Lachaud, Pour la Race, Lavauzelle
CASERNES
L’ameublement de la chambre est complété par des tables et des bancs, et une armoire à pain lorsqu’il n’existe pas de réfectoire.
Le lit de troupe est construit en deux parties d’égale longueur, dont chacune porte sa portion de sommier en fers plats. La partie correspondant à la tête est montée sur quatre pieds ; la seconde partie n’a que deux pieds et repose à l’autre extrémité sur la première.
Pendant la journée, le lit est replié en repoussant sur la première la seconde partie, c’est-à-dire celle qui correspond aux pieds du dormeur. Le matelas, rembourré en fibres de coco, est en trois parties, ayant chacune 0 m. 65 de longueur, qui sont empilées pendant la journée avec les draps, le traversin et les couvertures sur le lit replié.
Cette disposition présente trois avantages, plutôt d’ordre administratif :
a. Le lit n’occupe pendant la journée qu’une longueur de 1 m. 5 environ et laisse libre tout le milieu de la chambrée.
b. L’homme ne peut se coucher sur son lit pendant le jour.
c. Le lit lui-même, dans la construction duquel n’entre aucune pièce longue, est très résistant. Au point de vue hygiénique, cette disposition est mauvaise, car elle fait obstacle à l’aération.
Le chauiïage des chambres est assuré par des cheminées ouvertes brûlant de la houille. Cette solution tout à fait primitive du problème du chauffage ne choque personne dans un pays où la houille coûte très bon marché. Elle présente l’avantage de contribuer puissamment à la ventilation des chambres.
La question de la ventilation joue un rôle primordial dans les préoccupations de l’hygiéniste anglais, et il faut convenir que la solution moyenne nous paraît un peu brutale. On peut dire que toute la partie du peuple anglais qui se pique de vivre selon les règles de l’hygiène vit dans un perpétuel courant d’air; il n’est pas étonnant dès lors que les chambres des casernes soient soumises à ce régime sans aucune hésitation. En effet, outre la ventilation naturelle produite par les cheminées et par les joints peu hermétiques des châssis à guillotine des fenêtres, il existe dans toutes les chambres des appareils de ventilation : ventouses placées dans l’épaisseur du mur lorsque celui-ci est en briques : gaines d’aérage lorsque la constitution des murs n’a pas permis l’installation des ventouses latérales.
Lavabos, bains , latrines de nuit, latrines de jour . — En principe, à proximité de chaque chambre ou de chaque groupe de deux ou trois chambres, il existe un lavabo. L’aménagement en est simple : une sorte de pierre d’évier revêtue d’ardoises court le long du mur
au-dessous des robinets à eau. Sur cette pierre sont placées des bassines individuelles en fer étamé, qui servent de cuvettes.
Auprès de chaque lavabo sont les urinoirs de nuit : baquets en bois badigeonnés à l’huile lourde que Ton enlève pendant le jour dans les vieilles casernes; petit local spécial aux urinoirs en grès passé à l’huile lourde dans les installations plus modernes. Dans les derniers types (camp de Tidworth par exemple) le local dont il s’agit comprend également un siège de latrines avec chasse d’eau.
Chaque caserne comprend une installation de bains chauds avec ; baignoires individuelles organisées comme dans les établissements de bains chauds en France. Il n’est jamais fait usage de bains douches. Cette installation renferme en général une douzaine de bai- ! gnoires pour 500 ou 600 hommes.
Dans certains pavillons de compagnie, qui ont été construits à Aldershot, chaque lavabo de demi-compagnie est accompagné d’une cabine de bains avec une baignoire; mais la difficulté de chauffer l’eau rend cette disposition peu pratique, et l’administration militaire anglaise y a renoncé en principe.
Les salles de bains du corps sont alimentées en eau chaude tous les jours, de 8 heures du matin à 5 heures du soir en moyenne et les hommes sont libres de venir prendre un bain quand il leur plaît.
Dans les casernes du dernier type il existe, à côté de la salle de bain, un local pour les bains de pieds chauds. Dans ce local sont logés les perruquiers réglementaires.
Les latrines de jour sont installées dans des locaux isolés. Les appareils utilisés sont de types variés, généralement à chasses individuelles.
La consommation de l’eau n’est pas limitée sévèrement et dans beaucoup de casernes des employés spéciaux, anciens soldats, sont payés par les hommes pour nettoyer les latrines.
Réfectoires. — Seules les casernes construites depuis 1900 dans i les camps de Salisbury-Plain ou au Curragh, à Dublin, comprennent des locaux spécialement construits à l’usage de réfectoires. Dans les casernes plus anciennes il n’existe de réfectoires que lorsque la con- j tenance du casernement permet d'affecter à ce service des chambres de troupe disponibles , ce qui est le cas le plus général, les effectifs i réglementaires étant rarement atteints. Il est à remarquer que le j contrôle sanitaire ne permet jamais de serrer les hommes au delà de la contenance réglementaire sous prétexte d' organiser les réfectoires, \ considérant avec raison que l'inconvénient qui consiste à faire manger | les hommes dans la chambrée est minime , par comparaison avec les j dangers de V encombrement.
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Les réfectoires spécialement construits à cet usage comme réfectoires de fortune sont aménagés avec une même simplicité : leur ameublement se compose uniquement de tables et de bancs avec un chauffe-assiettes à eau chaude, un réchaud pour conserver la nourriture des hommes retenus par le service et une ou deux armoires à pain.
Ces réfectoires ne servent jamais de salle de récréation.
