contiennent soit du sable phéniqué, soit du coke pulvérisé.

La circulaire du 2 septembre 1901 fixe ainsi les dimensions des crachoirs :

Longueur du fond 0m,30

de la partie supérieure 0 ,40

Largeur du fond 0 ,25

Hauteur en profondeur 0 ,15

L’entretien des crachoirs est difficile. Que faire en effet du sable ou du coke? En hiver il est relativement facile de les projeter dans un foyer des chambres, mais en été? On les vide souvent sur les fumiers ou dans les latrines, ce qui n’est pas sans inconvénient, car, sur les fumiers principalement, ces matières se dessèchent et il peut en résulter l’expansion de poussières dangereuses. M. le médecin major Rouget2 a proposé de garnir les crachoirs de liquides antiseptiques. De cette façon les éléments virulents des crachats seraient ainsi détruits, et on pourrait ensuite vider le contenu de ces récipients soit dans les latrines, soit sur les fumiers, mais il faudrait, si

1. Maljean, Le pain des soldats et les poussières des chambres, Arclx. de méd. et de pharm. militaire, 1891, p. 40.

2. Rouget, Des crachoirs, ce qu’ils étaient, ce qu’ils sont, ce qu’ils doivent être, Revue d'hygiène, octobre 1900.

l’on adoptait cette mesure, changer la forme actuelle des crachoirs, qu’on devrait d’abord rendre fixes pour éviter qu’on en renverse le contenu sur le sol. La question demande encore des études. La solution pratique pour nos casernes est remplie de difficultés, tenant plus au manque d’éducation des hommes qu’au procédé utilisable. En tout cas, la garniture actuelle, sciure de bois, sable ou coke doit être arrosée d’une solution de crésyline à 5 p. 100.

La cruche a eau. — La cruche à eau, placée sur un support spécial1, est encore trop exposée aux souillures. Elle est appelée à disparaître et à être remplacée par des robinets d'eau fraîche installés à proximité des chambres. Actuellement on lui substitue dans un grand nombre de corps un vase métallique couvert, analogue aux pots des laitiers. La question de leur entretien est examinée au chapitre

Les locaux d’habitation doivent encore comprendre :

Des salies d' astiquage voisines des dortoirs.

Des lavabos. — Ceux-ci, actuellement en trop petit nombre et placés uniquement au rez-de-chaussée, seront à proximité des dortoirs et alimentés en eau potable. Ils seront aménagés avec un robinet pour 5 hommes et munis de pédiluves. Un cabinet d’isolement y sera disposé avec les installations nécessaires pour les ablutions. Les lavabos seront chauffés en hiver dans les régions froides.

Dans un projet figuré plus loin les lavabos sont très heureusement encadrés par deux chambres. On peut prévoir par là un excellent moyen d’aération continue et insensible, en laissant les fenêtres de ces locaux plus ou moins ouvertes pendant la nuit suivant l’état de la température.

Des locaux accessoires , à savoir :

Le bureau de l’unité ;

Une chambre pour le sergent-major ou le maréchal des logis chef;

Une chambre pour le service de semaine où couchera le sous-officier de service ;

Des chambres pour sous-officiers : individuelles, s’ils sont rengagés; de deux places au plus, dans le cas'contraire.

Un bureau pour les officiers de l’unité;

Une salle de réunions avec cabinet de lecture annexé;

Une salle pour le perruquier avec lavabos ;

Lé magasin de l’unité ;

Un dépôt pour les valises des hommes ;

Une latrine de nuit;

1. Instruction du 30 mars 1895 et circulaire du 29 décembre 1900.

Un poste d’eau ;

Une cave pour servir de magasin d’approvisionnements.

B. Locaux d’alimentation. — Cuisines. — Elles seront en général distinctes à raison d’une par bataillon. Si les circonstances s’y prêtent elles pourront être centralisées dans un même bâtiment pour tout le régiment. Dans tous les cas, elles devront permettre l’ordinaire par compagnie.

La cuisine proprement dite doit être vaste, munie de hottes et d’un lanterneau pour l’évacuation des buées, et de guichets pour la distribution des aliments.

« Autrefois, aux heures des repas, écrit Laveran, chaque homme allait à la cuisine chercher ses aliments dans sa gamelle; il en résultait que le sol de la cuisine était toujours souillé; actuellement, quelques hommes sont désignés, dans chaque compagnie, pour aller prendre les aliments à la cuisine et les plats leur sont remis à travers un guichet. »

Malheureusement, beaucoup de nos cuisines ne sont pas dotées de ces ouvertures; aussi, aux heures des repas, les 16 hommes désignés dans chaque compagnie se précipitent à l’intérieur de ces locaux, se bousculent avec leurs plats, renversent les sauces qui débordent et entretiennent là, avec leurs souliers couverts de boue, un état de malpropreté permanent.

Afin d’éviter ces allées et venues et les frais élevés occasionnés par le percement des murs pour l’établissement de ces guichets, le médecin major Bonnette1 conseille d’installer, en travers des portes, des tablettes mobiles de distribution qui supportent les plats et servent en même temps de barrière.

Ce procédé, utilisé à Dreux, a donné complète satisfaction.

