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Nimier, Revue d’hygiène, 1891, p

HOSPITALISATION DE FORTUNE

De place en place les panneaux sont percés de fenêtres.

Le toit est surmonté de petits lanterneaux, servant à l’aération.

Les dimensions de cette baraque sont les suivantes : longueur : 15 mètres; largeur : 5 mètres; hauteur : 5 mètres.

Poids : 3 600 kilogrammes.

Deux baraques peuvent être transportées dans un fourgon ou sur un wagon plate-forme.

Prix 4 000 francs. .

Contenance 16 lits.

Cubage par lit 17 mètres cubes.

Prix par lit 250 francs.

Pour la dresser il faut 6 hommes et vingt-quatre heures.

Les cabinets d’aisance sont placés à une des extrémités de la baraque : un intervalle les en sépare ; on ne peut entrer dans ces cabinets qu’après avoir fermé la porte de la salle.

Baraque Espitallier-Wœhrlin. — La baraque Espitallier-Wœhrlin diffère de la baraque Docker :

1° Par la nature de sa charpente , qui est en fer. Elle est plus solide mais aussi plus lourde. Elle pèse 6 000 kilogrammes et nécessite 2 wagons plate-forme pour son transport.

2° Par ses dimensions plus grandes. Elle a 22 m. 50 de long, 6 m. 70 de large, 4 mètres de haut. Elle loge 24 hommes; a un cubage individuel de 19 mètres. Elle coûte aussi plus cher (8 000 fr.), à savoir : 375 francs par lit.

3° Par la nature de ses parois : parois, toit, plancher sont en bois recouvert de carton imperméabilisé.

4° Parle procédé de ventilation. Celui-ci, assuré par des lanterneaux dans la baraque Dœcker, est établi ici d’une façon fort ingénieuse. Le toit est à double paroi. L'air vicié pénètre dans l’espace ménagé ainsi dans le toit, en entrant par des trous percés dans la paroi intérieure, au niveau du point de jonction du toit et du mur.

Il chemine entre les deux parois du toit et sort par un orifice ménagé à la partie supérieure de celui-ci, orifice que recouvre un petit surtoit.

Baraque Tollet. — Comme toutes les constructions du type Tollet, cette baraque a une forme ogivale. Comme charpente, elle comprend un certain nombre de fermes métalliques en ogive, articulées sur une semelle métallique reposant sur le sol. Entre les fermes se trouvent des panneaux doubles, laissant entre eux un espace isolant de 0 m. 08 et constituant ainsi les parois. Ces panneaux sont en bois; les extérieurs sont garnis en dehors de feuilles de zinc et en dedans de papier

goudronné, qui préserve le bois de l’humidité; les panneaux intérieurs sont doublés en dedans de tôle vernie.

La ventilation est assurée par une longue fente faite au faîtage, fente que vient protéger, mais non fermer, un long chapeau de bois.

Le plancher repose sur des lambourdes, situées à 0 m. 11 au-dessus du sol.

La disposition générale de la baraque représente une salle centrale avec deux cabinets aux extrémités.

Cette baraque de 15 mètres de long sur 6 de large et 3 m. 80 de haut, loge 12 lits (cubage 15 m. 50), coûte 9 000 francs (750 francs par lit).

Baraque Olive. — Cette baraque est assez analogue à la baraque Tollet.

Elle n’en diffère qu’en ce que les parois en sont constituées par des cadres de bois garnis de treillis de fil de fer supportant une plaque de gélatine durcie au bichromate et doublée de toile pour le toit, de feutre ou de papier pour les parois.

Cette baraque, légère, bon marché (3 000 fr., 300 fr. par lit), pas trop grande (10 lits), est malheureusement trop instable et trop peu résistante.

Les tentes. — On a dit des tentes beaucoup de bien et beaucoup de mal. C’est que la tente présente, avec des inconvénients certains, des avantages réels.

Il importe de voir les uns et les autres.

