Matignon, loc. cit
paroi de bois, faite de planches de sapin de 2 centimètres d’épaisseur. Celles du dehors étaient placées horizontalement et légèrement imbriquées l'une sur l’autre pour prévenir l’infiltration de l’eau de pluie.
Les planches de la paroi intérieure étaient très bien ajustées et recouvertes de couvre-j oints. Elles étaient parfaitement rabotées, précaution qui n’a pas été jugée nécessaire pour celles du dehors. Entre les deuxparois existait un espace de 10 centimètres, comblé par de la paille hachée.
Le parquet était en planches de sapin, bien ajustées.
A l’annexe de Taoyama, l’aspect extérieur, la disposition, le groupement des baraques étaient les mêmes qu’à Shibuya, mais la paroi intérieure, au lieu d’être en bois, était faite d’un clayonnage de bambou et d’argile, recouvert d’une légère couche de plâtre.
Ces baraques étaient partagées par des cloisons fixes, percées de larges portes à glissières, en chambres de 16 à 20 mètres de longueur.
La lumière pénétrait abondamment par de vastes fenêtres opposées, à glissières, hautes de I m. 60, occupant les deux tiers de la superficie de chaque grand côté de la baraque. Au-dessus des fenêtres et à un pied au-dessous du plafond, se voyaient des vasistas mobiles sur un axe médian horizontal, hauts de 45 centimètres, larges de 80.
Les pièces étaient chauffées par des braseros enlevés à 9 heures du soir.
« Je voudrais que nos baraques puissent devenir les hôpitaux de l’avenir, disait en 1870 Michel Lévy. Avec une durée de dix ans; et au terme de cette période détruits et remplacés sur d’autres terrains par des constructions nouvelles avec les corrections que l’expérience aura suggérées. »
La même idée est défendue par Marvaud, Jœger et Sahouraud.
Laveran fît voir qu’en Amérique même, où on avait préconisé cette manière de faire, ce procédé ne fut pas mis à exécution et, dans son travail sur les hôpitaux, Covles traite celui-ci d’impraticable.
Deux pavillons du Massachusetts general Hospital, qui avaient été construits en 1874 pour dix ans, furent, en 1884, réparés parce qu’ils n’avaient rien perdu de leur salubrité primitive.
De même à Paris, Lucas-Championnière soigna ses blessés et hospitalisa ses opérés dans des baraques qui avaient abrité des varioleux.
Ces baraques désinfectées n’eurent aucune influence néfaste sur la santé des habitants et les résultats opératoires y furent aussi bons qu’ailleurs. Ne savons-nous pas d’ailleurs, aujourd’hui, que ceux-ci
HOSPITALISATION DE FORTUNE
sont dans la main de l’opérateur plus que dans l’aménagement d’une salle d’opérations.
Quoi qu’il en soit, les hôpitaux baraqués seront toujours employés en temps de guerre par suite de l’augmentation brusque des effectifs et parce que jamais les évacuations ne pourront suffire à emporter vers l’arrière tous les blessés et tous les malades des armées en campagne.
Ceci sera surtout vrai dans les pays accidentés, montagneux, comme l’a bien fait ressortir le médecin principal Debrie l.
Abris fixes improvisés. — Ces abris peuvent être édifiés rapidement grâce à des matériaux divers.
La charpente sera faite de solives, de troncs d’arbres, de poteaux télégraphiques, de rails de chemin de fer.
La toiture devra être imperméable à la pluie et impérméable aux rayons du soleil (carton cuir ou bitumé). Paillassons de chaume ou d’herbages dans les pays chauds. Bâches ou prélards goudronnés, tôle, lames de fer ou de zinc.
Quant aux parois, on pourra remplir les intervalles des charpentes avec de la terre séchée au soleil, des briques ou des éléments de toiture.
Les Busses ont employé des tortines en planches. Les murs peuvent être garnis de mottes de gazon.
Pendant les manœuvres du service de santé en 1897 on a employé les rails et prélards des chemins de fer comme charpente et abri.
Dans les pays chauds, on peut, à l’exemple du médecin major allemand Ilaase, recourir aux huttes en paille ou paillottes.
L’inconvénient de ces abris de fortune est d’être très facilement infectables.
II. Hospitalisation de fortune démontable. — Les baraques. — Le Jury du concours d’Anvers de 1885 a résumé dans son programme les conditions générales que devaient remplir de telles constructions.
La baraque type devait :
1° Se démonter facilement.
2° Se transporter sans difficulté d’un point à un autre, par voie de terre ou de fer.
3° Se monter facilement.
4° Constituer un bâtiment stable pouvant résister aux vents et à toutes les intempéries.
1. Debrie, Hospitalisation sur place des malades et blessés dans les régions alpines, Arch. de méd. milit., 1903, vol. xli, p. 289.
5° Être aménagée de telle sorte que son utilisation puisse être immédiate.
Pour remplir ces desiderata, les baraques légères et faciles à monter doivent être composées de pièces peu nombreuses , légères et résistantes, et appartenant à un petit nombre de types1 . La raison en est facilement compréhensible; des pièces très nombreuses seront petites, facilement égarées, perdues; des pièces trop compliquées nécessiteront un long apprentissage des hommes chargés de monter la baraque.
Enfin, la baraque devra présenter des qualités hygiéniques bien précises. Le cubage ne devra pas être inférieur à 12 mètres par homme; la ventilation sera largement assurée. L’éclairage devra être pratiqué par des fenêtres, non situées trop bas pour éviter les courants d’air, et garnies de vitres en verre ou en mica.
11 serait préjudiciable au malade ou blessé d’être privé de toute vue de l’extérieur.
Une température égale devra y être assurée par un poêle, si besoin est; à cause d’un incendie possible, les matériaux devront être rendus incombustibles, et en même temps imperméabilisés. Enfin, les lieux d’aisance, annexés à la baraque, devront être d’un accès et d’un nettoyage faciles.
En temps de guerre, les ambulances seront munies de fourgonstentes et de fourgons-baraques; les annexes des hôpitaux de campagne auront des baraques ordinaires.
En temps de paix, les baraques pourront être utilisées, en temps d’épidémie et, après usage, brûlées ou désinfectées.
A l’heure actuelle, les types réglementaires adoptés dans l’armée sont les suivants :
Baraque Docker , qui remporta le prix au concours d’Anvers;
Baraque Espit allier- Wœrhlin ;
Baraque Tollet\
Baraque Olive.
Baraque Docker. — Elle est constituée par une charpente en bois, montée sur un plancher surélevé de 0 m. 25 au-dessus du sol. Ce plancher est formé par les caisses qui enveloppent les panneaux des parois. Celles-ci sont constituées, en dehors, par des feuilles de cartonfeutre, montées sur des cadres en bois. Elles peuvent se mobiliser et former auvent. La paroi est double; le panneau externe est imperméabilisé et le panneau interne rendu incombustible. Entre les deux, un espace libre, isolant.