A la cuisine doivent être annexés un dépôt de charbon, une laverie bien éclairée avec eau chaude et eau froide, un hangar pour l’épluchage et le lavage des légumes, un dépôt de provisions comportant un local par compagnie, frais, bien ventilé et dont les orifices seront garnis de toiles métalliques, un débarras servant de vestiaire pour les cuisiniers, enfin un espace imperméabilisé pour y déposer les récipients métalliques à couvercle destinés à recevoir les détritus et eaux grasses. La cuisine sera alimentée en eau potable; les tables seront imperméabilisées. Le sol, dallé en céramique, aura une légère pente pour conduire les eaux de lavage aux orifices d’évacuation.

Rëfe ctoires. — A proximité des cuisines, chaque bataillon ou

1. Bonnette, Tablettes mobiles aux portes des cuisines, Caducée, 1908.

groupe correspondant disposera d’un réfectoire divisé en travées distinctes par compagnie, escadron ou batterie.

Cette mesure est très importante, car le fractionnement des unités, commencé dans les locaux d’habitation, doit se continuer partout autant que possible. La pratique des corps de troupes permet de voir souvent une maladie contagieuse passer d’un groupe à un autre par un voisinage de réfectoire, de cantine, de corps de garde...

La superficie sera calculée à raison de 70 décimètres carrés environ par homme de l’effectif.

Le sol et les tables seront imperméables. Dans chaque travée, on trouvera une prise d’eau potable, un lavabo et des armoires à pain.

Dans le type 1889 et dans toutes les autres casernes où on a pu aménager des réfectoires, ceux-ci sont en général au rez-de-chaussée des locaux d’habitation. Il n’y a pas grand inconvénient hygiénique à faire ainsi lorsqu’on ne peut prendre d’autres dispositions. Mais il faut alors prévoir des récipients construits de façon à ce que les mets ne se refroidissent pas pendant le parcours.

Les réfectoires pourront servir en dehors des heures de repas de salles de réunion, et de salles de réchauffement en hiver et par les temps de pluie, en y accumulant toutes les rations de chauffage de l’unité.

On devrait annexer aux réfectoires un local avec bassines et eau chaude pour le lavage de la vaisselle, et un autre pour la préparation et la conservation des boissons hygiéniques que les hommes peuvent être appelés à consommer dans les réfectoires en dehors des heures de repas.

Dans les casernes actuelles où la population militaire est très dense il vaut mieux se passer de réfectoire que de desserrer les lits des hommes.

Commission des ordinaires ou Service des approvisionnements. — Le groupe des locaux correspondants comporte, autant que possible, une entrée spéciale et une cour pour recevoir les voitures des fournisseurs. Il comprend des pièces séparées pour la viande, le pain, les légumes et l’épicerie ainsi qu’une cave pour les liquides puis un bureau de l’ordinaire. Les garde-manger destinés à recevoir la viande seront garnis de toile métallique, largement aérés et exposés au nord autant que possible.

Stérilisateurs. — Partout où une eau de source absolument pure ne poura être distribuée, des appareils stérilisateurs seront disposés dans des locaux spéciaux et spécialement construits pour conserver l’eau stérilisée à l’abri de la chaleur.

Mess et Cercle des sous-officiers. — Cet accessoire, unique pour

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tout le régiment, sera installé dans un bâtiment spécial entouré d’un jardin.

Cantine. — L’existence d’un mess pour les sous-officiers conduit à réduire l’étendue actuelle des cantines. Elles ne comprendront plus qu’une cuisine avec office et cave, une salle de débit et le logement de la cantinière (trois pièces).

Nous avons vu en Hollande des cantines sans bancs et sans tables. Il en est de même en Allemagne. Il serait à désirer qu’il en fût ainsi en France pour la salle de consommation. Cependant il ne faudrait rien exagérer. Les hommes consomment aussi des aliments à la cantine, et le cantinier est une précieuse ressource pour eux en marche ou en manœuvre. Il y aurait donc lieu de réserver une sorte de réfectoire où on ne tolérerait que la présence de ceux qui viennent se procurer un supplément de nourriture. Le jour où la cuisine laisse à désirer, cela n’arrive pas qu’à la caserne, les soldats doivent pouvoir recourir au tarif de substitution arrêté d’ailleurs par le cantinier de concert avec le colonel ou le chef de détachement.

C. Locaux d’administration et de police. — Pavillon de V Etatmajor. — Ceux-ci sont en général situés à l’entrée de la caserne, dans des bâtiments n’ayant souvent qu’un rez-de-chaussée, surmonté parfois d’un étage.

Corps de garde. — Même desideratum à remplir. Les locaux devront comprendre outre le local du poste, un réfectoire, un lavabo et des latrines. Les lits de camp devront être désinfectés ou plutôt nettoyés souvent avec une solution de carbonate de soude à 10 p. 100. Le bois qui les constitue devrait être imprégné de résinoline. Le sol doit être imperméabilisé. En général ce local est obscur, étroit, mal aéré, on y étouffe surtout en hiver, alors que le poêle est allumé et les hommes qui vont prendre la garde sont souvent saisis brusquement par le froid.

Leur aménagement devrait être aussi soigné que celui d’une chambre.

L’instruction du 5 septembre 1901 prescrit en outre de placer un crachoir garni de coke humide, et de vider ce crachoir dans le fourneau des bains, ou dans les latrines lorsque celles-ci sont du système Goux. Dans le cas où ce système n’est pas employé le contenu sera enfoui dans le sol.

Le plancher sera passé au carbonyle.

Chaque semestre, 1er avril et l 1 octobre, les murs seront badigeonnés à la chaux et on refera les soubassements au carbonyle sur une hauteur de 0 m. 80.