Les cuisines sont toujours accompagnées de laveries et de salles de distribution.
Ces cuisines sont pour la plupart très élevées, de façon à éviter la concentration des vapeurs; elles sont très claires, très propres, le sol est recouvert d’un dallage constitué soit par de grandes pierres très bien rejointoyées ensemble, soit par un sol en ciment qui permet le lavage.
Blanchissage. — Aucune installation de buanderie n’existe en Angleterre, et cela résulte de ce que, de temps immémorial, ce sont les femmes des soldats mariés qui font le blanchissage du linge de corps des célibataires.
Chaque femme de soldat blanchit le linge d’un certain nombre de camarades de la compagnie. Ce travail, rétribué au taux de 10 centimes par jour et par homme, constitue une ressource importante dans les ménages militaires.
La retenue est faite par les soins de la compagnie pour tous les jours de la semaine, mais six journées seulement sont payées aux lavandières. La somme de 10 centimes prélevée pour le septième jour sert à former une petite masse sur laquelle sont payés quelques anciens soldats qui balayent les cours, nettoient les latrines et exécutent quelques gros ouvrages de propreté.
( Casernement de Tidworth ( Salisbumj-Plain ). — Le casernement de Tidworth est organisé pour loger une division complète, soit 6 bataillons à 8 compagnies, deux groupes d'artillerie et une brigade de cavalerie.
Les casernements de la cavalerie et de l’artillerie sont, en ce qui concerne l’installation des hommes, identiques à ceux de l’infanterie. Nous nous bornerons donc à la description du baraquement d’infanterie formé par la juxtaposition de blocks de demi-bataillon. Le demi-bataillon anglais, à l’effectif de 384 caporaux et soldats répartis en 4 compagnies, représente sensiblement le bataillon français. A noter cependant que la très grande majorité des sous-officiers anglais étant mariés, le casernement proprement dit ne prévoit que deux logements de sous-officiers par compagnie, chiffre très inférieur à celui qui serait nécessaire dans une caserne française.
Le block de demi-bataillon se compose essentiellement de deux
bâtiments parallèles, composés d’un rez-de-chaussée et d’un étage comprenant chacun les chambres et locaux accessoires pour 2 compagnies : entre ces bâtiments et reliés à eux par des passages couverts sont construits les réfectoires distincts par compagnie, mais groupés deux par deux, encadrant la cuisine de demi-bataillon.
Chaque compagnie dispose de huit chambres de troupe à 12 hommes (quatre au rez-de-chaussée et quatre au premier étage). Les deux chambres de sous-officiers et les deux pièces servant l’une de bureau et l’autre de petit magasin sont dans un petit bâtiment annexe relié par une passerelle au bâtiment principal.
La chambrée de 12 hommes a 5 mètres sur 7 m. 5 et une hauteur de 3 m. 45 au rez-de-chaussée et 3 m. 15 au premier étage. La superficie accordée à chaque homme est donc de 5 m2 30 et le cube de 18 mètres au rez-de-chaussée et de 16 mètres au premier étage.
En Angleterre la condition de la superficie accordée à chaque homme est imposée aussi rigoureusement que celle du cube d’air. Il en résulte que l’on ne construit jamais de chambrées très élevées dont la contenance serait toujours subordonnée à la surface disponible.
A chaque groupe de deux chambres de 12 hommes correspond une annexe bâtie en saillie et comprenant un lavabo à quatre robinets, un siège de latrines et un urinoir de nuit. Le lavabo a 3 m. 60 sur 2 m. 05. Ces locaux sont isolés du corridor séparant les chambres par un vestibule dont le nom : « Yentilating hobby » (vestibule d’aération) indique la raison d’être.
Le réfectoire correspondant à une compagnie mesure 8 ra. 40 sur 8 m. 13 pour un effectif de 96 caporaux et soldats, soit 0 m'2 71 par homme, exactement la surface indiquée pour les réfectoires par la circulaire du 31 mai 1907.
Les chambres de sous-officiers ont 3 m. 60 sur 2 m. 70.
La cuisine pour quatre compagnies à 10 m. 50 sur 8 m. 05.
Des passages couverts réunissent les réfectoires à la cuisine.
Les latrines de jour sont construites entre les blocks des compagnies sur l’alignement des cuisines.
Les autres constructions affectées au bataillon (chaque bataillon de huit compagnies formant corps) sont :
1° Un logement pour le chef de corps;
2° Un logement pour les deux quartiers-maîtres ;
3° Un mess pour les officiers;
4° Un mess pour les sous-officiers;
5° Les salles de consommation et de récréation;
6° Les logements des sous-officiers et soldats mariés;
7° Le logement des musiciens ;
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8° Les magasins et écuries régimentaires;
9° Les bains.
Les mess des sous-offîciers sont comme ceux de la troupe, construits et divisés, à peu de chose près, de la même manière que les autres mess. Il faut noter qu’à Salisbury-Plain, entre les terrains de manœuvre, qui sont très vastes, des espaces considérables formant pelouse sont mis à la disposition des hommes pour pouvoir jouer.
En résumé, des installations visitées, Lachaud retient les observations suivantes :
1° Les dispositifs relatifs à la ventilation des chambres;
2° La préoccupation d’avoir des lavabos et des urinoirs de nuit à proximité immédiate des chambrées;
3° L’organisation particulièrement soignée des salles de consommation et de récréation des soldats et le fonctionnement des coopératives régimentaires;
4° Le principe de l’installation des troupes dans les camps pendant plusieurs mois de l’année;
5° L’installation des septic-tanks pour le travail biologique des matières usées de la caserne.