L’inconvénient principal qui lui fut reproché, c’est son insuffisance de protection contre le froid et la chaleur, reproche fondé en ce qui concerne les tentes à parois simples, mais injuste pour les tentes à double paroi.

Son usure et sa souillure rapides sont encore un de ses défauts.

Et cependant ses avantages sont multiples.

La tente est peu lourde, d’un transport facile, comme la guerre de Crimée, comme les expéditions coloniales récentes l’ont montré.

Elle se prête facilement à une dissémination des malades, d’où son emploi indiqué comme annexe d’hôpitaux permanents.

Le Eort la préconisait beaucoup comme telle.

Pendant la guerre d’Orient, les décès cholériques furent deux fois moins élevés parmi les malades traités sous la tente que dans les hôpitaux.

« Le fait le plus saillant, dit Michel Lévy, le plus fertile aussi en applications salutaires, c’est le parallèle du traitement sous des tentes. J’aurai plus tard, je l’espère, l’occasion de fixer à ce sujet votre attention. C’est merveille que l’amélioration rapide des cas de choléra sous

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les tentes, que la marche heureuse des convalescences sous la tente. Le bénéfice de l’air libre et pur, -en circulation perpétuelle autour et dans l’intérieur des tentes, ne ressort nulle part avec plus de puissance. »

Les avantages des tentes ont été ainsi formulés par le Fort : « La double paroi des tentes protège mieux contre la chaleur.

« L’aération est plus large.

« Le nettoyage et la purification plus faciles (lavage de la toile).

La tente est plus gaie, plus claire; on peut facilement la transformer en galerie couverte, par le relèvement des parois latérales.

« Enfin la tente est plus facilement transportable, plus mobile, ce qui doit suppléer à l’insuffisance des moyens de transport en temps de guerre, il faut que le blessé cesse d’aller chercher parfois fort loin un hôpital souvent encombré, il faut que l’hôpital vienne vers le blessé. »

Les types de tente adoptés dans l’armée française sont :

1° La tente Tollet;

2° La tente Herbet;

3° La tente Tortoise.

Tente Tollet. — Tente ogivale, à ossature métallique composée de 7 fermes.

A chaque extrémité : 4 demi-fermes, formant les éperons latéraux. Sur cette charpente est tendue une double toile : toile extérieure imperméabilisée, enveloppe intérieure en coton.

L’aération est réalisée par des ouvertures simplement recouvertes de toile en canevas à travers laquelle filtre l’air.

Elle mesure 15 mètres de long, 5 mètres de large, 5 mètres de haut; elle loge 16 lits avec un cubage individuel de 10 mètres cubes.

Son prix est élevé, le lit revenant à près de 1 000 fr. (Laveran).

Un hôpital de 100 lits nécessiterait 8 grandes tentes et quelques autres plus petites pour les services accessoires.

Tente Herbet. — Modèle analogue à la tente Tollet, mais de forme rectangulaire.

L’ossature en fer repose sur une semelle métallique et est recouverte d’une double enveloppe : la toile extérieure en toile imperméable, l’intérieure en coton. Elle est percée de 8 fenêtres garnies de châssis vitrés. Sa contenance est de 12 lits.

Elle a sur la tente Tollet l’avantage d’être un peu moins chère, d’être d’un montage plus facile, d’avoir un cubage plus élevé. Elle est en somme plus pratique.

Tente Tortoise. — Cette tente ne peut servir que d’abri passager. Elle consiste en une immense bâche goudronnée qui recouvre une

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voiture lui servant de point d’appui central et autour de laquelle elle s’étale.

La toile pliée repose sur les ridelles de la voiture.

Cette tente se monte vite, et offre un abri très commode mais pour un temps très limité. Elle protège mal contre la chaleur et sa capacité est considérablement réduite par la voiture centrale qui tient une grande place.

Son utilité est cependant réelle et si, dans l’avenir, la voiture pouvait être plus légère ou moins Arolumineuse, contenant instruments et médicaments, elle pourrait rendre de très grands services. La tente Tortoise est la vraie tente d’ambulance.

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