Chaque jour on mettra les locaux et l’ameublement dans le plus grand état de propreté, après la soupe du soir et avant l’heure de la relève.

Chaque semaine l’ameublement sera porté dehors en plein air et on lavera à fond le corps de garde. Ce lavage se fera avec une solution de carbonate de soude à 10 p. 100 une fois par mois.

Tous les deux mois les capotes des sentinelles seront soumises à l’action des vapeurs d’aldéhyde formique.

Enfin, lorsqu’un cas de maladie contagieuse se sera déclaré parmi un des hommes de garde, on opérera la désinfection par lavage du local habité, avec la solution de carbonate de soude à 10 p. 100. S’il a été fait usage de fournitures de literie, celles-ci seront envoyées à la station de désinfection.

Locaux disciplinaires L — Au point de vue de la discipline, comme à celui de l’hygiène physique et morale du soldat, la salle de police commune doit disparaître d’une façon absolue. Tous les hommes punis doivent être mis dans une chambre individuelle. Ce système est appliqué dans plusieurs armées étrangères et paraît absolument rationnel. La salle de police reçoit des hommes de différentes unités et elle peut devenir, comme les réfectoires et tous les locaux communs, un obstacle insurmontable à toute mesure de prophylaxie contre les maladies contagieuses. De plus le mélange de sujets de mentalité suspecte avec les hommes punis pour la première fois et pour faute légère paraît une mesure dangereuse à tous égards. La circulaire du 14 août 1906, relative au régime cellulaire des hommes punis, enjoint d’ailleurs de prendre déjà des mesures immédiates dans les régiments étrangers, les bataillons d’Afrique et les unités de discipline.

Chaque cellule donnera sur un préau et sera munie d’un lit de camp facilement démontable et nettoyable dans toutes ses parties. Ce lit de camp1 2 est remplacé par un châlit dans les cellules de détention des pénitenciers militaires. La cellule contiendra en outre un siège de latrines du système du tout à l’égout, ou, à défaut, un baquet hygiénique placé dans un réduit bien ventilé et pouvant s’enlever du dehors.

A ces locaux seront annexés un dépôt des effets et des armes des hommes punis et un lavabo.

Les chambres de discipline des sous-ôfficiers seront installées en

1. Grandjux et Berthier, Les locaux disciplinaires des corps de troupes, Revue d'hygiène, 1901, p. 46 et 48; Lachaud, Débats parlementaires, 5 juillet 1907.

2. Modifications à l’instruction du 10 décembre 1900 sur les établissements pénitentiaires militaires, en ce qui concerne l’achat, l’entretien et le renouvellement du matériel de couchage et d’ameublement, 27 juillet 1909.

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dehors des locaux disciplinaires des hommes. Les mesures de propreté et d’entretien prescrites pour les corps de garde sont applicacables ici, comme d’ailleurs dans tous les autres locaux accessoires, notamment lorsqu’il s’est produit un cas de maladie contagieuse parmi les hommes qui les ont habités.

Le logement du casernier comporte trois pièces : il sera placé près de l’entrée du quartier. A proximité on pourra disposer un magasin du génie et une remise pour pompe à incendie.

Locaux d’exercices. — Ils comprendront un hangar aux manœuvres, des manèges couverts, des carrières, un gymnase couvert, des salles d’escrime distinctes pour les officiers avec vestiaire et lavabo et pour les hommes de troupe, un tir réduit, un magasin à munitions et des dépôts d’explosifs.

Ces locaux sont destinés à protéger l’homme contre les agents météoriques pendant le froid et la pluie. Leur sol devrait être goudronné ainsi que celui des cours, de façon à diminuer l’expansion des poussières.

Les magasins et atelieks devront être largement aérés, on devra y prévoir pour chacun des employés 15 à 17 mètres cubes.

Quartier dus Chevaux. — Ecuries. — Les écuries et, en général, tous les locaux et espaces fréquentés par les chevaux seront disposés dans une partie distincte du quartier, à quelque distance des bâtiments d’habitation et autant que possible du côté opposé aux vents régnants, par rapport à ces bâtiments.

Aire à fumier. — Elle sera imperméable, entourée d’un petit mur et en pente, avec rigoles pour conduire le purin à l’amorce de la canalisation souterraine.

Selleries. — Les selleries, distinctes par escadron ou batterie, seront à proximité des écuries correspondantes et précédées de salles d’astiquage pour le harnachement.

Magasins à fourrages. — Ils seront également voisins des écuries .

Infirmerie vétérinaire. — Elle sera disposée dans un emplacement retiré du quartier, ainsi que les locaux annexes.

I). Locaux hygiéniques. — Lavoirs et séchoirs. — Chaque bataillon ou groupe correspondant disposera d’un lavoir et d’un séchoir couverts. Le lavoir sera à eau courante avec rinçoir.

Bains-douches . — On devra tendre de plus en plus à adopter le système des cabines individuelles pour le lavage, l’habillage et le déshabillage. Le nombre des pommes d’arrosages sera en moyenne de douze. Ce nombre n’est pas suffisant. Nous avons donné le détail des installations de ce genre au chapitre III.

Lemoink. — Traité d’hyg. milit.