Nous verrons que, en ce qui concerne ce dernier point, les essais faits en France, non seulement dans l’armée, mais encore en dehors, ne confirment guère les heureux résultats constatés en Angleterre. La question est encore loin d’être résolue. Peut-être l’armée anglaise, qui est une armée de métier, en rien comparable à la nôtre, peutelle affecter à la conduite de ces installations des employés permanents parfaitement éduqués, alors que, chez nous, le soldat attaché à ce service part au moment où il commence à être instruit. Le principe de l’installation des troupes dans les camps, pendant quelques mois est en partie appliqué en France au moment des tirs de guerre, des écoles à feu, du moins pour certains corps. Il serait à désirer qu’on étendît cette façon de faire à toutes les garnisons.
Les casernes relges. — Caserne Prince-Baudouin. — La caserne Prince-Baudoin, achevée en 1894, a été construite pour le logement de 4 bataillons actifs et de 3 bataillons de réserve du régiment des carabiniers.
Chaque bataillon actif, comprenant 4 compagnies, est logé dans un bloc séparé. Les bataillons de réserve sont logés dans des locaux qui leur ont été réservés dans trois des blocs pour bataillons actifs.
Trois constructions importantes forment les batiments de façade qui s’élèvent à 5 mètres de la place Dailly; ce sont : à l’aile droite, le mess des officiers; à l’aile gauche, un bâtiment pour militaires mariés; au centre, le bâtiment d’entrée renfermant les corps de garde,
le parloir, le mess des sous-officiers, la salle d’escrime, les salles de cours, les bureaux de l’état-major du régiment, la salle de répétition de la musique et divers services accessoires.
Toutes les dépendances de la caserne : cuisines des soldats, cellules, latrines, etc., sont situées en dehors des bâtiments principaux et forment une ceinture de constructions basses réparties le long des murs de clôture.
Dans chaque bloc de bataillon, deux compagnies sont logées au rez-de-chaussée et deux au premier étage. Il existe de plus un second étage mansardé destiné à former une réserve de logements en cas de rappel des classes. Le casernement de chaque compagnie comprend cinq chambres dortoirs pour 21 hommes chacune, un réfectoir- ; chauiïoir, un bureau et trois chambres pour logements de sousofficiers. Les chambres ont 13 m. 75 de longueur, 6 m. 20 de largeur et 4 m. 80 de hauteur: ce qui donne par habitant 19 à 20 mètres cubes d’air.
Chaque chambre donne d’un côté directement à l’extérieur et de l’autre sur un large couloir, bien éclairé, bien aéré, qui constitue une sorte de galerie fermée, qui peut être utilisée pour l’astiquage et pour le dépôt des chaussures. C’est là une disposition très heureuse que nous avons encore rencontrée en Hollande.
L’éclairage et la ventilation des chambres et du couloir qui donne accès à celles-ci sont opérés par des fenêtres à châssis ouvrants, , permettant d’établir à travers les dortoirs un courant d’air énergique aux heures où ils ne sont pas occupés.
Une partie des impostes des fenêtres est construite de façon à permettre le renouvellement de l’air lorsque les circonstances exigent la fermeture des châssis. Enfin une ventilation permanente est assurée : 1° par des prises d’air percées dans les murs; 2° par des cheminées de ventilation et 3° par des vitres perforées. Toutes les aires sont en carreaux céramiques.
Les lavoirs sont pourvus de tables lavabos en pierre de taille et de cuvettes pour bains de pieds.
Les sous-officiers sont logés à 2 ou 3 par chambre.
Les cuisines sont pourvues de marmites à double enveloppe et à circulation de vapeur. On a installé deux groupes d’appareils culinaires comprenant chacun trois marmites d’une contenance respective de J 300, 500 et 300 litres. Il existe en plus cinq chaudières Jougland d’une capacité de 275 litres chacune. Une buanderie avec séchoir d’hiver et séchoir d’été est annexée à la cuisine ; mais ces installations ne sont plus employées actuellement par suite de la suppression récente des buanderies régimentaires.
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La salle d’affusion comprend 12 cabines pour bains, douches et 24 cabines vestiaires. L’eau est chauffée à la vapeur dans un réservoir spécial placé près du plafond de la salle.
La vapeur utilisée par la cuisine et par la salle d’affusion est produite par deux générateurs à foyer intérieur et à tubes; ils sont alternativement en service.
Une pompe à vapeur placée à proximité de la cuisine élève les eaux d’un puits, sur lequel elle est installée, dans un réservoir de 30 mètres cubes. Les eaux de ce réservoir sont utilisées pour le service des cuisines et sont envoyées par des canalisations souterraines jusqu’aux latrines dont elles assurent l’irrigation. Des puits et des citernes ont été établis en divers points de la caserne, lors de sa construction; mais afin de placer les occupants dans des conditions hygiéniques aussi bonnes que possible, on a récemment décidé d’opérer l’alimentation en eau par un raccordement à la distribution locale passant devant la caserne.
Les produits des latrines et des eaux ménagères se déversent dans l’égout communal par l’intermédiaire d’un égout principal de 1 m. 20 sur 80 centimètres, traversant toute la caserne. Les canalisations secondaires, généralement établies en tuyaux de grès, sont munies de coupe-air, de cheminées de visite et de trous de lampes. La superficie totale de la caserne est de 3 hectares et demi, se décomposant comme suit :
Bâtiments à étages 1 hectare 12 ares
Bâtiments sans étages 0 — 51 —
Cours et rues 1 — 87 —
Le coût de la caserne s’élève à 1,325 francs par homme logé.
