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Lachaud, Pour la Race, p. 95, Lavauzelle

3. G. -11. Lemoine, La tuberculose pulmonaire dans l'armée et la marine, Doin, 1909, et Presse médicale, 1909.

CASERNES

pauvre, où l’alcoolisme, l’insuffisance de la nourriture et l’absence d’isolement du malade aggravent les vices du logement. Nos casernes, si elles sont loins d’être parfaites, abritent au moins une population jeune, vigoureuse, mieux nourrie, d’où sont éliminés le plus rapidement possible les éléments de contagion. Elles ne sont donc pas comparables avec l’habitation à laquelle on veut les assi-

miler. La différence de leur rôle dans la propagation de la tuberculose est donc réelle, comme différentes sont leurs aptitudes morbides.

La caserne favorise la propagation des fièvres éruptives , de la fièvre typhoïde, du choléra, de la dysenterie, et encore son mode de construction et d’aménagement joue-t-il un rôle moindre que celui du nombre des habitants et de leurs aptitudes spéciales à contracter ces maladies.

Les circulaires des 9 mars et 16 avril 1908 et du 14 avril 1909

Lemoine. — Traité d'hyg. milit.

invitent l’autorité militaire à s’entendre avec les municipalités pour fournir aux hommes un logement éventuel spacieux et salubre en cas d’insuffisance du cubage actuel des chambres et du resserrement des lits, surtout au moment de l’arrivée des réservistes et des territoriaux. D’autre part la circulaire du 9 avril 1903 a posé le principe que tout casernement, occupé à un taux inférieur à 17 m. c. par place d’homme devait être considéré comme encombré. C'est en somme à l' amélioration des casernes existantes et à J' élargissement des différents éléments qui les composent qiïon s'est arrêté en pratique. En effet ce qui importe d’abord c’est d’opérer le desserrement des hommes, de réserver exclusivement la chambrée au dortoir et de diminuer le nombre des lits de celle-ci, le fractionnement des unités par petits groupes étant la condition primordiale d’une bonne prophylaxie des maladies contagieuses. Pour cela, il suffira de suivre le programme de 1907 et de construire dans les casernes existantes vieilles ou modernes ou à proximité, des bâtiments divers et indépendants pour les magasins, les réfectoires et cuisines, salles d’astiquage , locaux hygiéniques comprenant des appareils à désinfection, épurateurs d’eau de boisson, installation de bains-douches, buanderie avec séchoirs, etc. Des latrines de nuit pourront être construites en encorbellement, comme le montre la figure ci-dessus. D’après les évaluations du service de génie rapportées par le député Gervais, ces transformations demanderaient une dépense de 45 millions. L’amélioration des infirmeries régimentaires viendrait après pour 15 millions. Leur type devra être calqué sur les dispositions figurées dans la planche 64.

Cette façon de faire paraît devoir être d’une application plus immédiate et d’une efficacité certaine. Elle permettra d’affecter progressivement au dortoir des hommes toutes les places disponibles, du casernement actuel.

Le registre médical de casernement dû à l’initiative du médecin inspecteur Dieu, ancien directeur du Service de santé au ministère de de la Guerre, qui en prescrivit rétablissement le 29 juin 1898 permettra de se rendre compte des desiderata de chaque caserne, en même temps qu’il mentionnera au fur et à mesure les améliorations successives apportées à leur aménagement.

, Ce registre se divise en deux parties, la première concerne l’installation du casernement et la seconde l’épidémiologie de la caserne; c’est là un véritable casier sanitaire qui permet aux médecins des corps de troupes de connaître dès leur arrivée l’état des lieux et les mesures prophylactiques propres à combattre les épidémies de la garnison. La première partie contient :

1° Historique du casernement. Usage auquel le terrain était affecté avant la construction des bâtiments.

2° Topographie (casernement situé au sommet d’une colline, sur un plateau, dans un bas-fonds..., sur un terrain dégagé, ou, au contraire, dominé à petite distance par une colline, par de hautes constructions...), altitude.

3° Nature du sol sur lequel a été établi le casernement (humus, roches, terres rapportées...); profondeur de la nappe d’eau souterraine.

4° Plan général et type de la construction, orientation, assiette normale du casernement.

5° Rapport de la surface bâtie à l'aire circonscrite par le mur d’enceinte.

6° Chambres. — Cubage des chambres, aire et cube moyens attribués à chaque habitant : 1° d’après l’assiette normale du casernement; 2° d’après le nombre habituel des occupants; revêtement intérieur des murs; planchers et entrevous; moyens de ventilation, de chauffage et d’éclairage; logements de sous-officiers et employés mariés.