Latrines. — Les latrines de jour seront distribuées en différents points du quartier. On évitera le voisinage des cuisines, elles seront établies dans des édicules isolés largement ventilés, construits en matériaux imputrescibles et imperméables. Toutes les fois que cela sera possible, elles seront du système du tout-à-l’égout. Le nombre des sièges sera calculé à raison de 1 siège pour 70 hommes de l’effectif, sans compter les latrines spéciales (infirmerie, mess de sousofficiers). (Voir pour les détails d’installation au chapitre Latrines.)

Urinoirs. — Il seront à effet d’eau ou graissés à l’huile.

Four pour incinérer les ordures (Ghap. XXIII).

Buanderie. — Dans le cas où l’on déciderait à faire le nettoyage du linge à la caserne, la buanderie devra être disposée dans un enclos distinct du casernement proprement dit, en communication avec lui et dans une direction telle que les odeurs et les fumées ne soient pas rabattues par le vent du côté des bâtiments d’habitation. Le§ eaux vannes seront jetées directement dans des égouts siphonés.

Dans ce cas, un poste central pourrait fournir la vapeur à la buanderie mécanique, aux bains, à la cuisine, au chauffage, aux moteurs pour l’éclairage électrique. L’étuve à désinfection pourrait aussi être accolée à la buanderie.

Lavoirs, séchoirs, buanderie et bains-douches devraient constituer un groupe spécial auquel serait annexée une étuve à désinfection et, s’il en est besoin, des stérilisateurs d’eau.

Ce groupe, qui comporte l’installation d’un générateur de vapeur, devrait comprendre enfin des locaux de jour chauffés où les hommes pourraient en hiver se réfugier quelques heures, et sécher leurs vêtements mouillés, le chauffage des dortoirs n’étant pas désirable.

Le docteur Lachaud a démontré les avantages qu’on retirerait des buanderies mécaniques, avec essoreuses et séchoirs à vapeur comprises dans la caserne elle-même.

Infirmerie régimentaire. — D’après le règlement du service de santé à l’intérieur, les infirmeries régimentaires sont installées pour le traitement des militaires atteints d’affections dont la nature et la gravité n’exigent pas l’envoi à l’hôpital. Elle peuvent aussi recevoir certains convalescents, à leur sortie des hôpitaux.

L’infirmerie régimentaire doit être encore un organe de préservation pour la santé du régiment, en permettant d'isoler aussitôt tout homme atteint d'affection mal caractérisée. Celle-ci ne sera souvent qu’une maladie passagère, mais il se pourrait aussi qu’elle fût une maladie contagieuse au début.

Enfin l’infirmerie sert aux opérations périodiques du service de santé telles que : conférences pour les infirmiers, etc.

L’organisation de l’infirmerie répondra à ces divers besoins.

L’infirmerie sera installée dans un bâtiment spécial isolé attenant à un jardin et à la cour du quartier.

La meilleure orientation dans nos climats est Nord-Sud, les façades regardant l’Est et l’Ouest.

L’infirmerie sera élevée, partie sur caves servant à loger l’appareil de chauffage, etc., et partie sur un sous-sol de 1 mètre au moins, le plancher du rez-de-chaussée étant de 50 centimètres au-dessus du niveau de la cour.

Le nombre des lits est fixé par les règlements à 2,5 p. 100 de l’effectif dans l’infanterie et à 3 p. 100 pour les troupes achevai. Toutefois, quand les circonstances le permettront, il sera bon de les élever de 1 p. 100.

Le sol de tous les locaux sera imperméable, de façon à pouvoir être facilement lavé et désinfecté. Le dallage céramique est recommandé. Les angles seront arrondis, les murs peints à l’huile.

Les services généraux de l’infirmerie seront de préférence au rezde-chaussée et les locaux réservés aux malades à l’étage, en dehors du va-et-vient des hommes se rendant à la visite ou aux exercices périodiques du service de santé.

Les locaux du service général comprendront : une salle d’attente puis une salle de visite, une salle de pansement y sera annexée, ainsi qu’une tisannerie et la pharmacie. On réservera au médecin un cabinet dans lequel il puisse recevoir certains hommes individuellement.

Toutes ces pièces seront au rez-de-chaussée.

Il serait utile également d’y aménager deux ou trois cabinets d’isolement afin d’y placer momentanément les contagieux reconnus à la visite, en attendant leur transport à l’hôpital.

L’infirmerie devra comprendre en outre une salle de bains.

Les chambres des malades seront à l’étage, elles contiendront 6 lits au plus; chacun d’eux sera séparé du voisin par une distance de 1 mètre au moins. On devra prévoir en outre 6 chambres d’isolement.

A ces chambres seront annexés des lavabos munis d’un robinet d’eau pour 6 hommes. Les cuvettes sont à rejeter.

Enfin on aménagera un réfectoire.

L’instruction prévoit encore des locaux de désinfection. Actuellement on peut se servir des cellules des locaux disciplinaires pour y pratiquer les fumigations d’aldéhyde formique. Mais pour qu’une désinfection donne toute sécurité, le local doit être chauffé. Il serait donc indiqué de construire une chambre spéciale près de l’installa-

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tion des bains-douches par exemple de façon à bénéficier de la chaleur dégagée par les appareils de chauffage. Ceux-ci pourraient recevoir des dispositions leur permettant de remplir cette double fonction.

Nous mettons ici sous les yeux du lecteur deux applications du type 1907, l’une, due à M. Friésé, qui a reçu le second prix du concours ouvert en 1905, et l’autre, de notre camarade le médecin major Sabatier, en collaboration avec M. Duquesne, architecte, également lauréats du concours de 1905. Ce dernier projet est au premier ce que l’hôpital à compartiments interchangeables est à l’hôpital du blocksystem.