La caserne de Lœcken est une caserne mixte occupée par un bataillon de grenadiers et un détachement de guides. Elle est construite avec un grand luxe extérieur, mais aussi avec tous les aménagements désirables à l’intérieur, sauf cependant les salles d’astiquage, dont l’emploi n’a pas encore été envisagé dans l’armée belge.
Les pavillons de la troupe sont construits dans le même esprit que les pavillons d’infanterie ou de cavalerie des autres casernes récentes.
Il existe des lavabos aux étages.
Les casernes d’artillerie et de cavalerie ont toutes :
1° Un pavillon d’entrée comprenant corps de garde, parloir, salle des rapports, salle d’escrime, bureaux, mess des sous-officiers et salle de réunion de la troupe;
2° Autant de pavillons que d’unités;
3° Des locaux accessoires répartis le long des murs d’enceinte, salle de douche, locaux disciplinaires, infirmerie vétérinaire, etc.
Les écuries sont au rez-de-chaussée des pavillons d’escadron ou de batterie; cette disposition est générale dans toute la Belgique.
Elle a l’avantage de faciliter énormément le service, surtout en j hiver où les hommes ne sont pas obligés de faire maintes fois par jour un long trajet dans la boue ou dans la neige, comme dans les casernes où le quartier des chevaux est séparé du quartier des hommes.
D’une façon générale les éléments de la caserne belge sont les suivants :
Dortoirs. — L’installation du soldat belge comprend une chambrée, un réfectoire et un mess, mais pas de vestiaire ni de salle d’astiquage.
Dans les casernes anciennes, la dimension des dortoirs est très variable, depuis les vastes chambrées de 130 lits de la caserne de Mons jusqu’aux dortoirs de 14 lits de l’Ecole d’application d’infanterie du camp de Beverloo.
Le cube d’air réglementaire est de 16 mètres cubes environ, mais en raison des congés de semestre assez nombreux et des corvées de garde, la contenance théorique des chambres est rarement atteinte et les hommes disposent d’un nombre de mètres cubes supérieur à celui indiqué.
Tous les locaux sont dallés.
Le couchage des troupes est identique au couchage français.
Pendant les exercices, les chambrées sont fermées; la clef est chaque jour gardée par un homme désigné de corvée pour chaque chambrée.
Il résulte de cette disposition que les officiers préfèrent ne pas avoir des chambres trop petites, afin de diminuer le service de garde qui est, paraît-il, rendu nécessaire pour éviter les vols.
Les hommes disposent chacun d’une petite armoire très analogue à notre type réglementaire d’armoire de sous-officiers.
Lavabos. — Les lavabos sont toujours installés à l’intérieur des bâtiments d’habitation, mais en général ils sont placés au rez-dechaussée, ce qui entraîne de longs parcours pour les hommes logés au premier ou au deuxième étage.
Dans les dernières casernes construites des lavabos ont été installés à l’étage.
Les lavabos ne comprennent que des robinets placés au-dessus de pierres d’évier servant de tables sur lesquelles chaque homme dispose la cuvette en tôle qui fait partie de son équipement et qu’il apporte avec lui lorsqu’il veut faire ses ablutions.
Au-dessus de ces tables est installé, dans les casernes les plus modernes, un dispositif analogue aux filets à bagages des compartiments de chemins de fer, dans lequel les hommes peuvent placer leur chemise ou leur gilet de flanelle pendant qu’ils font leur toilette.
Les lavabos ne sont pas chauffés en général. Dans certaines casernes des braseros sont installés pendant la partie rigoureuse de l’hiver.
Il y a en moyenne 9 à 12 robinets par compagnie et place pour 30 ou 40 hommes dans chaque lavabo.
Des pédiluves ont été installés dans les lavabos des casernes de construction récente.
Ces lavabos n’offrent pas de dispositions supérieures aux nôtres. Nous trouvons même regrettable l’usage des cuvettes en tôle. Le soldat est partout le même. Une propreté relative en général lui suffit. Ces cuvettes sont difficiles à tenir propres, et nous préférons de beaucoup les lavabos à auge et à écoulement continu de nos casernes.
Bains-douches. — Partout les bains-douches sont installés avec soin et comportent des cabines d’isolement. En entrant dans une des casernes de Bruxelles on est frappé par la vue de deux longs bâtiments qui flanquent le bâtiment d’habitation de chaque côté et dont ils sont séparés par une très large allée. D’un côté sont les locaux disciplinaires composés d’une série de cellules et de l’autre les bains-douches. Leur disposition intérieure a été figurée au chapitre III.
Nous avons d’ailleurs Am la même disposition en Hollande.
Réfectoires. — Dans toutes les casernes AÛsitées (sauf à la caserne du génie à Anvers où, paraît-il, la place fait complètement défaut) il existe un réfectoire de compagnie. Ce réfectoire est la seule pièce chauffée mise à la disposition des troupes en dehors de leur mess.
Ce réfectoire doit aussi servir théoriquement de salle de réunion, mais dans la plupart des corps, les hommes n’ont pas accès à cette salle en dehors des heures de repas.
En dehors de celle des grenadiers et guides, les casernes que nous avons visitées sont du type linéaire. Bâtiments énormes à deux étages dans lesquels habite un bataillon.
Hollande. — Casernes de Nmiègue et d'Assen. — Les casernes de Nimègue et d’Assen, construites de 1903 à 1907, sont établies sur le même modèle. Elles comprennent autant de pavillons principaux qu’il y a de bataillons, plus un certain nombre de pavillons annexes pour certains services accessoires.