7° Locaux accessoires. — Cuisines, réfectoires, cantines; locaux disciplinaires; lavabos, bains par aspersion, lavoirs; locaux et appareils de désinfection; écuries, fumiers, dépôts d’immondices; latrines et urinoirs, vidange.

8° Infirmerie régimentaire : situation, isolement, nombre, disposition et affectation des locaux.

9° Eaux d’alimentation : origine, quantité, qualité, moyens d’épuration, distribution des prises d’eau (renvoi pour plus de détails au dossier spécial).

10° Égout : système d’égout (nature des conduites, étanchéité, pente regards, obturateurs, syphons..., chasses d’eau..., aboutissement). Issue des eaux pluviales ou ménagères provenant des cuisines, lavabos, bains, lavoirs, écuries... (nature des conduits, clos ou à ciel ouvert, étanchéité, pente..., chasses d’eau..., aboutissement).

(Le réseau des eaux et des égouts sera reproduit en trait de différentes couleurs sur le plan général du casernement.)

11° Valeur générale et salubrité du casernement. Principaux desiderata.

12° Conditions de voisinage, densité de la population dans le quartier environnant, salubrité de ce quartier.

Établissements et industries insalubres situés à proximité avec indication de leur distance à la caserne.

A la suite de ces renseignements inscrits une fois pour toutes en tête du registre, seront consignées annuellement toutes les améliorations et réfections importantes intéressant l’hygiène de la caserne.

La deuxième partie énumère les données suivantes :

Historique des épidémies de la caserne et, s'il y a lieu, caractères particuliers de la morbidité locale.

A la suite de ces renseignements généraux inscrits une fois pour toutes seront notées annuellement les épidémies relevées dans la caserne.

Ces relations, de contexture sommaire, devront particulièrement mettre en évidence pour chaque épidémie :

1° La date de manifestation et la durée de l’épidémie;

2° Les principaux caractères et la gravité des atteintes;

3° Le nombre d’hommes atteints et, s’il y a lien, le nombre de décès, eu égard au nombre des habitants de la caserne ;

4° La distribution des cas dans les bâtiments (statistique localiste);

5° Les causes présumées de l'épidémie ;

6° Les mesures prophylactiques mises en usage;

7° La terminaison.

Nota. — Les indications à porter au deuxième alinéa devront être résumées succinctement en quelques lignes; il y aura lieu d’éviter les aperçus cliniques pour rester dans l’exposition épidémiologique proprement dite. La circulaire du 17 avril 1901 prescrit aux médecins des corps de troupes d’envoyer chaque année à la Direction les feuillets annexes faisant connaître les améliorations et les modifications apportées au casernement.

Casernes dans les armées étrangères. — L’habitation du soldat a été l’objet d’améliorations dans toutes les armées étrangères1.

C’est Douglas-Galton et Sydney-Herbert 2 qui, en 1861 , firent adopter pour l’armée anglaise le principe du fractionnement des unités dans des bâtiments différents et isolés les uns des autres (block-system). Le système linéaire constitué par de grands bâtiments situés sur une seule ligne ou sur deux rangs ayant tous la même orientation est aussi très usité en Belgique, en Hollande, en Allemagne, en Autriche.

Nous donnerons la description de quelques casernes empruntée au livre du Dr Lachaud, au mémoire du médecin principal Simon et aux notes prises par nous au cours d’une visite faite à Bruxelles.

Éléments de la caserne anglaise3. — Chambrées, chauffage, ventilation. — La chambrée comprend normalement de 12 à 20 hommes (le chiffre de 14 paraît avoir été adopté d’une façon générale dans les dernières casernes construites).

Le cube réglementaire par place d’homme est de 600 pieds cubes, soit très sensiblement 17 mètres cubes (exactement 16 m3 984), mais la contenance d’un local est limitée également par la condition que chaque homme doit disposer d’une superficie de plancher de 60 pieds carrés, soit 5 m2 40, ce qui correspond à 2 mètres sur 2 m. 70.

Cette seconde condition conduit tout naturellement à construire des chambres ayant sensiblement 10 pieds ou 3 m. 30 de hauteur de plafond.

Chaque homme dispose d’une double planche à bagages placée au-dessus du lit et d’une malette en bois placée au pied du lit.

2. J. Arnould, Revue d’hygiène, 1892. Compte rendu de l’ouvrage des frères Putzeys, La construction des casernes, Liège, 1892.

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