Projet Friésé. — Dans ce dispositif, les pavillons de compagnie forment trois groupes de quatre pavillons : un groupe placé dans le fond du terrain, face à l’entrée et comprenant en plus le pavillon central, occupé par le petit état-major (musique, section hors rang, sapeurs) et, au rez-de-chaussée, la salle de conférence et fêtes, vaste et spacieuse, pouvant permettre la réunion d’un bataillon entier. Un groupe à gauche, un groupe à droite.

Ces trois groupes encadrent ainsi une grande cour, plantée d'arbres le long des groupes de bâtiments,, et libre dans le milieu pour manœuvres et revues.

Chaque groupe de quatre pavillons de compagnie, constituant l’unité tactique d’un bataillon, est desservi par une cuisine unique avec ses dépendances, laquelle est reliée aux pavillons par des galeries couvertes.

Les pavillons de compagnie sont tous semblables. Us comprennent chacun un rez-de-chaussée surélevé, deux étages et un étage sous comble.

Les deux étages sont accompagnés de galeries extérieures formant de larges balcons couverts, abrités contre la pluie, la neige et le soleil; ils sont ouverts et bien aérés.

Les balcons assurent l’accès des dortoirs par l’escalier central du bâtiment et celui des water-closets de nuit, à raison d’un par dortoir, ces derniers fermés à clé (la clé étant confiée au chef du dortoir). Ces water-closets sont placés aux deux extrémités des galeries, en dehors du corps de bâtiment proprement dit.

Chaque étage comporte quatre dortoirs, de \A lits chacun.

Chaque dortoir est accompagné d’une pièce servant de lavabo et d une salle de nettoyage. Ces deux pièces communiquent directement avec le dortoir.

Le rez-de-chaussée comprend : le réfectoire des hommes auquel on accède par la galerie couverte communiquant avec la cuisine.

La salle de repos et d’étude des hommes ;

Fig. 60. — C. Pavillons de compagnie; S. H. Section hors rang; Cu. Cuisines; Ca. Cantines; D. L. Douches, lavoirs; I. Infirmerie; D. Locaux disciplinaires; A. Ateliers ; E. Ecuries et remises; L. Latrines; M. Mess des sous-officiers; P. Pavillons des sous-officiers mariés; G. Gymnastique; H. M. Hangar aux manœuvres; J. Jeux de plein air; M. Dépôt de munition; B. Baignade de chevaux.

Le magasin de la compagnie;

Le bureau du sergent-major et toutes les chambres des sousofficiers ;

L’étage sous comble renferme deux grandes salles pour les troupes de passage, les réservistes et unités territoriales, et quelques pièces à l’usage des sous-ofliciers de ces unités. En arrière des groupes, sont disposés des locaux accessoires tels que : ateliers et magasins régimentaires, poudrière, écuries et remises des voitures régimentaires, abreuvoir, fosse à fumier, etc.

Les lavoirs hygiéniques prévus pourront traiter 800 kilogrammes de linge pesé sec par jour.

Le devis des dépenses auxquelles la construction de ce casernement donnerait lieu à Paris s’élève à îa somme de 3 200 000 francs environ!

En un grand nombre de localités de province, la dépense pourrait être réduite du tiers et serait donc sensiblement, de 2 200 000 francs.

Projet Sabatier-Duquesne . — Au casernement par compagnie il est intéressant d’opposer le casernement par bataillon qui, tout en assurant l’autonomie des compagnies, réduit au minimum la surface bâtie et permet de donner une orientation unique à tous les pavillons d’habitation.

Le casernement occupe une surface de douze hectares dans laquelle se trouve une cour assez vaste pour suffire à l’instruction du régiment et servir aux exercices. Si le sol de la cour est macadamisé on pourra y manœuvrer en tous temps et éviter le stationnement, si préjudiciable à la santé des troupes, sur les terrains généralement boueux et humides des champs de manœuvre.

Autour de cette cour sont disposés :

1° Les pavillons d’habitation et les locaux annexes ;

2° Les bâtiments de l’état-major, de l’administration, des services généraux ;

3° Les bâtiments réservés à l’éducation physique, morale et professionnelle.

I. Pavillons d’habitation. — Ils sont au nombre de quatre, trois pour les bataillons, un plus petit pour la section hors rang, et disposés sur une même ligne, orientés Nord-Sud pour les pays froids et tempérés. Derrière ces pavillons sont groupés les locaux annexes des bataillons.

Les pavillons de bataillon comprennent chacun quatre tranches égales et distinctes de manière à assurer à chaque compagnie son autonomie complète, tout en permettant une communication éventuelle à tous les étages, entre les diverses fractions du bataillon.

Sur toute la longueur de la façade qui regarde la cour de manœuvre

CASERNES

s’étend, au rez-de-chaussée, une galerie couverte, mais non fermée, où les hommes peuvent se réfugier en cas de mauvais temps.

Les pavillons comportent un rez-de chaussée disposé pour l’administration de la compagnie, trois étages affectés au logement de la troupe : les deux premiers sont réservés aux hommes de l’armée active; le troisième constitue un casernement éventuel utilisable temporairement soit pour les appels de réservistes et de territoriaux, soit en cas de réparation ou d’épidémie nécessitant l’évacuation momentanée d’une chambrée et même d’un étage.