Le casernement pour un bataillon est constitué par quatre groupes
de dortoirs réunis par un corps de bâtiment dans lequel sont installés les logements de sous-officiers, les lavabos, les services généraux et les cuisines.
Chambrées. — Les dortoirs contiennent 24 lits dont 4 destinés aux caporaux, qui sont placés dans des box.
Ces dortoirs ont des fenêtres sur les deux façades.
A Nimègue comme à Assen, les portions de bâtiment contenant les dortoirs sont à simple rez-de-chaussée.
Un seul des casernements de bataillon de la caserne de Nimègue fait exception : il existe un rez-de-chaussée et un étage dans la construction réservée aux dortoirs.
En raison de la hauteur du plafond, le cube d’air accordé à chaque homme est considérable. Le dortoir ayant une capacité de 494 mètres cubes pour 24 lits, chaque homme se trouve avoir 20 m. 60.
Mais, malgré ce cube d’air considérable, les lits ne sont pas assez espacés, ils sont à 0 m. 40 les uns des autres. Par contre, il y a un espace libre de 3 mètres au milieu du dortoir, disposition utile dans l’espèce, puisque la chambrée sert de réfectoire.
Lavabos. — Les hommes n’ont pas de salles d’astiquage, mais chaque compagnie dispose d’un lavabo à 12 robinets placé à proximité des chambrées. Tous les hommes ont à leur disposition, comme en Belgique, une cuvette en fer battu pour pouvoir faire leurs ablutions.
Latrines de nuit. — A chaque étage existent des latrines de nuit auxquelles on accède par le corridor qui longe la face postérieure du pavillon. Ces latrines sont en saillie sur la façade; mais il ne semble pas que l’on ait pris des précautions suffisantes pour assurer la ventilation, étant donnée la disposition des ouvertures, la ventilation naturelle peut produire des courants d’air de sens différents ; il n’y a dès lors aucune raison pour que le premier s’établisse plutôt que le second, lequel amène les odeurs vers l’intérieur de la caserne.
Nous estimons qu’avec une autre disposition l’aération des latrines aurait de bien plus grandes chances de se produire par un courant d’air latéral.
L’urinoir se trouve placé juste en face de la porte d’accès. Cette disposition permet sa convenable utilisation et peut faire admettre la probabilité que les hommes doivent s’en servir plus fréquemment que si le même urinoir était placé dans un coin et par conséquent, moins à la vue des soldats.
Installation des sous-officiers. — Chaque sergent-major a une chambre particulière à laquelle est attenant le magasin de compagnie, tous les autres sons-officiers de la compagnie sont logés en commun.
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Au nombre de huit ou neuf, ils disposent d’un dortoir de 8 mètres sur 6 mètres environ. Les sous-officiers couchent, comme les soldats, sur une simple paillasse; ils ont chacun une petite armoire, une penderie.
Locaux accessoires situés dans le pavillon principal. — Les autres locaux situés dans le pavillon principal sont :
A. Au rez-de-chaussée :
La cuisine avec laverie-office;
La salle de visite ;
La salle de l’officier de garde ;
Le corps de garde et les locaux disciplinaires destinés pour les soldats, les caporaux et les sous-officiers;
Le bureau et le magasin de l’officier d’armement ;
Aux extrémités des dortoirs, des magasins pour le service du génie, pour l’armurier et des débarras.
B. Au premier étage :
Deux logements pour les adjudants sous-officiers;
L’appartement de l’officier de semaine;
Le bureau du commandant du régiment (dans un des pavillons de bataillon) ;
Le bureau du commandant du bataillon ;
La salle des rapports.
Il faut noter qu’il existe une salle spéciale de détention pour les hommes en prévention de conseil de guerre, qui ne sont pas mis en cellule tant qu’ils ne sont pas sous le coup d’une punition disciplinaire.
L’espace compris entre les logements des 2e et 3e compagnies, recouvert d’une toiture, constitue un vaste hangar aux manœuvres, d’une superficie de 680 mètres carrés.
Cette disposition est très économique, mais elle présente l’inconvénient de diminuer légèrement l’aération des chambres qui donnent sur cet intervalle. Ce système ne serait à préconiser que s’il était impossible de trouver des ressources pour construire un hangar aux manœuvres distinct.
Les autres services des bataillons du régiment sont installés dans des pavillons annexes.
Latrines de jour. — Deux édicules comprenant chacun des urinoirs et 16 sièges (dont 2 réservés aux sous-officiers) sont bâtis à proximité de chaque pavillon de bataillon.
Réfectoire des sous-officiers , salle de gymnastique , salle de répétition pour la musique. — Ces trois locaux, communs à tout le régiment, sont groupés dans un même pavillon, qui contient également la cuisine des sous-officiers.
Cantines clés sons-officiers et des soldats. — Des cantines régimentaires distinctes pour les sous-officiers et les hommes sont établies dans un pavillon unique et desservies par une cuisine et une office uniques.
La cantine des sous-officiers comprend une salle de consommation de 9 mètres sur 6 mètres et une salle de billard de 9 mètres sur 5 mètres. La cantine des soldats comprend, outre la salle de consommation et la salle de billard, une salle de lecture avec cabinet attenant pour la bibliothèque. La surface totale des locaux réservés aux soldats est de 234 mètres (26 mètres sur 9 mètres) pour un effectif de 800 hommes.
