‹ Traité d'hygiène militaireChapitre 156 sur 252 · Petges, Revue d’hygiène · texte numérisé non relu

Petges, Revue d’hygiène

4. E. Delorme, De l’épidémiologie des casernes. Sa signification au point de vue de leur valeur hygiénique, Bulletin de l'Académie de médecine, 17 décembre 1907.

o. L. Georges, Tuberculose et casernement, Annales d'hygiène publique et de médecine

légale , août 1903.

G. Juillerat et Bonnier, Congrès international de la tuberculose, 1905, et Revue d'hygiène.

chiffres relevés par notre camarade le médecin major Rouyer 1 dans les loges de concierges de Lyon. Ici habitations et habitants présentent des conditions de logement et d’hygiène générale absolument différentes de celles observées dans l’armée.

Dans un livre renfermant des documents d’une haute valeur, le Dr Lachaud 2, faisant allusion à notre mémoire , fait ressortir la contradiction qui existe à ce sujet entre l’avis des médecins civils et celui des médecins militaires, ceux-ci regardant la caserne comme un facteur peu important dans le développement de la tuberculose dans l’armée, ceux-là insistant au contraire sur le rôle néfaste des maisons civiles malsaines. J’ai fait voir dans un livre récent et dans un mémoire 3 que les chiffres exprimant la morbidité tuberculeuse dans l’armée étaient bien plutôt dus à des modifications introduites dans les statistiques militaires, ainsi qu’à une plus grande rigueur observée dans la sélection du contingent, et qu’en somme la tuberculose n’était réellement pas plus fréquente aujourd'hui qu’autrefois. Si on veut bien, d’autre part,' comparer l’habitation militaire aux habitations civiles dénoncées très légitimement comme des nids à tuberculose, on conviendra que la plus mauvaise de nos casernes ne ressemble en rien à ces taudis sans lumière ou sont entassées des familles ouvrières, mal nourries, fatiguées par un labeur quotidien au-dessus de leurs forces, mal habillées, vivant dans une promiscuité déplorable avec, le ou les membres de la famille tuberculeux ouverts crachant leurs bacilles dans tous les coins du logis. Pour qu’il y ait contagion par l’habitation, il faut que celle-ci renferme des tuberculeux à la deuxième ou troisième période de la maladie. Or ces tuberculeux-là ne sont pas à la caserne. Il fut un temps, antérieur aux découvertes de Villemin et de Koch, où la caserne abritait en effet parfois des tuberculeux ouverts. L’attention à cette époque n’était pas éveillée sur les dangers de la contagion. Et ce serait justement à ce momentlà que la tuberculose aurait été la moins fréquente dans l’armée! Pour qui a vécu dans le milieu militaire pendant ces années déjà lointaines, pour tous les médecins de ma génération, les faits d’observation ne sont guère favorables à une contamination de nos hommes par la caserne. Gela n’empêche pas ces mêmes médecins d’admettre l’influence néfaste évidente de l’habitation surpeuplée, sans air et sans lumière, sur l’éclosion de la tuberculose dans la population

1. Rouyer, Les loges de concierge an point de vue de l'hygiène publique et privée, thèse Lyon, 1902.

Page 1