A la partie supérieure une terrasse en ciment volcanique couvre le pavillon :

elle peut servir pour l’assainissement de la literie. Les hommes eux-mêmes peuvent l'utiliser, comme cure d’air, dans leurs moments de loisirs.

Chaque tranche de compagnie présente les dispositions suivantes :

Rez-de-chaussée . — Au rez-de-chaussée est un hall vestibule s’ouvrant sur la galerie extérieure. Il sert à la compagnie, en cas de mauvais temps, de lieu de rassemblement pour les théories, la lecture des rapports, les distributions d’effets, etc. Sur les côtés du hall on trouve : à droite, ayant vue sur la cour, une salle de lecture et de correspondance, puis, en arrière, les bureaux de la compagnie comprenant les chambres du sergent-major et du sergent-fourrier; à gauche, le magasin de la compagnie, une chambre pour le garde-magasin , le dépôt de valises,

1 atelier de réparations et la chambre de l’adjudant.

Au fond du hall on trouve l’escalier

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Fi". 02. — Un bâtiment compartimenté. — Plan des 1er et 2e étages des bâtiments 5, 6, ?. m, m, m, m, Escaliers; n, n, n, n, Palier d’arrivée garni de lavabos do chaque côté, o, o, o, o. Antichambres avec salles d’astiquage et d’équipement; p,p,p,p, Dortoirs indépendants par escouade, avec box pour le caporal; q , g , q, q , Chambres do sous-officiers; r, r, r, r, Latrines de nuit et urinoirs.

TRAITÉ D’IiYGIÈNE MILITAIRE

desservant les trois étages et la terrasse, et les portes de sortie sur les réfectoires et autres locaux communs au bataillon.

Étages. — Sur le palier de chaque étage sont disposés : à droite et à gauche les portes donnant accès aux dortoirs et, entre elles, deux rangées de dix lavabos; au fond, les chambres des deux sous-officiers affectés aux deux sections logées à chaque étage.

Les dortoirs sont au nombre de quatre, un pour chaque escouade.

Chaque dortoir est précédé d’une antichambre servant de salle d’astiquage. Dans cette salle les hommes se débarrassent de leurs armes, de leur équipement, de leurs chaussures. A cet effet sont disposées des étagères munies de crochets de suspension, des râteliers d’armes, une banquette servant de siège, au-dessous de laquelle deux tringles en fer sont installées pour recevoir les chaussures. Les coffres à linge sale sont placés près des fenêtres avec dispositif particulier pour la ventilation. Une armoire disposée dans les mêmes conditions que le coffre à linge sale sert à recevoir les ustensiles et les ingrédients de propreté.

Les dortoirs peuvent recevoir 15 lits. Chaque homme dispose de 18 mètres cubes d’air et l’écartement des lits est de 70 centimètres. A la tête de chaque lit est un casier individuel pour recevoir seulement les effets et le linge, et muni d’un tiroir fermant à clef.

Le mobilier est complété par un petit siège en bois fixé au mur.

Les cloisons séparant les dortoirs et les salles d’astiquage de chaque escouade sont munies à leur partie supérieure de châssis mobiles permettant une large ventilation par les fenêtres des façades opposées.

Les latrines de nuit sont à mi-étage sur les paliers de repos de l’escalier. Elles comportent un siège à la turque, muni d’un effet d’eau, un double urinoir et une trémie à ordures. Cette trémie, qui occupe toute la hauteur du bâtiment, est ventilée à sa partie supérieure au-dessus de la terrasse et aboutit à sa partie inférieure à une tinette métallique placée au rez-de-chaussée dans une logette très ventilée, accessible par la voie postérieure.

Chauffage et ventilation. — Le chauffage est assuré au moyen d’un calorifère à basse pression placé dans le sous-sol de chaque tranche.

Locaux annexes du bataillon. — Ils forment un groupe de bâtiments comprenant les réfectoires, la cuisine, le lavoir et son séchoir, la cantine, le poste d’eau filtrée et les latrines.

Ces bâtiments sont situés en arrière des pavillons destinés au logement de la troupe. Ils se trouvent placés sur le trajet de deux grandes voies parallèles. La première, située entre les réfectoires et les cui-

CASERNES

sines, sert au passage des approvisionnements venant du magasin des ordinaires. La seconde, située en arrière des cuisines, sert au ravitaillement en charbon et à l’enlèvement des résidus de toute nature provenant des cuisines (scories , eaux grasses, épluchures, etc.); elle aboutit à l’usine ou sont réunis tous les déchets de la caserne, soit pour être incinérés, soit pour être enlevés.

Réfectoires . — Les réfectoires, aménagés par compagnie, sont réunis dans un même bâtiment. Ils sont accolés les uns aux autres et séparés par des cloisons mobiles qui permettent de les transformer en une salle unique, pouvant servir de salle de réunion à tout le bataillon. Chaque réfectoire est pourvu d’un lavabo.

Cuisines. — Les cuisines sont installées dans un bâtiment spécial, conforme, dans son ensemble, au type adopté par la décision ministérielle du 18 avril 1898, relative au casernement pour un quatrième bataillon.

Enfin sont encore prévus des lavoirs avec séchoirs, des cantines, un poste d’eau stérilisée, des locaux disciplinaires à type cellulaire comprenant 36 chambres pour un régiment, des hangars, magasins, etc.

h' infirmerie est placée dans un local distinct et comprend au rezde-chaussée les services généraux, salle de visite avec salle d’attente, etc., et à l’étage des salles communes et 2 chambres d’isolement, avec réfectoire distinct, lavabo et latrines.