Bains-douches . — Le pavillon des bains-douches, commun à tout le régiment, contient 24 cabines avec pommes de bains-douches pour un effectif de 800 hommes environ. Le service des bainsdouches est très suivi et régulièrement assuré par un matériel un peu vieux, mais qui fonctionne assez bien.
Les autres locaux accessoires, comprenant un magasin à cartouches et un pavillon pour les magasins d’habillement et d’équipement, ne présentent pas d’intérêt en ce qui nous concerne.
L’ensemble du casernement de Nimègue, qui contient mille places, a coûté 1 142 820 francs, soit 1 143 francs par place, non compris le terrain.
Le casernement d’Assen a coûté 720 900 francs pour 500 places, soit 1 440 francs par place, terrain compris.
Eléments de la caserne Suisse. — Chambrées , corridors. — Toutes les casernes visitées en Suisse présentent une disposition à peu près identique.
Les chambres de troupe donnent sur une large galerie de 4 mètres de large longeant la façade principale du bâtiment (3 m. 25 seulement dans la vieille caserne de Frauenfeld). Cette galerie sert en réalité de local d’astiquage; elle est munie de râteliers d’armes, de crochets, de porte-manteaux, de tables d’astiquage, de bancs à rabattement pour cirer les chaussures. Quelquefois, comme à Lucerne, Frauenfeld et Thoune, la galerie sert de réfectoire à un certain nombre d’unités.
Cette galerie est fermée par des fenêtres. Il n’est possible de provoquer un courant d'air dans les chambres qu’en ouvrant à la fois les fenêtres des deux façades et les portes des chambres, ce qui est manifestement moins commode que si les chambres avaient des ouvertures directes sur deux façades opposées.
Ce couloir, où s’amoncellent les poussières provenant du nettoyage des effets des hommes, n’est pas suffisamment aéré et présente
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l’inconvénient de communiquer directement avec les chambres des hommes, ce qui permet la pénétration des poussières dans le dortoir; mais il a le grand avantage et la commodité de mettre en communication directe la chambre avec les lavabos et les latrines qui existent à l’étage.
A Thoune on avait voulu éviter l’inconvénient du manque d’aérage et on avait construit les casernes avec deux vérandahs ouvertes, une sur chaque face. Les chambres des deux côtés, sur des galeries ouvertes, étaient inhabitables et on a dû fermer les deux vérandhas par des châssis vitrés.
Il en est résulté une perte énorme de places puisqu’une des deux galeries n’a pu être utilisée que comme réfectoire. Dans chaque coin des galeries, des robinets munis de vasques fournissent à l’étage toute l’eau nécessaire au ménage. En Suisse, les casernes sont dotées d’une quantité d’eau illimitée et en rapport avec les besoins.
Les chambres ont une contenance normale de 16 à 20 hommes. A Berne, il existe quelques chambrées de 40 hommes et, au troisième étage de la caserne de Lucerne, un vaste local contenant 170 lits!
Le cube d’air ne dépasse jamais 20 mètres cubes; il est généralement de 17 à 18 mètres à Lucerne.
Les hommes sont couchés sur des lits très confortables, plus larges que les lits français et munis de deux matelas quand il n’y a pas de sommier. Le matelas unique employé sur lits à sommier est constitué par 12 kilog. de crin et 2 kilog. de laine, la laine isolée par une toile légère étant répartie sur les deux faces du matelas.
L’ameublement de la chambre comprend des tables et bancs et une planche à bagage simple ou double suivant les cantons.
Les soldats nettoient leur chambre, mais afin de réduire au minimum le temps perdu en corvées, les corridors, escaliers, lavabos, latrines, en un mot tous les services généraux sont entretenus par des employés civils du service du casernement, vieux serviteurs surnommés putzer, qui sont chargés également, moyennant rétribution par les intéressés, de brosser les officiers et les sous-officiers.
Les parquets des chambres sont à point de Hongrie et de tout premier choix. Dans plusieurs casernes, les corridors et locaux accessoires présentent des sols en asphalte comprimé.
A Lausanne on a fait des essais satisfaisants de stucolithe en blocs. A Brugge on a employé des parquets de xylolithe en plaques de I mètre carré, maintenues par neuf vis en laiton.
Les parquets employés étant de première qualité et leur établisse-
Lr.MoiNE. — Traité d’Iiyg. milit. 30
ment étant particulièrement soigné, il y a lieu de constater une différence énorme avec nos planches de casernes. Les parquets des chambrées suisses peuvent être nettoyés sans inconvénient au moyen de la serpillière humide.
Les murs sont le plus souvent blanchis à la chaux, mais dans certaines casernes, à Lausanne notamment, ils sont peints à l’huile.
Lavabos. Bains-douches. Pédiluves. — Dans les casernes récentes, les lavabos sont à l’étage à proximité des chambres ; dans les casernes plus anciennes, les hommes sont obligés de descendre dans la cour pour faire leurs ablutions. A Thoune et à Lucerne les lavabos à auges sont même simplement installés sous un appentis.
Toutes les casernes possèdent des installations de bains-douches avec eau chaude, sauf à Lucerne, où les douches, installées dans une vieille écurie, sont froides.
Le nombre de pommes varie de 20 à 48 suivant la contenance de la caserne (600 à 1 600 hommes), soit 3 à 4 p. 100.
Les hommes prennent la douche en commun et sont munis d’un caleçon, système qui ne vaut évidemment pas le dispositif belge de la cabine d’isolement, l’homme ne se lave vraiment bien que s’il est soustrait aux regards de ses voisins.
Il existe des pédiluves dans presque toutes les casernes, mais ils sont généralement installés dans les cours et ne servent qu’en été.
A Lucerne cependant où, comme nous venons de le voir, il n’existe pas de douches chaudes, des bains de pieds chauds sont donnés dans les auges de lavabos, convenablement compartimentés, mais il est nécessaire d’apporter l’eau chaude dans des seaux.
Latrines. — La caserne suisse a résolu depuis longtemps le problème des latrines à chaque étage, et ces latrines sont en service de jour comme de nuit.
Les locaux affectés à cet usage sont souvent accolés aux cages des escaliers placées en saillie sur la façade, et leur aération est suffisante pour qu’aucune odeur ne se fasse sentir dans les corridors; mais il convient de remarquer que les casernes sont abondamment pourvues d’eau et que la propreté des latrines est assurée par le service du casernement, qui fait nettoyer ces locaux trois fois par jour. Les sièges employés sont de type assez variés.
On trouve à Berne le siège ordinaire en bois avec protège-siège en auvent analogue au type belge; à Lausanne, le siège à la turque; à Brugge, un siège genre anglais.
Partout des chasses d’eau, généralement automatiques, sont installées et fonctionnent très normalement.
CASERNES
Dans la plupart des casernes la fosse Mouras est employée; les Suisses trouvent que ces fosses rendent de plus grands services que les tinettes mobiles.
Locaux disciplinaires. — Les locaux disciplinaires, généralement installés dans le sous-sol, comprennent une salle de police et des cellules qui sont de véritables cachots à peu près obscurs.
Trémies pour V évacuation des balayures. — Des trémies permettent l’évacuer directement au rez-de-chaussée les balayures provenant les galeries des différents étages.
Ces trémies sont constituées par de simples gaines placées dans l’épaisseur du mur à la manière d’une gaine de ventilation; l’orifice supérieur est fermé par une porte à rabattement et à l’extrémité Inférieure est placé un récipient que l’on enlève tous les matins.
Chauffage. Ventilation. — En principe les autorités fédérales poursuivent l’installation du chauffage central dans toutes les casernes; il existe une installation partielle à Thoune. Le système est miformément le chauffage à vapeur à basse pression, avec distri— 3ution dans les chambres par gros tuyaux contournant les murs, îorame à Berne, ou traversant les pièces à 2 mètres de hauteur, ’omme à Zurich.
A Berne, pour un cube chauffé de 2o à 26 000 mètres cubes, la consommation quotidienne est de 600 kilog. de charbon environ. Les chambres sont chauffées à 16° et la vapeur est envoyée dans les listributeurs de quatre heures et demie à huit heures du matin et de quatre heures à huit heures du soir.
La ventilation est prévue dans toutes les pièces habitées, où on a nstallé des gaines spéciales mais sans appel forcé.
Séchoirs pour effets de drap. — Dans toutes les casernes il existe in local spécial destiné à permettre de sécher rapidement les effets le drap lorsque les soldats ont été exposés à la pluie. Ces locaux, munis de patères, sont généralement chauffés à l’air chaud au moyen l’un fourneau spécial qui est allumé lorsque la pluie est signalée.
Cependant, à Lausanne, le séchoir est commun à la buanderie du service de casernement et aux unités de l’école de recrues.
Presque partout le séchoir est en sous-sol. Il y a là une disposition excellente que nous n’avons retrouvée dans aucun des pays visités et dont l’application en France nous paraîtrait de nature à diminuer es dangers que courent les jeunes soldats lorsqu’ils sont obligés l’endosser des vêtements mal séchés, sans parler de l’avantage qu’il f aurait, au point de vue hygiénique, à supprimer dans les chambrées es émanations mauvaises qui se dégagent du drap mouillé.
A la vérité, dans la caserne moderne, les vêtements mouillés
seraient en principe laissés dans les salles d’astiquage; mais celles-ci ne seraient jamais suffisamment chauffées pour que le séchage soit complet; il faudrait donc consacrer un local spécial à ce service.
De plus l’étuvage des effets mouillés dans des salles spéciales présente l’avantage de supprimer l’odeur, qui se dégage invariablement des effets mouillés, dans les chambrées.
Réfectoires . — Partout les dispositions sont prises pour que les hommes ne mangent pas dans les chambrées ; les locaux à usage de réfectoire ne sont jamais installés en resserrant les hommes dans les chambrées. Dans plusieurs casernes, Thoune et Frauenfeld notamment, les salles affectées aux cantines sont suffisamment vastes pour que la plus grande partie des hommes puissent prendre leurs repas.
A Berne, Brugge et Lausanne, les réfectoires sont installés dans les sous-sols à proximité des cuisines. Dans ce cas, l’ameublement est tout à fait sommaire et comprend simplement des tables et des bancs.
A Zurich, les réfectoires sont installés dans les chambres inoccupées.
Dans les autres casernes, et chaque fois que les cantines ou les réfectoires deviennent insuffisants, les hommes prennent leurs repas dans les corridors de 4 mètres dont il a été question plus haut.
Cuisines. — D’une manière générale, les cuisines sont installées dans les sous-sols, qui présentent une hauteur considérable : 5 mètres. Partout où les cuisines ont cette hauteur, l’aération y est très suffisante et l’évacuation de la vapeur, même au moment où les marmites bouillent le plus vigoureusement, est constamment assurée.