Les bains-douches sont distincts de l’infirmerie et aménagés en cabines individuelles au nombre de 26.

Il existe enfin une buanderie et divers autres locaux accessoires distincts pour les bureaux,, les magasins, les hangars aux exercices, etc.

Ce projet semble admirablement compris. Répondant aux conditions du concours quant à la distribution intérieure des locaux, il a l’avantage sur le précédent de demander moins de place.

Malheureusement les chambres des hommes contiennent encore trop de lits et les bâtiments de bataillon ne sont pas assez éloignés les uns des autres. Ce dernier défaut peut facilement disparaître dans la pratique. Enfin, le chauffage des dortoirs ne me semble pas nécessaire. On pourrait d’ailleurs en limiter la distribution au rez-dechaussée.

Les détails dans lesquels nous venons d’entrer sur la construction et l’aménagement intérieur des casernes constituent le véritable cahier des charges qui s’impose à l’État toutes les fois qu’il s’agira de construire une caserne; ils peuvent aussi servir de programme pour améliorer l’état du casernement actuel.

Toutes les dispositions prises marquent un progrès considérable inauguré autrefois par l’adoption des types Tollet et 1889. Peut-être eût-on pu aller plus loin, et faire : la caserne de bataillon, le bâtiment de compagnie et la chambre de quatre à six lits. C’est un fait d’observation banal que celui de la salubrité relative des petites unités détachées. Un régiment a toujours une morbidité plus forte dans la portion centrale composée de 2 bataillons, que dans ses éléments détachés par groupes de 1 à 2 ou 3 compagnies, dans des centres à population restreinte. Toutes les fois qu’on le pourra, il y aura donc avantage à diminuer le plus possible le nombre des unités casernées. La question des services généraux complique bien un peu la question. En outre , des nécessités militaires obligent au groupement; mais partout où il existe une distribution d’énergie électrique, l’envoi et la réception des ordres, la surveillance seraient singulièrement facilités.

Quoi qu’il en soit, il faut qu’au point de vue hygiénique tous soient bien persuadés que le danger de la caserne réside plus dans la densité du groupement et la promiscuité des membres qui le composent que dans les dispositions extérieures et intérieures du logement.

Aussi ne semble-t-il pas qu’il faille dès aujourd’hui abandonner de nombreuses vieilles casernes pour les remplacer par ces habitations modernes. On a fait ressortir les charges écrasantes qu’imposerait au budget l’exécution d’un pareil programme. D'un autre côté il est permis de se demander si cette mesure améliorerait d’une façon sensible l’état sanitaire des troupes. On est trop enclin, semble-t-il, à rapporter l’infériorité de celui-ci aux défauts du logement militaire. Les maladies épidémiques qui régnent parmi les troupes sont de nature très diverse, et si on en analyse les éléments étiologiques, ont est amené à penser que le mode de construction des casernes n’a qu’une part d’influence fort restreinte sur leur développement. Ce sont plus les dispositions des habitants que celles de l’habitation qui jouent le rôle prépondérant dans l'étiologie de ces affections.

Nous avons fait voir notamment que, pour les fièvres éruptives l, il fallait rechercher la pathogénie de leur origine et de leur propagation dans le mode de groupement des individus et non dans l’ancienneté et la vétusté des casernements. Celles-ci prennent un développement considérable là où il y a surpeuplement, promiscuité, que les soldats habitent un vieux couvent du xvne siècle ou une caserne 1874-75 ou une autre plus moderne encore. L’expérience acquise dans divers corps de troupes nous a même permis d’observer

l.G.-H. Lemoine, Prophylaxie des fièvres éruptives dans ses rapports avec l’aménagement des casernes, Revue d’hygiène, 1905.

CASERNES

que les épidémies de cet ordre étaient plus fréquentes et plus denses dans ces dernières parce que plus peuplées; même observation a été faite par le professeur Testi 1 pour deux casernes de Florence, l’une la « Fortezza da Bassac », composée de vieux bâtiments, et l’autre, la caserne « Barbano »., moderne, qui donnent toutes deux la même morbidité pour fièvres éruptives.

En poussant ensuite notre étude plus loin, nous avons pu établir avec mon collègue le professeur Simonin, que les vieilles casernes ne présentaient pas un état sanitaire aussi défectueux qu’on le supposait.

Nous basant 2 sur l’examen des documents sanitaires embrassant une période de cinq années de 1900 à 1904, provenant de 134 casernes abritant une population militaire de 95 000 hommes et comprenant 49 vieilles casernes, 48 casernes des types linéaire et 74-75 et 23 des types Tollet et 1889, appartenant à des régions différentes, nous avons pu mettre en évidence que la morbidité militaire, en ce qui concerne les maladies qui obèrent le plus la statistique de l’armée, était sous la dépendance de facteurs absolument différents de celui de l’habitation. Le règne de la fièvre typhoïde est nettement dominé par le mode d’alimentation, surtout en eau de boisson, les fièvres éruptives trouvent la plupart du temps leur origine dans le milieu urbain qui contamine la caserne, et la source de son développement dans le resserrement et non dans la vétusté du casernement, la pleurésie et la grippe forment un groupe pour lequel les casernements modernes paraissent même offrir des facilités particulières de développement. Enfin nous avons relevé l’influence notable de la densité des agglomérations urbaines sur la morbidité militaire, et les chiffres cités plus haut en sont une preuve convaincante.

Le médecin major Arnavielhe a relaté également l’histoire des deux casernements d’Antibes, dont l’un, du type 1889, situé à 1 kilomètre de l’agglomération urbaine, sur un plateau bien aéré dominant la mer, et l’autre constitué par de vieux bâtiments situés au milieu d’un quartier populeux.

La première, construite pour fi à 700 hommes, en abritait 1000. La seconde était beaucoup moins peuplée proportionnellement. De plus l’épaisseur des parois des murs plus grande protégeait mieux les habitants contre le froid et la chaleur.

1. Testi, Influence des casernes sur la morbidilé des troupes dans la garnison de Florence, 2° Congrès international d'assainissement et de salubrité de l'habitation, 1906.

2. G. -II. Lemoine et J. Simonin, Les rapports de la morbidité militaire avec l’habitation du soldat, Acad, de médecine, 11 mai 1906, et Bull, médical, 16 mai 1906, Revue d'hygiène, juin 1906.

Les chiffres suivants démontrent la supériorité de l’état sanitaire de cette dernière.

Morbidité annuelle par maladies internes p. 100.

Caserne neuve (7e chasseurs) . 354-83,5 339-67,5 305-58,9 277-58,2 285-67,8

Caserne vieille (112e de ligne). 259-60 222-52,9 227-50 232-46,9 215-49,6

Mortalité

annuelle p. 100.

Caserne neuve (7e chasseurs)

JO

Caserne vieille (112e de ligne) . . . .

Mouvement des malades en hiver.

Caserne neuve

Caserne vieille

Le médecin principal Debrie comparant l’état sanitaire de deux groupes militaires de Briançon, l’un logé dans une vieille caserne du type Vauban, l’autre dans la caserne moderne Sainte-Catherine munie d’un chauffage central, éclairée à l’électricité, possédant des latrines de nuit, etc., a pu relever, de 1899 à 1903, une fréquence égale dans les deux corps pour les fièvres éruptives, les oreillons, le rhumatisme, la tuberculose, la grippe, la pneumonie. La fièvre typhoïde même s’est montrée plus fréquente dans la caserne neuve.

Comparant ensuite l’état sanitaire du groupe militaire avec celui de la population ouvrière composée de sujets moins bien constitués, logés dans des étables et des taudis, plus mal vêtus et plus mal nourris que les soldats, il a noté une moins grande intensité et moins grande gravité des épidémies de grippe dans le groupe ouvrier, et il est amené à conclure que l’immunité de celui-ci est due à ce que les membres de ce groupe ont l’avantage de dormir 'plus isolément que le groupe militaire.

De cette étude on peut conclure que la population militaire subit le contre-coup des lacunes existantes daus la prophylaxie publique, des maladies épidémiques et que la morbidité de V armée est avant tout fonction directe de la salubrité relative du milieu dans lequel elle vit , c’est-à-dire de la collectivité civile de ses garnisons, ainsi que de l’encombrement de la caserne, et de la promiscuité qui y règne.

CASERNES

Les travaux du médecin inspecteur Benech1, de MM. les médecins majors Bichelonne 2, Petges3 plaident dans le même sens. Les habitants des vieilles casernes ont souvent un meilleur état sanitaire que ceux logés dans des casernes plus modernes.

Le médecin inspecteur général Delorme 4, en utilisant les registres médicaux du casernement et en étudiant à l’aide de ces documents l’influence de l’habitation militaire sur l’état sanitaire des troupes, concluait également que le nombre, la fréquence, la variété des épidémies qui sévissent dans les casernes ne peuvent servir d’argument de valeur pour autoriser à en demander la désaffectation et le remplacement.

Le développement de la tuberculose dans nos statistiques semble cependant un peu plus fréquent dans les vieux casernements, 3,7 p. 100 de morbidité au lieu de 2,6 p. 100 pour les casernes Tollet et 1889. Même remarque a été faite par le médecin major Georges 5 sur quatre régiments dont deux étaient logés dans de vieux bâtiments délabrés et deux dans des casernes 1874-75. — Mais il note, comme nous, que ces vieux casernements étaient situés au milieu d'une agglomération urbaine « dont les habitants civils paient une rançon bien supérieure à celle dont sont corvéables les autres citadins français ». D’autre part le médecin inspecteur Benech, dans une enquête portant sur un grand nombre de casernes du 20e corps d’armée, a noté une morbidité tuberculeuse moindre dans les vieilles casernes que dans les neuves. Pour cette affection encore, le rôle de la caserne est donc plus que douteux, et son règne est fonction d’autres facteurs si différents (sévérité de la sélection, habitation au milieu d’une population tuberculeuse), qu'il serait imprudent d’attribuer au logement une influence prépondérante.

Les relations de l’habitation militaire avec la tuberculose ne peuvent être rapprochées de celles qui ont été établies par A. -J. Martin, P. Juillerat et L. Bonnier 6 pour les habitations civiles, où les deux derniers auteurs notamment ont relevé dans l’examen des casiers sanitaires de 5 263 « maisons tuberculeuses » une mortalité de 29 p. 100 en 1905 et 36 p. 100 en 1906. Il en est de même pour les

1. Benech, Renseignements intéressant le service de santé, août 1905.

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