A Frauenfeld seulement le sous-sol est bas (3 m. 50 environ) et il a fallu installer une ventilation artificielle pour l’évacuation des vapeurs qui sont enlevées par des ventilateurs mus par de petites turbines branchées sur la canalisation de l’eau de la ville.
Les fourneaux sont d’un système très simple, analogue aux types Français-Vaillant, et ne permettent que la préparation des viandes bouillies ou en ragoût. Il n’existe pour ainsi dire pas de fours dans les cuisines militaires.
Presque tous les fourneaux sont munis de serpentins pour le chauffage de l’eau destinée à la laverie.
Une salle de lecture et de correspondance est installée dans chaque caserne.
La plupart des journaux font le service gratuit aux écoles de recrues et ces feuilles quotidiennes forment à peu près toute la littérature des jeunes soldats.
Pendant le temps très court que ceux-ci passent à la caserne, où presque tous leurs instants sont occupés par des exercices ou des
héories, ils n’ont d’ailleurs que fort peu de minutes à consacrer à la ecture.
Par contre, la salle de correspondance ne désemplit pas, car le ;oldat suisse a la franchise postale. De plus il peut envoyer et recevoir chaque jour gratuitement des colis de 2 kilog. Il en résulte un échange continu de correspondance et de paquets entre les recrues et eurs familles ou amis.
Lés familles envoient des victuailles et le plus grand nombre de oldats envoient leur linge pour être blanchi à la maison. Il en est le même des régions les plus pauvres de la Suisse, qui expédient de emps en temps jusqu’à leur pain de munition.
Blanchissage , buanderie. — Comme nous venons de le voir, le dus grand nombre des hommes font blanchir leur linge par leurs >arents. Ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas employer ce >rocédé, sont blanchis par la compagnie qui s’adresse à des blanchisseries locales.
Il n’existe de buanderies dans les casernes que pour le service du casernement, qui est chargé de faire blanchir les draps de lit, les couvertures, les taies d’oreiller, etc.
Infirmeries. — Chaque caserne possède une infirmerie, mais sauf l Lausanne où cette infirmerie occupe un bâtiment séparé, les pièces lestinées aux malades font partie intégrante du casernement. Les èglements en vigueur interdisent de conserver un homme plus de [uatre jours à l’infirmerie; passé ce délai il doit être évacué sur un LÔpital.
Il résulte de cette disposition que l’infirmerie ne reçoit que des lommes en observation. Dès que le diagnostic permet au médecin l’affirmer que la maladie durera plus de quatre jours il n’a aucun ntérêt à conserver un malade qui devra forcément être dirigé sur 'hôpital à bref délai.
L’infirmerie est généralement placée à l’étage supérieur de la aserne. Cette disposition n’est pas très commode au point de vue du naïade en cas d’accident; mais il présente l’avantage de placer les •atients dans la région la moins bruyante du casernement et dans les neilleures conditions d’aération.
Les salles constituant l’infirmerie comprennent autant que possible in vestibule (sans cependant que cette condition soit toujours réaisée) une salle commune de 6 à 15 lits, deux chambres d’isolement, me salle de visite servant de tisanerie et une chambre pour le nédecin.
A Lausanne, l’inbrmerie est un peu plus grande et comprend : uisine, salle de bains, chambres des infirmiers.
Il y a lieu de remarquer que le corps de santé militaire ne comprend qu’un très petit nombre de médecins en service permanent. Au nombre de 4 ou 5 au maximum ils sont en service à l’administration centrale ou sont employés dans les cours d’officiers.
Le service est donc fait dans chaque garnison par des médecins civils rappelés à l’activité. Le médecin de garnison, qui est chef du service de santé, est un médecin de la localité, qui assure les soins médicaux d’une façon permanente moyennant une indemnité calculée d’après le nombre de journées pendant lesquelles fonctionnent les écoles de recrues de la garnison; il est assisté par un certain nombre de médecins moins anciens que lui, qui sont rappelés à l’activité volontairement pendant une demi-école ou une école.
Le matériel des infirmiers est tout à fait rudimentaire et se compose à peu près exclusivement du matériel du service de santé en campagne.
Le service médical de l’armée suisse ne nous offre aucun exemple dont nous puissions faire profit.
Les points les plus intéressants à noter dans les casernes suisses sont :
1° Utilisation judicieuse des corridors comme salles d’astiquage;
2° Installation de lavabos et de latrines à tous les étages avec fonctionnement parfait, le problème du water-closet à l’étage se trouvant ainsi parfaitement résolu;
3° Chauffage méthodique des locaux habités ;
4° Installation de séchoirs pour les effets de drap dans toutes les casernes.
La caserne du 4e régiment des grenadiers de la garde à Berlin , qui date de 1897 , représente notre type 1874-1 875.
Elle occupe1, sur la lisière ouest du vaste champ de manœuvres de Tempelhof, un emplacement de 50 hectares et loge un régiment de 3 bataillons représentant un effectif d’environ 2 000 hommes. Elle comprend comme locaux d’habitation 3 bâtiments séparés, 1 pour chaque bataillon, à 2 étages et 2 pavillons à un étage destinés à 35 sous-officiers mariés.
La distribution intérieure des casernements de bataillon est conforme au type réglementaire adopté en Allemagne, à savoir :
Au centre un large corridor longeant la façade septentrionale, éclairé par 12 ou 14 fenêtres et sur lequel viennent s’ouvrir toutes les chambres occupant la façade opposée au midi.
A chaque aile sont réparties les chambres de sous-officiers qui
1. Simon, Étude sur le service de santé de Vannée allemande. Archiv. de méd. et de pharm. militaires, juin 1908.